Lettre de la prison de
Kénitra
Le 14 avril 1995, un envoyé de la Croix-Rouge
internationale m'a rendu visite pour faire un rapport... Mais ici, à
la prison de Kénitra, je vis dans des conditions insupportables
après 16 ans de prison. Je n'ai plus la force ni la santé
ni le moral pour supporter cette situation qui devient de plus en plus
nuisible.
Mes cousins qui viennent me voir d'El Ayoun ou de Smara ne peuvent
pas me voir directement. Il y a toujours des barreaux et des grilles
entre nous.
Je ne peux même pas voir nettement leur visage ou entendre
ce qu'ils me disent, eux qui ont traversé plus de 1300 kilomètres
pour venir me voir.
J'ai demandé d'être transféré auprès
d'eux pour leur éviter ce long et dangereux voyage que beaucoup
de mes cousins n'ont pas les moyens de
payer, mais jusqu'à aujourd'hui, personne ne veut parler de
ce sujet.
Le 18 septembre 1995, le ministre des droits de l'homme nous a rendu
visite. J'ai discuté avec lui de tous mes problèmes. Il
m'a dit qu'il va m'aider à
avoir tout ce que je demande, mais jusqu'à maintenant je n'ai
rien vu de ses promesses.
Daddach M., Sahraoui
No écrou 19790
Prison centrale
Kénitra - Maroc
Kelthoum Ahmed Labid El - Ouanat
Prisonnière
d'opinion
Amnesty International publie:
Kelthoum, une jeune femme de 24 ans, originaire de
Smara (Sahara occidental) est actuellement incarcérée
dans la prison militaire de Ben Sergaou, non loin d'Agadir, dans le
sud du Maroc. Elle y purge une peine de 20 ans d'emprisonnement qui
lui a été infligée en juillet 1993 par un tribunal
militaire marocain.
Cette femme a été arrêtée en octobre 1992,
en même temps que quatre autres personnes, à la suite de
manifestations qui se sont déroulées à Smara et
dans d'autres villes du Sahara occidental. De très nombreux jeunes
Sahraouis - selon certaines sources plusieurs centaines - ont été
arrêtés à l'occasion de cette action menée
en faveur de l'indépendance du Sahara occidental. Les manifestants
protestaient également contre la tenue des élections législatives
marocaines au Sahara occidental et réclamaient la libération
des prisonniers et disparus sahraouis.
Huit jeunes Sahraouis ont été interpellés
en mai 1995 dans des conditions rappelant l'arrestation de Kelthoum
Ahmed Labid El-Ounat. Tous âgés de 18 à 20 ans,
ils ont été accusés d'avoir participé à
une manifestation pacifique organisée à El Ayoun en faveur
de l'indépendance. Ils ont été maintenus au secret
pendant plus de 5 semaines au cours desquelles ils auraient été
maltraités et torturés. Ils ont été jugés
à huis clos le 21 juin 1995 par le tribunal militaire de Rabat,
pour atteinte à la sécurité extérieure de
l'Etat et à l'intégrité territoriale du Maroc.
Les jeunes gens ont nié, à l'audience, avoir organisé
la manifestation ou y avoir participé. Ils ont affirmé
qu'ils avaient été contraints de signer les déclarations
après avoir éré torturés notamment à
l'électricité; leurs plaintes n'ont toutefois fait l'objet
d'aucune enquête.
Dans leur déclaration, les jeunes gens avouaient
qu'ils avaient confectionné et transporté des drapeaux
du Front Polisario et qu'ils avaient organisé la manifestation
et y avaient participé en scandant des slogans favorables à
l'indépendance. Reconnus coupables, ils ont été
condamnés à des peines comprises entre 15 et 20 ans de
prison.
La déclaration de culpabilité et les
lourdes peines infligées en 1993 à Kelthoum El Ounat et
à ses co-accusés, ainsi qu'en 1995 aux 8 jeunes gens mentionnés
plus haut, marquent le début d'une nouvelle politique de violations
systématiques des droits fondamentaux des Sahraouis qui exercent
ou sont soupçonnés d'exercer des activités non
violentes en faveur de l'indépendance. Cette pratique a renforcé
les restrictions à la liberté d'expression et d'association
au Sahara occidental.
Amnesty International considère Kelthoum Ahmed
Labid El Ouanat et les personnes incarcérées avec elle
comme des prisonniers d'opinion dont elle réclame la libération
immédiate et sans condition.
Document d'Amnesty (français et
anglais) disponible auprès du Bureau.
Nous avons également à votre disposition
le témoignage de Kelthoum. Il s'agit de la retranscription d'une
bande sonore qui est parvenue à l'AFAPREDESA de la caserne militaire
de Bensergaoui où elle est incarcérée.
Nouvelles de l'AFAPREDESA
Au début du mois de novembre 1995, des dizaines
de citoyens sahraouis ont été arrêtés et
torturés dans le centre de détention secret de PC CMI
(Poste de commandement des compagnies mobiles d'intervention) à
El Ayoun. Parmi eux figurent:
1.Fatma Zaar
2.Mohamed Hamdi
3.Gleimina Tayeb Yazid
4.Alamine Abdelkader Daagj
5.Bamba Mohamed Gay
6.Mohamed Salem Abdelhay
7.Mokhtar Jnah
8.Bachir Atman L'Hossein Lekhfaoui
9.Mohamed Fadel Boussoula
10.Brahim Sbaa
11.Bachir Ali Saleh Abbat
12.Sid Ahmed Fal
13.Abdellah Moulay Ahmed Chichiou
14.Boujemaa Kadar
La plupart de ces citoyens sont d'anciens prisonniers
d'opinion et avaient déjà été détenus
pendant plusieurs années dans des centres secrets dont celui
de Kalaat M'gouna, Agdz, Skoura... L'AFAPREDESA craint qu'ils ne disparaissent
à nouveau.
Malgré les difficultés matérielles,
l'AFAPREDESA continue à mettre à jour la liste des disparus.
Actuellement, plus de 200 dossiers ont été établis.
Notre bureau dispose déjà
des dossiers de 16 disparus.
Le représentant en Europe de l'AFAPREDESA poursuit
son activité. De nombreuses rencontres et réunions d'information
ont lieu en France. Nous rappelons que Khadir est prêt à
participer à toute activité en Europe sur la question
des violations des droits de l'homme au Sahara occidental.
Le Bureau a pu lui verser une partie de son financement
pour l'année 1996 grâce, entre autre, à un don d'Autriche.
Tout soutien est le bienvenu.
En bref
La campagne d'adoption symbolique de disparus sahraouis
continue en Europe. Nous nous sommes adressés aux autorités
françaises à l'annonce
du voyage du roi Hassan II en France.
Le département d'Etat des USA a publié
son rapport 1995 sur la situation des droits humains au Sahra occidental
et au Maroc. Il rend compte des arrestations de civils sahraouis
au cours de l'année et évoque le problème des disparus.
ASSASSINATS A EL AYOUN
Mohamed El Bachir Moulay Ahmed a été
assassiné à la fin du mois d'octobre 1995. Selon des témoins,
le jeune homme était sorti de chez lui l'après-midi du
25 octobre. Le lendemain, sa famille a entrepris plusieurs recherches
auprès des autorités marocaines (commissariat de police,
dendarmerie, etc) mais en vain. Elle a fait également le tour
des hôpitaux, dispensaires, amis.
Le 29 octobre, le corps du jeune homme a été
retrouvé près d'une caserne militaire sur la plage d'El
Ayoun. Sa famille a constaté des traces de torture sur le corps
de la victime. Ses habits et ses chaussures étaient déchirés
et des traces de sang étaient encore visibles sur son corps.
Le jeune homme aurait été enlevé
par des éléments en civil, la nuit du 25 octobre. Il faut
rappeler ici que Mohamed El Bachir avait déjà été
arrêté en 1984 par la Division de Sécurité
Territoriale (DST) marocaine et mis en isolement au sinistre bagne secret
de Kalaat M'Gouna. Pendant de longues années, il a été
enchaîné et constamment torturé. Ce n'est qu'en
1991 qu'il a été libéré grâce à
une campagne mondiale contre les arrestations arbitraires et les disparitions
forcées au Sahara occidental. Dix-sept autres membres de sa famille,
dont son père, sa mère, sa soeur et ses frères
ont été arrêtés. La plupart au début
de 1976. Son père, feu Moulay Ahmed (Leili) est décédé
le jour même de sa libération, le 22 juin 1991. Depuis
leur libération, toute la famille vit en résidence surveillée.
Malgré de multiples appels de l'AFAPREDESA,
on ne sait toujours rien de plus sur cet assassinat.
Mouloud Sid Ahmed Alamin a été assassiné
le 8 mars 1996. Il avait 15 ans et il était élève
au collège du quartier de la coopération Der Aidek à
El Ayoun. L'auteur du crime n'est autre que son soi-disant professeur,
un dénommé El Makaoui. Celui-ci aurait frappé de
façon barbare le jeune sans défense et les coups
de bâton qu'il a reçu sur la tête lui ont été
fatals.
Les autorités marocaines continuent d'harceler
les citoyens sahraouis et tout particulièrement les anciens disparus.
Ainsi le pacha de la ville de El Ayoun occupée a interdit
à tous les anciens disparus de professer le métier de
chauffeur de taxi.
[ACCUEIL]
EL
KARAMA N° 9
DIGNITE
Le 5 août 1996, la session de la Sous-Commission
des droits de l'homme va s'ouvrir une nouvelle fois à Genève.
Parmi tous les points et les sujets traités, il faut qu'une
nouvelle fois les violations des droits de l'homme au Sahara occidental
soient dénoncées. Dans le silence complice qui recouvre
une politique onusienne extrêmement docile au Maroc (les Etats
s'offusquent très discrètement du commerce illicite
de la drogue dont le Maroc est un des bastions avant le passage vers
l'Europe; aucune objection n'a été faite au peuplement
du Sahara occidental par une population marocaine; des jeunes sahraouis
sont fréquemment arrêtés, quasiment sous les yeux
de la MINURSO, sans que les forces onusiennes dénoncent vivement
ces pratiques; le Secrétaire général de l'ONU,
entre autres, s'est arrogé le droit de décourager Nelson
Mandela de reconnaître la République Arabe Sahraouie
Démocratique, etc.), les ONG ont à garder leur regard
critique et ont à continuer d'intervenir sur cette question.
Il faut souligner que l'ONU et la MINURSO n'ont même pas jugé
bon de répondre à l'AFAPREDESA (Association des familles
des prisonniers et disparus sahraouis) qui les a sollicitées
pour qu'une enquête sérieuse sur les violations des droits
de l'homme ait lieu au Sahara occidental.
Rompre le silence,
crier notre indignation,
soutenir les victimes de violations des droits de l'homme et celles
et ceux qui se battent pour leur respect est un devoir d'humanité,
notre devoir !
REUNION
DU BUREAU EUROPEEN DES DROITS DE L'HOMME
POUR LE SAHARA OCCIDENTAL
Genève, 22 juin 1996
Le Bureau des droits de l'Homme s'est réuni
en séance internationale le samedi 22 juin 1996 à Genève.
L'AFAPREDESA ainsi que des représentants de France, de Belgique
et des Baléares étaient présents. Les membres
du bureau d'Angleterre, de Suède et d'Italie étaient
excusés.
Le bureau s'est réjoui de la libération
de Kelthoum Lounat qui avait été condamnée en
juillet 1993 à vingt ans de prison avec cinq autres jeunes
sahraouis pour avoir manifesté sa soif d'indépendance
au Sahara occidental. Kelthoum était parrainée par Amnesty
et une campagne internationale avait été lancée
pour sa libération. Toutes nos forces réunies ont imposé
sa libération.
Le bureau a également traité les points
suivants:
Poursuite de la campagne de parrainage
des disparus sahraouis qui s'étend à travers
l'Europe et qui s'adresse chaque mois à quatre personnalités
qui devraient être préoccupées par cette question
et demander des comptes au gouvernement marocain. Comment est-il possible
que les Etats puissent traiter avec autant d'égards un chef
d'Etat qui tient toujours dans ses prisons des centaines de disparus,
parfois depuis vingt ans sans qu'il y ait eu l'ombre d'un jugement
ou d'une parodie de justice ?
Pour les mois de juillet-août 1996, les cartes
des parrainages sont à envoyer à Boutros Boutros Gahli,
Secrétaire général de l'ONU, au parlementaire
européen Otto de Habsbourg qui a conduit la Commission travaillant
sur les liens à développer entre le Maroc et l'Union
européenne et à deux experts de la Sous-Commission.
Lancement d'une campagne dès
l'automne pour améliorer les conditions de détention
de Mohamed Daddach et demander sa libération. Enrôlé
de force dans la gendarmerie marocaine, Daddach a voulu rejoindre
le Front Polisario. Il a été arrêté et
condamné à mort. Il se trouve depuis 1978 dans le quartier
des condamnés à mort de la prison de Kénitra.
Bien que sa peine ait été commuée en détention
à perpétuité en 1994, son régime pénitentiaire
n'a pas changé malgré les grèves de la faim qu'il
a menées à plusieurs reprises. Un dossier est en train
d'être élaboré qui sera à votre disposition
au siège du Bureau des droits de l'homme.
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Extraits du Communiqué final de la réunion
internationale
du Bureau des droits de l'homme
Le Bureau européen des droits de l'homme pour
le Sahara occidental a constaté que malgré les libérations
occasionnelles, la répression contre la population sahraouie
se poursuivait. De plus, la mise sous haute surveillance policière
des anciens prisonniers et disparus sahraouis restent des sujets de
grande préoccupation (...).
Les participants à la réunion ont décidé
de s'adresser:
au gouvernement marocain pour qu'il cesse immédiatement
la répression contre les civils sahraouis, libère les
prisonniers et les disparus sahraouis et garantisse les libertés
démocratiques dans le territoire, condition impérative
pour avancer vers un référendum d'autodétermination
libre et régulier;
au secréatire général
de l'ONU et au Conseil de Sécurité, pour qu'ils exigent
du gouvernement marocain le respect des droits humains de la population
sahraouie et prennent des sanctions conséquentes face à
ceux qui violent de façon évidente les droits fondamentaux
de la personne humaine;
aux organisations internationales de défense
des droits de l'homme pour qu'elles demandent au royaume du Maroc
de pouvoir enquêter sur place sur les atteintes aux droits humains
perpétrées par les forces d'occupation.
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Nouvelles violations des droits de l'homme
au Sahara occidental
20 mai 1996: 23ème anniversaire dudéclenchement
de la lutte armée au Sahara occidental. La population sahraouie
manifeste pacifiquement dans les viles principales du Sahara occidental.
Les autorités marocaines interviennent. Elles arrêtent
des dizaines de jeunes Sahraouis, surtout à Boujdour.
- Labeid Cheikh Abailil
- Abdelahe Loueli Lekhfaouni
- Salek Laghdaf Bembari
- Abdelahi Dafa Mohamed
- Mohamed Embarek Kherchi
- Salek Mohamed Lamin Babi
- Abdelahi Mustapha Sidahmed
- Sidahmed Ahmed Mustapha
- Ahmed Nabt Ahmed
- Mansour Ali Sidahmed
sont tranférés, les yeux bandés, dans un centre
secret d'El Aïun où ils subissent toutes sortes de sévices.
Présentés devant un tribunal, ils sont condamnés
à des peines de prison allant de 18 mois à 7 ans.
Nous rappelons que ces arrestations font partie d'une
campagne d'arrestations et d'intimidation menée dans les territoires
occupés du Sahara occidental alors que la MINURSO y est toujours
présente.
MINURSO
Les forces onusiennes ne devraient-elles pas protéger
les civils sahraouis ?
Dans son nouveau rapport au Conseil de sécurité
de fin mai, le Secrétaire général mentionne la
nécessité de suivre le plan de paix en ce qui concerne
la libération des prisonniers politiques sahraouis et l'échange
des prisonniers de guerre. Certes, à plusieurs reprises le
Front Polisario a déjà libéré des prisonniers
de guerre. On se souvient des marocains (ils étaient près
de deux cents) libérés en 1989 déjà et
qui ont dû attendre jusqu'à la fin de l'année
dernière pour que le Maroc accepte enfin leur retour. Ces libérations
étaient des signes très clairs du Front Polisario pour
montrer sa bonne volonté. Les réponses, tant du côté
du Secrétaire général que du Maroc n'ont jamais
été celles de l'ouverture.
Nous aurions voulu lire également, dans le rapport du Secrétaire
général au Conseil de sécurité sa préoccupation
concernant le sort des civils sahraouis dans les zones occupées
du Sahara occidental. Estp;ce que cette présence de la
communauté internationale ne peut pas prendre ses responsabilités
et se donner les moyens d'éviter que des arrestations arbitraires,
des disparitions aient lieu sur ces territoires? La MINURSO doit savoir
qu'elle ne peut pas en même temps protéger les civils
des violations des droits de l'homme et se faire bien voir du gouvernement
marocain. Un choix est à faire entre défendre des droits
humains tels qu'ils sont recensés dans la Charte des droits
de l'homme et plaire au roi du Maroc.
526 Disparus sahraouis et des prisonniers politiques
sahraouis survivent parfois depuis vingt ans dans les prisons et les
bagnes marocains. Ensemble nous les ferons libérer.
Nous comptons sur votre générosité
pour diffuser ce journal traduit en anglais, espagnol, catalan, italien
et prochainement en arabe et surtout pour aider l'AFAPREDESA en Europe
et dans les camps de réfugiés sahraouis. Le Bureau reste
à votre disposition pour toute information et toute collaboration.
Prenez contact avec notre Bureau pour toutes informations supplémentaires
dont vous auriez besoin.
Bureau des Droits de l'Homme de la Coordination européenne
du soutien au Peuple sahraoui
Case postale 53,
CH-1211 Geneva 9
Suisse
Fax: 022 /320 45 50
[ACCUEIL]
EL
KARAMA N° 10
DIGNITE
Le sort définitif du Plan de paix concernant
le conflit du Sahara occidental va se jouer fin novembre. En effet,
à cette date-là, le Secrétaire général
de l'ONU, Boutros Boutros Ghali rendra son rapport sur la question.
Mort-né par manque de détermination de l'ONU qui n'a,
à aucun moment, imposé au Maroc sa volonté
de voir se dérouler un référendum libre et
régulier, le plan de paix n'a été qu'une illusion
jeté aux yeux d'un peuple confiant dans les organisations
internationales. Depuis le cessez-le-feu de septembre 1991, le Maroc
a renforcé sa présence dans les territoires du Sahara
occidental qu'il occupe, il a bafoué les droits de l'homme
en contrôlant, arrêtant, emprisonnant les Sahraouis
décidés à faire valoir leurs droits. Dans le
silence international.
Nous avons souligné, à plusieurs
reprises, que la question des prisonniers de guerre, qui relève
du Plan de paix, n'était jamais traitée. Aujourd'hui,
la situation a évolué et 66 prisonniers de guerre
sahraouis, détenus souvent depuis près de vingt ans
par le Maroc, viennent d'être libérés le 31
octobre 1996, suite aux efforts du CICR et du concours des Etats-Unis
et de l'Allemagne. Il faut rappeler que le Front Polisario a lui-mênme
déjà libéré près de 200 prisonniers
de guerre ces 10 dernières années.
Depuis 1991 également, plus aucun disparu
sahraoui n'est sorti des bagnes marocains. Les portes de leurs mouroirs
sont plus que jamais blindées. La tragédie de la disparition
continue. Dans le silence international. Pourtant, un espoir surgit.
Il n'arrive pas des Etats qui se vantent d'être champions
de la soi-disant cause des droits de l'homme. Il surgit courageusement
de l'intérieur même du Maroc. Là où les
risques sont les plus grands, là où l'intolérable
n'est plus toléré, des hommes et des femmes disent:
"c'est assez! Nous rompons le silence!". L'Organisation Marocaine
des Droits de l'Homme se redresse, remplit son rôle et dénonce
la torture, les procès iniques, qu'ils condamnent des Marocains
ou des Sahraouis.
Au moment où une décision fort importante
va être prise par la Communauté internationale au sujet
de la présence des forces onusiennes au Sahara occidental,
le Bureau européen des droits de l'homme pour le Sahara occidental
rappelle que le processus de décolonisation qui devrait se
dérouler au Sahara occidental rejoint, dans les faits et
dans l'esprit, le cas de Timor-Est aujourd'hui mis en lumière
par la remise du Prix Nobel de la paix à deux timorais qui
luttent, chacun à leur manière, pour la dignité
et l'indépendance du peuple de Timor.
SOUS-COMMISSION DES
DROITS DE L'HOMME
Genève - août 1996
Cette année, le Président par
intérim de l'AFAPREDESA, Abdessalam Omar Lahsen, a participé
à la 48ème session de la Sous-commission des droits
de l'homme. Vous trouverez ci-dessous des extraits de la communication
qu'il a présentée devant les experts de la Sous-commision
et des extraits d'interventions de diverses ONG.
AFAPREDESA
Après avoir brossé un tableau détaillé
de la situation de violation des droits de l'homme au Sahara Occidental,
le responsable de l'AFAPREDESA a conclu ainsi son intervention:
"Devant cette réalité on peut se demander pourquoi
l'ONU, présente sur ce territoire, garante des conventions
internationales relatives aux droits de l'homme, garde le silence
malgré la nomination de Monsieur Emmanuel Roucounas au poste
d'expert des droits de l'homme au Sahara Occidental par le Secrétaire
général des Nations Unies, malgré la résolution
1056 du Conseil de sécurité du 29 mai 1996 qui demande
au point 8 aux parties de coopérer avec les Nations Unies
pour la libération des prisonniers d'opinion sahraouis ainsi
que l'échange des prisonniers de guerre?"
M. Abdeslam Omar a ajouté:
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les experts,
prenez mon témoignage au sérieux, contrôlez-le
s'il vous parait suspect mais je vous demande expressément,
au nom de tous les Sahraouis qui survivent, parfois depuis 20 ans,
dans les prisons ou les bagnes marocains de nommer une commission
d'enquête qui devrait se rendre au Sahara Occidental et dans
les camps de réfugiés sahraouis pour rapporter à
vos instances un bilan de la situation qui prévaut dans cette
région, proche d'ici ,mais sur laquelle règne un trop
lourd silence."
Ligue internationale pour
les droits et la libération des peuples (LIDLIP)
"La résolution 1056 du Conseil de sécurité
(qui devrait permettre des démarches politiques entre les
deux parties) ne laisse point d'espoir que le temps supplémentaire
accordé à la MINURSO assurera que les droits de l'homme
soient respectés sur le terrain. D'après des informations
dignes de foi, le moindre contact de citoyens sahraouis avec les
casques bleus peut conduire à l'arrestation arbitraire et
à la torture. Des centaines de Sahraouis sont déportés
vers le Maroc au moment -même où les autorités
marocaines innondent les territoires occupés du Sahara Occidental
par des vagues de colons marocains que le Maroc veut imposer comme
votants au référendum."
Centre Europe-Tiers-Monde (CETIM)
"Le manque de détermination concrète
de la part de la Communauté internationale pour faire respecter
dans l'esprit et à la lettre le plan de paix initial qui
doit mettre fin au conflit du Sahara Occidental permet aujourd'hui
au pays colonisateur d'intensifier ses intimidations et de continuer
à pratiquer la disparition et l'emprisonnement de très
nombreux Sahraouis - jeunes filles et jeunes gens souvent - dont
le seul crime est de réclamer leurs droits et de manifester
leur soutien à l'indépendance de leur pays. Quasiment
sous les yeux des forces onusiennes, des Sahraouis, hommes, femmes,
se font arrêter, torturer, disparaissent.
Organisation mondiale contre la
torture (OMCT)
"Au Sahara Occidental, les droits de l'homme et
les libertés fondamentales du peuple sahraoui continuent
d'être violées. Même s'il est vrai que le nombre
de détentione arbitraires et illégales a diminué,
il y a encore 600 détenus et disparus Sahraouis au sujet
desquels aucune enquête officielle n'est menée."
Association américaine des
juristes (AAJ)
"La violation des droits fondamentaux de l'homme
à l'encontre des Sahraouis continuera aussi longtemps que
le statut officiel du Sahara Occidental n'est pas déterminé.
L'AAJ souhaite qu'une autorité provisoire indépendante
puisse être installée dans le territoire pour assurer
la sécurité et veiller sur le respect des droits de
l'homme jusqu'à ce que des arrangements justes et satisfaisants
concernant la tenue du référendum soient trouvés."
Réponse du Maroc
"Le Maroc a pris note de la démarche de
certaines organisations non-gouvernementales qui ont évoqué
devant la sous-commission le cas de plusieurs personnes originaires
du Sahara au sujet desquelles elles voudraient obtenir des clarifications",
a déclaré le représentant permanent du Maroc.
"La délégation marocaine compte déployer tous
ses efforts pour continuer à faire la lumière su ces
questions" a-t-il ajouté.
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INTERVIEW D'ABDESSALAM OMAR LAHSEN
PRESIDENT PAR INTERIM DE L'AFAPREDESA
A l'occasion de son séjour à Genève,
Abdessalam Omar Lahsen s'est confié au bulletin Nouvelles
Sahraouies. Nous reprenons des parties de cet interview.
Nouvelles Sahraouies:
Quelle impression avez-vous de cette Sous-Commission, de ce mois
passé à Genève dans l'enceinte des Nations-Unies?
Abdessalam: C'était
pour moi une grande découverte. Je ne connaissais pas les
institutions internationales et voilà que je me trouvais
au coeur d'une assemblée qui réunissait le monde entier
(ou presque). Il faut dire que je m'attendais à beaucoup
de choses qui se sont trouvées erronées. Prenons les
experts qui sont membres de la Sous-commission. Je croyais à
leur indépendance. Elle est loin d'être complète
à ce qu'il me semble.
En ce qui concerne la responsabilité internationale sur
les questions des violations des droits de l'homme, j'aurais crû
qu'elle serait plus visible. Prenez par exemple la question du Sahara
occidental. Depuis plus de vingt ans, de graves violations sont
commises sur le territoire du Sahara occidental et au sud du Maroc
sans que cette Sous-commission se prononce pour remédier
à cette situation alarmante. Selon des bruits de couloir,
il paraît que s'il est si difficile pour les experts de traiter
de cette question , c'est à cause de l'experte marocaine.
Sur cette question, les experts sont paralysées à
cause de cette personne qui, je le reconnais, a par ailleurs beaucoup
de capacités et qui a fait un très bon rapport sur
la question des enfants. Le Sahara, rien à faire. Elle fait
régner le silence sur cette question. Les experts ne le rompent
pas de peur de ses réactions.
N.S.: Il n'y a donc jamais
eu de résolution présentée sur la question
du Sahara occidental?
Abdessalam: Non, effectivement.
Les personnes que j'ai pu contacter m'ont fait part de leur souci
par rapport à la présence de l'experte marocaine.
N.S.: Justement, quelles ONG
sont intervenues sur cette question?
Abdessalam: Cet été,
cinq ONG ont abordé le problème. Je voudrais remercier
le Centre Europe Tiers-Monde (CETIM) pour l'aide précieuse
qu'il n'a cessé de nous offrir depuis de nombreuses années.
Cette ONG m'a donné cette fois-ci son temps de parole et
j'ai pu intervenir cinq minutes devant la Sous-commission (voir
des extraits de la communication ci-dessus). La Fondation France-Libertés,
l'organisation mondiale conter la Torture, le Mouvement contre le
racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, la Fédération
de la Jeunesse Démocratique et la Ligue Internationale pour
le Droit et la Libération entre les Peuples ont dénoncé
tout particulièrement les représailles dont sont victimes
les jeunes Sahraouis des zones occupées. Cet été,
ils ont été plusieurs milliers à monter à
Rabat pour réclamer leurs droits sociaux (du travail par
exemple), la liberté d'expression afin qu'ils puissent se
prononcer sur l'avenir de leur pays.
N.S.: Habituellement, vous
vivez dans les camps de réfugiés sahraouis. Comment
l'AFAPREDESA est-elle organisée au milieu des réfugiés
?
Abdessalam: L'AFAPREDESA est
une organisation indépendante, dirigée par un bureau
exécutif de 7 personnes. Nous avons des représentants,
surtout des représentantes, dans chaque daïra (découpage
administratif des camps de réfugiés sahraouis qui
correspond à une commune). Toutes les représentantes
suivent minutieusement le cas de disparitions et d'emprisonnements
qui sont connus dans leur périmètre. Elles rassemblent
des informations que les familles obtiennent parfois, les documents
qui sont retrouvées et qui concernent un disparu (par exemple
une date de naissance, une photo). Elles font parvenir les documents
à la centrale de l'AFAPREDESA pour enrichir les dossiers
des détails qui vont permettre de mieux repérer et
reconnaître le disparu. On a eu des informations après
la libération des disparus en 1991. Ils avaient rencontré
d'autres disparus dans les bagnes et nous avons ainsi pu revoir
les listes des disparus.
N.S.: Quels moyens avez-vous
pour réaliser cet énorme travail?
Abdessalam: Je voudrais souligner
la difficulté de réunir des documents, de remplir
des dossiers, de contacter des ONG ou les Nations-Unies, le Centre
des droits de l'homme de Genève depuis les camps de réfugiés.
La situation est difficile, les moyens sont très modestes
et dans les zones occupées c'est une sorte d'état
de siège permanent qui règne.
Si nous voulons être plus efficace, il nous faut plus de
moyens: un ordinateur portable qui peut nous permettre d'aller recueillir
des témoignages dans les différents campements qui
sont parfois fort loin les uns des autres: une voiture 4X4 ou une
Land-Rover pour notre organisation pour avoir plus de contacts avec
les familles, du matériel de bureau.
Par l'intermédiaire du Bureau des droits de l'homme sur
la question du Sahara Occidental à Genève, nous cherchons
à réunir des fonds pour perfectionner notre travail,
pour avoir plus d'influence dans les conférences concernant
les droits de l'homme et pouvoir le plus rapidement possible créer
la situation qui permettra à tous les disparus et prisonniers
sahraouis de rejoindre leurs familles.
(interview tiré de Nouvelles Sahraouies,
octobre 1996)
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NOUVELLES BREVES A
leur retour du Maroc où ils sont allés par
milliers manifester contre la politique sociale de l'occupant, certains
Sahraouis - des femmes surtout - ont été engagées
dans des ateliers de tissage. On apprend que des dizaines de jeunes
femmes ont été intoxiquées par une laine importée
d'Arabie Saoudite. Certaines ouvrières sont des un état
grave, notamment Taghla Mohamed El Hassan, une ex-prisonnière
du bagne de Kalaat M'gouna (AFAPREDESA).
La ligue africaine des droits
de l'homme et des peuples appelle les Nations-Unies à
mettre en oeuvre un véritable plan global international d'urgence
en faveur des droits de l'homme, particulièrement au Sahara
occidental, au Burundi et en Somalie. " Il est politiquement, juridiquement,
légitimement, moralement et humainement inconcevable que
les Nations-Unies ne soit toujours pas parvenues à mettre
en oeuvre le processus référendaire au Sahara occidental.
Il en va de leur crédibilité.
APPEL POUR L'AFAPREDESA
L'AFAPREDESA a besoin d'un véhicule pour
son travail dans les camps de réfugiés sahraouis.
Nous devons trouver le financement pour un 4X4 diesel, soit une
somme d'environ 15.000 francs suisses. Nous avons besoin de votre
participation. Contactez l'adresse de diffusion de Karama dans votre
pays, en Suisse, versez votre contribution sur le CCP 12-6818 -
7, Mention AFAPREDESA
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EL
KARAMA N° 12
DIGNITE
Dites aux touristes qui vont au Maroc, qu'ils passeront
près des prisons et des bagnes secrets où des centaines
de disparus sahraouis croupissent toujours
Comme chaque année, la journée internationale
des disparus sahraouis a été commémorée
le premier samedi de juin. A travers toute l'Europe, nous nous sommes
souvenus des centaines de civils sahraouis toujours disparus. Par des
interventions auprès des autorités marocaines, des rassemblements,
des appels dans les journaux, nous avons rappelé notre exigence
de vérité, nous avons rappelé que nous continuerons
à faire vivre dans la mémoire collective des peuples et
la mémoire individuelle de chacun , les noms, les prénoms
de chaque disparu sahraoui : Monsieur Buyema Lahsen Buseid né
en 1948 à El Ayoun, disparu en 1976 à Lemseyed, madame
Fatma ... et tous les autres.
Le rappel, la mémoire, la fidélité, c'est une
des forces de l'action de parrainage qui mobilise des centaines de marraines
et de parrains à travers l'Europe. Mois après mois, ils
s'adressent aux autorités morales et politiques de ce monde pour
les informer du drame sahraoui et les mettre devant leur responsabilité
et leur devoir. Peut-on continuer à soutenir un Etat qui s'annonce
comme un état de droit et qui utilise la disparition comme une
arme de gouvernement ? Ces disparus n'ont pas été jugés,
ils sont victimes du plus grand arbitraire et pourtant nous n'entendons
pas s'élever les voix indignées de ceux qui dans d'autres
situations se réclament du droit d'ingérence.
La disparition est un des moyens les plus inhumains qui existent
pour faire régner la terreur. Les disparus sahraouis qui ont
retrouvé la liberté apès des années de bagne
ont raconté l'horreur quotidienne. Leurs familles sont sans nouvelles.
Parfois depuis vingt ans. Elles attendent. Ali est-il mort, Zaïna
vit-elle encore dans ces mouroirs que sont les bagnes marocains auprès
desquels passent les cars de touristes ? Nul ne le sait sinon les bourreaux
qui continuent à les effacer du monde. Ces disparus ont bien
sûr toutes commis le même crime: être sahraoui-e et
ne pas renier cette appartenance qui les garde debouts depuis le fond
des âges.
Vous voulez rejoindre la chaîne des parrains
et marraines, adressez-vous à votre comité national.
L'AFAPREDESA dénonce les assassinats dont sont
victimes des sympathisants de la cause sahraouie
Monsieur. Ahmed Routabi, (né en 1952 à Tan-Tan) a été
assassiné dans la nuit du 19 au 20 avril dernier. Il est décédé
sur le coup après avoir été poignardé dans
le dos par un homme armé dans la rue du Commerce à Tan
Tan. Les trois amis qui l'accompagnaient - Ali Menjl, Mohamed Salem
Kaziza et Abdullah Boussalem - ont été arrêtés
par des policiers marocains et conduits au commissariat. Le 11 mai,
ils étaient toujours en détention. L'AFAPREDESA rappelle
qu'Ahmed Routabi a fait l'objet de plusieurs arrestations, étant
soupçonné de propager des idées indépendantistes.
Il faut rappeler que plusieurs autres sympathisants
de la cause sahraouie ont été assassinés ces dernières
années. Parmi eux Mohamed El Bechir Moulay Ahmed (Leili), le
29 octobre 1995; Lafroussi Mayara, assassiné en juin 1996; Abdallah
Gremiche, assassiné en novembre 1995; Fatma Zarouali Daha, retrouvée
morte à El Aioun début mars 1997.
Monsieur Hammad Ali Hamad, né à El Ayoun
dans les années 1960 et père de deux fillettes, a été
arrêté dans la nuit du 25 au 26 mai dernier dans le quartier
de Colomina, à El Ayoun, devant la Société SEMACOSA
où il était employé. Quatre policiers en civil
auraient tenté de l'enlever. Devant sa résistance, deux
estafettes de police sont venues en renfort. Depuis il est porté
disparu. Son épouse Najat, qui travaille dans le Centre culturel
d'El Ayoun l'a recherché vainement dans tous les commissariats
et prisons de la ville.
L'AFAPREDESA dénonce l'impunité dont bénéficient
les autorités d'occupation marocaines au Sahara Occidental dans
leur politique répressive à l'encontre de la population
sahraouie.
L'AFAPREDESA se réjouit de l'annonce de la libération
de 85 prisonniers de guerre marocains par le Front Polisario lors de
la visite de M. James Baker dans les campements de réfugiés
sahraouis à la fin du mois d'avril.
COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Deux responsables de l'AFAPREDESA à la 53ème
session de la Commission des Droits de l'Homme
Comme la tradition le veut depuis de longues années,
la résolution concernant le droit à l'autodétermination
du peuple sahraoui a été votée par consensus et
sur présentation du Président, Monsieur Somol, représentant
de la Tchéquie. Donc rien de nouveau, pas d'initiative percutante
pour sortir la question du Sahara Occidental du rituel. Nous le regrettons.
Pourtant plusieurs ONG sont intervenues pour analyser les responsabilités
de l'impasse dans laquelle se trouvait le plan de paix: le CETIM a mis
l'accent sur la trahison onusienne et le peu de rigueur des Etats qui
restent trop passifs devant l'arrogance marocaine.
Pour sa part FRANCE -LIBERTES a terminé son intervention en
soulignant que " la vie est difficile pour les Sahraouis des territoires
occupés; la liberté d'expression n'est pas toujours respectée
puisque nombreux sont ceux qui occupent les prisons marocaines pour
avoir défendu leur territoire et réclamé son indépendance.
Quant à la libre circulation des hommes, on peut dire qu'elle
est limitée, puisque les journalistes et des représentations
d'organisations de défense des droits de l'homme et même
parfois de simples voyageurs ont souvent eu des problèmes pour
s'y rendre.
Pax Christi, le MRAP, FEDEFAM, la Fédération Internationale
de Femmes Démocrates et la Fédération des Associations
de défense et de promotion des droits de l'homme sont également
intervenus.
Quant au président par interim de l'AFAPREDESA, Abdeslam Lahcen,
il a pu - à travers l'Association Internationale des Juristes
Démocrates -, retracer les souffrances de son peuple, ses espoirs
en 1991 quand le Maroc sous la pression internationale a libéré
plus de 300 disparus, sa déception quand il s'est rendu compte
que la répression marocaine s'amplifiat à nouveau et que
les Sahraouis étaient arrêtés et soumis à
toute sorte de représailles et d'humiliations.
Le Bureau européen des droits de l'homme a pris
en charge les voyages et les séjours de deux membres de l'AFAPREDESA
pour la durée de la Commission ce qui leur a permis de mener
un travail d'informations et de prises de contact considérables.
le Bureau espère trouver les fonds nécessaires lui permettant
de les inviter à nouveau pour la session de la sous-ccommission
du mois d'août.
Visite à la famille de Mohammed Daddach dans
les camps de réfugiés sahraouis
Jacqueline Philippe est la correspondante du Bureau des droits de
l'homme en Italie. Lors d'un voyage dans les camps sahraouis en février
dernier, elle a rencontré la mère de Mohamed Daddach.
Elle raconte sa rencontre.
Je rencontre Mustapha Mohamed, neveu de Daddach, dans
la matinée du 21 février 1997 près de Dakhla. C'est
un moment de forte émotion et tellement imprévu. Nous
nous donnons rendez-vous pour l'après-midi; sous la tente de
la mère de Daddach.
La famille de Daddach est voisine de la famille de Fanfana, une jeune
amie sahraouie. Ce qui rend cette rencontre encore plus émouvante.
Accompagnée d'un régiment d'enfants qui courent de tous
côtés pour m'indiquer la tente, me voici finalement au
barrio 3 di Aglibat El Foula.
Je passe sous une porte basse et je me retrouve dans une petite cour
où toute une délégation de personnes m'accueille
avec grande cordialité, m'invitant à entrer dans la tente.
A l'intérieur, une foule de femmes et d'enfants se pressent autour
d'une dame âgée, Enguia Bakay, la mère de Mohamed
Daddach. à ses côtés, deux amies, aussi âgées
qu'elle. Toutes les trois en habit traditionnel. Enguia a un visage
maigre, sillonné de rides et des yeux de braises. On s'embrasse
fort, très fort et l'émotion est palpable sous la tente.
Le regard d'Enguia se fait encore plus intense lorsqu'elle remercie
tous les amis de par le monde qui se battent pour que son fils soit
libéré. Elle n'arrête pas d'envoyer des bénédictions
à tous ceux qui de loin tiennent vive la solidarité autour
de Daddach. Ses yeux se voilent de larmes pour un instant quand, me
serrant les mains avec une force incroyable pour ce corps tellement
fragile, elle me dit:" vous devez faire tout votre possible avec tous
les amis lointains pour que je puisse revoir mon fils avant de mourrir".
Quelqu'un a la bonne idée de faire passer les verres de thé.
L'atmosphère se détend et on me présente aux amis
de la famille. Une danse de melahfahs de toutes les couleurs. Le thé
qu'on sirote et peu importe qu'il soit "amer" comme la vie! Il y a Batul,
une soeur de Daddach, les femmes de Mustapha et Brahim Salem, deux autres
frères de Daddach, qui travaillent ensemble. Ils conduisent des
camions. Des enfants de tous les âges, les voisins entrent et
sortent de la tente pour saluer l'hôte qui vient de loin. C'est
Mustapha Mohamed, neveu de Daddach (son père est le frère
de Mohamed Daddach) qui fait les honneurs de la tente.
Mustafa me remet un paquet de lettres qu'on décide de faire
arriver au CICR pour leur acheminement. On fait des photos pour envoyer
à Daddach et on se fait beau en l'honneur du prisonnier.
On devrait se revoir pour approfondir les liens de famille mais comme
souvent dans les camps de réfugiés, on ne s'est plus revu.
Et je repars vers l'Itale avec dans le coeur le souvenir d'un regard
fiévreux d'une petite bonne femme courbée par les ans
et le poids du destin mais tellement fière d'être la mère
de Mohamed Daddach.
Une délégation du Bureau européen
des drots de l'homme et de l'AFAPREDESA a été reçue
au siège du CICR. Elle a remis les lettres et les photos apportées
par J. Philippe à la responsable du dossier Maghreb-Moyen-Orient
qui doit les faire parvenir à Mohamed Daddach.
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EL
KARAMA N° 15
DIGNITE
EL KARAMA
peut en cacher un autre
Jeter la confusion, semer le trouble dans l'opinion,
voilà qui n'est pas nouveau dans la stratégie utilisée
par le Maroc pour discréditer les associations sahraouies ou
les organisations non gouvernementales des droits de l'homme préoccupées
par la situation au Sahara occidental. Une association, initiative marocaine
animée par des Sahraoui(e)s passé(e)s au Maroc, s'est
manifestée en Espagne ce printemps pour plaider la cause des
familles sahraouies soi-disant captives dans les camps de réfugiés,
l'objectif étant de miner la crédibilité de l'AFAPREDESA
et l'Union Nationale des Femmes Sahraouies également en campagne
en Espagne à ce moment-là. A notre connaissance, l'échec
est total. Mais une autre stratégie nous attendait. Voilà
qu'après plus de cinq ans de parution de notre bulletin EL KARAMA,
nous apprenons, fin avril 1998, par le journal marocain "La Nouvelle
Tribune" que l'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme (OMDH) publie
le premier numéro de son mensuel. Devenez son titre : Al KARAMA
!
C'est à la fois un sentiment de colère
et de fierté qui nous envahit. Colère parce qu'on peut
difficilement penser que c'est par pur hasard que l'OMDH a doté
sa publication du titre de notre propre bulletin "Dignité". Nous
interprétons ce manque d'éthique entre associations des
droits de l'homme comme une volonté, une fois de plus, de jeter
la confusion dans le camp des ONG et des défenseurs des droits
de l'homme: deux publications, le même nom, mais de quoi s'agit-il
vraiment ? Fierté, parce que notre modeste bulletin qui paraît
certes en français, allemand, anglais, italien, catalan, espagnol
et arabe est assez subversif en ce qui concerne le respect des droits
de l'homme pour qu'une association marocaine se propose d'utiliser le
même titre pour sa publication.
Dans cette dernière partie du processus référendaire,
on dirait que tous les coups sont permis. Nous voulons, pour notre part,
continuer à vous transmettre le plus loyalement possible les
informations qui sont en notre possession et continuer
à solliciter votre appui, vos relais pour que l'ONU, le Maroc
et le Front Polisario soient interpellés sur le respect des droits
de l'homme tout au cours du processus référendaire.
Nouvelles de Mohamed Daddach
Depuis l'automne dernier, la campagne pour la libération
de Mohamed Daddach a pris une nouvelle direction. En effet, certains
membres d'une association espagnole de soutien au peuple sahraoui partent
du principe que Mohamed Daddach avait des papiers espagnols lorsqu'il
a été arrêté, condamné à mort
puis à la prison à perpétuité par la "justice"
marocaine. Une procédure devrait donc être en cour actuellement
auprès du gouvernement espagnol pour que ce dernier reconnaisse
à Daddach son identité espagnole au moment de son incarcération.
A ce titre, le gouvernement espagnol devrait s'intéresser à
Daddach et réclamer pour lui des conditions de détention
humaines et pourquoi pas, sa libération.
Dans la lettre qui suit, Mohamed Daddach écrit
à une amie en disant qu'il n'a pas reçu de nouvelles et
de photos de sa mère. Cette information laisse supposer qu'en
effet, Mohamed Daddach n'a jamais reçu les lettres et photos
que nous avions remises en mains propres au CICR pour les lui faire
parvenir.
le 9 février 1998
Chère amie,
Je suis très content de vous envoyer cette lettre
après avoir reçu votre lettre du 17.12.97. Malheureusement,
je n'ai pas reçu l'avant-dernière (...).
Je ne sais pas comment vous remercier de la bonne nouvelle
qui concerne ma mère et de sa photo que vous avez trouvée
dans un journal. Vous ne pouvez pas, sans doute, imaginer combien elle
me manque. Je ne l'ai pas vue depuis 1975, j'ignore complètement
comment elle va, j'espère qu'elle est en bonne santé et
je vous demande si vous pouvez m'envoyer une photocopie de la page de
ce journal où il y a la photo de ma mère et surtout ne
l'envoyez pas à mon adresse dans la prison car ils ne me la donneront
pas, c'est interdit. Par contre, vous pouvez l'envoyer à l'adresse
que mon ami R. va vous donner à la fin de cette lettre.
Pour moi, je suis toujours à la prison centrale
de Kénitra, pas de nouveau ni d'amélioration dans mon
dossier. Je demande toujours mon transfert dans une autre prison proche
de ma région le Sahara mais sans résultats et tout ce
qu'on raconte des améliorations des droits de l'homme , ce ne
sont que des mots, par contre la réalité dans les prisons
surtout est catastrophique.
En ce qui me concerne, il me faut beaucoup de choses
(...). Acceptez mon bonjour et celui de mon ami R. pour vous et pour
toute votre famille.
Mohamed Daddach
NOUVELLES DE L'AFAPREDESA
Les manifestations de Lemseid
Nous rappelons que le 24 février 1998, des centaines
de citoyens sahraouis ont manifesté dans la localité de
Lemseid, au sud du Maroc, pour revendiquer le droit du peuple sahraoui
à l'autodétermination et à l'indépendance
et exigeant la libération des prisonniers politiques sahraouis.
Les forces marocaines ont réprimé violemment cette manifestation
pacifique et des centaines de Sahraouis ont été blessés
et ont dû être conduits à l'hôpital et vingt
Sahraouis ont été condamnés le 26 avril à
Agadir: 8 d'entre eux ont été condamnés à
2 ans de prison et les 12 autres à 3 mois de détention
et à une amende. Ces derniers ont été libérés
à la fin du mois de mai. Avec 150 personnes venues les chercher
à la sortie de la prison d'Inezgane, ils ont organisé
une marche de protestation exigeant le respect des droits humains au
Sahara, la libération de tous les prisonniers politiques et des
disparus sahraouis ainsi que l'organisation d'un référendum
libre et juste. Les personnes libérées ont exprimé
leur inquiétude quant au sort des 8 autres condamnés.
Assassinat de Laarusi Numria, ex-disparu sahraoui
Arrêté en 1987 par la Division de Sécurité
du Territoire (DST), Laarusi Numria a été soumis à
l'isolement dans la prison secrète de Kaalat M'Guna. Enchaîné
et torturé pendant des années, il a été
libéré en 1991 avec plus de 300 autres disparus sahraouis,
grâce à une campagne internationale contre les disparitions
forcées. A sa sortie de prison, il a été placé
en résidence surveillée. Disparu depuis le 8 février
1998, il a été retrouvé mort le 3 avril à
l'embouchure de l'oued Saguia à El Ayoun. L'AFAPREDESA demande
la création d'une commission d'enquête indépendante
pour faire la clarté sur ce cas. Jusqu'aux résultats de
l'enquête, elles considère les autorités marocaines
comme responsables de cet assassinat. On peu se demander si la MINURSO
ne va pas prendre cette situation au sérieux et qu'elle se donne
les moyens d'enquêter sur les violations des droits de l'homme
au Sahara occidental.
L'AFAPREDESA et le processus référendaire
Lors de sa visite, en février 1998 dans les
camps de réfugiés sahraouis, le représentant spécial
du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental,
Charles A. Dunbar, a reçu une délégation de l'AFAPREDESA
conduite par Najoub Naama, Président adjoint de l'association.
L'entrevue a surtout porté sur la question des centaines de disparus
sahraouis et de la libération immédiate et sans condition
des prisonniers politiques. Concernant le référendum,
proprement dit, l'AFAPREDESA a demandé au représentant
spécial de :
a) faire respecter les droits de l'homme au Sahara
occidental,
b) garantir la liberté d'accès au territoire
à toutes les ONG de défense des droits de l'homme et aux
observateurs indépendants,
c) de mener une enquête au sujet de la mort suspecte
du notable sahraoui Sid Ahmed, le 10 janvier 1998 dans la capitale marocaine.
Assemblée générale de l'AFAPREDESA
Cette assemblé s'est tenue dans les camps
de réfugiés du 27 au 29 avril 1998. La question de la
place et du rôle de l'AFAPREDESA dans la société
civile sahraouie, aujourd'hui et dans le futur, reste une priorité
à débattre pour plusieurs de ses membres. Une nouvelle
direction a été nommée et Monsieur Abdeslam Omar
Lahsen en a été nommé président.
JOURNEE DES DISPARUS SAHRAOUIS
6 JUIN 1998
Cette journée a été célébrée
dans plusieurs pays. Une manifestation a rassemblé plusieurs
centaines de personnes en Espagne.
L'AFAPREDESA a pour sa part lancé un appel de
détresse à toutes les ONG de défense des droits
humains et à toutes les personnes éprises de justice et
de dignité afin qu'elles redoublent toutes d'efforts pour que
les disparus et leurs familles puissent enfin trouver la paix.
Dans son message, l'AFAPREDESA fait référence
au 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des
droits de l'homme. En fait, notre bureau pose la question : y-a-t-il
quelque chose à fêter cette année ? Les droits de
l'homme sont-ils mieux respectés que lors de l'adoption de la
Déclaration ? On remarque que la connaissance même de ces
droits a très peu d'influence sur les Etats qui en jouent comme
d'un pion supplémentaire à utiliser comme enjeu dans les
négociations politiques et économiques.
L'AFAPREDESA poursuit son message en soulignant que
les efforts de la communauté internationale pour régler
la situation des disparitions forcées au Sahara occidental se
heurte aux multiples manoeuvres marocaines qui persistent à nier
l'évidence comme elle l'a fait tout au cours de ces vingt dernières
années.
Les rescapés des centres secrets libérés
en 1991 à la suite de la campagne internationale en faveur des
disparus sahraouis et marocains subissent actuellement un contrôle
rigoureux et sont soumis souvent à résidence surveillée.
Ils n'ont bénéficié ni de soins ni de compensation
pour les traitements cruels et dégradants auxquels ils ont été
soumis durant leur détention.
A la suite de la journée internationale du
6 juin, nous vous demandons de poursuivre l'action mensuelle ou bi-mensuelle
de parrainage d'un ou d'une disparu(e) sahraoui(e). Si vous voulez vous
joindre aux appels individuels que nous lançons mois après
mois à des personnalités du monde politique, économique,
culturel pour que les disparus sahraouis ne soient pas oubliés,
demander des informations à l'adresse de notre bureau.
CAMPAGNE DE SOUTIEN A L'AFAPREDESA
Pendant cette année référendaire, l'AFAPREDESA
doit pouvoir multiplier ces actions, développer une réelle
autonomie (véhicule, moyens financiers, moyens d'informations)
pour remplir ses objectifs :
* poursuivre la mise à jour de la liste des
disparus (ce qui signifie parcourir les campements, trouver les parents
de disparus, demander et prendre note des informations précises
sur le passé du disparu, sur les dates et les conditions de la
disparition, etc.)
* lancer et animer des campagnes de solidarité,
contacter les ONG, la presse, les instances de l'ONU concernées
par ces questions
*voyager pour transmettre les informations et collaborer
avec des ONG extérieures
Merci à tous ceux qui participent déjà
à cette campagne
Nous avons récolté actuellement 10.000
francs suisses
Compte bancaire : SBS Genève-Plainpalais C3-117.839.0
CCP : 12-12461-0
[ACCUEIL]
EL
KARAMA N° 20
DIGNITE
CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA LIBERATION DE
MOHAMED DADDACH ET DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES
SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC
Depuis le 1er septembre 2001,
A vos stylos pour exiger la libération des prisonniers
politiques sahraouis
Depuis quelques mois, le travail de recensement des
prisonniers politiques sahraouis que nous avons entrepris, grâce
aux précieuses connaissances de Sahraouis amis, nous ont menés
tout naturellement à l'organisation d'une campagne pour la libération
de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc.
En effet, à la lecture des condamnations fort
lourdes que des tribunaux marocains ont appliqué à des
citoyens sahraouis, notre opinion était faite. Il fallait exiger
la libération de ces prisonniers dont le délit d'appartenir
à la société sahraouie s'avérait être
beaucoup plus important pour les tribunaux que l'action répréhensible
que l'on pouvait leur reprocher. Souvenez-vous de la condamnation à
mort de Mohamed Daddach, commuée en emprisonnement à vie
pour avoir choisi de fuir l'armée marocaine où lui, Mohamed
Dadacch, sahraoui et fier de l'être, avait été enrôlé
de force. Ce même Daddach, ayant eu écho de la campagne
qui se préparait, s'est déjà mis en grève
de la faim à la prison de Kénitra, dès le 23 août,
pour soutenir le mouvement. D'autres manifestations ont eu lieu et se
dérouleront encore dans les zones occupées du Sahara occidental
pour donner de la voix à cette campagne. Dans les camps de réfugiés
également, les familles des prisonniers vont intervenir auprès
des instances internationales pour qu'elles appellent le Maroc à
libérer leurs parents et l'Association des Familles de Prisonniers
et des Disparus au Sahara Occidental (AFAPREDESA) va proposer aux citoyens
sahraouis de participer à cette campagne internationale.Que va-t-il
se passer en Europe et ailleurs ? Notre première exigence est
la libération de tous les prisonniers politiques détenus
par le Maroc. Vous trouverez tous les détails que nous avons
pu obtenir sur eux dans les pages qui suivent et nous nous donnons jusqu'en
décembre pour aboutir à notre objectif.
Il est certain que nous ne l'atteindrons pas seuls.
Les Sahraouis des zones occupées bougent déjà,
bougeons à notre tour. Les plans de campagne et les propositions
de participation se trouvent dans ce journal et nous vous laissons bien
sûr en proposer d'autres. Internet va aussi jouer un rôle
important dans cette campagne, et pour tous ceux et toutes celles qui
surfent, envoyer plus loin les messages que vous recevrez régulièrement
à travers plusieurs sites.
Donc, depuis le 1er septembre, tous à vos stylos
et à vos claviers, pour la libération des prisonniers
politiques sahraouis.
SOLIDARITE AVEC MOHAMED DADDACH ET TOUS LES PRISONNIERS
POLITIQUES SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC
Alors que le Bureau Européen pour le Respect
des Droits de l'Homme au Sahara Occidental initie ces prochains jours
une « Campagne Internationale pour la libération de Mohamed
Daddach et des 25 autres prisonniers politiques sahraouis condamnés
par les Tribunaux marocains », nous venons d'apprendre que Mohamed
Daddach lui-même, le plus ancien détenu politique sahraoui
(arrêté en 1979) a décidé de participer à
notre campagne en entamant dès aujourd'hui 23 août 2001
une grêve de la faim de 24 heures par semaine jusqu'au 1er octobre,
durée qui augmentera dès cette date, et ce jusqu'à
sa libération.
Dans le même temps, la mobilisation de la population
sahraouie des territoires occupés s'intensifie.
En soutien à la grève de la faim de Mohamed
Daddach entamée le 23 août, le Forum Vérité
et Justice- Section Sahara a organisé à El Ayoun (capitale
du Sahara Occidental) deux journées d'action les 23 et 24 août.
Le premier jour a eu lieu un colloque sur le thème « Vérité,
indemnisation et impunité du point de vue du droit international
».
Le 24, un meeting a rassemblé la population
sahraouie pour soutenir les prisonniers politiques. Le cas de Mohamed
Daddach a été présenté et de nombreuses
personnes ont
pris la parole. Parmi elles, une femme membre de la
famille de Daddach, M. LAAROUSSI, père de deux détenus
politiques sahraouis emprisonnés à la prison de El Ayoun,
et l'épouse du détenu politique sahraoui KHAYA CHEIKH.
Le moment le plus fort de la journée a été constitué
par l'intervention par téléphone de Mohamed Daddach lui-même,
qui du fond de sa prison s'est adressé pour la première
fois directement à ses amis et à son peuple, le téléphone
ayant été branché sur haut-parleur. Alors que les
participants scandaient des slogans pour sa libération, Daddach
très ému n'a pas pu continuer de parler. Voici les termes
de son intervention :
« Bonjour Chers Amis,
à la Brigade de la Gendarmerie Royale d'El Ayoun
en 1979 et avant ma traduction devant la cour militaire de Rabat que
je considère comme un acte injuste, j'ai été torturé
avec atrocité au cours des interrogatoires.
Maintenant, j'ai passé plus de 22 ans à
la Prison Centrale de Kénitra et ce, malgré les campagnes
organisées par les défenseurs des droits de l'homme pour
ma libération. Parmi ces organisations, je cite le BERDHSO (Bureau
Européen pour le Respect des Droits de l'homme au Sahara Occidental)
et Amnesty International.
L'attitude de l'Etat marocain &endash; qui se déclare
être en faveur du respect des droits de l'homme- reste toujours
inchangée. Il opte donc pour ne pas me libérer.
Pour cela, j'ai décidé d'observer une
grève de la faim de 24 heures chaque semaine à partir
du 23 août 2001 jusqu'à la dernière semaine du mois
de septembre 2001. Passé cet ultimatum, je projette d'entamer
d'autres actions militantes pour exiger ma libération sans contraintes
ni conditions.
Enfin, je salue tous les sahraouis et tous les défenseurs
des droits de l'homme partout dans le monde. Merci et à bientôt.
»
Depuis la prison centrale de Kénitra
Le 24 août 2001 à 18h30 GMT
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LISTE DES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS
CONDAMNES PAR LES TRIBUNAUX MAROCAINS
Cette liste a été élaborée
sur la base d'informations reçues de différentes organisations
sahraouies de défense des droits de l'homme (Comité de
Coordination du Groupe des Sahraouis Victimes de la Disparition Forcée
et de la Détention Arbitraire, AFAPREDESA &endash; Association
des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis, Forum Vérité
et Justice-Section Sahara, Ministère des Territoires occupés
de la RASD). Elle comporte les prisonniers sahraouis condamnés
par des tribunaux marocains et encore détenus aujourd'hui. Elle
n'est sans doute pas exhaustive. De nombreux autres sahraouis ont été
condamnés depuis septembre 1999 à des peines de quelques
mois de prison. Ils ont donc théoriquement été
libérés.
En outre, au cours des manifestations étudiantes
de Marrakech en mai 2000, 3 étudiants de nationalité marocaine
ont été condamnés à 2 ans de prison pour
leur participation aux côtés des étudiants sahraouis.
Il s'agit de : Oualil Mohamed, né en 1981 à Tan-Tan ;
Abdelhak Hejji, né en 1976 à Elgara ; Ouahbi Abdelmajid,
né en 1978 à Kalaat.
Daddach Sidi Mohamed
Né en 1957 à Guelta Zemmour
N° d'écrou 19590
Date de la détention : 10.081979
Accusation : trahison, tentative de rejoindre le Front
Polisario
Condamné le 7 avril 1980 à la peine de
mort, cette peine sera commuée le 8 mars 1994 en prison à
perpétuité.
Lieu de détention : Prison Centrale de Kénitra.
Il est reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty
International et a reçu à plusieurs reprises la visite
de représentants du CICR.
Laâroussi Mohamed et Laâroussi Bachir
Date de la détention : 27.09.1999
Condamnés à 15 ans de prison pour leur
participation aux manifestations d'El Ayoun de septembre 1999.
Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
Malainin Abderrahman ould Mohamed ould Saleh
Enlevé le 28.09.1999, il a été
jugé en l'absence d'avocats et de sa famille.
Chef d'accusation : avoir brûlé un drapeau
marocain et un fourgon de la police.
Condamné à 10 ans de prison.
Lieu de détention : après avoir été
longtemps « disparu », il se trouve actuellement à
la prison d'Inzegan.
Dah Cheikh
N°d'écrou :19749
Né en 1972 à El Ayoun
Étudiant universitaire
Condamné à 2ans
Moussamih Laârbi
N°d'écrou :19747
Né en 1973 à El Ayoun
Correspondant d'un journal régional
Condamné à 2 ans
Louloud Mohamed Ali
N°d'écrou:19750
27 ans, chômeur.
A une tumeur maligne au pied droit
Chômeur
Condamné à 4 ans.
Chef d'accusation : participation aux émeutes
(Manifestations d'El Ayoun), destruction de biens publics et de particuliers.
Condamnés le 26.11 1999 par la Cour d'Appel
d'El Ayoun.
Incarcérés à la Prison civile
d'El Ayoun.
Laghzal Brahim
N° d'écrou :55490
Administrateur adjoint-chef du service du personnel
à la municipalité de Tan-Tan
Messaoud Laârbi
N°d'écrou :55492
Diplômé au chômage, licencié
en littérature arabe
Khaya Cheikh
N°d'écrou :55491
Employé à la caisse nationale du crédit
agricole à El Ayoun
Diplôme de technicien herboriste
Date de la détention : 6.12.1989 à Tan-Tan,
El Ayoun et Agadir.
Chef d'accusation : appartenance au Front Polisario
et « Atteinte à la sécurité intérieure
de l'Etat ».
Condamnés le 03.07.2000 à 4 ans de prison
par la Cour d'Appel d'Agadir.
Lieu de détention : prison civile de Marrakech
Ils ont été tous les trois adoptés
par Amnesty International comme prisonniers d'opinion.
Saleh Elghazouani N°d'écrou :20276
18 ans Chômeur
Condamné à 10 ans de prison
Boussoulla Hassana N°d'écrou :20278
Né en 1981 à El Ayoun
Chômeur
Condamné à 7 ans de prison
Bachir Tounssi N°d'écrou :20269
Né en 1976 àEl Ayoun
Chômeur
Condamné à 7 ans de prison
Haidan Alisalem N°d'écrou :20266
chômeur
Condamné à 5 ans de prison.
Il souffre de tuberculose
Beilla Sidimahfoud N°d'écrou :20270
Né en 1982 à El Ayoun
chômeur
Condamné à 5 ans de prison.
Chef d'accusation : appartenance à une bande
de malfaiteurs, participation aux émeutes (manifestations d'El
Ayoun de mars 2000), incitation à la destruction des biens des
particuliers et des biens publics et participation à la destruction
d'un véhicule par le feu.
Date de la condamnation : 05.04.2000 par la Cour d'Appel
d'El Ayoun
Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
Rejâa Brahim
Né en 1979 à Goulimine, étudiant
en 3ème cycle universitaire d'économie
Date de détention : 18 mai 2000
Chef d'accusation : avoir brûlé un véhicule
public au cours des incidents de la Cité Universitaire de Marrakech.
Condamné à 5 ans de prison le 20 juin
2000 par le Tribunal d'Appel de Marrakech.
Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.
Abdelillah Bouknou
Né en 1976, étudiant en 2ème année
de droit.
Berdellil Houcine
Né en 1974 à Goulimine, étudiant
en 1ère année du troisième cycle de droit privé.
Bekri Abdessalam
Né en 1974
Chakourri Omar
Né en 1979 à Tan-Tan, étudiant
en économie
Jemâa Mohamed Yahdih
Né en 1976 à Goulimine
Bouguenna Mouloud
Né en 1975 à Goulimine
Belhaj Mohamed Mustapha
Né en 1979 à Goulimine, étudiant
en 2ème année de droit
Kezzhar Mohamed Fadel
Né en 1973 à Goulimine
Pour tous :
Date de la détention :17 mai 2000
Chef d'inculpation : participation aux évènements
de la cité universitaire de Marrakech
Condamnés à 2 ans de prison le 26 mai
2000 par le Tribunal de 1ère Instance de Marrakech.
Lieu de détention : prison civile de Marrakech
Bahaha Salek
N°d'écrou :57726
Employé à Phosboucraâ, service
de manutention « liaison des convoyeurs »
Date de la détention : 27.09.2000 à El
Ayoun
Chef d'accusation : « Atteinte à la sécurité
intérieure de l'Etat et intelligence avec le Polisario ».
Condamné le 11.10.200 à 4 ans de prison
par le Tribunal d'Appel d'Agadir.
Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.
Reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International
Ayach Baba Yaddih
17 ans
Etudiant au Collège « Laayoune 3 »
Date de détention : 12.02.2001
Chef d'accusation : incendie d'une voiture de l'autorité
à la Cité Hay Rahma la nuit du 10.02.2001.
Condamné à 2 ans de prison le 07.03.2001
par le Tribunal de 1ère Instance d'El Ayoun.
Lieu de détention : Prison civile d'El Ayoun
Nouvelles grèves de la faim
En soutien au mouvement entamé par Mohamed Daddach,
trois autres détenus politiques sahraouis ont observé
une grève de la faim le 28 août. Il s'agit de Khaya Cheikh,
Massoud Larbi et Bahaha Salek qui protestent contre leur détention
illégale et les dures conditions de détention. Les deux
premiers avaient été arrêtés le 6 décembre
1999 et le troisième le 27 septembre 2000. Ils ont été
condamnés à 4 ans de prison ferme et sont détenus
à la prison Boulemharez de Marrakech.
Le 30 août, ils ont été rejoints
par 5 autres prisonniers sahraouis condamnés lors des évènements
de la Cité universitaire de Marrakech.
Comité préparatoire pour la constitution
d'un
COMITE pour la LIBERATION DE M.DADDACH et les DETENUS POLITIQUES
SAHRAOUIS
En clôture du meeting du 24 août à
El Ayoun, le FVJSAH a annoncé la constitution de ce comité
ouvert à toutes les sensibilités. Dans le comité
préparatoire, on trouve parmi les mebres les épouses de
Kahay Cheikh et Bahaha Salek.
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Nous appelons l'opinion publique mondiale, les organisations
de défense des droits de l'homme à soutenir notre campagne
pour exiger des autorités marocaines la
LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH
ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS
LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH
ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS
Mohamed Daddach est le plus ancien prisonnier de conscience
sahraoui :
Il est né en 1957 à Guelta Zemmour (Sahara
Occidental). En 1973, il rejoint le Front Polisario et participe à
la lutte de libération.
Mohamed Daddach, prisonnier de guerre : le 2 février
1976, il est fait prisonnier au cours d'une bataille près de
Amgala. Blessé, il est transféré dans différentes
prisons marocaines et finalement à la caserne de la Gendarmerie
Royale d'El Ayoun.
Mohamed Daddach est enrôlé de force dans
la gendarmerie royale : alors que 90 de ses compagnons prisonniers de
guerre sont libérés, Mohamed Daddach et 9 autres prisonniers
sont enrôlés de force dans la gendarmerie marocaine à
El Ayoun. Aux côtés de ses camarades, il tente de fuir
le 10 août 1979. Mais son véhicule est intercepté
par les forces marocaines et accidenté. Son compagnon meurt et
Daddach est blessé et fait prisonnier
Mohamed Daddach est condamné à la peine
capitale : le 7 avril 1980, Mohamed Daddach est condamné à
mort par un tribunal militaire marocain pour désertion. Il est
emprisonné à la prison centrale de Kénitra où
il est soumis à un régime d'isolement et de torture, sans
traitement médical. Face à cette situation, il commence
plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions
de détention.
Le 8 mars 1994, , sa peine de mort est commuée
en détention à perpétuité, par grâce
royale…Mais il reste dans le quartier des condamnés à
mort de la prison jusqu'à fin 2000.
Mohamed Daddach est un symbole de la résistance
sahraouie : cette année il a 44 ans et il a passé injustement
plus de la moitié de sa vie dans les geôles marocaines.
Il a reçu depuis 1995 plusieurs visites du CICR (Comité
International de la Croix Rouge) et est considéré par
Amnesty International comme prisonnier de conscience. Monsieur Pierre
Sané, alors secrétaire Général de cette
organisation lui a rendu visite en prison en 1999.
Mohamed Daddach doit être libéré
Lettre de Mohamed Daddach Aux organisations humanitaires, de défense
des droits de l'homme et à toutes les ONG.
« Lors ma tentative de rejoindre le F.Polisario
avec 11 compagnons (dix ont réussi à fuir), la voiture
dans laquelle je me trouvais avec un autre camarade a été
détruite par un tir de Canon 105 de l'armée marocaine.
Suite à cet accident, mon ami a trouvé la mort, et moi
j'ai été grièvement blessé au côté
gauche, ce qui m'a empêché de bouger. J'ai été
capturé par l'armée marocaine et traduit devant le Tribunal
militaire de Rabat qui m'a condamné à la peine capitale.
Depuis le 9 septembre 1979, je me trouve à la
prison de Kénitra, aujourd'hui dans le quartier AI dans une petite
cellule de trois mètres carrés où il y a deux petites
fenêtres. Je vis dans des conditions insupportables ; je sors
4 heures par jour pour voir le soleil. Le reste du temps, je le passe
dans ma cellule qui est située à côté des
chiens de garde qui aboient jour et nuit.
Je lance un appel à toutes les organisations
humanitaires et aux ONG de défense des droits de l'homme pour
intervenir pour la libération de tous les prisonniers politiques
sahraouis et pour faire la lumière sur le sort de tous les disparus
sahraouis. »
Le 10.02.2001
Le « KARAMA » paraît 3 à 4
fois par année. Pour le publier, nous avons besoin de votre soutien.
Abonnement annuel : 30 francs suisses à verser aux adresses ci-après.
Si vous désirez recevoir régulièrement
des informations par e-mail ou par fax, vous pouvez vous inscrire à
notre adresse.
Bureau Européen pour le Respect des droits de
l'homme au Sahara Occidental
Case Postale 53
1211 GENEVE 9 Suisse
[ACCUEIL]
EL
KARAMA N° 22
DIGNITE
BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS
DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL
En marche pour une nouvelle étape…..
Il fallait que le Bureau pour les droits de l'homme
au Sahara occidental se donne les moyens de devenir une structure juridique
reconnue pour que ses membres puissent avoir en mains un nouvel
instrument de lutte. C'est donc chose faite depuis le 16 mars,
date de la création formelle de la nouvelle association réunissant
actuellement des membres de nombreux pays dont la Suisse, la France,
l'Italie, l'Angleterre, l’Espagne… et du Sahara Occidental. Modeste,
mais ambitieuse, cette association va travailler avec toutes les associations
sœurs, notamment sahraouies, pour remplir ses objectifs: non seulement
dénoncer les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental,
mais mener des actions offensives pour le respect de ces mêmes
droits.
Les résultats positifs du combat mené l'an dernier
pour la libération des prisonniers politiques sahraouis sont
prometteurs sans pour autant donner aux membres de l'association des
illusions sur la facilité des combats à mener. Chaque
nouvelle lutte va, en effet, demander une préparation extrêmement
précise, la réunion du maximum de preuves (sur les disparitions,
par exemple), de nombreux soutiens de la part d'ONG et d'organisations
reconnues. On peut espérer, par exemple, que le Bureau
étant une entité juridique helvétique, l'entrée
de la Suisse dans l'ONU rendra ses autorités plus offensives,
prêtes à prendre des initiatives dans une situation où
les droits de l'homme se péjorent.
Le Karama reste l'organe d'information du Bureau; sa traduction
et sa diffusion internationale vont se poursuivre régulièrement.
Il est évident, cependant, que pour être efficaces, nos
combats doivent devenir les vôtres aussi, les nôtres à
tous en somme. Au cours des mois prochains nous continuerons à
vous solliciter pour des actions de grande envergure qui ne peuvent
être victorieuses sans votre solidarité. Merci de répondre
à nos appels et de poursuivre votre collaboration avec le Bureau
International pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental,
dans la nouvelle étape qui s'annonce.
Assemblée Générale
du Bureau International pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara
Occidental
COMMUNIQUE
Le 16 mars 2002 s’est tenue à Genève
l’Assemblée Générale du Bureau Européen
pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental. Y ont participé
des représentants de Suisse, de France, d’Italie et de Grande
Bretagne ; alors que les représentants d’Espagne et d’Allemagne
s’étaient excusé . Etait également présente
une large délégation représentative des sahraouis
défenseurs des droits humains : M.Abdeslam Omar Lahcen
- Président de l’AFAPREDESA (Association des Familles de Prisonniers
et Disparus Sahraouis) venu des camps de réfugiés et des
représentants d’organisations venant du Sahara Occidental sous
contrôle marocain : M. Dahha Rahmouni, du Comité de Coordination
des Victimes sahraouies de la Disparition forcée ; M.Moumen Mohamed
Mahmoud, de l’Association des Familles de Disparus de Smara, fils du
disparu Sidi Ahmed Baaya, rejoints dans l’après-midi par M. Noumria
Brahim du Forum Vérité-Justice/.Section Sahara et
Me Leili Mohamed Fadel, avocat sahraoui et ancien disparu.
L’Assemblée a également reçu plusieurs messages
de soutien de Belgique (Pierre Galand, Président EUCOCO), de
France (Comité de parrainage des prisonniers politiques au Maroc)…
Cette réunion qui a discuté et accepté
les propositions de modification de fonctionnement peut être considérée
comme une Assemblée Constitutive de l’association.
Après avoir fait un bilan de l’activité de l’année
écoulée, elle a adopté des statuts, élu
un comité exécutif de 5 membres et distribué les
postes de membres correspondants dans les différents pays. En
outre, pour ouvrir de plus grande perspective de travail spécialement
en dehors de l’Europe, l’Assemblée a décidé à
l’unanimité de modifier le nom de l’association en BUREAU INTERNATIONAL
POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL. Une campagne
d’adhésion sera lancée prochainement.
Le plan de travail adopté comporte la poursuite
et le développement
- du travail d’information en renforçant particulièrement
les différentes langues (français, anglais, espagnol),
- de la publication du bulletin EL KARAMA (français,
anglais, espagnol, italien, catalan…) et
- de la campagne de parrainage de disparu/e/s sahraouis.
- de l’intervention pour la libération de tous les détenus
politiques sahraouis condamnés par les autorités marocaines
ou en attente de jugement.
Une campagne particulière sera initiée
ces prochaines semaines sur la question des disparitions forcées
au Sahara Occidental. Dans ce cadre, un projet de rencontre entre des
familles de disparus sahraouis et des parrains et marraines d’Europe
en mars 2003 à Genève a été élaboré.
Saluant la présence active des représentants
sahraouis, l’Assemblée a réaffirmer son soutien aux organisations
sahraouies de défense des droits humains et son souhait de poursuivre
une collaboration efficace avec elles.
Dans l’après-midi, l’assemblée a écouté
avec émotion le message adressé par téléphone
par Mohamed Daddach qui après avoir remercier le BERDHSO pour
la campagne en faveur de sa libération et de celle de ses
camarades a fait remarquer que les violations des droits humains au
Sahara Occidental sont liées au conflit politico-militaire, et
ne pourront cesser qu’avec la fin de ce conflit à travers un
référendum d’autodétermination juste et libre.
D’autres messages téléphoniques ont été
adressés depuis le Sahara Occidental, d’une femme sahraouie rescapée
des bagnes secrets marocains, et d’un activiste des droits de l’homme.
En deuxième partie de journée a eu lieu un colloque
sur la disparition forcée auquel ont apporté leurs contributions
Mme Tina Meschiati, rescapée de la disparition forcée
en argentine (1976-1978), de l’Association « Memoria Viva
» et Jairo Sanchez de l’Association Américaine des Juristes.
Cette rencontre de plus de trois heures (qui fera l’objet d’un compte
rendu séparé) a été très enrichissante
pour la poursuite de nos actions.
Genève, le 17 mars 2002
Discours adressé par téléphone
à l'assemblée générale du BERDHSO
Genève, le 16 mars 2002
Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
C'est avec fierté et grande émotion que je m'adresse
à votre assemblé générale pour vous exprimer
mes vives salutations et mon profond respect. Je vous exprime également
mes profonds remerciements et ma grande satisfaction pour toutes les
actions entreprises par votre Organisation en faveur de ma libération
et celle de mes camarades les autres détenus politiques Sahraouis.
Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Notre libération inconditionnelle était le fruit de
la campagne internationale lancée, l'année dernière,
par votre Organisation et à laquelle ont adhéré
les défenseurs des droits de l'homme Sahraouis et les masses
militantes Sahraouies et soutenue par des personnalités humanitaires
partout dans le monde.
Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Des centaines de Sahraouis demeurent toujours en disparition forcée
dans les geôles secrètes marocaines et soumis aux méthodes
de torture corporelle et psychologique les plus barbares. Mobilisons
nous donc pour mener le combat de l'établissement de la vérité
sur leur sort à travers le lancement; par votre Organisation;
de la campagne internationale correspondante.
Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental sont liées
au conflit politico-militaire que connaît la région depuis
un quart de siècle. Ces violations ne vont cesser que par la
fin de ce conflit. Seule une solution juste et durable à travers
l'organisation par l'ONU d'un référendum d'autodétermination
libre et impartial peut mettre fin à ce conflit et par la suite
permettre au Peuple Sahraoui de se prononcer; loin de toutes contraintes,
sur le statut politique définitif du Sahara Occidental.
Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Enfin, je vous salue chaleureusement mes Amis et je salue à
travers vous mon Grand Ami, le Militant Christian Viret Président
du BERDHSO. Je souhaite aux travaux de votre assemblée générale
le grand succès. Merci. SIDI MOHAMED
DADDACH
Avec une participation d'ordre "internationale" marquée,
notamment par la présence des représentants des différentes
ONG actives dans le domaine des droits humains dans les territoires
occupés, les résultats de l'assemblée générale
de l'ex-BERDHSO étaient exceptionnels. Visant plus d'efficacité,
le bureau et désormais devenu international. Conformément
à cet aspect nouveau, la structure a été élargie
et des projets de travail variés ont été établis.
Exceptionnelles étaient aussi l'intervention de Mohamed Daddach,
la présence de Mme Tina Meschiati (Memoria Viva) et celle de
M. Jairo Sanchez (Association Américaine des juristes), qui
ont donné un sens à notre engagement commun. Mohamed
Bennou
J’ai trouvé que cette assemblée générale
était particulièrement réussie du fait de la
présence de nos amis venus du Sahara Occidental qui nous ont
permis de comprendre encore mieux la situation des
Droits de l'Homme et son évolutions dans ce territoire occupé
par le Maroc depuis 26 ans. Leur arrivée fut un grand moment
d'émotion qui est montée d'un cran avec la communication
téléphonique que nous avons eue avec Mohamed Daddach.
Entendre cette voix que l'on tentée de faire taire en vain.
Je revois encore Ramouni déposant délicatement les petites
photos d'identités des disparus et commentant "ce jeune avait
15 ans il est mort à côté de moi en prison" .
Quel respect devons-nous avoir pour ces hommes et ces femmes, quel
devoir de les faire sortir de prison et de connaître le sort
de ceux qui n'ont pas survécu. Michèle
Decaster (Paris) Colloque sur la disparition
forcée
…..Votre voisin est un bourreau….
Faites paraître les listes des bourreaux, donnez l'état-civil
de vos tortionnaires, leurs professions actuelles, leurs adresses; démasquez
ceux qui pensent que l'impunité est à l'ordre du jour.
…
Une demi-journée de réflexion a fait
suite à l'Assemblée générale du Bureau International
pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental (BIRDHSO)
le 16 mars dernier. Un moment particulièrement important où
il a été possible de confronter les actions qui se mènent
aujourd'hui sur ce thème dans les zones occupées du Sahara
Occidental, dans les camps de réfugiés sahraouis et dans
tous les lieux où le thème de la disparition forcée
au Sahara Occidental est abordé. Pour mener cette réflexion
approfondie, nous avons pu compter sur deux amis latinos-américains:
Tina Meschiati, survivante des disparitions de la Junte argentine et
Jairo Sanchez, juriste.
Réunir les preuves
La discussion a mis en évidence la nécessité
du témoignage: témoignages des ex-disparus que Tina Meschiati
appelle du nom de Survivants, tant les conditions de vie des Disparus
auraient pu à chaque instant les entraîner dans la mort.
Les témoignages sont indispensables pour rendre compte des conditions
d'enlèvement, de détention, de l'arbitraire qui entoure
la disparition forcée. Il y a donc urgence et nécessité
de recueillir les témoignages des survivants; au Sahara Occidental
ce sont ceux et celles qui ont été relâchés
en 1991, sous la pression internationale, après 16 ans
de disparitions et qui peuvent décrire les conditions de leur
enlèvement, leur survie dans les lieux de détention, donner
les noms de leurs tortionnaires, sans oublier les détails qui
permettent des recoupements et de nouvelles compréhensions de
la politique d'Etat appuyant sa stabilité sur la disparition.
Témoignages des familles de Disparus qui peuvent décrire
la vie de leurs parents disparus avant leur enlèvement, les replacer
dans la société civile et balayer les allégations
qui peuvent circuler sur leur compte. Même s'ils avaient l'indépendance
chevillée au cœur, aucune justification ne peut absoudre ceux
qui les ont fait disparaître, qui ont voulu les effacer du monde
des vivants, sans jugement.
Recueillir les témoignages
Avec nos amis latinos américains qui ont su faire de la disparition
une arme qui se retourne contre leurs bourreaux, nous avons pris conscience
du travail de mémoire qui était à commencer au
Sahara Occidental avant de pouvoir lancer une campagne pour la
libération de tous les disparus. C'est à un travail de
fourmi qu'il faut s'astreindre: recueillir les témoignages
individuels qui vont permettre de mettre en évidence la systématisation
du processus et prouver que la disparition, au Maroc, a été
et est peut-être encore un pratique de gouvernement. Dans
cette perspective, les témoignages, notamment concernant
les femmes et les enfants, prennent un sens tout à fait particulier
et conscientisent les plus sceptiques.
Porter plainte
Au nom de la justice universelle, les autorités marocaines
doivent être interpellées sur leurs pratiques infâmes,
des plaintes doivent être déposées, plaintes qui
accusent nommément les responsables et demandent que des procès
aient lieu. La notion de justice universelle permet de lancer des plaintes
contre des tortionnaires hors de leur pays de domicile, comme le juge
Garcon a su le faire pour Pinochet. A quand une plainte de Sahraouis
disparus ? Des avocats sont prêts à se lancer dans cette
nouvelle et longue bataille juridique.
Le temps de l'action va suivre celui de la réflexion
et après la réunion du mois de mars, il faut aujourd'hui
préparer un programme rigoureux en vue des objectifs à
atteindre, organiser avec les associations sahraouies de défense
des droits de l'homme le recueil des témoignages et prévoir
les modalités d'un débat public sur la disparition forcée
qui vise avec précision et certitudes non seulement les commanditaires
mais également ceux qui ont exécuté les ordres.
Le partage d'expériences du 16.3 a brisé
les frontières, dans ce cas entre l'Amérique latine et
l'Afrique et l'exemple de la détermination des Survivants latinos-américains
et de leurs stratégies d'intervention sont précieux
pour les Sahraouis qui cherchent – avec nous - les voies les plus
appropriées pour combattre la disparition forcée et l'impunité.
Engagés dans ce nouveau défi, nous reprendrons le slogan
que les Mères de la Place de Mai ont exporté dans le monde
entier: « Jusqu'à
ce qu'on les retrouve! »
CAMPAGNE D’ADHESION AU BIRDHSO
Pour mener à bien son travail et réaliser
ses objectifs, notre association a besoin de nouveaux membres.
La dernière Assemblée Générale a décidé
de lancer une campagne internationale d’adhésion ayant pour objectif
de nous donner les moyens de fonctionner : 100 membres payant leur cotisation
permettraient de couvrir le budget de fonctionnement du Birdhso.
Rejoignez le BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES
DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL.
Faites connaître son travail et son bulletin EL KARAMA, publié
en français, anglais, espagnol et italien.
Renvoyez le bulletin ci-dessous par courrier,
par fax ou par mail à notre adresse.
#
Demande d’adhésion au
Bureau International pour le Respect
Des Droits de l’Homme au Sahara Occidental
NOM et PRENOM : ou ASSOCIATION
Adresse :
Pays :
Tél/fax/e-mail :
Signature : Cotisation
: individuelle 30FS/20Euros
Organisation 50FS/33Euros
Compte de Chèque Postal: CCP
12-12461-0
Compte bancaire : Union de Banques Suisse 279-C3117839.0
1205 GENEVE
SOLIDARITE AVEC LES DEFENSEURS DES
DROITS DE L’HOMME SAHRAOUIS
Depuis de nombreuses années, les défenseurs
des droits de l'homme Sahraouis ne cessent de condamner les graves violations
des droits humains, conséquence directe du conflit politico-militaire
que connaît le Sahara Occidental. L'Etat marocain s'est rendu
coupable d'exactions flagrantes contre la population sahraouie civile.
Les actions menées ont défié ainsi le quadrillage
médiatique, militaire et sécuritaire imposé au
territoire sahraoui. C'est pourquoi les autorités marocaines
multiplient les intimidations et les menaces contre les défenseurs
des droits de l'homme Sahraouis. Ils sont constamment surveillés,
épiés, harcelés. Souvent ils sont convoqués
par les différents corps de répression et emmenés
dans des centres où ils sont interrogés et intimidés.
A titre d'exemple, MM MOUTIK ELHOUCINE et MAYARA MOHAMED SALEM du Forum
Vérité et Justice (Section Sahara), MM RGUIBI MOHAMED
LAHBIB et GAOUDI MOHAMED FADEL du comité Daddach ont été
retenus dans les locaux de la police judiciaire et de la brigade judiciaire
de la gendarmerie royale à Laâyoune. Plusieurs Sahraouis
dont MM DIMAOUI ABDESSALEM, BENNASSER et ELMOUSSAOUI DKHIL sont accusés
d'être les meneurs des manifestations de protestation qui ont
été organisées dans les villes de Smara et El Aaiun,
en novembre 2001. De nombreuses familles ont été menacées
de représailles au cas où leur fils ou fille continuent
ses activités en faveur des droits humains. Des jeunes sont également
visés par cette politique de terreur que les forces marocaines
mènent en toute impunité.
Les autorités marocaines refusent toujours de délivrer
des passeports à des défenseurs des droits de l'homme.
C'est notamment le cas de MM TAMEK ALI SALEM, SIDI MOHAMED DADDACH et
Mme HAYDAR AMINATOU. Il est à rappeler que de nombreux Sahraouis
ont été interdits de quitter le territoire marocain. Le
cas le plus significatif est celui de MM ELHAMED MAHMOUD et NOUMRI BRAHIM
lors de la 57ème session de la Commission des Droits de l'Homme
de l'ONU à Genève, tout en leur confisquant des documents
et en les soumettant à un interrogatoire musclé.
D'autres défenseurs ont été transférés
dans des villes marocaines pour les éloigner du territoire du
Sahara Occidental, les réduisant au silence. C'est ainsi que
MM ELMOUTOIKIL MOHAMED, HMAD HAMMAD et ABDEDDAIM MOHAMED ont été
déporté à l'intérieur du Maroc. D'autres
sont simplement licenciés, de manière abusive, c'est le
cas de Mr MOUTIK ELHOUCINE, président du Forum Vérité
et Justice-Section Sahara en punition contre sa participation à
la rencontre avec la commission ad hoc Sahara Occidental du parlement
européen. Ainsi que Mr GAOUDI MOHAMED FADEL toujours privé
de son emploi. Les autorités multiplient les menaces de licenciement
à l'encontre des autres défenseurs des droits de l'homme
sahraouis.
Nouvelles condamnations
Le mercredi 24 avril 2002 a eu lieu devant la Cour d’Appel d’El Ayoune
le procès des détenus lors des émeutes sanglantes
de Smara au Sahara Occidental le 17 novembre 2001. Ce procès
avait été reporté à de nombreuses reprises
Après plus de 4 heures de délibération, le tribunal
a rendu son verdict
· Deux ans de prison ferme pour : désobéissance,
usage de la force contre la force publique, mise à feu volontaire
des véhicules de transport public, mise à feu volontaire
d’un local non destiné à l’habitat, porte d’armes, destruction
des véhicules de transport public et destruction de documents
appartenant aux forces publiques.
*SALOUKI ALI, né en 1981 à Smara. *NTITICH SIDATI,
né en 1961 à Smara.*ELIDRISSI MOULAY ELWALI, né
en 1981 à Smara*ELKHALDI ELFATMI « Marocain »*BAHAHA
SID AHMED, né en 1975 à Tan Tan.*ELMOUSSAOUI NAFÂI,
né en 1979 à El Ayoun.*DAOUD BRAHIM, né en 1982
à Smara.*BADDA MOHAMED SALEM, né en 1972 à Smara.*MALLAH
SID AHMED
· Six mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende pour :
désobéissance, usage de force contre la force publique
et port d’armes.
*CHARKAOUI ABD ELHALIM , marocain *LAKHDAR LKHLIFA, né
en 1971 à Ben Sliman.*BOUHBOUSS ABD ELFATTAH, né en 1984
à Goulimine.*ELBOUSSATI MAÂLÂAININE,né en
1969 à Smara.*HANINI HAMDI né en 1977 à Tan Tan.
· Acquittement pour :*ELFATER ABD ELFATTAH, né en 1976
à Smara.*ÂAFIF ALI DARIF NOUREDDINE «
Journaliste marocain ».
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EL
KARAMA N° 24
DIGNITE
L'occupation est
une violation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
Il est encore assez rare d'entendre parler du Sahara occidental
comme d'un pays occupé. C'est pourtant bien de cela dont il
s'agit, d'une réelle occupation depuis le transfert illégal
du pays par l'Espagne au colonisateur marocain. Un marché entre
colonisateurs en quelque sorte ! C'était en novembre 1975.
Depuis lors, l'occupant marocain tient les Sahraouis sous une pression
quotidienne insupportable (les témoins européens qui
s'y sont rendus en automne 2002 ont pu en prendre la mesure) comme
l'ont fait certains pays occidentaux quand le vent de liberté
et d'indépendance commençait de souffler dans "
leurs " colonies. Les disparitions sont une conséquence
directe de l'occupation . Dès l'entrée du Maroc au Sahara
Occidental, des vagues d'arrestations massives et arbitraires se sont
abattues sur les civils sahraouis dont de très nombreux sont
encore disparus. La disparition a continué depuis lors d'être
une vraie force répressive, une logique d'intimidation sans
fin : ne bouges pas, ne manifestes pas, ne demandes pas des nouvelles
des tiens à l'administration marocaine, tu risquerais de disparaître
à ton tour. La peur commence à peine à s'estomper
et l'on voit déjà quelques familles de disparus témoigner
de leur malheur. Elles seront à Genève à la fin
du mois de mars pour enfin briser le silence'.
Mais, comment, sous occupation civile et militaire,
les droits humains pourraient-ils être respectés ? Les
parodies de procès, auxquels plusieurs témoins occidentaux
ont assisté, envoyés par des organisations de juristes
et de droits de l'homme, en sont un exemple flagrant. Prenons le procès
de Nassiri condamné le 17 novembre à 1 an et demi de
prison. Son procès a été renvoyé à
4 reprises. Toujours pour la même raison : les témoins
à charge n'étaient pas présents alors que plusieurs
d'entre eux étaient fonctionnaires d'Etat : la convocation
n'était pas arrivée, les vacances venaient de se terminer
Autant d'excuses qui n'ont rien à voir avec la procédure
judiciaire d'un Etat de droit. Et lorsque enfin, ils ont témoigné
en novembre, c'était pour dire qu'ils n'avaient pas été
témoins des chefs d'accusation accusant Nassiri.
Les procès publics sont suivis, à El
Ayoun, par une population sahraouie très nombreuse malgré
les grappes de policiers, agents des renseignements généraux,
etc
Les avocats des présumés coupables renforcent
à juste titre, par leur plaidoirie, la conviction sahraouie
que les procès sont inéquitables et politiques. Dans
le prétoire, les femmes sont à droite, les hommes à
gauche. Ils sont là, debout pour la plupart, tendus, solidaires,
minoritaires dans leur propre pays.
L'occupation marocaine sanctionne toute velléité sahraouie
de montrer son appartenance et sa volonté de lutter contre
les inégalités et pour le respect des droits humains
à travers des organisations marocaines ou sahraouies. Nassiri
a d'abord été condamné pour l'exemple : lutter
pour les droits de l'homme est punissable sous autorité marocaine.
L'occupation c'est aussi souvent ne pas avoir de
passeport, ne pas avoir la liberté de circuler, ne pas avoir
de nouvelles des membres disparus de sa famille, ne pas avoir de travail
.
L'occupation c'est encore être suivi, contrôlé,
humilié, muet, aveugle
Si par le monde, l'idée même pouvait germer, grandir,
s'imposer, que le Sahara occidental est colonisé et occupé,
que le Maroc transgresse les principes des organisations internationales
avec la complicité des leaders internationaux qui se réclament
des droits humains comme les Etats-Unis et la France et que c'est
tout simplement intolérable ! Nous aurions sans doute avancé
dans une recherche de solution qui ferait progresser le respect des
droits humains et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
*******
Parmi des centaines d'autres
sahraouis, il sont disparus ...... Où
sont-ils?
Nom complet : EL HAFD HAMMA EMBAREK
Date et lieu de naissance : 1937 à Smara
Etat civil : marié et père de famille
Profession : commerçant
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 10 juillet 1976
à Rbaébe aux alentours de Smara
Nom des forces responsables :F.A .R (Gendarmerie royale)
Circonstances de détention : Selon les membres de sa famille,
El hafd a été enlevé, le 10 juillet 1976, a bord
d'une voiture militaire matriculée : 4656
conduite par un gendarme qui s'appelle Hassan. D'après les
témoignages de quelques réscapés, El hafd a passé
deux jours seulement avec eux dans
le centre de détention secret " la caserne militaire "
à Smara. Il a été transféré a une
destination inconnue.
Nom complet : BOUZEID ALAMIN ABDALLAH
Date et lieu de naissance : 10 fevrier 1941 dans d'Irni (territoire
libéré)
Etat civil : marié et père de famille
Profession : sans
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 10 juillet 1976
à Rbaébe au alentour de Smara
Nom des forces responsables : F.A.R (Gendarmerie royale)
Circonstances de détention : Selon les membres
de sa famille, Bouzeid a été enlevé, le 10 juillet
1976, avec sa femme LAHBEILA M'BAREK, cette dernière a été
libérée, mais le sort de son mari Bouzeid reste inconnu.
Remarque : Bouzeid Alamin Abdallah était porteur de la carte
d'identité espagnole N° A 2241078 et du passeport espagnole
N° 7477
Nom complet : Sidi Ahmed Seghri Joummani
Date et lieu de naissance : 1930 à Smara
Etat civil : marié et père de famille
Profession : éleveur
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 20 fevrier 1976
dans la région d'Amgala
Nom des forces responsables : F.A.R (Gendarmerie royale)
Circonstances de détention : Selon les membres de sa famille,
Sidi Ahmed Seghri a été enlevé, le 20 fevrier
1976, par les F.A.R depuis lors son sort reste inconnu.
Solidarité
avec les défenseurs des droits humains et
tous les prisonniers politiques sahraouis
27.11.02: Jugement scandaleux
Nassiri Ahmed a été condamné par le tribunal
d'El Ayoun à 18 mois de prison ferme pour usage de la force
contre les agents de l'autorité et désobéisance
aux ordres des agents d'autorité lors des émeutes du
17.11.01 à Smara. Les accusations d'incendie de véhicule
et autres dépradations n'ont pas été retenues.
La défense a démontré le caractère totalement
infondé de toutes les accusations et même les témoins
à charge ont nié toute implication de Nassiri dans les
événements de Smara.
A signaler que deux avocates espagnoles, qui ont assisté au
procès en tant qu'observatrices, avaient été
retenues une heure à leur arrivée à l'aéroport
d'El Ayoun et fouillées, contrairement à la loi, par
des agents masculins. On leur a confisqué des livres scolaires
sous prétexte d'absence d'autorisation
Nasiri Ahmed avait été arrêté le 19.06.02
à Rabat. Ancien détenu politique, il avait déjà
été emprisonné en 1992 et de 1993 à 94.
Membre du Forum Vérité et Justice section Sahara, il
participait au congrès national de son organisation. La police
l'a interpellé alors qu'il se rendait à la direction
de la Sûreté nationale pour renouveler sa carte d'identité.
Transféré à El Ayoun le même jour, Nasiri
est à la "prison noire" depuis . Il est accusé
d'avoir été un meneur dans les événements
de Smara de novembre 2001
17.10.02: Procès en appel de Tamek Ali Salem.
24.10.02 publication du jugement
La peine prononcée le 10.09.02 est confirmé : deux ans
de prison ferme, assortis d'une amende de 10'000 DH.
Tamek est membre du conseil national du Forum Vérité
et Justice et du bureau de la section Sahara (FVJ-SAH). Membre du
comité administratif de la CDT (Confédération
démocratique du travail), il est secrétaire général
du bureau de la CDT d'Assa. Ali Salem Mohamed Salem El Mami (dit Tamek)
est né le 24.12.73 à Assa, il est marié et père
d'une fillette née en 2000, à laquelle il a donnéle
prénom d'Attawra (révolution). Les autorités
marocaines ont refusé son enregistrement sur le registre de
l'état-civil sous prétexte que ce prénom ne figure
pas sur le fameux fichier des prénoms marocains édité
par le ministère de l'intérieur marocain. A la suite
du non enregistrement, la famille a été privée
de l'allocation familiale prévue par la loi marocaine.
Fonctionnaire de l'administration de Touesgui (Assa), Tamek avait
été arrêté en 1993 et condamné avec
quatre jeunes Sahraouis, par un tribunal marocain de Tata, à
cinq ans de prison ferme, pour avoir essayé de rejoindre le
Front POLISARIO. La peine avait été réduite à
deux ans et Tamek a été grâcié en août
1994. Il est arrêté à nouveau à Dakhla
en décembre 1997 et libéré à El Ayoun
10 jours plus tard. En avril de cette année Tamek a reçu
l'ordre de quitter Assa-Zak pour rejoindre Meknes, ce qu'il a refusé.
Son salaire est gelé. Les autorités marocaines lui refusent
toujours un passeport. Il a adressé en 2001 une lettre ouverte
au ministre marocain de l'Intérieur, publiée dans un
hebdomadaire arabophone marocain. La presse indépendante arabophone
marocaine a publié à plusieurs reprises ses articles
sur la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental et des
interviews
Salek Bazaid , membre du Forum Vérité et Justice Section
Sahara, arrêté le 24.09.02, a enfin comparu le 22.01
devant la cour d'appel, qui a reporté le procès au 2
ou au 12 mars.
Ecrivez-leur des messages de soutien
:
Grèves de
la faim des prisonniers politiques
Les 26 détenus politiques Sahraouis,incarcérés
a la prison noire de Laayoune,ont entamés une grève
de la faim préventive de 48 heures le 13/01/2003 pour protester
contre les conditions d'incarcération. Le même groupe
a commencé une deuxième grève de la faim d'une
durée de 5 jours a partir du 20/01/2003.
Selon le quotidien "As-Sabah", la direction de la prison
civile d'El Ayoun, suite à la grève de la faim de cinq
jours des détenus politiques sahraouis, aurait pris en considération
leurs revendications. Les politiques seront logés dans une
cellule séparée des droits communs. Les travaux d'aménagement
de cette cellule sont en cours mais risquent d'être interrompus
par manque de financement.
Dans un communiqué du 14 janvier, ils réclamaient :
* Etre séparés des prisonniers de droit commun.
* Etre reconnus comme prisonniers d'opinion et être traités
en tant que tels.
* Avoir nos droit en tant que prisonniers d'opinion
* Avoir le droit de visite durant les jours de travail
* Avoir un endroit spécifique pour les visites
* Permettre aux organisations et associations des droits de l'homme
ainsi que les média de nous contacter et de nous rendre visite
autoriser la réception des journaux dans les cellules
NOUVEAU
Les violations des droits humains
au Sahara Occidental sur le WEB :
Visitez notre nouveau site : http:// www.birdhso.org
Les dernières nouvelles, les témoignages, les campagnes
RENCONTRE
DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS
Genève, 28-30.03.2003
Programme:
-
Vendredi 28.3.2003: Entrevues de délégations
à l'ONU, CICR , remise des signatures de l'Appel pour les
Disparus sahraouis.
Rassemblement devant l'ONU, Place des Nations de 12h à 14h.
-
Samedi 29 3.2003 è Rassemblement à
la mémoire
des disparus : Jardin des Disparus de Meyrin.
-
Rencontre-Débat : "Pour la Disparition
de la Disparition forcée au Sahara Occidental " : UNI
mail (Université de Genève)
-
Dimanche 30.3.2003: è Rencontre des familles,
suivie d'un repas : Maison des Associations.
Pour plus d'information, contactez-nous.
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EL
KARAMA N° 25
NUMERO
SPECIAL RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS
Pendant
3 jours, les 28,29 et 30 mars 2003, près d'une centaine de
personnes se sont retrouvées à Genève pour
participer à cette première rencontre avec les familles
de disparus sahraouis. Des parrains et marraines de disparus, des
militants des droits de l'homme et des amis du peuple sahraoui venus
de Suisse, d'Espagne, d'Italie, de France, de Grande Bretagne
qui
se sont rassemblés pour réaffirmer leur solidarité
avec les familles de disparus sahraouis qui luttent pour la justice
et la vérité. Malgré l'interdiction des autorités
marocaines prises de panique, d'autoriser la délégation
des familles des zones occupées de venir à Genève,
la participation sahraouie a été remarquable en quantité
et en qualité : membres d'associations des droits de l'homme
des campements de réfugiés, une dizaine de représentants
des familles de Tindouf, une importante délégation
de la communauté sahraouie de France, comprenant des survivants
de la disparition forcée. Les rencontres avec la Mission
d'Espagne, le CICR et le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme
de l'ONU ont été des moments importants de ces journées.
Toutes les participantes et les participants sont repartis avec
la conviction que notre travail de solidarité avec les familles
de disparus sahraouis et les défenseurs sahraouis des droits
humains doit se poursuivre. Cette première rencontre aura
été une étape importante. Pour sa part le BIRDHSO
réaffirme son engagement à continuer ses actions en
faveur des disparus sahraouis et de leurs familles,jusqu'à
ce qu'on les retrouve.
Succès de la première
journée de la Rencontre :
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Vendredi 28 mars ont débuté
les activités de la Rencontre des Familles de Disparus
Sahraouis à Genève. Et ce, malgré l'absence
de la délégation des familles de disparus
des territoires sous contrôle marocain, toujours empêchée
de rejoindre Genève. Cette attitude des autorités
marocaines a fait l'objet d'un grand nombre de protestation,
dont l'ambassade de Suisse au Maroc, et de nombreuses organisations
de défense des droits humains. |
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A la Mission d'Espagne
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A 11h, un groupe de 5 représentants de familles ((Mohamed
Mokhtar, Embarka Brahim Mustapha, Ella Fatimatou Said Ahmed,
Moussa Lebsir, Enguia Mahyub Mohamed Nafe, accompagné
de Abdeslam Omar Lahcen Président de l'AFAPREDESA et
de Mohamed Bennou et Christian Viret du BIRDHSO) a été
reçu à la Mission Permanente d'Espagne auprès
de l'ONU par Mme Cristina Diaz (Conseillère aux affaires
humanitaires) et M. Jose Antonio de Ory (Directeur Adjoint au
Bureau des Droits de l'Homme du Ministère des Affaires
Etrangères à Madrid).
Les familles ont pu exprimé leurs préoccupations
et leurs demandes pour que l'Espagne s'implique dans la recherche
des disparus, ce à quoi se sont engagés les représentants
de la Mission. Les signatures de l'Appel pour les Disparus sahraouis
ont été remises pour le gouvernement espagnol.
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A 13h30, un rassemblement
de plus d'une cinquantaine de personnes a eu lieu sur la Place
des Nations, devant le Siège de l'ONU à Genève,
avec la présence des familles de disparus présentes
à Genève, et des participants à la rencontre
venant de France, d'Italie, d'Espagne, de Suisse, de Grande Bretagne
.Ont
pris la parole M. Pierre Alain Tschudi, co-président de
l'Association des Jardins des Disparus de Meyrin, qui a rappelé
l'existence de la disparition forcée dans^de nombreux pays
du monde et expliqué l'importance de lieux comme le Jardin
des Disparus qui contribuent à perpétuer la mémoire
d'êtres chers enlevés à leurs familles qui
ne réclament que la vérité et la Justice. |
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A 14h, un autre groupe de 3 représentants des Familles
de disparus Sahraouis (Bouchra Moh Abdellah, Lehdia Ali Bouia
et Ali Omar Bouzeid, accompagnés de Abdeslam Omar Lahcen
de l'AFAPREDESA et de Christian Viret du BIRDHSO) a été
reçu au Comité International de la Croix Rouge
par M. Baltazar Staehlin,(Délégué Général
pour le Moyen Orient et le Maghreb), qui a écouté
attentivement les témoignages des sahraouis.
La journée s'est terminé par un moment de rencontre
entre les participants européens et sahraouis.
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| Deuxième
Journée de la Rencontre : |
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* Samedi 29 mars a eu lieu à
Meyrin (Genève), au Jardin des Disparus de cette ville,
une cérémonie d'hommage aux disparus sahraouis et
à toutes les victimes de la disparition forcée dans
le monde. Une centaine de personnes y a participé, en présence
de la délégation des familles de disparus sahraouis
venue des campements de réfugiés.
Christian Viret, président du BIRDHSO a dénoncé
l'interdiction faite à la délégation des
familles venant des zones sous contrôle marocain, de participer
à la Rencontre, tout en signalant que malgré cela,
cette initiative constituait d'ores et déjà un
succès par la participation importante, la qualité
des entretiens réalisés et le sérieux du
travail.
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Lehdi Eli Boia, a apporté son témoignage au
nom des familles de toutes les familles de disparus sahraouis,
tout en remerciant de l'accueil qui leur était fait.
Elle a appelé au nom des familles à la poursuite
des actions visant à connaître le sort de tous
les disparus.
Monsieu Christian Ferrazzino, Conseiller Administratif de
la Ville de Genève, a apporté le soutien à
cette initiative des autorité signalant l'importance
que cette Rencontre ait lieu à Genève, ville symbole
de paix et dépositaire des Conventions de Genève.
Pour terminer, Madame Madeleine Bernasconi, Maire de Meyrin
et Conseillère Nationale, a rappelé que ce Jardin
des Disparus était un lieu ouvert à toutes les
familles et proches de disparus dans le monde. Comparant le
nombre de disparus sahraouis par rapport à la population,
elle s'est émue que cela correspondrait dans sa ville
à 200 citoyens disparus
Les discours ont été ponctués d'intermèdes
musicaux et poétiques animés par la solidarité
du chanteur chilien Pancho Gonzalez.
Cette émouvante cérémonie s'est terminée
par un apéritif offert par la ville de Meyrin et un repas
convivial organisé par les associations membres du Jardin
des Disparus.
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Samedi à 18h
a eu lieu à l'Université de Genève une Conférence
sur le thème " pour la disparition de la disparition
forcée au Sahara Occidental ". Près de 150
personnes y ont assisté pour écouter les intervenants
: M. Federico Andreu, de la Commission Internationale des Juristes
a développé l'aspect juridique de la disparition
forcée, rappelant le long chemin parcouru par les organisations
des familles de disparus dans le monde, et évoquant les
difficultés pour faire aboutir à l'ONU une Convention
Internationale sur la disparition forcée la qualifiant
de crime contre l'humanité. Mme Afifa Karmouss, de la Fondation
France Libertés a apporté son témoignage
sur la visite qu'elle a effectué au Sahara Occidental en
novembre dernier et donnant lecture du témoignage de M.
Mahjoub, sur la disparition de son frère recueilli sur
place, et qui aurait du être présent avec la délégation
retenue au Maroc. |
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Federico Andreu, Afifa Karmous et Simone Malz
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Pour terminer ce premier tour d'interventions,
Mme Simone Malz, de la Section Suisse d'Amnesty International,
a expliqué le travail de son organisation lors de la visite
effectuée l'année dernière où elle
a rencontré des familles de disparus sahraouis., remarquant
la surveillance policière qui avait entouré la délégation
d'AI pendant son séjour.
Le moment le plus émouvant de la soirée aura
été sans nul doute l'intervention par téléphone,
au nom de la délégation empêchée
par le Maroc de venir à Genève de M. Sidi Mohamed
Daddach, qui a appelé à la poursuite de l'action
contre la répression et les disparitions au Sahara Occidental.
La deuxième partie de la soirée a été
consacrée à des témoignages directs des
familles de disparus présentes qui ont pu faire part
de leur expérience douloureuse, et des conséquences
psychologiques, familiales, juridiques et matérielles
de cette situation
En dépit de la volonté manifeste de certains
participants venant du Maroc, de perturber le bon déroulement
de la soirée en tentant d'interrompre à plusieurs
reprises les orateurs, de manière intempestive, bruyante
et incorrecte, la soirée s'est terminée par un
moment de questions et d'interventions de la salle au cours
duquel, chacun a pu s'exprimer. Le public a pu poursuivre le
débat au cours du repas qui a suivi.
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Fin
de la Rencontre : |
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Le dimanche 30 mars a pris fin la rencontre des familles
de disparus sahraouis à Genève. La matinée
a été consacrée à un échange
entre les familles de disparus sahraouis présentes et
les parrains et marraines venus de différents pays d'Europe
(Suisse, France, Grande Bretagne, Italie, Espagne
....).
Différentes actions ont été proposées
pour la poursuite du travail de solidarité avec les victimes
de la disparition forcée au Sahara Occidental, dont une
action coordonnée au niveau international à l'occasion
de la " Journée du disparu sahraoui " le 17
juin prochain. Les participants de sont également engagés
à continuer et développer la "Campagne d'adoption
symbolique de disparus sahraouis"
La matinée s'est terminée par un repas convivial
qui a rassemblé une cinquantaine de personnes.
De son côté, la délégation des
familles de disparus a eu l'occasion de contacter plusieurs
ONG.
Mardi 1 avril, une délégation de 6 personnes
(1 membre du BIRDHSO, 1 représentante de la LIDLIP et
4 membre des familles sahraouies, Ledhia Eli Boia, Sid Ahmed
Mohamed Najem, Embarka Brahim Mustapha, Mahmoud Selmi El Daf)
a été reçue au Haut Commissariat aux Droits
de l'Homme de l'ONU, par un adjoint du Haut Commissaire, le
suédois M.Sedelgren. Les signatures de la " Campagne
Vérité et Justice pour les disparus sahraouis
" ont été remises. La délégation
a d'autre part demandé au Haut Commissariat d'intervenir
auprès de l'ONU et du Maroc pour que les Sahraouis qui
n'ont pas pu venir ne craignent pas pour leur sécurité.
Le matin, un groupe a participé à l'émission
de la Télévision Suisse Romande " Zig-zag
Café ", consacrée à la disparition
et a eu l'occasion d'intervenir.
La délégation des familles de disparus sahraouis
a quitté la Suisse le 3 avril pour rejoindre les campements
de réfugiés de Tindouf.
D'autre part, les 13 sahraouis, représentants des
familles de disparus et défenseurs des droits de l'homme,
empêchés de sortir du Maroc par les autorités
de ce pays n'ont toujours pas récupéré
leurs passeports et leurs billets d'avion, malgré les
nombreuses interventions d'ONG et de représentations
diplomatiques à Rabat.
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INTERVENTIONS
I:MESSAGES:
Message de
FEDEFAM
(Fédération Latino-américaine de Familles
de Disparus) aux familles sahraouies
Message de solidarité de FEDEFAM avec la Lutte des familles
sahraouies de disparus
Chères familles des détenus-disparus du peuple
sahraoui,
Recevez un salut solidaire de la Fédération Latino-américaine
des Familles de Disparus (FEDEFAM), à l'occasion de vos
activités de dénonciation et de solidarité
devant les Nations Unies et dans la ville de Genève.
Malheureusement, nous ne pouvons être présents
physiquement parmi vous ce soir, mais notre bon ami Jairo va
vous transmettre cette accolade, et au cours des prochains jours,
nous allons nous rencontrer ici, dans cette ville.
Nous sommes unis par le destin d'avoir un être cher
dans la situation douloureuse d'avoir été capturé
un jour par des forces militaires ou de sécurité,
et de ne plus pouvoir rien savoir de lui ou d'elle depuis ce
moment-là. Nous ne pouvons même pas connaître
leur sort, s'ils sont vivants ou morts, et quelles sont les
raisons de leur mort. Les responsables de cette terrible violation
des droits humains ont tenté de cacher tout vestige de
leurs crimes, en les faisant disparaître totalement.
Mais tout comme vous, nous ne nous sommes pas résignés
à cette tristesse et cette tragédie familiale.
Nous nous sommes organisés pour lutter et demander des
comptes aux autorités responsables. Nous réclamons
la vie de nos êtres chers, la Vérité et
la Justice,. Tout comme vous, nous avons parcouru de nombreux
chemins, franchi de nombreuses frontières, et sommes
arrivés dans tous les coins du monde. Ainsi, nous nous
sommes connus ici à Genève, dans les couloirs
des Nations Unies et face à la froide bureaucratie onusienne
, nous avons lutté pour que la communauté internationale
assume la responsabilité de notre drame.
Sur ce parcours, nous avons obtenu des succès. Nous nous
sommes unis dans FEDEFAM, 13 pays latino-américains,
les asiatiques se sont unis à 7 pays, et nous savons
que vous-même en ce moment êtes en train de créer
une forte union des familles de disparus en Afrique.
Nos seules armes de lute sont l'amour pour nos êtres
chers, notre militance pour les droits humains et notre insistance
pacifique mais inébranlable. C'est notre force. Et nous
obtenons des gains, comme la rédaction d'un instrument
international qui va assurer à tout homme et toute femme
de la planète la pleine protection contre la pratique
de la disparition forcée. Ce travail a commencé
en janvier, et c'est notre priorité de lui donner un
fort soutien pour que cette tâche se termine le plus vite
possible et que cet instrument puisse entrer en vigueur
très rapidement dans son intégralité.
Nous vivons des jours marqués par une des crises
les plus graves pour la communauté internationale, qui
se voit incapable d'arrêter une guerre cruelle, injuste
et inutile contre le peuple irakien. Nous souffrons, avec beaucoup
d'ONG surs, de la récente décision de la
Commission des Droits de l'Homme de ne pas consacrer une session
spéciale au thème de la souffrance du peuple irakien.
Cela nous a rappelé un célèbre discours
de Théo Van Boven devant cette même commission
il y a plus de 20 ans, quand, face à la passivité
de la Commission devant les crimes des disparitions forcées,
il s'est exclamé : " Si cette Commission des Droits
de l'Homme ne défend pas les droits à la vie des
personnes, elle n'a pas de raison d'être. "
Depuis lors, nous avons lutté pour que l'ONU assume
sa responsabilité, et nous croyons que tous les peuples
épris de paix, devons maintenant garantir que la situation
honteuse que nous vivons d'une guerre d'agression sans aucune
légitimité, soit stoppée le plus tôt
possible, et que plus jamais ne se répète une
telle situation dans le futur.
Chères Familles Sahraouies,
Ces jours-ci, nous allons sûrement nous rencontrer
au cours de réunions de travail, durant notre tâche
de dénonciation devant la Commission des Droits de l'Homme
de l'ONU. De cette manière, nous pourrons nous soutenir
mutuellement pour poursuivre ensemble ce chemin pour la Justice,
la Vérité et la Vie.
Avec un salut affectueux et à bientôt :
Marta Vasquez, Présidente de FEDEFAM
Patricio Rice, conseiller du Comité Exécutif
Loyola Guzman, Secrétaire des Relations Internationales.
28 mars 2003
INTERVENTION
TELEPHONIQUE DE M SIDI MOHAMED DADDACH
Conférence " pour la Disparition de la Disparition
forcée au Sahara Occidental " 29.03.03
" Je salue chaleureusement tous les participants à
cette importante rencontre des familles de disparus sahraouis.
Malgré les intimidations et l'interdiction qui nous
a été imposée d' être parmi vous
aujourd'hui,nous voilà en train de contribuer aux travaux
de cette rencontre à travers cette intervention téléphonique.
Et nous exprimons notre ferme dénonciation de l'interdiction
des 13
participants qui s' apprêtaient à venir. Ce qui
prouve une fois de plus que les autorités marocaines
persistent dans leur politique flagrante de violations des droits
de l'homme.
En effet depuis 1975, des centaines de personnes ont été
enlevées et sont toujours portées disparues, ce
qui viole la norme internationale relative à la déclaration
universelle des droits de l'homme et le pacte international
relatif aux droits civils et politiques. Nous réaffirmons
qu'il s'agit d'un crime contre l'humanité et que malgré
la résolution adoptée par l'assemblée générale
des Nations unies en décembre 2002 qui recommande à
tous les états de mettre un terme aux disparitions forcées.
Et nous saisissons l'occasion de cette importante rencontre
qui s'inscrit dans la voie du respect des droits de l'homme
au Sahara Occidental pour demander :
- L'éclaircissement du sort de tout les disparus
sahraouis et la libération de tous ceux qui sont en vie
et de remettre les dépouilles des décédés
à leurs familles.
- La création d'une commission internationale indépendante
pour enquêter sur la disparition forcée au Sahara
Occidental et qui permettra de présenter les responsables
de ces crimes devant la justice.
- Organiser des journées de solidarité avec
les familles de disparus et plus particulièrement celles
qui sont privées de leur liberté de circulation
et d'expression.
Poursuivez ces initiatives comme celle que vous venez d'organiser
aujourd'hui afin d'obtenir la vérité.
Paix et salut à vous. "
Allocution
prononcée par Pierre-Alain Tschudi,
co-président de l'Association " Jardin des disparus
"
le 29 mars 2003 au Jardin des disparus
Madame le Maire,
Monsieur le Conseiller administratif,
Chère famille de disparus sahraouis,
Mesdames, Messieurs, cher-e-s ami-e-s,
Au nom de l'Association " Jardin des disparus ",
je vous souhaite la bienvenue ici à Meyrin dans ce lieu
auquel nous sommes très attachés, bien qu'il soit
récent. Permettez-moi donc brièvement de vous
faire une visite guidée. Inauguré, le 7 octobre
2000, comme le rappelle la stèle à ma droite,
par des familles et proches de disparus du monde entier, ce
jardin est d'abord un lieu de mémoire. Bien sûr,
les familles et proches des disparus ne risquaient pas d'oublier
leurs être chers, qui, un jour, leur ont été
arrachés par des hommes en uniforme ou en civil et dont
ils sont restés sans nouvelles pendant de longues années,
pour beaucoup jusqu'à aujourd'hui. Mais pour entretenir
la mémoire des disparus cela ne suffisait pas. Il fallait
un lieu où cette mémoire puisse être transmise,
partagée. Pour que les disparus continuent à vivre
dans nos mémoires, il faut que de nouvelles personnes
puissent faire leur connaissance, s'approprier leur histoire,
connaître leurs engagements et poursuivre leur combat
pour la justice, la démocratie et la liberté.
Le jardin des disparus est aussi un lieu de recueillement,
un havre de paix, où les familles des disparus aiment
à venir dans des moments où la disparition est
particulièrement lourde à porter. Ainsi chaque
année, le 25 décembre, nous célébrons
ici une cérémonie de Noël, à l'initiative
de nos amis chiliens. Mais le jardin des disparus n'est pas
pour autant un cimetière. Les six arbres que nous y avons
planté, un pour chaque continent et un sixième,
universel, pour les droits humains, sont des symboles de vie.
En se dressant vers le ciel, ils expriment bien la volonté
de ne pas se laisser abattre, de puiser ici sur ce lopin de
terre, force et courage pour poursuivre l'idéal des personnes
disparues.
Le jardin des disparus est également un lieu de rassemblement.
Depuis sa création, nous nous y sommes retrouvés
à plusieurs reprises et nous y avons accueilli de nombreux
représentants de familles de disparus de passage à
Genève, comme les Grands-Mères de la Place de
Mai, une mère kurde, la sur de Bruno Manser, ce
Suisse disparu dans les forêts de Bornéo pour s'être
battu contre la destruction des forêts tropicales, et
aujourd'hui vous, les familles de disparus du Sahara occidental.
Il nous importe beaucoup à nous qui vivons à Genève
que lorsque des défenseurs des droits humains viennent
aux Nations Unies, à la commission des Droits de l'Homme,
nous puissions les accueillir, leur témoigner notre solidarité,
leur dire que nous sommes à leur côté dans
leur combat pour la vérité et la justice. Le jardin
des disparus est un lieu de rassemblement, de réunion
et d'union, parce qu'au-delà de nos origines diverses,
de nos parcours de vie différents, nous aspirons aux
mêmes valeurs universelles de respect de la vie, de liberté
et de justice.
Le jardin des disparus est enfin aussi un lieu de colère,
un lieu où nous clamons notre colère contre ce
qui est un crime contre l'humanité : séquestrer
clandestinement des personnes, les soumettre à des conditions
extrêmement pénibles, les laisser sans aucune défense,
les torturer, les tuer, bafouer leur droit à une sépulture,
laisser les familles dans l'ignorance et le désespoir
est un crime contre l'humanité. Nous y manifestons également
notre colère contre toutes les atteintes aux droits humains,
comme celle qui empêche aujourd'hui des familles de disparus
sahraouis, retenues par les autorités marocaines, de
participer à notre rencontre et de venir témoigner
sur les disparitions forcées de personnes au Sahara occidental.
Nous ne pouvons pas non plus nous empêcher d'exprimer
notre colère contre la guerre en Irak qui bafoue l'ensemble
des Droits humains dont le plus fondamental, le droit à
la vie. Il est insupportable de voir tout un peuple, des millions
d'hommes, de femmes et d'enfants privés d'eau et de nourritures,
bombardés nuits et jours, probablement contaminés
durablement par l'utilisation d'uranium appauvri. Cette guerre
horrible ne fait qu'encourager la spirale de la haine, elle
souille et déshonore l'être humain et la terre.
Se battre pour la justice c'est aussi se battre contre la guerre,
c'est se battre pour la dignité de l'être humain.
Il nous faut continuer à refuser cette course à
la mort et opposer à l'arrogance et au discours délirant
des fauteurs de guerre une conscience planétaire. Hier
soir, ici à Meyrin, sur la place des Cinq-Continents,
une centaine de jeunes Meyrinois ont réaffirmé
leur colère contre la guerre et leur engagement pour
la paix. Cet après-midi d'autres jeunes clameront à
Genève leur colère contre un ordre mondial qui
accroît le fossé entre les nantis et les peuples
du Sud. En joignant, ce matin, nos voix à ces cris de
colère, nous opposons à ceux qui cherchent à
nous plonger dans l'impuissance et la résignation un
message d'espoir : Tous ensemble, de par le monde, nous élevons
nos voix pour un autre monde, et la colère qui s'élève
de partout contre l'injustice est plus que la simple condamnation
de cette injustice, c'est une colère durable qui nécessite
courage. force et persévérance. Des rassemblements
comme celui d'aujourd'hui au Jardin des disparus contribuent
aussi à nous redonner cette force nécessaire.
Je terminerai par remercier la commune de Meyrin qui, à
notre demande, à apposer ce panneau explicatif à
ma droite que nous inaugurons également aujourd'hui.
Il permettra au promeneur de s'approprier ce lieu de mémoire,
de rassemblement et de colère et de pouvoir ainsi, en
connaissance de cause, y apporter son témoignage de solidarité.
Intervention
de Mme Madeleine Bernasconi, maire de la Ville de Meyrin et
conseillère Nationale
Cérémonie à la mémoire de tous les
disparus au Sahara occidental et dans le monde
Il est bien évident qu'il serait souhaitable qu'une
association telle que celle du Jardin des disparus n'ait jamais
eu le besoin d'exister. Malheureusement, le monde dans lequel
nous vivons nous démontre tous les jours que nous sommes
encore bien loin d'une telle possibilité, et je serais
même tentée de dire : d'une telle utopie. Dès
lors que l'association du Jardin des disparus est une nécessité,
je suis heureuse qu'elle ait trouvé son hébergement
et son lieu de mémoire sur le territoire de la Commune
de Meyrin. Et j'adresse aujourd'hui, au nom des autorités
communales et en mon nom personnel, mes chaleureux sentiments
de sympathie et d'affection à toutes les personnes présentes
qui, à un titre ou un autre, sont concernées par
le problème des personnes disparues.
Dans le document rédigé par la "Campagne
Internationale Liberté et justice pour les disparus sahraouis",
j'ai été stupéfaite d'apprendre que le
nombre de disparus sahraouis représente environ 1% de
la population recensée. Le document avance une comparaison
avec les Etats-Unis en mettant en évidence que cela représenterait
plus de 2 millions de personnes en l'occurrence. J'ai aussitôt
songé à notre commune où le même
pourcentage signifierait 200 personnes
Oui, notre belle
Commune de Meyrin où nous avons la chance de vivre en
paix ; où plus de cent nationalités se côtoient
sans se déchirer. C'est une chance, certes, mais c'est
aussi le résultat d'un travail auquel les autorités
tant communales que cantonales ont été attentives
et qui ont mis en jeu de multiples acteurs sur le terrain. Encore
une fois, il y a la chance de vivre dans un pays en paix, mais
il y a aussi la volonté d'être attentifs aux signes
précurseurs de dérapages, de dégradations
de la situation. Et les signes d'une péjoration de la
situation dans notre commune ne manquent pas. Face à
cela, je sais que les réponses manichéennes "ont
tout faux" comme on dit communément. La volonté
de vivre ensemble se cultive chaque jour, loin des "y'a
qu'a" simplificateurs. En l'occurrence, je suis bien certaine
que les membres de l'association du Jardin des disparus et leurs
sympathisants comprennent et partagent ce point de vue, vous
qui devez pouvoir compter, tôt ou tard, non seulement
sur l'humanité de vos interlocuteurs, mais aussi sur
l'intelligence à résoudre des conflits par un
acte de raison. En effet, la haine, le rejet, ou tout simplement
l'ignorance de l'autre, ne sont jamais des solutions qui résolvent
quoi que ce soit à long terme. Tôt ou tard, il
faut négocier, tôt ou tard, il faut faire sien,
si possible, le mode de réflexion, de compréhension
de l'autre. Encore une fois, la culture de la tolérance
est une valeur qui se vit au quotidien à Meyrin.
Pour terminer, je suis heureuse que Meyrin et l'association
Jardin des disparus accueillent ici une étape importante
dans l'ensemble des manifestations consacrées aux disparus
sahraouis. Il est certain que la focalisation sur d'autres événements
aujourd'hui rend plus que jamais nécessaire l'attention
que nous devons porter sur d'autres peuples opprimés
; peuples parfois "oubliés", tant est grande
notre propension, bien humaine d'ailleurs, à nous soucier
seulement de l'environnement que nous avons sous les yeux tous
les jours.
Je souhaite courage, patience et pugnacité à
toutes les personnes engagées dans l'association du Jardin
des disparus.
Intervention
de Mme Lehdia ELI BOUIA, au nom des représentants des
familles de disparus sahraouis
Jardin des Disparus -Meyrin, samedi 29.03.03
Chers Amis,
Chers Défenseurs des disparus dans le monde, en Afrique,
en Amérique Latine et en Europe,
Vous êtes ici pour défendre leur cause juste
et noble, et aujourd'hui en particulier celle des disparus sahraouis.
Nous sommes présents aujourd'hui pour rendre hommage
à tous ces disparus qui ont été séquestrés
par des forces, que je qualifierais du mal. Dans ce lieu de
recueillement, nous réaffirmons notre engagement à
poursuivre notre combat pour connaître la Vérité
aux côtés de tous ceux qui souffrent actuellement
de cette peine, de cette douleur.
Nous disons que nous allons continuer
Continuer notre
combat contre tous ces régimes, ces appareils répressifs
qui oppriment les êtres humains pour le simple fait de
donner une opinion ou de manifester pour leurs idées.
Nous traversons un moment très particulier. C'est pourquoi
nous lançons un appel fort et énergique pour l'arrêt
des guerres, de toutes les guerres, qui entraînent toujours
beaucoup de souffrances pour les peuples. Car ces guerres, cela
a été démontré, visent les innocents,
visent les personnes vulnérables.
Nous remercions tous ceux et toutes celles qui contribuent
à cette noble tâche.
Merci
TEMOIGNAGE
ECRIT recueilli et lu par Afifa Karmous, samedi 29.3.2003.
Je m'appelle MAHJOUB OULD CHEIKH BEN MOHAMED FADEL BEN BIDA,
je suis né en 1965 à Dakhla au Sahara Occidental.
J'avais trois frères et une mère, il me reste
mon père et mes deux surs. Mon frère aîné
Cheikh a été fait prisonnier par l'armée
mauritanienne pendant l'invasion du sud du Sahara en 1976. En
1980 il est remis au Front Polisario. Il participe à
la guérilla contre le Maroc, et meure en 1982 lors de
la bataille de Smara. Selon les rumeurs Cheikh aurait eu un
fils qui vivrait à Tindouf dans les camps de réfugiés,
mais nous n'en savons pas plus.
Mon deuxième frère, ABDEL JILIL est né
en 1960, il était homme de ménage au titre de
la promotion nationale et travaillait dans la maison d'un colonel.
En préparation de la visite officielle du Roi Hassan
II à Dakhla, le 4 mars 1980 des marchandises ont été
acheminées par bateaux.
Des agents municipaux se sont présentés chez
nous, avec une personne qui travaillait avec mon frère
Ahmed ould Karreb( mort il y a trois an des suites de l'explosion
d'une mine). Ils ont dit à Abdel qu'ils avaient besoin
de lui pour décharger la marchandise des bateaux au port
de Dakhla. C'était un dimanche. Abdel Jilil les a suivi,
il était 7 heures. A 11 heures, une de ces personnes
nous a informés que mon frère avait été
victime d'un accident provoqué par une grue et qu'il
avait été transporté à l'hôpital
militaire.
Nous nous sommes tous précipités à
l'hôpital. Mais l'entrée était interdite
par des officiels dont le gouverneur et le pacha de Dakhla,
les responsables de la DST et de la gendarmerie.
Nous avons attendu devant l'hôpital. A 15 heures, on nous
a informés que mon frère avait quitté l'hôpital
et qu'un avion militaire l'avait évacué vers l'hôpital
Souissi à Rabat. Nous ne savions pas alors où
se trouvait Rabat, nous n'avions jamais voyagé. Nous
n'avons pas retrouvé mon frère. Nous avons continué
à le chercher. Les autorités nous répondaient
parfois que Abdel Jilil était soigné en France,
d'autres fois qu'il était à Rabat.
En 1984, les autorités de la willaya nous ont ordonné
de leur remettre notre livret de famille. Lorsqu'il nous a été
rendu, mon frère apparaissait comme étant décédé
à Dakhla en 1980.
Quel médecin a-t-il constaté la mort de mon frère
? Quelles ont été les circonstances de sa mort
? Pourquoi nous a-t-on dit qu'il était blessé
et soigné ? Dans quelle terre repose-t-il ?
Pourquoi sont-ils venus chercher mon frère ? Pourquoi
la marine royale marocaine avait elle besoin de Abdel Jilil
? Qui va nous répondre ?
Nous avons écrit à toutes les autorités
marocaines. La gendarmerie nous a répondu qu'elle ne
pouvait enquêter à l'hôpital militaire et
à la promotion nationale, car les archives ne sont pas
conservées au delà de dix années. Mon père
et moi avons été convoqués il y a quelques
mois au commissariat de la police judiciaire. Ils nous ont interrogés
sur nos démarches devant le Conseil Consultatif des droits
de l'Homme pour faire reconnaître la disparition de mon
frère. Ils nous ont menacés. Aucune réponse.
J'ai été arrêté le 14 août
1980 avec d'autres Sahraouis et emprisonné à la
prison El Rahib pendant huit mois, d'autres y sont restés
11 années. A ma sortie j'ai retrouvée une mère
malade, en état de choc, terrorisée. Elle ne parlera
plus jusqu'à sa mort en 1982 à Laayoune, intervenue
trois mois après le décès de mon troisième
frère.
En 1989, j'ai été arrêté une
nouvelle fois, aux environs d'Oujda au Maroc et emprisonné
dans une caserne pendant un mois et demi. J'ai ensuite été
transféré à Derb Moulay Chrif à
Casablanca.
Pendant plusieurs mois j'y ai subi des actes de torture.
Ma dignité a été violée parce que
l'on me reprochait d'avoir essayé de rejoindre le Front
Polisario. On m'a ensuite transféré dans une caserne
à Laayoune, j'y suis restée un mois. Puis, au
PC-CMI à Dakhla, j'ai été de nouveau torturé
pendant 16 jours. Le 16 février 1990 j'ai été
libéré.
J'ai perdu l'emploi que j'occupais dans l'administration
à Fez. Je suis un paria, on m'a déchu de fait
de tous mes droits. Je ne peux faire aucune démarche
administrative. La police qui me persécute quotidiennement
m'a prévenu : " ne te fatigue pas tu n'as aucun
droit ".
Mon passé est dévasté, mon présent
est confisqué.
Je demande que les circonstances de la disparition de mon frère
Abdel Jili soient élucidées et que les responsables
répondent enfin de leurs actes.
J'ai un petit garçon de 3 ans et demi, je voudrais que
sa vie soit légère.
Dakhla le 3 novembre 2002.
II. COMMUNIQUES -REACTIONS
REPONSES:
BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT
DES DROITS DE L'HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL
RENCONTRE DES FAMILLES
DE DISPARUS SAHRAOUIS
GENEVE / SUISSE DU 28 AU 30 MARS 2003
COMMUNIQUE URGENT
La délégation des familles de disparus sahraouis
et des
Défenseurs des droits de l'Homme empêchée
de
Sortir du Maroc
Le Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme
au Sahara Occidental (BIRDHSO), vient d'apprendre que la délégation
des familles de disparus sahraouis et de défenseurs des
droits de l'homme venant des territoires du Sahara Occidental
sous contrôle marocain, a été empêchée
par les autorités marocaines de prendre l'avion à
destination de Genève (14h20 heure suisse) pour participer
à une RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS les
28,29 et 30 mars. Tous et toutes étaient en possession
d'un passeport valable et de visas pour la Suisse. Ces passeports,
ainsi que les billets d'avion, des cassettes vidéos contenant
des témoignages et d'autres papiers personnels ont été
confisqués.
Le BIRDHSO s'indigne de cette mesure arbitraire des autorités
marocaines visant à perpétuer le silence sur la
question des disparus sahraouis en empêchant des familles
de venir témoigner à l'étranger, et des
militants de la défense des droits de l'homme de participer
à la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU (pour
laquelle ils avaient des accréditations. Alors que le
Secrétaire Général de l'ONU a appelé
dans son dernier rapport les parties au conflit à s'efforcer
de régler le douloureux problème des disparus,
le Maroc montre une fois de plus son opposition à tout
règlement de ce sujet.
Le BIRDHSO exige des autorités marocaines la restitution
immédiate des passeports, billets d'avion et autres documents
confisqués, pour que la délégation sahraouie
puisse rejoindre Genève par le prochain vol, et participer
aux côtés des représentants des familles
de disparus sahraouis venant des campements de réfugiés,
à notre Rencontre. L'attitude du Maroc est une claire
violation du droit à la libre circulation des personnes
et nous appelons les organisations de défense des droits
de l'homme, les organisations démocratiques et toutes
les personnes éprises de liberté à intervenir
auprès des autorités marocaines, des ambassades
et représentations, pour que la délégations
sahraouie puisse rejoindre Genève librement.
Genève, le 27.03.2003
La délégation est composées de :1/défenseurs:
* DADACH MOHAMED: N 964275 * KHAYA CHEIKH: K 515573 * LAKHFAOUNI
BACHER: M 929967 3* DAHANE BRAHIM: M 319943* NOUMRI BRAHIM:
M 542832* GUARHI BRAHIM: N 187930 2/familles des disparus: *
SIDI MOHAMED SALEM ZAIDAN: M 186582"fils du disparu HADIA
MOHAMEDM'BAREK ZAIDAN" * MOHAMMED MAHMOUD MOUMEN: K 771515"fils
du disparu AHMED BABAIH" * HAMMIA AHMED: N 767234"fils
du disparu HAMDI OULD MOUSSA" * OULAD CHEIKH MAHJOUB: N
947062"fils d'un disparu: * TAGLABOUTE MAIMOUNA: K 529922"épouse
du disparu BEIH OUBARKA" * ELQOTB HAMMA: K 285126"frère
du disparu ELQOTB ELHAFED" * KIRRAOIAN MBARKA ALINA: P
166372"mère du disparu KIRRAOIAN SAID"
APPEL URGENT- L'OBSERVATOIRE
MAR 001/0303/0BS 017
Entraves à la liberté de circulation
Maroc
28 mars 2003
L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs
des Droits de l'Homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT,
vous prie d'intervenir d'urgence à propos de la situation
suivante au Maroc.
Description des faits :
L'Observatoire a été informé de l'interdiction
de sortie du territoire marocain de 14 défenseurs des
droits de l'Homme et membres de familles de disparus Sahraouis.
Ces personnes avaient obtenu leurs visas pour la Suisse afin
de participer à des rencontres sur les disparitions forcées
au Sahara Occidental organisées par le Bureau international
pour le respect des droits de l'Homme.
Il s'agit de MM. Brahim Dahane et Bacher Lakhfaouni, anciens
disparus et membres du Comité de coordination des familles
Sahraouis, M. Sidi Mohammed Daddach, ancien détenu et
lauréat 2002 du prix de la Fondation Rafto pour les droits
de l'Homme (Norvège), MM. Brahim Noumri et Brahim Guarbi,
anciens disparus et membres du" Forum Vérité
et Justice-section Sahara", M. Khaya Cheikh, ancien détenu,
ainsi que 8 membres de familles de disparus Saharouis.
MM. Dahane et Noumri devaient également participer
à la 59ème session de la Commission des droits
de l'Homme des Nations unies à Genève. Ils avaient
été accrédités par l'Association
internationale des juristes démocrates.
Cette interdiction leur a été signifiée,
sans aucun motif, le 27 mars 2003, alors qu'ils s'apprêtaient
à partir de l'aéroport de Casablanca à
destination de Genève par un vol à 13h20. Ils
ont été arrêtés par la police marocaine
dans la zone internationale de l'aéroport qui leur a
confisqué leurs passeports. Ils ont été
immédiatement relâchés sans que leurs documents
de voyage ne leur soient restitués.
Actions demandées :
Merci d'écrire aux autorités marocaines et
de leur demander de :
i. Restituer les passeports de ces 14 personnes ;
ii. Assurer leur liberté de circulation conformément
à l'article 12
du Pacte international relatif aux droits civils et politiques
ratifié par le Maroc en 1989 ;
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration
sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée
par l'Assemblée Générale des Nations unies
le 9 décembre 1998, en particulier à l'article
1
en association avec d'autres, de promouvoir la protection et
la réalisation des droits de l'Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international".
iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle
des droits de l'Homme et des instruments internationaux relatifs
aux droits de l'Homme liant le Maroc
Collectif des Défenseurs des Droits
de l'Homme Sahraouis
"territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain"
Communiqué
Le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme
Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle
marocain porte à la connaissance de l'opinion publique
internationale que les autorités marocaines ont interdit
;le Jeudi 27 Mars 2003 ;une délégation composée
de 05 défenseurs des droits de l'homme sahraouis, 07
membres des familles des disparus sahraouis et le prix RAFTO
2002 SIDI MOHAMED DADDACH , de quitter le territoire marocain
à destination de Genève pour participer ; le 28,
29 et 30 Mars 2003 ; aux journées de solidarité
avec les disparus sahraouis organisées dans le cadre
de la Campagne International "Liberté et Justice
pour les disparus sahraouis" lancée par le Bureau
International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara
Occidental " BIRDHSO ".Les membres de la délégation
sahraouis qui s'apprêtaient à prendre l'avion pour
Genève étaient interceptés par des éléments
des services des renseignements marocain"DST" à
l'aéroport Mohamed V à Casablanca ( Maroc) . Ils
étaient soumis à des interrogatoires humiliants
.Leurs passeports et leurs billets d'avion ainsi qu'un enregistrement
vidéo contenant des témoignages des familles des
disparus sahraouis étaient confisqués. Après
la confiscation et les interrogatoires, ils étaient refoulés
forcément de l'aéroport Mohamed V.
En réaction à cet acte récidive d'interdiction
de la libre circulation, le Collectif des Défenseurs
des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental
sous contrôle marocain :
· Condamne énergiquement cet acte de violation
des droits de l'homme les plus élémentaires ,à
savoir le droit de la libre circulation ;
· Exprime sa solidarité avec les membres de la
délégation interdits de quitter le territoire
marocain ;
· Appelle les organisations internationales de défense
des droits de l'homme à exercer des pressions sur les
autorités marocaines pour exiger la restitution des documents
confisqués ;
· Salue toutes les personnalités internationales
et toutes les organisations internationales de défense
des droits de l'homme qui ont exprimé leur soutien à
la délégation sahraouie interdite de quitter le
territoire marocain ;
· Appelle Mme HINA JILANI à intervenir auprès
des autorités marocaines pour exiger la protection des
défenseurs des droits de l'homme sahraouis au territoire
du Sahara Occidental sous contrôle marocain ;
· Interpelle le Secrétaire Général
de l'ONU sur le sujet des graves violations des droits de l'homme
commises par l'état marocain ; depuis le début
du conflit politico-militaire que connaît le Sahara Occidental
;contre les sahraouis et l'appelle à exiger des autorités
marocaines l'établissement de la vérité
sur le sort des centaines de disparus sahraouis.
Le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme
Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle
marocain saisit également cette occasion pour appeler
toutes les Organisations Non Gouvernementales et les délégations
gouvernementales qui participent aux travaux de la 59ème
session de la Commission des Droits de l'Homme à l'ONU
à soutenir les démarches des Défenseurs
des Droits de l'Homme au Sahara Occidental pour l'adoption ;
par la CDH de l'ONU ; d'une résolution concernant le
respect des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental
sous contrôle marocain et statuant en particulier:
· la nomination d'un Rapporteur Spécial sur la
situation des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental
sous contrôle marocain ;
· la constitution d'une commission internationale chargée
d'établir la vérité sur les graves violations
des droits de l'homme commises par l'état marocain ;
depuis l'annexion forcée du Sahara Occidental par le
Maroc en 1975;contre la population sahraouie civile ;
· l'envoi au Maroc du Rapporteur Spécial sur les
disparitions forcées et involontaires pour enquêter
sur la disparition forcée des centaines de Sahraouis
;
· l'envoi au territoire du Sahara Occidental sous contrôle
marocain du Représentant du Secrétaire Général
de l'ONU pour les défenseurs des droits de l'homme pour
enquêter sur les intimidations perpétrées
par les autorités marocaines à l'encontre des
défenseurs des droits de l'homme sahraouis.
Enfin, Le collectif des défenseurs des droits de
l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle
marocain renouvelle son soutien à la Campagne Internationale
"Liberté et Justice pour les disparus sahraouis"
lancée par le BIRDHSO et lance un appel solennel à
toutes les organisations internationales de défense des
droits de l'homme pour lui apporter soutien et solidarité.
Laâyoune, le 27 Mars 2003
FRANACE LIBERTES
France-Libertés, 22 rue de Milan 75009 Paris
téléphone : 01 53 25 10 40 - fax : 01 48 74 01
26
email : afifa.karmous@france-libertes.fr http://www.france-libertes.fr
Date : jeudi 13 novembre 2003
A l'attention de Monsieur Mustapha Sahel Ministre le l'Intérieur
Monsieur le Ministre,
La Fondation France Libertés vient d'apprendre que
des personnes invitées à Genève, par le
Bureau International pour le Respect des droits de l'Homme au
Sahara Occidental ont été empêchées
aujourd'hui même de prendre l'avion à Casablanca.
Ces personnes se sont vue confisquées leurs passeports
et leurs billets d'avion.
C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir intervenir
afin d'assurer la liberté de circulation des personnes
suivantes :
- DADACH MOHAMED, Passeport n° N 964275
- KHAYA CHEIKH, Passeport n° K 515573
- DAHANE BRAHIM, Passeport n° M 319943
- LAKHFAOUNI BACHER, Passeport n° M 929967
- NOUMRI BRAHIM, Passeport n° M 542832
- GUARHI BRAHIM, Passeport n° N 187930
- SIDI MOHAMED SALEM ZAIDAN, Passeport n° M 186582
- MOHAMMED MAHMOUD MOUMEN, Passeport n° K 771515
- HAMMIA AHMED, Passeport n° N 767234
- OULAD CHEIKH MAHJOUB, Passeport n° N 947062
- TAGLABOUTE MAIMOUNA, Passeport n° K 529922
- ELQOTB HAMMA, Passeport n° K 285126
- DAHA ELMAALOUMA, Passeport n° K 936425
- KIRRAOIAN MBARKA ALINA, Passeport n° P 166372
Dans l'attente,
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, mes sincères
salutations.
Afifa Karmous , Coordinatrice droits de l'Homme
Margot Keßler,
Mitglied des Europäischen Parlaments
Madame Aïcha BELARBI
Ambassadeur du Royaume du Maroc
29 Boulevard St. Michel
1040 Bruxelles
Belgique
Bruxelles,le 2 Avril 2003
Madame l'Ambassadeur,
Nous voudrons attirer votre attention sur le cas de Sidi
Mohamed DADDACH (Prix de la Fondation RAFTO 2002) ainsi que
celui de 12 autres Sahraouis formant une délégation
des membres des familles de disparus Sahraouis et des défenseurs
des Droits de l'Homme. Ils venaient des territoires du Sahara
Occidental et ont été empêchés par
les autorités marocaines le 27 mars d'emprunter leur
vol à destination Genève.
Ces Sahraouis étaient en possession de passeports
et des visas valables pour la Suisse pour participer à
un meeting sur les familles de disparus Sahraouis. Ils disposaient
également d'accréditation pour l'accès
à la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU.
Les autorités marocaines ont confisqué leurs
passeports, leurs billets d'avion ainsi que des témoignages
vidéo et des documents personnels.
Nous exprimons notre vive préoccupation concernant
cette situation que nous considérons comme une grave
violation des droits individuels et des Droits de l'Homme.
Nous vous demandons d'interpeller en toute urgence les autorités
marocaines pour qu'elles remettent aux membres de la délégation
Sahraouie leurs titres de voyage, leurs billets et les documents
confisquées pour que les membres de la délégation
soient en mesure de se rendre à Genève et pouvoir
prendre part aux travaux de la Commission des Droits de l'Homme.
Recevez, Madame l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations
distinguées.
1. AINARDI, Sylviane H.
2. AUROI, Danielle
3. BAUTISTA OJEDA, Carlos
4. BERGER, Maria
5. BERTINOTTI, Fausto
6. BORDES, Armonia
7. BÖSCH, Herbert
8. BOUDJENAH, Yasmine
9. BULLMAN, Hans Udo
10. CARNERO GONZALEZ
11. CARRARO, Massimo
12. CARRILHO, Maria
13. CASHMAN, Michael
14. CAUQUIL, Chantal
15. CERCAS, Alejandro
16. CERDEIRA MORTERERO, Carmen
17. CEYHUN, Ozan
18. COLOM i NAVAL, Joan
19. COSSUTTA, Armando
20. de ROO, Alexander
21. DE ROSSA, Proinsias
22. DHAENE, Jan
23. DI LELLO FINUOLI, Giuseppe
24. DÜHRKOP DÜHRKOP, Bárbara
25. ERIKSSON, Marianne
26. ETTL, Harald
27. EVANS, Robert J.E.
28. FAVA, Giovanni Claudio
29. FLAUTRE, Helene
30. FORD, Glyn
31. FRAHM, Pernille
32. FRAISSE, Geneviève
33. FRASSONI, Monica
34. GAHRTON, Per
35. GEBHARDT, Evelyne
36. GHILARDOTTI, Fiorella
37. GONZALEZ ALVAREZ, Laura
38. GRÖNER, Lissy
39. HAZAN, Adeline
40. HOWITT, Richard
41. ISLER BÉGUIN, Marie Anne
42. IZQUIERDO COLLADO, Juan de Dios
43. JONCKHEER, Pierre
44. JOVÉ PERES, Salvador
45. KARAMANOU, Anna
46. KARLSSON, Hans
47. KESSLER, Margot
48. KINDERMANN, Heinz
49. KINNOCK, Glenys
50. KREISSL-DÖRFLER, Wolfgang
51. KRIVINE, Alain
52. KUHNE, Helmut
53. LAGUILLER, Arlette
54. LAMBERT, Jean
55. LANGE, Bernd
56. LANNOYE, Paul
57. LAVARRA, Vincenzo
58. LEINEN, Jo
59. LINKOHR, Rolf
60. LIPIETZ, Alain
61. LUCAS, Caroline
62. LUND, Torben
63. MANISCO, Lucio
64. MARSET CAMPOS, Pedro
65. MARTÍNEZ MARTÍNEZ, Miguel Angel
66. MAYOL i RANYAL, Miquel
67. McNALLY, Eryl
68. MEIJER, Erik
69. MENÉNDEZ del VALLE, Emilio
70. MILLER, Bill
71. MIRANDA, Joaquim
72. MORGAN, Eluned
73. MORGANTINI, Luisa
74. MÜLLER, Rosemarie
75. NAPOLETANO, Pasqualina
76. NOGUEIRA ROMAN,Camilo
77. ONESTA, Gérard
78. ORTUONDO LARREA, Josu
79. PIÉTRASANTA, Yves
80. PITTELLA, Giovanni
81. PRETS, Christa
82. PUERTA, Alonso José
83. ROD, Didier
84. RODRÍGUEZ RAMOS, María
85. ROTH-BERENDT, Dagmar
86. RÜHLE, Heide
87. SACCONI, Guido
88. SANDBÆK, Ulla Margrethe
89. SANDBERG-FRIES, Yvonne
90. SAUQUILLO PÉREZ DEL ARCO, Francisca
91. SCHEELE, Karin
92. SCHMID, Herman
93. SCHÖRLING, Inger
94. SCHROEDTER, Elisabeth
95. SIMPSON, Brian
96. SJÖSTEDT, Jonas
97. SKINNER, Peter William
98. SÖRENSEN, Patsy
99. SORNOSA MARTÍNEZ, María
100. STIHLER, Catherine
101. SWOBODA, Johannes (Hannes)
102. TERRÓN i CUSÍ, Anna
103. THEORIN, Maj Britt
104. TURMES, Claude
105. VACHETTA, Roseline
106. VALENCIANO MARTÍNEZ-OROZCO, María Elena
107. VAN BREMPT, Kathleen
108. van den BERG, Margrietus J.
109. VAN LANCKER, Anne E.M.
110. VATANEN, Ari
111. VATTIMO, Gianni
112. VATTIMO, Gianni
113. VINCI, Luigi
114. VOLCIC, Demetrio
115. WALTER, Ralf
116. WYN, Euryg
Bureau International
pour le Respect
Des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina Internacional para el Respeto de
Los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of
Human Rights in Western Sahara
Monsieur le Haut Commissaire,
Haut-Commissariat pour les Droits de l'Homme
Genève
Le 5 avril 2003
Monsieur le Haut-Commissaire,
Le BIRDSHO remercie votre secrétariat d'avoir accueilli
une délégation de représentants de familles
de disparus en date du 1er avril 2003, accompagnée d'une
représentante de la Ligue Internationale pour le Droit
des peuples pour les Droits et la Libération des Peuples
(LIDLIP) et de moi-même. Il était important en
effet que cette délégation puisse vous transmettre
- ses préoccupations concernant le sort des disparus
sahraouis, son espoir de voir le Haut Commissariat pour les
droits de l'homme prendre en charge cette question et demander
à pouvoir se rendre dans les prisons marocaines recensées
comme des lieux de détention de disparus,
- sa protestation concernant le refus du Maroc de laisser sortir
des représentants de familles de disparus sahraouis et
la crainte de voir ces 13 personnes et celles dont elles avaient
recuilli les témoignages soumis à des intimidations
et à la répression,
- son indignation concernant le comportement irrespectueux et
brutal des services marocains, encadrant quelques Sahraouis
ayant quitté les camps de réfugiés sahraouis,
lors des manifestations que notre association a mené
à Genève du 28 au 30 mars, et plus précisément
lors de la soirée Témoignages-Débat organisée
à l'université de Genève le samedi soir
29 mars.
Monsieur le Haut-Commissaire, nous espérons avoir
prochainement de vos nouvelles, nous précisant comment
vos services vont pouvoir suivre cette question et comment,
si vous le voulez bien, nous pourrions établir une collaboration.
Nous pouvons vous assurer que nous vous tiendrons au courant
des suites de nos rencontres de Genève. Vous trouverez
également le double de la lettre de protestation que
nous avons envoyée à l'Ambassade du Maroc à
Berne.
Veuillez recevoir, Monsieur le Haut-Commissaire, l'expression
de nos sentiments les plus distingués.
Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif
Madame Jilani
Représentante spéciale Pour les défenseur
des droits de l'homme
Genève
Le 5 avril 2003
Madame le Représentante spéciale,
Notre organisation a lancé depuis l'automne 2002
une campagne pour la disparition de la disparition au Sahara
occidental. En effet, depuis plus de 25 ans, des civils ont
été enlevés dans le territoire du Sahara
occidental et se trouvent toujours incarcérés
illégalement (sans jugement) dans des prisons marocaines.
Ils sont encore plusieurs centaines bien que le Maroc réfute
cette affirmation comme il l'avait déjà fait pour
Tazmamart et pour les disparus sahraouis qu'il a libérés
en 1991.
L'appel que nous avons lancé a recueilli plus de
6000 signatures provenant de plus de 20 pays dont le Maroc,
le Etats-Unis, le Japon, la France, le Sahara occidental, la
Suisse, l'Autriche, L'Italie, l'Australie, l'Algérie,
le Luxembourg et les camps de réfugiés sahraoui
. Comme vous le verrez, il est adressé aux gouvernements
marocain et espagnol et à l'ONU, à travers sa
Commission des droits de l'homme. Nous tenons cependant a vous
en informer, connaissant votre intérêt pour le
sort des victimes de ce conflit. Il est évident que la
question des disparus, comme celle d'ailleurs des prisonniers
de guerre, est un point humanitaire qui devrait pouvoir être
traité actuellement par les deux parties. Malheureusement,
aucune organisation onusienne n'intervient auprès du
Maroc pour que le gouvernement de ce pays ouvre ses prisons
et ses bagnes à des délégations qu'elle
déléguerait sur place. Et pendant ce temps, l'espoir
de retrouver ces disparus vivants s'amenuise de plus en plus.
Nous espérons que vous répondrez favorablement
à cet appel et mettrez tout en uvre pour sortir
du silence et du non droit la question des disparus sahraouis.
Dans le cadre de notre campagne, une rencontre devait réunir
à Genève des représentants de familles
de disparus venant des camps de réfugiés sahraouis
et du Sahara occidental. Une façon aussi de permettre
à des familles de se retrouver parfois après 25
ans de séparation. Vous traitez de cette question et
des efforts à faire dans votre dernier rapport.
Malheureusement seuls les Sahraouis des camps de réfugiés
ont pu se retrouver à Genève. Les 13 Sahraouis
du Sahara occidental ayant un passeport marocain valable, un
visa de l'Ambassade suisse de Rabat et un billet d'avion aller-retour
ont vu leur passeport confisqué ainsi que tous les documents
qu'ils comptaient apporter à Genève. Nous sommes
préoccupés par les intimidations qu'ils pourraient
subir ainsi que les personnes habitant au Sahara occidental
leur ayant confié des témoignages. Comme Représentante
spéciale pour les Défenseurs des droits de l'homme,
nous vous demandons de prendre des nouvelles des 13 personnes
interdites de sortie (dont plusieurs appartiennent à
des associations de défense des droits de l'homme) et
d'intervenir auprès des autorités marocaines pour
assurer leur sécurité et celles des personnes
des personnes concernées.
Les forces onusiennes sont sur place et il nous semble
indispensable, pour la sécurité des défenseurs
des droits de l'homme, de demander à la MINURSO de veiller
sur leur situation. Nous avons protesté auprès
du gouvernement marocain, en écrivant à son Ambassade
à Berne pour dire à la fois notre préoccupation
concernant l'événement relaté ci-dessus
et plusieurs et le comportement irrespectueux et brutal des
services marocains, encadrant quelques Sahraouis ayant quitté
les camps de réfugiés sahraouis, lors des manifestations
que notre association de défense des droits de l'homme
a mené à Genève du 28 au 30 mars, et plus
précisément lors de la soirée Témoignages-Débat
organisée à l'université de Genève
le samedi soir 29 mars. Vous trouverez copie de cette lettre
dans ce courrier.
Madame la Représentante spéciales pour les
défenseurs des droits de l'homme, nous espérons
avoir prochainement de vos nouvelles, nous précisant
quelles décisions vous pensez prendre pour assurer la
sécurité des Sahraouis défenseurs des droits
de l'homme. Nous vous prions de recevoir, l'expression de nos
sentiments les plus distingués.
Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif
Monsieur
l'Ambassadeur du Royaume du Maroc
Berne
Genève, le 30 mars 2003
Concerne : protestation contre l'interdiction de sortie du Maroc
de 13 ressortissants sahraouis, représentant de familles
de disparus sahraouis et défenseurs des droits de l'homme.
Monsieur l'Ambassadeur,
Voilà une lettre que nous aurions espéré
ne jamais devoir vous envoyer. En effet, nous avons pensé,
naïvement sans doute, jusqu'au jeudi 27 mars à 14h
que nous pourrions accueillir les 13 sahraouis provenant du
Sahara occidental qui devaient se rendre à Genève
dans le cadre des manifestations Liberté et justice pour
les disparus sahraouis. Notre organisation, le Bureau International
pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara occidental mène
une campagne depuis l'automne dernier sur la question de la
disparition et a fait signer un appel dont vous trouverez le
texte ci-joint. Cet appel a été signé par
plus de 6000 personnes, venant de très nombreux pays
et région comme l'Italie, la France, Les Etas-Unis, l'Australie,
l'Algérie, la Finlande, le Maroc, le Luxembourg, la Mauritanie,
la Slovénie, le Sahara occidental, la Hongrie et les
camps de réfugiés sahraouis. Parmi les signataires,
nous trouvons notamment des ministres de plusieurs pays, de
nombreux élus communaux et nationaux, des familles de
disparus sahraouis, des professeurs d'université, des
journalistes, des Organisations non-gouvernementales s'occupant,
entre autres, de la question de la disparition forcée.
Il nous semblait important, qu'à l'occasion de la
Commission des Droits de l'Homme à Genève qui
se tient du 17 mars au 25 avril, des délégations
de familles de disparus sahraouis venant du Sahara occidental
et des camps de réfugiés se retrouvent et remettent
cet appel à l'Ambassade d'Espagne auprès des Nations-Unies,
auprès de l'Ambassade du Maroc auprès de l'ONU
et auprès des Nations Unies. L'objectif de cette rencontre
était de rompre le silence qui recouvre depuis trop longtemps
le drame des disparus sahraouis.
Or, nous avons appris jeudi 27 que votre gouvernement empêchait
les 13 représentants de familles de disparus sahraouis
de se rendre à Genève, confisquant leur passeport
à l'aéroport de Casablanca. Ces personnes avaient
pourtant des passeports valables, un visa établi par
l'Ambassade suisse à Rabat et un billet d'avion aller-retour.
Non seulement votre gouvernement leur a retiré leur passeport
mais leur a pris également tous les documents qu'ils
avaient concernant la disparition forcée. Qu'en déduire
? Que combattre la disparition forcée, que rechercher
la vérité sur les centaines de disparus sahraouis,
qu'exiger de savoir s'ils sont vivants ou morts fait donc peur
à votre gouvernement ?
Nous vous prions de transmettre notre protestation à
votre gouvernement qui s'est rendu coupable d'une nouvelle violation
des droits de l'homme en entravant la liberté de circulation
de ces 13 personnes. Nous exigeons qu'elles retrouvent leur
passeport et leur liberté de circuler immédiatement.
Nous exigeons également de votre gouvernement qu'il nous
rembourse sans tarder les billets d'avion qu'il s'est approprié.
Vous trouverez ci-dessous notre CCP.
Préoccupés par les intimidations que pourraient
subir les personnes qui devaient venir à Genève,
nous contactons actuellement des ambassades à Rabat et
des Organisations non-gouvernementales pour qu'elles s'informent
de leur sécurité. Nous intervenons également
auprès de l'ONU, de son Secrétaire général,
de la Présidente de la Session des Droits de l'Homme,
de la Représentante spéciale pour les défenseurs
des Droits de l'Homme.
Monsieur l'Ambassadeur, nous pourrions encore vous entretenir
sur la façon dont vos services s'approprient les manifestations
que nous organisons (voir les communiqués de la MAP de
ces jours derniers), sur le spectacle absolument désolant
et scandaleux qu'ils ont donné lors de notre soirée
à l'université, mais nous voudrions tout d'abord
nous en tenir à l'essentiel et venir vous présenter
nous-même notre protestation et vous remettre les signatures
de l'Appel cité plus haut ; l'Ambassade marocaine auprès
des Nations-Unies à Genève n'ayant pas daigné
répondre à la demande qui lui a été
faite.
En espérant recevoir de vos nouvelles et des propositions
de dates pour un rendez-vous (nous sommes tous des bénévoles
ayant un travail professionnel), nous vous envoyons, Monsieur
l'Ambassadeur, nos salutations distinguées.
Copie à : - Département des Affaires Etrangères
du gouvernement suisse
- Secrétaire général de l'ONU
- Représentante spéciale pour les défenseurs
des droits de l'homme
- Haut-Commissaire pour les droits de l'homme
- ONG (s)
- Mission diplomatiques
Monsieur
Kofi Annan Secrétaire Général de l'ONU
New-York
Le 5 avril 2003
Monsieur le Secrétaire général,
Notre organisation a lancé depuis l'automne 2002
une campagne pour la disparition de la disparition au Sahara
occidental. En effet, depuis plus de 25 ans, des civils ont
été enlevés dans le territoire du Sahara
occidental et se trouvent toujours incarcérés
illégalement (sans jugement) dans des prisons marocaines.
Ils sont encore plusieurs centaines bien que le Maroc réfute
cette affirmation comme il l'avait déjà fait pour
Tazmamart et pour les disparus sahraouis qu'il a libérés
en 1991.
L'appel que nous avons lancé a recueilli plus de
6000 signatures provenant de plus de 20 pays dont le Maroc,
le Etats-Unis, le Japon, la France, le Sahara occidental, la
Suisse, l'Autriche, L'Italie, l'Australie, l'Algérie,
le Luxembourg et les camps de réfugiés sahraoui
. Comme vous le verrez, il est adressé aux gouvernements
marocain et espagnol et à l'ONU, à travers sa
Commission des droits de l'homme. Nous tenons cependant a vous
en informer, connaissant votre intérêt pour le
sort des victimes de ce conflit. Il est évident que la
question des disparus, comme celle d'ailleurs des prisonniers
de guerre, est un point humanitaire qui devrait pouvoir être
traité actuellement par les deux parties. Malheureusement,
aucune organisation onusienne n'intervient auprès du
Maroc pour que le gouvernement de ce pays ouvre ses prisons
et ses bagnes à des délégations qu'elle
déléguerait sur place. Et pendant ce temps, l'espoir
de retrouver ces disparus vivants s'amenuise de plus en plus.
Nous espérons que vous répondrez favorablement
à cet appel et mettrez tout en uvre pour sortir
du silence et du non droit la question des disparus sahraouis.
Dans le cadre de notre campagne, une rencontre devait réunir
à Genève des représentants de familles
de disparus venant des camps de réfugiés sahraouis
et du Sahara occidental. Une façon aussi de permettre
à des familles de se retrouver parfois après 25
ans de séparation. Vous traitez de cette question et
des efforts à faire dans votre dernier rapport.
Malheureusement seuls les Sahraouis des camps de réfugiés
ont pu se retrouver à Genève. Les 13 Sahraouis
du Sahara occidental ayant un passeport marocain valable, un
visa de l'Ambassade suisse de Rabat et un billet d'avion aller-retour
ont vu leur passeport confisqué ainsi que tous les documents
qu'ils comptaient apporter à Genève. Nous sommes
préoccupés par les intimidations qu'ils pourraient
subir ainsi que les personnes habitant au Sahara occidental
leur ayant confié des témoignages. Nous vous demandons
d'intervenir auprès des autorités marocaines pour
assurer la sécurité des personnes concernées.
Nous vous demandons de mandater la MINURSO pour garantir la
sécurité de la population sahraouie du Sahara
occidental et en particulier les 13 personnes interdites de
sortie du Maroc.
Nous avons protesté auprès du gouvernement marocain,
en écrivant à son Ambassade à Berne pour
dire à la fois notre préoccupation concernant
l'événement relaté ci-dessus et plusieurs
et le comportement irrespectueux et brutal des services marocains,
encadrant quelques Sahraouis ayant quitté les camps de
réfugiés sahraouis, lors des manifestations que
notre association a mené à Genève du 28
au 30 mars, et plus précisément lors de la soirée
Témoignages-Débat organisée à l'université
de Genève le samedi soir 29 mars. Vous trouverez copie
de cette lettre dans ce courrier.
Monsieur le Secrétaire général, nous
espérons avoir prochainement de vos nouvelles, nous précisant
comment vos services vont pouvoir assurer la sécurité
des Sahraouis sur un territoire où se trouve l'administration
onusienne. Nous vous prions de recevoir, l'expression de nos
sentiments les plus distingués.
Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif
III. PRESSE, AGENCES
LOS MISERABLES
ROSA MONTERO
EL PAIS, 8 DE ABRIL 2003
Ojalá el angustioso conflicto con Irak sirviera para
algo.
Me gustaría creer que la visión abrumadora que
los medios nos muestran en primer plano, de todas esas Imágenes
terroríficas de niños desmembrados y civiles enloquecidos
por la pena,educará la sensibilidad occidental, enseñandonos
los verdaderos horrores de la guerra, de todas las guerras;
y que esto nos hará a todos mas reacios antes las aventuras
belicistas, mas beligerantes para luchar contra las atrocidades,
en vez de cerrar oidos y ojos como hicimos, por ejemplo, con
los 200.000 muertos que los rusos causaron en Chechenia. Pero,
la verdad, tampoco me fio mucho de que suceda algo así.
Porque los humanos somos seres desmemoriados y acomodaticios¸y
una vez pasado el primer paroxismo de miedo y de furia, todo
se nos borrará placidamente de la memoria.
De eso se aprovecharán los miserables. De nuestra falta
de consecuencia y perseverancia. Por ejemplo,pensemos en los
fabricantes y vendedores de bombas racimo. Resulta inconcebible
que haya gente diseñando esta clase de armas (científicos
que estudian sesudamente las trayectorias mas dañinas
y descuartizantes); y que algunos individuos se están
haciendo ahora mismo de oro por romper los cuerpos de los irakies
con esas bombas; y que esos tipos vistan trajes cruzados, tengan
abonos de ópera y pertenezcan a lo mejorcito de la sociedad
occidental. Que blando olvido el nuestro, que flacidez moral
al aceptarlo.
Por no hablar de los oportunistas que usan la crisis de Irak
para cometer de tapadillo sus fechorías. Como Fidel Castro,
que ha detenido a 78 opositores por el simple hecho de opinar
distinto y les ha sometido a una pamema de juicio en el que
se les pide 20 años de carcel o cadena perpétua.
O como los rusos, que han celebrado un referendum en Chechenia
que, según todos los indicios, ha sido una farsa. O como
Marruecos, que sigue hostigando a los saharauis (el 28 de marzo
impidió salir del país a un grupo de familiares
de desaparecidos que iban a un encuentro en Ginebra). Los miserables
nunca duermen, mientras que la perezosa opinión internacional
parece que sólo puede tener un asunto grave a la vez
en la cabeza. Y ni siquiera, me temo, por mucho tiempo.
Sáhara.- Marruecos
impide a trece saharauis viajar a Ginebra para participar en
una reunión de DDHH, según el Polisario
BRUSELAS, 28 Mar. (EUROPA PRESS) El Gobierno marroquí
impidió ayer a trece saharauis viajar a Ginebra para
asistir a una reunión relacionada con la sesión
de la Comisión de Derechos Humanos de la ONU, cuando
se disponían a tomar un avión en Casablanca, según
informó a Europa Press el responsable para Europa del
Frente Polisario, Mohamed Sidati. La delegación saharaui
pretendía dirigirse a Ginebra para participar en un encuentro
de familias de desaparecidos, organizado por la Oficina para
el Respeto de los Derechos Humanos en el Sáhara Occidental
(BIRDSO) en el marco de la 59 sesión de la Comisión
de Derechos Humanos de la ONU. Sin embargo, cuando iban a presentar
la documentación en el control de aduanas del aeropuerto
de Casablanca, la Policía marroquí les requisó
sus pasaportes y objetos personales, conminándoles a
volver a sus respectivos domicilios. El grupo de trece saharauis
estaba compuesto por familiares de desaparecidos, antiguos presos
de las cárceles marroquíes y defensores de los
Derechos Humanos, entre ellos Mohamed Daddach, galardonado el
pasado año con el premio de Derechos Humanos de la Fundación
Rafto, con base en Noruega. El Frente Polisario condenó
"enérgicamente" esta decisión tomada
por las autoridades marroquíes. "Se trata de un
acto grave que se añade a otros y testimonia el recrudecimiento
de la represión contra las poblaciones saharauis, en
un momento en el que la atención del mundo se centra
en la guerra de Irak", indicó Sidati. Asimismo,
hizo un llamamiento a todos los defensores de los Derechos Humanos
para que intervengan ante las autoridades marroquíes
y exijan a Rabat la restitución inmediata de la libertad
de movimiento a estos saharauis.
Sahraouis retenus au Maroc pour "hostilité"
à l'intégrité territoriale (Rabat)
(AFP 29/03/2003)
RABAT, 29 mars (AFP) - Une délégation de Sahraouis
empêchés jeudi de se rendre à Genève
au départ du Maroc pour témoigner devant une commission
des Nations unies l'ont été en raison de leur
"hostilité à l'intégrité territoriale"
du royaume, a indiqué samedi à Rabat l'agence
marocaine MAP.
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l'Homme et la Fondation France Liberté avaient
protesté vendredi contre cette mesure qui a touché
14 Sahraouis qui voulaient témoigner, devant la 59ème
session de la Commission des droits de l'Homme de l'ONU, des
"disparitions forcées" au Sahara occidental.Selon
la MAP, qui cite une "source proche du ministère
de l'Intérieur", ce "groupe d'individus"
a été empêché de se rendre à
Genève parce qu'il comptait mener des "actions hostiles
à l'intégrité territoriale du royaume".
"Tout en demeurant attaché au respect des droits
de l'Homme et à la garantie de l'excercice des libertés
pour tous les citoyens, a ajouté cette source, le Maroc
ne saurait en aucun cas tolérer des activités
visant à porter atteinte à son intégrité
territoriale, qui est une cause sacrée pour l'ensemble
du peuple marocain".
Le Maroc et le Front Polisario se disputent la souveraineté
du Sahara occidental. Appuyé par l'Algérie, le
Front Polisario, qui a longtemps mené une lutte armée,
revendique l'indépendance du Sahara occidental, une ancienne
colonie de l'Espagne envahie en 1975 par le Maroc.
© Copyright AFP
Et la presse marocaine : désinformation et propagande
interne. Sans commentaires
Maroc-Sahara: Echec
de manoeuvres visant à museler des rescapés de
Tindouf lors d'une parodie de débat à Genève
(Par Mostafa Benhamza)
Genève, 30/03/03 - Des sympathisants du "Polisario"
ne sont pas parvenus, samedi soir à Genève,en
dépit de maintes manoeuvres et de tentatives désespérées,
à empêcher des dizaines de rescapés des
camps de Tindouf (Sud algérien) de s'exprimer devant
une soi-disant
"Conférence-débat" et de prendre la
parole pour apporter un témoignage vivant sur les sévices
qu'ils ont subis dans leur corps dans les geôles des sécessionnistes.
Organisée par le "Bureau International pour
le respect des Droits de l'homme au Sahara occidental"
(BIRDHSO), en collaboration avec le quotidien suisse "Le
Courrier", ce qui était annoncé comme devant
être une "conférence-débat" sur
"la disparition forcée au Sahara", organisée
dans les locaux de l'Université de Genève, s'est
avérée être en définitive une vaste
mascarade, les organisateurs multipliant les man¦uvres
procédurales pour empêcher les sahraouis ayant
regagné leur pays de prendre la parole.
Lors de ce "débat" animé par Mme
Perregeaux, du Comité suisse de soutien au "Polisario",
sous le regard bienveillant et approbateur de Christian Viret,
Président du BIRDHSO, tout a été fait pour
empêcher les rescapés de l'enfer des camps de Tindouf
de s'exprimer. Monopolisant la parole durant deux longues heures
pour débiter les mêmes théories éculées
d'un "Polisario" de toute évidence dépassé
par les événements, les organisateurs ont tenté
par tous les moyens d'éviter que la parole soit donnée
à ces dizaines de sahraouis qui portent encore sur leurs
corps les traces indélébiles de tortures et sévices
subis dans les camps du "Polisario".
Excédés et indignés par un comportement
aussi peu démocratique et aussi partial, les sahraouis
rescapés ont réagi vigoureusement, refusant de
voir ainsi reconstituer, au coeur de l'Université de
Genève, les mêmes schémas totalitaires et
anti-démocratiques prévalant dans les camps de
Tindouf. Et ce n'est que grâce à leurs protestations
véhémentes que les organisateurs, mis dos au mur
et soucieux de cacher leur jeux devant l'assistance, se sont
vus acculés, à l'issue de près de deux
heures de "débat" à sens unique, à
donner brièvement la parole à deux ou trois d'entre
ces sahraouis.
Une parole, qui avait la force du témoignage et de
l'authenticité, relatant des drames incommensurables
et des exactions en tous genres commis dans les camps de Tindouf
par les sbires du "Polisario". Les rescapés
des camps de la peur n'ont pas manqué, dans ce contexte,
et en présence de représentants de diverses ONG
des droits humains, dont Amnesty International, de dénoncer
la présence à ce "débat" de Mohamed
Lamine Ahmed, Alias Laili Mahmoud, ancien Premier ministre de
la fantomatique "RASD", qu'ils ont reconnu pour avoir
supervisé des
séances de torture de nombreux détenus.
Les dizaines de sahraouis ayant fui la répression
des camps ne comprenaient pas, par ailleurs, comment la porte-parole
de "France-Libertés", Mme Karmous, qui apportait
au "débat", un témoignage recueilli
selon elle auprès d'un proche d'une personne "disparue"
lors d'une récente visite à Laayoune, pouvait
se réclamer de l'impartialité qu'exige le combat
des Droits humains, tout en cautionnant la mascarade de ce "débat"
et en acceptant le silence imposé à ces dizaines
de sahraouis, témoignages vivants des violences subies
dans les geôles du "Polisario".
Ils ne comprenaient pas non plus pourquoi Mme Karmous avait
omis délibérément d'évoquer les
nombreux cas de disparition portés à sa connaissance
par des rescapés des camps de Tindouf lors de cette même
visite à Laayoune.
L'atmosphère devenait tendue, voire explosive. Le
débat n'était plus à l'intérieur
de la salle de conférence, mais à l'extérieur,
dans la cour de l'Université genevoise. C'était
plus qu'il n'en fallait pour les chevilles ouvrières
de cette "conférence-débat" à
sens unique, M. Viret et Mme Perregeaux, qui, dans tous leurs
états et hors d'eux-mêmes, allaient de groupe en
groupe pour tenter de convaincre ceux qui le voulaient bien,
que cette confusion était le fait des "autorités
marocaines". Mais force est de constater que les deux porte-voix
du "Polisario" en Suisse étaient dépassés
par les événements.
Un peu partout, des groupes se constituaient ici et là,
regroupant rescapés des camps de Tindouf et sahraouis
"encadrés" par le "Polisario". Et
l'on pouvait entendre ces derniers expliquer aux premiers leur
lassitude face à la situation dans laquelle ils se trouvaient.
L'on pouvait ainsi mesurer tout le désarroi et le désespoir
de ces sahraouis séparés de leurs familles et
tenus éloignés de leur mère-patrie par
la force d'une impitoyable instrumentalisation politique de
leur tragédie.
Le moins que l'on puisse dire est que cette "conférence-débat"
était bien à l'image du "Polisario"
moribond et de ses soutiens inconditionnels qui, en Suisse comme
ailleurs, ont bien du mal à accepter l'évolution
du monde et des mentalités.
Agrippés à leur certitude et leurs dogmes,
les BIRDHSO, Comité suisse de Soutien au "Polisario",
et autres entités du genre, ont du mal à s'adapter
à la nouvelle donne qui émerge peu à peu,
en vue de parvenir à un règlement définitif
de la question dite du Sahara, dans le respect de la souveraineté
marocaine.
Une telle évolution leur fait peur, les déstabilise
et les place dans une situation inconfortable. Et la confusion
et la fébrilité qui ont entouré la "conférence-débat"
de samedi soir témoignaient bien de cette peur.
©MAP 2003
Sahara: Important collectif
d'ONG sahraouies à Genève pour dénoncer
la situation dans les camps de Tindouf
Genève, 27/03/03 - Un important Collectif
d'ONG actifs dans le domaine des Droits de l'Homme au Sahara
marocain séjourne cette semaine à Genève
pour mener, en marge des travaux de la Commission des Droits
de l'homme, une série d'actions d'information et de sensibilisation
sur la tragédie vécue depuis plus d'un quart de
siècle par les populations sahraouies séquestrées
dans les camps de Tindouf, sur le sol algérien.
Composé de près d'une dizaine d'ONG sahraouies,
le Collectif s'attachera d'informer l'opinion publique internationale,
les Organisations des Droits humains, les délégations
gouvernementales aux travaux de la Commission des Droits de
l'homme, ainsi que les médias Suisses et internationaux,
sur la détérioration de la situation humanitaire
et les violations des droits humains les plus élémentaires
des populations sahraouies dans les camps de Tindouf.
Mais surtout, les membres du Collectif, tous anciens pensionnaires
des camps du "polisario", ralliés au Maroc
dans une fuite éperdue des pires violations que l'on
puisse imaginer, pourront témoigner de manière
criante de ces violations, eux dont les corps portent de manière
indélébile les traces des tortures et du calvaire
subis dans ces camps. Ce faisant, ils contribueront activement
aux efforts visant à lever le voile sur l'une des plus
tragiques supercheries des temps modernes, celle-là même
qui a accouché d'une utopie ayant pour nom "Polisario".
A cette fin, le Collectif d'ONG sahraouies tiendra vendredi
un rassemblement sur la Place des Nations, face au Palais des
Nations. Lors de cette manifestation, le Collectif remettra
à la presse suisse et internationale des appels adressés
au président algérien, à la présidente
de la Commission des Droits de l'homme, au Secrétaire
Général de l'ONU, et aux grandes organisations
des Droits humains, telle Amnesty International.
Ces appels invitent la Communauté internationale
à intensifier ses efforts en vue de mettre fin au calvaire
des populations vivant dans des conditions humanitaires déplorables
dans les camps de Tindouf, et de faire pression pour la libération
inconditionnelle et sans délais de quelque 1160 prisonniers
de guerre marocains encore détenus par les séparatistes,
au mépris des dispositions du Droit international.
Le même jour, des membres du collectif organiseront, en
collaboration avec la grande ONG des Droits humains Interfaith,
une Conférence-Débat sur le même sujet.
Samedi en fin de matinée, les membres du Collectif participeront
à une Cérémonie organisée à
Meyrin (périphérie de Genève) en l'honneur
de "tous les disparus dans le monde", et en fin de
journée, à une Conférence-Débat
organisée dans l'enceinte de l'Université de Genève
autour du thème de la disparition forcée au Sahara.
Deux occasions que le collectif compte mettre à profit
pour dénoncer les nombreuses disparitions survenues dans
les sinistres geôles du "polisario", en s'appuyant
sur une liste de disparus sahraouis.
Le Collectif d'ONG en question est composé de MM.
Houcine Baida, président de l'Association des Parents
des Sahraouis victimes de la Répression dans les camps
de Tindouf (PASVERTI), Bachir Edkhil, Président de l'Association
" Alter Forum ", Ramdane El Massoudi et Dahi Aguai,
de l'Association des Victimes des violations des droits de l'homme
dans les Prisons du Polisario " ASVIPO ", Tarrouzi
Ahmed, Président de l'Association Tribune Sahraouie pour
l'Unité et la Fraternité, Abadila Semlali, Président
de l'Association de Défense de la Marocanité du
Sahara et des Séquestrés de Tindouf, El Idrissi
Bellali, Président de l'Association de la Marche et de
l'avenir, et Saida Tazi, Président de l'Association Al
Massira pour la Défense des Droits des Séquestrés
et prisonniers Marocains aux camps de Tindouf.
©MAP 2003
Rencontre avec le Groupe
de Travail sur les Disparitions forcées ou involontaires
Le 24 avril 2003, dans le cadre de sa 69ème session
du qui s'est tenue à Genève du 22 au 25 avril,
Abdeslam Omar Lahcen (Président de l'AFAPREDESA) et Christian
Viret (Président du BIRDHSO) ont été reçus
par le Groupe de Travail sur les disparitions forcées
ou involontaires, au Palais Wilson (Siège du Haut Commissariat
aux Droits de l'Homme de l'ONU). Le Président du Groupe,
M. Diego García Sayán a dirigé l'entretien.
Abdeslam Omar Lahcen a fait le point de la situation des
disparitions forcées au Sahara Occidental, transmettant
une liste de 286 noms de disparus. Il a rappelé les difficultés
rencontrées pour l'élaboration de ces listes,
tout en s'engageant à transmettre régulièrement
toute nouvelle information.
Christian Viret, après avoir informé de la
récente Rencontre des Familles de Disparus Sahraouis
à Genève, a fait part de sa préoccupation
quant à la situation des familles et des défenseurs
sahraouis des droits humains retenus à Casablanca par
les autorités marocaines, leurs passeports et titres
de transport étant toujours confisqués.
M. Diego Garcia Sayan a indiqué que le Groupe de
Travail pourrait interpellé le Maroc sur la situation
de ces personnes, car elles sont liées au thème
de la disparition forcée.
L'engagement a été pris de poursuivre et développer
l'information mutuelle.
Remerciements
Nous remercions sincèrement toutes celles et tous
ceux qui ont contribué au succès de cette première
rencontre.
Tout d'abord, nos remerciements vont aux familles de disparus
sahraouis et aux défenseurs sahraouis des droits de l'homme
; ceux des zones occupées, empêchés de venir
à Genève par les autorités marocaines,
et ceux des campements de réfugiés présents
dont la participation a été remarquable.
Nos remerciements également à la Ville de
Genève, aux villes de Lancy et Meyrin pour leurs contributions
et participation ;
À l'Association du Jardin des Disparus de Meyrin, pour
sa solidarité et son aide (en particulier merci à
Tina, Jenny et Pierre-Alain) ;
Au Collectif espagnol de Genève pour son soutien inébranlable
et permanent ;
À Pancho Gonzalez, pour sa participation artistique et
militante ;
À Caroline et Nathalie, pour les prises vidéo
;
À la Ligue Suisse des Droits de l'homme, la LIDLIP, la
FEDEFAM
Aux chauffeurs bénévoles ;
Et à toutes les participantes et participants pour leur
présence chaleureuse.
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