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Bureau International pour le Respect
des Droits de l'Homme au Sahara Occidental <><><> DIGNITE <><><> DIGNITY <><><> DIGNIDAD <><><> DIGNITA<><><> |
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OCTOBRE 2002 Le local où des familles des jeunes prisonniers nous attendent depuis plusieurs heures, les murs sont tapissés de listes de disparus sahraouis, de dessins représentant les tortures infligées dans les commissariats et prisons par les forces " de l'ordre " marocaines.
Son neveu EL MOUSSAMIH BABA né en 1977 a également
été arrêté.
Cette pratique d'interrogatoire a pris fin sur ordre du Commissaire Divisionnaire qui a demandé que l'on procède à l'interrogatoire par une autre méthode. Il a refusé de signer le procès verbal. Ses 3 enfants El Hafed 6 ans, Soukeina 5 ans, Abdelmounaim 1 an ont assisté à la fouille de la maison le 17 Novembre 2001
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 2002 un détenu
a été tué à la prison noire de Laayoune
: Mohamed Ould Barka Boussada âgé de 35 ans, condamné
à 8 mois de prison pour un délit mineur, a été
torturé et jeté dans la partie WC de sa cellule. A 2h
du matin, son état étant très grave ses co-détenus
ont appelé les gardiens sans succès. C'est à
10h qu'ils ont ouvert la cellule, il était mort. La direction
de la prions a appelé une ambulance, l'infirmier a refusé
d'emmener un mort. Durant 2 heures la dépouille est restée
dans l'ambulance, devant l'entrée de la prison sous les yeux
des familles qui attendent d'entrer pour les visites. A midi la police
l'a emmenée à l'hôpital où la famille a
pu le voir et constater qu'il portait des traces de coups et de brûlures
sur tout le corps.
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OCTOBRE 2002 Il s'étale à proximité d'immeubles assez récents. C'est un dédale de constructions faites de parpaings et de bidons déroulés, recouvertes de tôles ondulées. Notre guide nous fait remarquer le caractère " historique " du site qui date de la colonisation espagnole. Il compte 75 habitations où vivent 6 à 10 personnes. Ces familles sont originaires de la région de Tan Tan, elles sont venues ici dans les années 80 quand la ville a perdu son rôle d'axe économique au profit de Laayoune où la contrebande joue aussi un rôle. Nous entrons chez une famille qui vit ici depuis 1980. C'est une femme au regard rempli de tristesse qui nous reçoit et nous remercie d'être venues, d'avoir fait un si long voyage. Elle nous invite à nous asseoir dans une pièce dont le plafond est constitué de roseaux et de poutres en troncs de palmier. Elle prépare le thé tout en parlant du souci qui l'obsède, sa fille se glisse dans l'embrasure de la porte et vient s'asseoir contre elle. C'est une veuve qui a la charge de 4 enfants âgés de 4 à 20 ans. Son mari était fonctionnaire, elle ne touche pas de pension. Son fils aîné, Abdallah LAHLAN né en 1975 est licencié en anglais. Il n'a pas de travail. Il est membre de " l'association des chômeurs du Sahara " dont le local a été saccagé et le matériel enlevé lors des arrestations du 22 août 2002. C'est l'une des victimes de la grande supercherie orchestrée par NAJAT, le Gouverneur de Laayoune, dont les artisans furent le parti de l'Istiqual, le Ministère de l'Intérieur et celui de la Santé. De mai à juillet 2002, il a fait croire que 20 000 personnes seraient embauchées par une société des Emirats Arabes. L'administration procède à l'établissement d'une liste des embauches pour on fait appel à candidatures. Des visites médicales sont organisées au Centre Culturel de Laayoune par le Ministère de la Santé à raison de 500 à 1 000dh. Les candidats doivent se déplacer à Casablanca pour les démarches. En août le Consulat des Emirats dément l'information. Ce sont un millier de personnes qui à Laayoune ont été dupées et demandent à être remboursées. Le 22.8.02 un sit-in est organisé. C'est là qu'à 21h la police intervient au local de l'association et pratique à des arrestations. La PJ affirme que les gens ont été dispersés sans recours à la violence ! Le Tribunal de 1ère Instance le 2.9.02 prononcera des peines d'1 à 2 années d'emprisonnement assorties de 5 années de bannissement du Sahara Occidental et 500 dh d'amende. Le jugement en appel (auquel assistaient 3 observateurs la Ligue des Droits de l'Homme Suisse) réduira la peine à 8 mois d'emprisonnement. LAAYOUNE
Nous avions adressé une lettre au Directeur de l'Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion demandant de visiter à la Prison Noire de Laayoune, les 5 jeunes de l'association des chômeurs sahraouis et militants du Forum Vérité et Justice, les premiers condamnés pour le sit-in de Laayoune en août 2002 et Ahmed Nassiri en détention préventive depuis juin 2002, accusé d'être à l'origine des événements de Smara de novembre 2001. Nous arrivons devant ce vieux bâtiment jaune surmonté de miradors. Une longue file de femmes, d'hommes et d'enfants sahraouis attendent leur tour pour les visites. Ils semblent étonnés de notre arrivée et nous adressent de larges sourires . Lahoussine Moutik, militant des Droits de l'Homme, nous accompagne
et expose à un premier gardien posté à l'extérieur
de la prison, l'objet de notre visite qui est de rencontrer un groupe
de prisonniers sahraouis. Il nous dit d'attendre et entre derrière
la lourde porte de fer. Un autre gardien sort, nous nous approchons, il intime l'ordre à Afifa de ne pas bouger de notre place, c'est à Lahoussine seul qu'il veut parler pour en savoir plus sur cette demande qui semble troubler l'ordre établi (au vu de ce personnage le dicton "aimable comme une porte de prison " vient à l'esprit ). On lui présente le courrier envoyé à la Direction de l'Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion. La porte se referme. Nouvelle attente. Un homme en civil s'est "discrètement " posté derrière nous. La porte s'ouvre de nouveau on nous fait signe de rentrer. Nous entrons dans un sas, à droite derrière une grille, les gens se pressent pour voir ce qui se passe, des jeunes tiennent les barreaux on est tentées de penser que ce sont eux les prisonniers, en fait ce sont les familles. Il fait chaud, l'atmosphère est lourde, on nous remet des badges, " ils acceptent " nous dit Lahoussine. Nous passons la première grille pour entrer dans une sorte de hall ; à gauche la porte aveugle qui donne dans la cour, à droite une grille ferme la pièce où les familles attendent. Nous empruntons un escalier qui accède aux bureaux de l'administration de la prison. L'adjoint du directeur nous reçoit, et nous fait entrer au secrétariat en nous invitant à nous asseoir. Il demande si nous avons une réponse à notre lettre. Naturellement nous n'avons pas été contactées par l'Administration Pénitentiaire sur les coordonnées qui figuraient sur le courrier. Le directeur sort de son bureau. C'est un petit homme au visage rond, qui porte des lunettes. Il nous salue et explique à Lahoussine qu'il faut une autorisation pour rencontrer les prisonniers quand il ne s'agit pas de la famille et que nous sommes des étrangers. Une longue polémique s'instaure sur la forme de la demande qui aurait dû passer par lui (chacun des protagoniste sait très bien que le problème se situe sur le fond). Nous lui expliquons que cette demande a été d'abord faite au Procureur Général du Roi le 30 octobre, nous n'avons pas eu de réponse, mais s'il appelle à Rabat il aura sans doute des informations. Il répond qu'il ne peut pas faire ce type de démarche et nous reproche de nouveau de ne pas l'avoir faite en temps voulu et sous son couvert. Avec nous il a un ton correct, mais il préfère parler en arabe à Lahoussine car il peut laisser éclater sa colère. Il lui dit : " nous n'avons pas d'autorisation pour laisser des étrangers visiter les prisonniers, nous sommes des subordonnés, la réglementation du pénitencier dit que c'est une décision qui revient à l'administration centrale, il ne peut pas demander à ses supérieurs la réponse concernant notre requête vu qu'elle n'est pas passée par lui, qu'il a du travail et doit regagner le Tribunal, raison pour laquelle il ne peut pas nous recevoir dans son bureau. Nous lui disons qu'il s'agit de notre demande et que nous souhaitons parler directement avec lui (il s'exprime parfaitement dans notre langue). Il résume son propos et quitte la pièce furieux et s'enferme dans son bureau. On nous expliquera qu'il va téléphoner au Procureur Général du Roi. Nous restons assis et continuons la discussion avec l'adjoint, le secrétaire et un gardien qui est venu nous rejoindre. L'intervention bruyante du directeur met de l'émoi dans le voisinage les gens passent devant la porte qui est restée ouverte et jettent un il pour voir ce qui se passe. Le directeur revient 10 minutes plus tard et confirme sa première décision. Nos arguments ne l'ébranlent nullement, nous avons tout essayé : notre étonnement de voir que les progrès sur la transparence du fonctionnement de la Justice marocaine sont très limités, que les allégations sur la situation des prisonniers vont être confirmées, que nous aurions aimé noter un progrès dans les rapports que nous ferons à notre retour, que si nous ne pouvons voir les 5 prisonniers il pourrait en faire venir un seul à qui nous remettrions les friandises que nous avons apportées, même si nous ne pouvons échanger aucune parole, nous avons fait appel à ses sentiments humains pour qu'il nous laisse faire ce geste de solidarité il reste inébranlable, n'a qu'une envie nous voir partir vite. Nous tentons d'avoir des indication précises pour connaître la procédure exacte " pour la prochaine fois " mais les réponses sont confuses et contradictoires, il demande finalement à son adjoint de nous expliquer la procédure en lui faisant signe que nous devons sortir. Nous descendons l'escalier sous les regards étonnés des employés qui ont suivi la scène. Arrivés dans le hall, la porte de la cour s'entrouvre. Les prisonniers qui s'apprêtent à aller au parloir nous découvrent, on aperçoit la cour elle semble petite, il y a plein de monde. Cela n'a duré que quelques secondes, suffisamment pour que l'information passe. Elle sera sans doute relayée par les familles qui attendent toujours dehors : la lourde porte métallique a été ouverte, elles peuvent nous voir parlementer longuement avec le directeur adjoint qui tente de nous expliquer qu'ils ne sont que des subalternes et que la décision ne peut venir d'eux ; il continue de nous donner des indications sur la procédure à suivre pour visiter des prisonniers, mais même avec de la bonne volonté nous ne saisissons pas s'il faut demander directement à Rabat, s'il faut passer par le Directeur ou le Procureur Général du Roi ni combien de temps il faut le faire à l'avance, lui répond un ou deux mois, un gardien qui veut faire celui qui sait dit une semaine Nous les saluons en faisant remarquer que pour ce qui nous concerne il est plus difficile d'entrer dans la prison que d'en sortir. Nous saurons par la suite ces péripéties ont été réconfortantes pour les prisonniers sahraouis et que la prison a connu une grande effervescence du côté de l'administration. UP |
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