|
Bureau International pour le Respect
des Droits de l'Homme au Sahara Occidental <><><> DIGNITE <><><> DIGNITY <><><> DIGNIDAD <><><> DIGNITA<><><> |
|||||
![]() |
![]() |
||||
Superficie : 446 550 km2 (sans le Sahara occidental). Maroc - Rapport annuel 2007 Les espoirs nés de larrivée au pouvoir de Mohammed VI, en 1999, se sont progressivement évanouis. Les journalistes marocains sont aujourdhui confrontés à des poursuites judiciaires qui ont des conséquences très graves sur lexercice de leur profession, même si les tabous ont progressivement reculé ces dernières années. Lavenir du Sahara occidental est de plus en plus souvent abordé. La montée de lislamisme mais aussi les violations des droits de lhomme commises pendant les années de plomb font régulièrement la une de la presse, grâce aux auditions publiques de la commission Equité et Réconciliation, mise en place en avril 2004. Enfin, le roi et le rôle du Palais dans la gestion du pays font lobjet denquêtes par les journalistes les plus téméraires. Celles-ci constituent toutefois la principale raison des condamnations de journalistes. Le code de la presse marocain contient près dune vingtaine darticles prévoyant des peines privatives de liberté. Les journalistes sont soumis à des condamnations disproportionnées - entraînant souvent des dommages et intérêts très lourds fixés par la cour - dès quil sagit datteintes à la personne du roi et au régime monarchique, à la patrie, à lintégrité territoriale ou encore à Dieu et à la religion islamique. Hormis la libération, le 29 janvier 2006, du journaliste Anas Tadili, directeur de lhebdomadaire Akhbar al-Ousbouaâ, après vingt-deux mois passés en détention, lannée sest révélée désastreuse pour les professionnels des médias. Elle sest soldée par la suspension, le 21 décembre, de lhebdomadaire arabophone Nichane pour "atteinte à lislam". Censures, harcèlements et poursuites judiciaires ont mis à mal la presse indépendante tout au long de lannée. Des journalistes étrangers, connus pour leur couverture de la situation des droits de lhomme, se sont par ailleurs vu refuser, le 24 octobre, lentrée sur le territoire du Sahara occidental sous contrôle marocain. Deux publications marocaines en langue française ont été particulièrement visées. La cour dappel de Casablanca a condamné, le 7 février, lhebdomadaire TelQuel à verser 500 000 dirhams (50 000 euros) de dommages et intérêts à la directrice dune association qui lavait poursuivi en diffamation. Quelques jours plus tard, Aboubakr Jamai, directeur de publication du Journal Hebdomadaire, et le journaliste Fahd Iraqi ont été condamnés à payer une amende de trois millions cent mille dirhams (284 000 euros) pour "diffamation". La plainte ayant conduit à cette condamnation avait été déposée par le Centre européen de recherche, danalyse et de conseil en matière stratégique (ESISC) suite à la publication, par le Journal Hebdomadaire, dun dossier mettant en cause lobjectivité dune étude critique effectuée par cet institut sur le Polisario, un mouvement sécessionniste du Sahara occidental. Deux jours avant le rendu du verdict dans cette affaire, des manifestations hostiles, vraisemblablement orchestrées par les autorités, ont eu lieu devant les locaux du journal accusé davoir repris une des caricatures du prophète Mahomet, publiées dans le quotidien danois Jyllands-Posten, en septembre 2005. Enfin, les forces de lordre marocaines ont interdit à plusieurs reprises à des journalistes de couvrir des manifestations ou des procès. Jamal Ouahbi, de lhebdomadaire Assahifa Al Maghribiya, par exemple, a été appréhendé, le 7 novembre, par la police judiciaire de Tétouan (300 km au nord de Rabat) pour avoir pris en photo trois détenus, présumés terroristes, sortant du tribunal de première instance de la ville. Il a été questionné tour à tour par le procureur du roi et des membres de différents services de sécurité de lEtat. Son appareil photo a été confisqué. Le correspondant de la chaîne satellitaire Al-Jazira, Hassan Fatih, a été agressé par les forces de lordre alors quil couvrait un sit-in de familles de prisonniers politiques le 15 juin à Rabat. Blessé au cou et à lépaule, il a dû être transporté à lhôpital. Le Maroc bloque laccès aux sites proches du mouvement indépendantiste sahraoui Front Polisario, ainsi quà la publication en ligne du mouvement islamiste "Justice et Bienfaisance", qui remet en cause la légitimité du régime monarchique. |