Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina International para el Respeto de los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of Human Rights in Western Sahara

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EL KARAMA N° 8

DIGNITE

   Lettre de la prison de Kénitra

Le 14 avril 1995, un envoyé de la Croix-Rouge internationale m'a rendu visite pour faire un rapport... Mais ici, à la prison de Kénitra, je vis dans des conditions insupportables après 16 ans de prison. Je n'ai plus la force ni la santé ni le moral pour supporter cette situation qui devient de plus en plus nuisible.
Mes cousins qui viennent me voir d'El Ayoun ou de Smara ne peuvent pas me voir directement. Il y a toujours des barreaux et des grilles entre nous.
Je ne peux même pas voir nettement leur visage ou entendre ce qu'ils me disent, eux qui ont traversé plus de 1300 kilomètres pour venir me voir.
J'ai demandé d'être transféré auprès d'eux pour leur éviter ce long et dangereux voyage que beaucoup de mes cousins n'ont pas les moyens de
payer, mais jusqu'à aujourd'hui, personne ne veut parler de ce sujet.
Le 18 septembre 1995, le ministre des droits de l'homme nous a rendu visite. J'ai discuté avec lui de tous mes problèmes. Il m'a dit qu'il va m'aider à
avoir tout ce que je demande, mais jusqu'à maintenant je n'ai rien vu de ses promesses.

Daddach M., Sahraoui
No écrou 19790
Prison centrale
Kénitra - Maroc

 

 

Kelthoum Ahmed Labid El - Ouanat
        Prisonnière d'opinion

Amnesty International publie:

Kelthoum, une jeune femme de 24 ans, originaire de Smara (Sahara occidental) est actuellement incarcérée dans la prison militaire de Ben Sergaou, non loin d'Agadir, dans le sud du Maroc. Elle y purge une peine de 20 ans d'emprisonnement qui lui a été infligée en juillet 1993 par un tribunal militaire marocain.
Cette femme a été arrêtée en octobre 1992, en même temps que quatre autres personnes, à la suite de manifestations qui se sont déroulées à Smara et dans d'autres villes du Sahara occidental. De très nombreux jeunes Sahraouis - selon certaines sources plusieurs centaines - ont été arrêtés à l'occasion de cette action menée en faveur de l'indépendance du Sahara occidental. Les manifestants protestaient également contre la tenue des élections législatives marocaines au Sahara occidental et réclamaient la libération des prisonniers et disparus sahraouis.

Huit jeunes Sahraouis ont été interpellés en mai 1995 dans des conditions rappelant l'arrestation de Kelthoum Ahmed Labid El-Ounat. Tous âgés de 18 à 20 ans, ils ont été accusés d'avoir participé à une manifestation pacifique organisée à El Ayoun en faveur de l'indépendance. Ils ont été maintenus au secret pendant plus de 5 semaines au cours desquelles ils auraient été maltraités et torturés. Ils ont été jugés à huis clos le 21 juin 1995 par le tribunal militaire de Rabat, pour atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat et à l'intégrité territoriale du Maroc. Les jeunes gens ont nié, à l'audience, avoir organisé la manifestation ou y avoir participé. Ils ont affirmé qu'ils avaient été contraints de signer les déclarations après avoir éré torturés notamment à l'électricité; leurs plaintes n'ont toutefois fait l'objet d'aucune enquête.

Dans leur déclaration, les jeunes gens avouaient qu'ils avaient confectionné et transporté des drapeaux du Front Polisario et qu'ils avaient organisé la manifestation et y avaient participé en scandant des slogans favorables à l'indépendance. Reconnus coupables, ils ont été condamnés à des peines comprises entre 15 et 20 ans de prison.

La déclaration de culpabilité et les lourdes peines infligées en 1993 à Kelthoum El Ounat et à ses co-accusés, ainsi qu'en 1995 aux 8 jeunes gens mentionnés plus haut, marquent le début d'une nouvelle politique de violations systématiques des droits fondamentaux des Sahraouis qui exercent ou sont soupçonnés d'exercer des activités non violentes en faveur de l'indépendance. Cette pratique a renforcé les restrictions à la liberté d'expression et d'association au Sahara occidental.

Amnesty International considère Kelthoum Ahmed Labid El Ouanat et les personnes incarcérées avec elle comme des prisonniers d'opinion dont elle réclame la libération immédiate et sans condition.

Document d'Amnesty (français et anglais) disponible auprès du Bureau.
Nous avons également à votre disposition le témoignage de Kelthoum. Il s'agit de la retranscription d'une bande sonore qui est parvenue à l'AFAPREDESA de la caserne militaire de Bensergaoui où elle est incarcérée.

Nouvelles de l'AFAPREDESA    Au début du mois de novembre 1995, des dizaines de citoyens sahraouis ont été arrêtés et torturés dans le centre de détention secret de PC CMI (Poste de commandement des compagnies mobiles d'intervention) à El Ayoun. Parmi eux figurent:

   1.Fatma Zaar
   2.Mohamed Hamdi
   3.Gleimina Tayeb Yazid
   4.Alamine Abdelkader Daagj
   5.Bamba Mohamed Gay
   6.Mohamed Salem Abdelhay
   7.Mokhtar Jnah
   8.Bachir Atman L'Hossein Lekhfaoui
   9.Mohamed Fadel Boussoula
  10.Brahim Sbaa
  11.Bachir Ali Saleh Abbat
  12.Sid Ahmed Fal
  13.Abdellah Moulay Ahmed Chichiou
  14.Boujemaa Kadar

La plupart de ces citoyens sont d'anciens prisonniers d'opinion et avaient déjà été détenus pendant plusieurs années dans des centres secrets dont celui de Kalaat M'gouna, Agdz, Skoura... L'AFAPREDESA craint qu'ils ne disparaissent à nouveau.

Malgré les difficultés matérielles, l'AFAPREDESA continue à mettre à jour la liste des disparus. Actuellement, plus de 200 dossiers ont été établis.
     Notre bureau dispose déjà des dossiers de 16 disparus.

Le représentant en Europe de l'AFAPREDESA poursuit son activité. De nombreuses rencontres et réunions d'information ont lieu en France. Nous rappelons que Khadir est prêt à participer à toute activité en Europe sur la question des violations des droits de l'homme au Sahara occidental.

Le Bureau a pu lui verser une partie de son financement pour l'année 1996 grâce, entre autre, à un don d'Autriche. Tout soutien est le bienvenu.
 

En bref

La campagne d'adoption symbolique de disparus sahraouis continue en Europe. Nous nous sommes adressés aux autorités françaises à l'annonce
     du voyage du roi Hassan II en France.

Le département d'Etat des USA a publié son rapport 1995 sur la situation des droits humains au Sahra occidental et au Maroc. Il rend compte des arrestations de civils sahraouis au cours de l'année et évoque le problème des disparus.
 

ASSASSINATS A EL AYOUN

Mohamed El Bachir Moulay Ahmed a été assassiné à la fin du mois d'octobre 1995. Selon des témoins, le jeune homme était sorti de chez lui l'après-midi du 25 octobre. Le lendemain, sa famille a entrepris plusieurs recherches auprès des autorités marocaines (commissariat de police, dendarmerie, etc) mais en vain. Elle a fait également le tour des hôpitaux, dispensaires, amis.

Le 29 octobre, le corps du jeune homme a été retrouvé près d'une caserne militaire sur la plage d'El Ayoun. Sa famille a constaté des traces de torture sur le corps de la victime. Ses habits et ses chaussures étaient déchirés et des traces de sang étaient encore visibles sur son corps.

Le jeune homme aurait été enlevé par des éléments en civil, la nuit du 25 octobre. Il faut rappeler ici que Mohamed El Bachir avait déjà été arrêté en 1984 par la Division de Sécurité Territoriale (DST) marocaine et mis en isolement au sinistre bagne secret de Kalaat M'Gouna. Pendant de longues années, il a été enchaîné et constamment torturé. Ce n'est qu'en 1991 qu'il a été libéré grâce à une campagne mondiale contre les arrestations arbitraires et les disparitions forcées au Sahara occidental. Dix-sept autres membres de sa famille, dont son père, sa mère, sa soeur et ses frères ont été arrêtés. La plupart au début de 1976. Son père, feu Moulay Ahmed (Leili) est décédé le jour même de sa libération, le 22 juin 1991. Depuis leur libération, toute la famille vit en résidence surveillée.

Malgré de multiples appels de l'AFAPREDESA, on ne sait toujours rien de plus sur cet assassinat.

Mouloud Sid Ahmed Alamin a été assassiné le 8 mars 1996. Il avait 15 ans et il était élève au collège du quartier de la coopération Der Aidek à El Ayoun. L'auteur du crime n'est autre que son soi-disant professeur, un dénommé El Makaoui. Celui-ci aurait frappé de façon barbare le jeune sans défense et les coups de bâton qu'il a reçu sur la tête lui ont été fatals.

Les autorités marocaines continuent d'harceler les citoyens sahraouis et tout particulièrement les anciens disparus. Ainsi le pacha de la ville de El Ayoun occupée a interdit à tous les anciens disparus de professer le métier de chauffeur de taxi.

 

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EL KARAMA N° 9

DIGNITE

Le 5 août 1996, la session de la Sous-Commission des droits de l'homme va s'ouvrir une nouvelle fois à Genève.
Parmi tous les points et les sujets traités, il faut qu'une nouvelle fois les violations des droits de l'homme au Sahara occidental soient dénoncées. Dans le silence complice qui recouvre une politique onusienne extrêmement docile au Maroc (les Etats s'offusquent très discrètement du commerce illicite de la drogue dont le Maroc est un des bastions avant le passage vers l'Europe; aucune objection n'a été faite au peuplement du Sahara occidental par une population marocaine; des jeunes sahraouis sont fréquemment arrêtés, quasiment sous les yeux de la MINURSO, sans que les forces onusiennes dénoncent vivement ces pratiques; le Secrétaire général de l'ONU, entre autres, s'est arrogé le droit de décourager Nelson Mandela de reconnaître la République Arabe Sahraouie Démocratique, etc.), les ONG ont à garder leur regard critique et ont à continuer d'intervenir sur cette question. Il faut souligner que l'ONU et la MINURSO n'ont même pas jugé bon de répondre à l'AFAPREDESA (Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis) qui les a sollicitées pour qu'une enquête sérieuse sur les violations des droits de l'homme ait lieu au Sahara occidental.

Rompre le silence,
crier notre indignation,
soutenir les victimes de violations des droits de l'homme et celles et ceux qui se battent pour leur respect est un devoir d'humanité,
notre devoir !
 

REUNION
DU BUREAU EUROPEEN DES DROITS DE L'HOMME
POUR LE SAHARA OCCIDENTAL
Genève, 22 juin 1996

Le Bureau des droits de l'Homme s'est réuni en séance internationale le samedi 22 juin 1996 à Genève. L'AFAPREDESA ainsi que des représentants de France, de Belgique et des Baléares étaient présents. Les membres du bureau d'Angleterre, de Suède et d'Italie étaient excusés.

Le bureau s'est réjoui de la libération de Kelthoum Lounat qui avait été condamnée en juillet 1993 à vingt ans de prison avec cinq autres jeunes sahraouis pour avoir manifesté sa soif d'indépendance au Sahara occidental. Kelthoum était parrainée par Amnesty et une campagne internationale avait été lancée pour sa libération. Toutes nos forces réunies ont imposé sa libération.
 

Le bureau a également traité les points suivants:

 Poursuite de la campagne de parrainage des disparus sahraouis qui s'étend à travers l'Europe et qui s'adresse chaque mois à quatre personnalités qui devraient être préoccupées par cette question et demander des comptes au gouvernement marocain. Comment est-il possible que les Etats puissent traiter avec autant d'égards un chef d'Etat qui tient toujours dans ses prisons des centaines de disparus, parfois depuis vingt ans sans qu'il y ait eu l'ombre d'un jugement ou d'une parodie de justice ?

Pour les mois de juillet-août 1996, les cartes des parrainages sont à envoyer à Boutros Boutros Gahli, Secrétaire général de l'ONU, au parlementaire européen Otto de Habsbourg qui a conduit la Commission travaillant sur les liens à développer entre le Maroc et l'Union européenne et à deux experts de la Sous-Commission.

 Lancement d'une campagne dès l'automne pour améliorer les conditions de détention de Mohamed Daddach et demander sa libération. Enrôlé de force dans la gendarmerie marocaine, Daddach a voulu rejoindre le Front Polisario. Il a été arrêté et condamné à mort. Il se trouve depuis 1978 dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Kénitra. Bien que sa peine ait été commuée en détention à perpétuité en 1994, son régime pénitentiaire n'a pas changé malgré les grèves de la faim qu'il a menées à plusieurs reprises. Un dossier est en train d'être élaboré qui sera à votre disposition au siège du Bureau des droits de l'homme.

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Extraits du Communiqué final de la réunion internationale
du Bureau des droits de l'homme

Le Bureau européen des droits de l'homme pour le Sahara occidental a constaté que malgré les libérations occasionnelles, la répression contre la population sahraouie se poursuivait. De plus, la mise sous haute surveillance policière des anciens prisonniers et disparus sahraouis restent des sujets de grande préoccupation (...).
Les participants à la réunion ont décidé de s'adresser:

 au gouvernement marocain pour qu'il cesse immédiatement la répression contre les civils sahraouis, libère les prisonniers et les disparus sahraouis et garantisse les libertés démocratiques dans le territoire, condition impérative pour avancer vers un référendum d'autodétermination libre et régulier;

 au secréatire général de l'ONU et au Conseil de Sécurité, pour qu'ils exigent du gouvernement marocain le respect des droits humains de la population sahraouie et prennent des sanctions conséquentes face à ceux qui violent de façon évidente les droits fondamentaux de la personne humaine;

aux organisations internationales de défense des droits de l'homme pour qu'elles demandent au royaume du Maroc de pouvoir enquêter sur place sur les atteintes aux droits humains perpétrées par les forces d'occupation.

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Nouvelles violations des droits de l'homme
au Sahara occidental

20 mai 1996: 23ème anniversaire dudéclenchement de la lutte armée au Sahara occidental. La population sahraouie manifeste pacifiquement dans les viles principales du Sahara occidental. Les autorités marocaines interviennent. Elles arrêtent des dizaines de jeunes Sahraouis, surtout à Boujdour.

  • Labeid Cheikh Abailil
  • Abdelahe Loueli Lekhfaouni
  • Salek Laghdaf Bembari
  • Abdelahi Dafa Mohamed
  • Mohamed Embarek Kherchi
  • Salek Mohamed Lamin Babi
  • Abdelahi Mustapha Sidahmed
  • Sidahmed Ahmed Mustapha
  • Ahmed Nabt Ahmed
  • Mansour Ali Sidahmed


sont tranférés, les yeux bandés, dans un centre secret d'El Aïun où ils subissent toutes sortes de sévices. Présentés devant un tribunal, ils sont condamnés à des peines de prison allant de 18 mois à 7 ans.

Nous rappelons que ces arrestations font partie d'une campagne d'arrestations et d'intimidation menée dans les territoires occupés du Sahara occidental alors que la MINURSO y est toujours présente.
 
 

MINURSO
Les forces onusiennes ne devraient-elles pas protéger
les civils sahraouis ?

Dans son nouveau rapport au Conseil de sécurité de fin mai, le Secrétaire général mentionne la nécessité de suivre le plan de paix en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques sahraouis et l'échange des prisonniers de guerre. Certes, à plusieurs reprises le Front Polisario a déjà libéré des prisonniers de guerre. On se souvient des marocains (ils étaient près de deux cents) libérés en 1989 déjà et qui ont dû attendre jusqu'à la fin de l'année dernière pour que le Maroc accepte enfin leur retour. Ces libérations étaient des signes très clairs du Front Polisario pour montrer sa bonne volonté. Les réponses, tant du côté du Secrétaire général que du Maroc n'ont jamais été celles de l'ouverture.
Nous aurions voulu lire également, dans le rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité sa préoccupation concernant le sort des civils sahraouis dans les zones occupées du Sahara occidental. Est­p;ce que cette présence de la communauté internationale ne peut pas prendre ses responsabilités et se donner les moyens d'éviter que des arrestations arbitraires, des disparitions aient lieu sur ces territoires? La MINURSO doit savoir qu'elle ne peut pas en même temps protéger les civils des violations des droits de l'homme et se faire bien voir du gouvernement marocain. Un choix est à faire entre défendre des droits humains tels qu'ils sont recensés dans la Charte des droits de l'homme et plaire au roi du Maroc.
 

526 Disparus sahraouis et des prisonniers politiques sahraouis survivent parfois depuis vingt ans dans les prisons et les bagnes marocains. Ensemble nous les ferons libérer.
 

Nous comptons sur votre générosité pour diffuser ce journal traduit en anglais, espagnol, catalan, italien et prochainement en arabe et surtout pour aider l'AFAPREDESA en Europe et dans les camps de réfugiés sahraouis. Le Bureau reste à votre disposition pour toute information et toute collaboration.

Prenez contact avec notre Bureau pour toutes informations supplémentaires dont vous auriez besoin.

Bureau des Droits de l'Homme de la Coordination européenne du soutien au Peuple sahraoui
Case postale 53,
CH-1211 Geneva 9
Suisse
Fax: 022 /320 45 50

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EL KARAMA N° 10

DIGNITE

Le sort définitif du Plan de paix concernant le conflit du Sahara occidental va se jouer fin novembre. En effet, à cette date-là, le Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros Ghali rendra son rapport sur la question. Mort-né par manque de détermination de l'ONU qui n'a, à aucun moment, imposé au Maroc sa volonté de voir se dérouler un référendum libre et régulier, le plan de paix n'a été qu'une illusion jeté aux yeux d'un peuple confiant dans les organisations internationales. Depuis le cessez-le-feu de septembre 1991, le Maroc a renforcé sa présence dans les territoires du Sahara occidental qu'il occupe, il a bafoué les droits de l'homme en contrôlant, arrêtant, emprisonnant les Sahraouis décidés à faire valoir leurs droits. Dans le silence international.

Nous avons souligné, à plusieurs reprises, que la question des prisonniers de guerre, qui relève du Plan de paix, n'était jamais traitée. Aujourd'hui, la situation a évolué et 66 prisonniers de guerre sahraouis, détenus souvent depuis près de vingt ans par le Maroc, viennent d'être libérés le 31 octobre 1996, suite aux efforts du CICR et du concours des Etats-Unis et de l'Allemagne. Il faut rappeler que le Front Polisario a lui-mênme déjà libéré près de 200 prisonniers de guerre ces 10 dernières années.

Depuis 1991 également, plus aucun disparu sahraoui n'est sorti des bagnes marocains. Les portes de leurs mouroirs sont plus que jamais blindées. La tragédie de la disparition continue. Dans le silence international. Pourtant, un espoir surgit. Il n'arrive pas des Etats qui se vantent d'être champions de la soi-disant cause des droits de l'homme. Il surgit courageusement de l'intérieur même du Maroc. Là où les risques sont les plus grands, là où l'intolérable n'est plus toléré, des hommes et des femmes disent: "c'est assez! Nous rompons le silence!". L'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme se redresse, remplit son rôle et dénonce la torture, les procès iniques, qu'ils condamnent des Marocains ou des Sahraouis.

Au moment où une décision fort importante va être prise par la Communauté internationale au sujet de la présence des forces onusiennes au Sahara occidental, le Bureau européen des droits de l'homme pour le Sahara occidental rappelle que le processus de décolonisation qui devrait se dérouler au Sahara occidental rejoint, dans les faits et dans l'esprit, le cas de Timor-Est aujourd'hui mis en lumière par la remise du Prix Nobel de la paix à deux timorais qui luttent, chacun à leur manière, pour la dignité et l'indépendance du peuple de Timor.

  SOUS-COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Genève - août 1996

 Cette année, le Président par intérim de l'AFAPREDESA, Abdessalam Omar Lahsen, a participé à la 48ème session de la Sous-commission des droits de l'homme. Vous trouverez ci-dessous des extraits de la communication qu'il a présentée devant les experts de la Sous-commision et des extraits d'interventions de diverses ONG.

AFAPREDESA

Après avoir brossé un tableau détaillé de la situation de violation des droits de l'homme au Sahara Occidental, le responsable de l'AFAPREDESA a conclu ainsi son intervention:
"Devant cette réalité on peut se demander pourquoi l'ONU, présente sur ce territoire, garante des conventions internationales relatives aux droits de l'homme, garde le silence malgré la nomination de Monsieur Emmanuel Roucounas au poste d'expert des droits de l'homme au Sahara Occidental par le Secrétaire général des Nations Unies, malgré la résolution 1056 du Conseil de sécurité du 29 mai 1996 qui demande au point 8 aux parties de coopérer avec les Nations Unies pour la libération des prisonniers d'opinion sahraouis ainsi que l'échange des prisonniers de guerre?"
M. Abdeslam Omar a ajouté:
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les experts, prenez mon témoignage au sérieux, contrôlez-le s'il vous parait suspect mais je vous demande expressément, au nom de tous les Sahraouis qui survivent, parfois depuis 20 ans, dans les prisons ou les bagnes marocains de nommer une commission d'enquête qui devrait se rendre au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis pour rapporter à vos instances un bilan de la situation qui prévaut dans cette région, proche d'ici ,mais sur laquelle règne un trop lourd silence."

 Ligue internationale pour les droits et la libération des peuples (LIDLIP)

"La résolution 1056 du Conseil de sécurité (qui devrait permettre des démarches politiques entre les deux parties) ne laisse point d'espoir que le temps supplémentaire accordé à la MINURSO assurera que les droits de l'homme soient respectés sur le terrain. D'après des informations dignes de foi, le moindre contact de citoyens sahraouis avec les casques bleus peut conduire à l'arrestation arbitraire et à la torture. Des centaines de Sahraouis sont déportés vers le Maroc au moment -même où les autorités marocaines innondent les territoires occupés du Sahara Occidental par des vagues de colons marocains que le Maroc veut imposer comme votants au référendum."
 Centre Europe-Tiers-Monde (CETIM)

"Le manque de détermination concrète de la part de la Communauté internationale pour faire respecter dans l'esprit et à la lettre le plan de paix initial qui doit mettre fin au conflit du Sahara Occidental permet aujourd'hui au pays colonisateur d'intensifier ses intimidations et de continuer à pratiquer la disparition et l'emprisonnement de très nombreux Sahraouis - jeunes filles et jeunes gens souvent - dont le seul crime est de réclamer leurs droits et de manifester leur soutien à l'indépendance de leur pays. Quasiment sous les yeux des forces onusiennes, des Sahraouis, hommes, femmes, se font arrêter, torturer, disparaissent.

Organisation mondiale contre la torture (OMCT)

"Au Sahara Occidental, les droits de l'homme et les libertés fondamentales du peuple sahraoui continuent d'être violées. Même s'il est vrai que le nombre de détentione arbitraires et illégales a diminué, il y a encore 600 détenus et disparus Sahraouis au sujet desquels aucune enquête officielle n'est menée."

Association américaine des juristes (AAJ)

"La violation des droits fondamentaux de l'homme à l'encontre des Sahraouis continuera aussi longtemps que le statut officiel du Sahara Occidental n'est pas déterminé. L'AAJ souhaite qu'une autorité provisoire indépendante puisse être installée dans le territoire pour assurer la sécurité et veiller sur le respect des droits de l'homme jusqu'à ce que des arrangements justes et satisfaisants concernant la tenue du référendum soient trouvés."

Réponse du Maroc

"Le Maroc a pris note de la démarche de certaines organisations non-gouvernementales qui ont évoqué devant la sous-commission le cas de plusieurs personnes originaires du Sahara au sujet desquelles elles voudraient obtenir des clarifications", a déclaré le représentant permanent du Maroc. "La délégation marocaine compte déployer tous ses efforts pour continuer à faire la lumière su ces questions" a-t-il ajouté.
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INTERVIEW D'ABDESSALAM OMAR LAHSEN
PRESIDENT PAR INTERIM DE L'AFAPREDESA

 

A l'occasion de son séjour à Genève, Abdessalam Omar Lahsen s'est confié au bulletin Nouvelles Sahraouies. Nous reprenons des parties de cet interview.

 Nouvelles Sahraouies: Quelle impression avez-vous de cette Sous-Commission, de ce mois passé à Genève dans l'enceinte des Nations-Unies?

Abdessalam: C'était pour moi une grande découverte. Je ne connaissais pas les institutions internationales et voilà que je me trouvais au coeur d'une assemblée qui réunissait le monde entier (ou presque). Il faut dire que je m'attendais à beaucoup de choses qui se sont trouvées erronées. Prenons les experts qui sont membres de la Sous-commission. Je croyais à leur indépendance. Elle est loin d'être complète à ce qu'il me semble.
En ce qui concerne la responsabilité internationale sur les questions des violations des droits de l'homme, j'aurais crû qu'elle serait plus visible. Prenez par exemple la question du Sahara occidental. Depuis plus de vingt ans, de graves violations sont commises sur le territoire du Sahara occidental et au sud du Maroc sans que cette Sous-commission se prononce pour remédier à cette situation alarmante. Selon des bruits de couloir, il paraît que s'il est si difficile pour les experts de traiter de cette question , c'est à cause de l'experte marocaine. Sur cette question, les experts sont paralysées à cause de cette personne qui, je le reconnais, a par ailleurs beaucoup de capacités et qui a fait un très bon rapport sur la question des enfants. Le Sahara, rien à faire. Elle fait régner le silence sur cette question. Les experts ne le rompent pas de peur de ses réactions.

N.S.: Il n'y a donc jamais eu de résolution présentée sur la question du Sahara occidental?

Abdessalam: Non, effectivement. Les personnes que j'ai pu contacter m'ont fait part de leur souci par rapport à la présence de l'experte marocaine.

N.S.: Justement, quelles ONG sont intervenues sur cette question?

Abdessalam: Cet été, cinq ONG ont abordé le problème. Je voudrais remercier le Centre Europe Tiers-Monde (CETIM) pour l'aide précieuse qu'il n'a cessé de nous offrir depuis de nombreuses années. Cette ONG m'a donné cette fois-ci son temps de parole et j'ai pu intervenir cinq minutes devant la Sous-commission (voir des extraits de la communication ci-dessus). La Fondation France-Libertés, l'organisation mondiale conter la Torture, le Mouvement contre le racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, la Fédération de la Jeunesse Démocratique et la Ligue Internationale pour le Droit et la Libération entre les Peuples ont dénoncé tout particulièrement les représailles dont sont victimes les jeunes Sahraouis des zones occupées. Cet été, ils ont été plusieurs milliers à monter à Rabat pour réclamer leurs droits sociaux (du travail par exemple), la liberté d'expression afin qu'ils puissent se prononcer sur l'avenir de leur pays.

N.S.: Habituellement, vous vivez dans les camps de réfugiés sahraouis. Comment l'AFAPREDESA est-elle organisée au milieu des réfugiés ?

Abdessalam: L'AFAPREDESA est une organisation indépendante, dirigée par un bureau exécutif de 7 personnes. Nous avons des représentants, surtout des représentantes, dans chaque daïra (découpage administratif des camps de réfugiés sahraouis qui correspond à une commune). Toutes les représentantes suivent minutieusement le cas de disparitions et d'emprisonnements qui sont connus dans leur périmètre. Elles rassemblent des informations que les familles obtiennent parfois, les documents qui sont retrouvées et qui concernent un disparu (par exemple une date de naissance, une photo). Elles font parvenir les documents à la centrale de l'AFAPREDESA pour enrichir les dossiers des détails qui vont permettre de mieux repérer et reconnaître le disparu. On a eu des informations après la libération des disparus en 1991. Ils avaient rencontré d'autres disparus dans les bagnes et nous avons ainsi pu revoir les listes des disparus.

N.S.: Quels moyens avez-vous pour réaliser cet énorme travail?

Abdessalam: Je voudrais souligner la difficulté de réunir des documents, de remplir des dossiers, de contacter des ONG ou les Nations-Unies, le Centre des droits de l'homme de Genève depuis les camps de réfugiés. La situation est difficile, les moyens sont très modestes et dans les zones occupées c'est une sorte d'état de siège permanent qui règne.
Si nous voulons être plus efficace, il nous faut plus de moyens: un ordinateur portable qui peut nous permettre d'aller recueillir des témoignages dans les différents campements qui sont parfois fort loin les uns des autres: une voiture 4X4 ou une Land-Rover pour notre organisation pour avoir plus de contacts avec les familles, du matériel de bureau.
Par l'intermédiaire du Bureau des droits de l'homme sur la question du Sahara Occidental à Genève, nous cherchons à réunir des fonds pour perfectionner notre travail, pour avoir plus d'influence dans les conférences concernant les droits de l'homme et pouvoir le plus rapidement possible créer la situation qui permettra à tous les disparus et prisonniers sahraouis de rejoindre leurs familles.

(interview tiré de Nouvelles Sahraouies, octobre 1996)

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NOUVELLES BREVES  A leur retour du Maroc où ils sont allés par milliers manifester contre la politique sociale de l'occupant, certains Sahraouis - des femmes surtout - ont été engagées dans des ateliers de tissage. On apprend que des dizaines de jeunes femmes ont été intoxiquées par une laine importée d'Arabie Saoudite. Certaines ouvrières sont des un état grave, notamment Taghla Mohamed El Hassan, une ex-prisonnière du bagne de Kalaat M'gouna (AFAPREDESA).

 La ligue africaine des droits de l'homme et des peuples appelle les Nations-Unies à mettre en oeuvre un véritable plan global international d'urgence en faveur des droits de l'homme, particulièrement au Sahara occidental, au Burundi et en Somalie. " Il est politiquement, juridiquement, légitimement, moralement et humainement inconcevable que les Nations-Unies ne soit toujours pas parvenues à mettre en oeuvre le processus référendaire au Sahara occidental. Il en va de leur crédibilité.

 APPEL POUR L'AFAPREDESA

L'AFAPREDESA a besoin d'un véhicule pour son travail dans les camps de réfugiés sahraouis. Nous devons trouver le financement pour un 4X4 diesel, soit une somme d'environ 15.000 francs suisses. Nous avons besoin de votre participation. Contactez l'adresse de diffusion de Karama dans votre pays, en Suisse, versez votre contribution sur le CCP 12-6818 - 7, Mention AFAPREDESA

 

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EL KARAMA N° 12

DIGNITE

 

Dites aux touristes qui vont au Maroc, qu'ils passeront près des prisons et des bagnes secrets où des centaines de disparus sahraouis croupissent toujours

Comme chaque année, la journée internationale des disparus sahraouis a été commémorée le premier samedi de juin. A travers toute l'Europe, nous nous sommes souvenus des centaines de civils sahraouis toujours disparus. Par des interventions auprès des autorités marocaines, des rassemblements, des appels dans les journaux, nous avons rappelé notre exigence de vérité, nous avons rappelé que nous continuerons à faire vivre dans la mémoire collective des peuples et la mémoire individuelle de chacun , les noms, les prénoms de chaque disparu sahraoui : Monsieur Buyema Lahsen Buseid né en 1948 à El Ayoun, disparu en 1976 à Lemseyed, madame Fatma ... et tous les autres.
Le rappel, la mémoire, la fidélité, c'est une des forces de l'action de parrainage qui mobilise des centaines de marraines et de parrains à travers l'Europe. Mois après mois, ils s'adressent aux autorités morales et politiques de ce monde pour les informer du drame sahraoui et les mettre devant leur responsabilité et leur devoir. Peut-on continuer à soutenir un Etat qui s'annonce comme un état de droit et qui utilise la disparition comme une arme de gouvernement ? Ces disparus n'ont pas été jugés, ils sont victimes du plus grand arbitraire et pourtant nous n'entendons pas s'élever les voix indignées de ceux qui dans d'autres situations se réclament du droit d'ingérence.
La disparition est un des moyens les plus inhumains qui existent pour faire régner la terreur. Les disparus sahraouis qui ont retrouvé la liberté apès des années de bagne ont raconté l'horreur quotidienne. Leurs familles sont sans nouvelles. Parfois depuis vingt ans. Elles attendent. Ali est-il mort, Zaïna vit-elle encore dans ces mouroirs que sont les bagnes marocains auprès desquels passent les cars de touristes ? Nul ne le sait sinon les bourreaux qui continuent à les effacer du monde. Ces disparus ont bien sûr toutes commis le même crime: être sahraoui-e et ne pas renier cette appartenance qui les garde debouts depuis le fond des âges.
 

Vous voulez rejoindre la chaîne des parrains et marraines, adressez-vous à votre comité national.
 

L'AFAPREDESA dénonce les assassinats dont sont victimes des sympathisants de la cause sahraouie
Monsieur. Ahmed Routabi, (né en 1952 à Tan-Tan) a été assassiné dans la nuit du 19 au 20 avril dernier. Il est décédé sur le coup après avoir été poignardé dans le dos par un homme armé dans la rue du Commerce à Tan Tan. Les trois amis qui l'accompagnaient - Ali Menjl, Mohamed Salem Kaziza et Abdullah Boussalem - ont été arrêtés par des policiers marocains et conduits au commissariat. Le 11 mai, ils étaient toujours en détention. L'AFAPREDESA rappelle qu'Ahmed Routabi a fait l'objet de plusieurs arrestations, étant soupçonné de propager des idées indépendantistes.

Il faut rappeler que plusieurs autres sympathisants de la cause sahraouie ont été assassinés ces dernières années. Parmi eux Mohamed El Bechir Moulay Ahmed (Leili), le 29 octobre 1995; Lafroussi Mayara, assassiné en juin 1996; Abdallah Gremiche, assassiné en novembre 1995; Fatma Zarouali Daha, retrouvée morte à El Aioun début mars 1997.

Monsieur Hammad Ali Hamad, né à El Ayoun dans les années 1960 et père de deux fillettes, a été arrêté dans la nuit du 25 au 26 mai dernier dans le quartier de Colomina, à El Ayoun, devant la Société SEMACOSA où il était employé. Quatre policiers en civil auraient tenté de l'enlever. Devant sa résistance, deux estafettes de police sont venues en renfort. Depuis il est porté disparu. Son épouse Najat, qui travaille dans le Centre culturel d'El Ayoun l'a recherché vainement dans tous les commissariats et prisons de la ville.
L'AFAPREDESA dénonce l'impunité dont bénéficient les autorités d'occupation marocaines au Sahara Occidental dans leur politique répressive à l'encontre de la population sahraouie.

L'AFAPREDESA se réjouit de l'annonce de la libération de 85 prisonniers de guerre marocains par le Front Polisario lors de la visite de M. James Baker dans les campements de réfugiés sahraouis à la fin du mois d'avril.
 
 

COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME

Deux responsables de l'AFAPREDESA à la 53ème session de la Commission des Droits de l'Homme
 

Comme la tradition le veut depuis de longues années, la résolution concernant le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui a été votée par consensus et sur présentation du Président, Monsieur Somol, représentant de la Tchéquie. Donc rien de nouveau, pas d'initiative percutante pour sortir la question du Sahara Occidental du rituel. Nous le regrettons. Pourtant plusieurs ONG sont intervenues pour analyser les responsabilités de l'impasse dans laquelle se trouvait le plan de paix: le CETIM a mis l'accent sur la trahison onusienne et le peu de rigueur des Etats qui restent trop passifs devant l'arrogance marocaine.
Pour sa part FRANCE -LIBERTES a terminé son intervention en soulignant que " la vie est difficile pour les Sahraouis des territoires occupés; la liberté d'expression n'est pas toujours respectée puisque nombreux sont ceux qui occupent les prisons marocaines pour avoir défendu leur territoire et réclamé son indépendance.
Quant à la libre circulation des hommes, on peut dire qu'elle est limitée, puisque les journalistes et des représentations d'organisations de défense des droits de l'homme et même parfois de simples voyageurs ont souvent eu des problèmes pour s'y rendre.
Pax Christi, le MRAP, FEDEFAM, la Fédération Internationale de Femmes Démocrates et la Fédération des Associations de défense et de promotion des droits de l'homme sont également intervenus.
Quant au président par interim de l'AFAPREDESA, Abdeslam Lahcen, il a pu - à travers l'Association Internationale des Juristes Démocrates -, retracer les souffrances de son peuple, ses espoirs en 1991 quand le Maroc sous la pression internationale a libéré plus de 300 disparus, sa déception quand il s'est rendu compte que la répression marocaine s'amplifiat à nouveau et que les Sahraouis étaient arrêtés et soumis à toute sorte de représailles et d'humiliations.
 

Le Bureau européen des droits de l'homme a pris en charge les voyages et les séjours de deux membres de l'AFAPREDESA pour la durée de la Commission ce qui leur a permis de mener un travail d'informations et de prises de contact considérables. le Bureau espère trouver les fonds nécessaires lui permettant de les inviter à nouveau pour la session de la sous-ccommission du mois d'août.
 
 

Visite à la famille de Mohammed Daddach dans les camps de réfugiés sahraouis
Jacqueline Philippe est la correspondante du Bureau des droits de l'homme en Italie. Lors d'un voyage dans les camps sahraouis en février dernier, elle a rencontré la mère de Mohamed Daddach. Elle raconte sa rencontre.

Je rencontre Mustapha Mohamed, neveu de Daddach, dans la matinée du 21 février 1997 près de Dakhla. C'est un moment de forte émotion et tellement imprévu. Nous nous donnons rendez-vous pour l'après-midi; sous la tente de la mère de Daddach.
La famille de Daddach est voisine de la famille de Fanfana, une jeune amie sahraouie. Ce qui rend cette rencontre encore plus émouvante. Accompagnée d'un régiment d'enfants qui courent de tous côtés pour m'indiquer la tente, me voici finalement au barrio 3 di Aglibat El Foula.
Je passe sous une porte basse et je me retrouve dans une petite cour où toute une délégation de personnes m'accueille avec grande cordialité, m'invitant à entrer dans la tente. A l'intérieur, une foule de femmes et d'enfants se pressent autour d'une dame âgée, Enguia Bakay, la mère de Mohamed Daddach. à ses côtés, deux amies, aussi âgées qu'elle. Toutes les trois en habit traditionnel. Enguia a un visage maigre, sillonné de rides et des yeux de braises. On s'embrasse fort, très fort et l'émotion est palpable sous la tente.
Le regard d'Enguia se fait encore plus intense lorsqu'elle remercie tous les amis de par le monde qui se battent pour que son fils soit libéré. Elle n'arrête pas d'envoyer des bénédictions à tous ceux qui de loin tiennent vive la solidarité autour de Daddach. Ses yeux se voilent de larmes pour un instant quand, me serrant les mains avec une force incroyable pour ce corps tellement fragile, elle me dit:" vous devez faire tout votre possible avec tous les amis lointains pour que je puisse revoir mon fils avant de mourrir".
Quelqu'un a la bonne idée de faire passer les verres de thé. L'atmosphère se détend et on me présente aux amis de la famille. Une danse de melahfahs de toutes les couleurs. Le thé qu'on sirote et peu importe qu'il soit "amer" comme la vie! Il y a Batul, une soeur de Daddach, les femmes de Mustapha et Brahim Salem, deux autres frères de Daddach, qui travaillent ensemble. Ils conduisent des camions. Des enfants de tous les âges, les voisins entrent et sortent de la tente pour saluer l'hôte qui vient de loin. C'est Mustapha Mohamed, neveu de Daddach (son père est le frère de Mohamed Daddach) qui fait les honneurs de la tente.
Mustafa me remet un paquet de lettres qu'on décide de faire arriver au CICR pour leur acheminement. On fait des photos pour envoyer à Daddach et on se fait beau en l'honneur du prisonnier.
On devrait se revoir pour approfondir les liens de famille mais comme souvent dans les camps de réfugiés, on ne s'est plus revu. Et je repars vers l'Itale avec dans le coeur le souvenir d'un regard fiévreux d'une petite bonne femme courbée par les ans et le poids du destin mais tellement fière d'être la mère de Mohamed Daddach.

Une délégation du Bureau européen des drots de l'homme et de l'AFAPREDESA a été reçue au siège du CICR. Elle a remis les lettres et les photos apportées par J. Philippe à la responsable du dossier Maghreb-Moyen-Orient qui doit les faire parvenir à Mohamed Daddach.

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EL KARAMA N° 15

DIGNITE

EL KARAMA
peut en cacher un autre


Jeter la confusion, semer le trouble dans l'opinion, voilà qui n'est pas nouveau dans la stratégie utilisée par le Maroc pour discréditer les associations sahraouies ou les organisations non gouvernementales des droits de l'homme préoccupées par la situation au Sahara occidental. Une association, initiative marocaine animée par des Sahraoui(e)s passé(e)s au Maroc, s'est manifestée en Espagne ce printemps pour plaider la cause des familles sahraouies soi-disant captives dans les camps de réfugiés, l'objectif étant de miner la crédibilité de l'AFAPREDESA et l'Union Nationale des Femmes Sahraouies également en campagne en Espagne à ce moment-là. A notre connaissance, l'échec est total. Mais une autre stratégie nous attendait. Voilà qu'après plus de cinq ans de parution de notre bulletin EL KARAMA, nous apprenons, fin avril 1998, par le journal marocain "La Nouvelle Tribune" que l'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme (OMDH) publie le premier numéro de son mensuel. Devenez son titre : Al KARAMA !

C'est à la fois un sentiment de colère et de fierté qui nous envahit. Colère parce qu'on peut difficilement penser que c'est par pur hasard que l'OMDH a doté sa publication du titre de notre propre bulletin "Dignité". Nous interprétons ce manque d'éthique entre associations des droits de l'homme comme une volonté, une fois de plus, de jeter la confusion dans le camp des ONG et des défenseurs des droits de l'homme: deux publications, le même nom, mais de quoi s'agit-il vraiment ? Fierté, parce que notre modeste bulletin qui paraît certes en français, allemand, anglais, italien, catalan, espagnol et arabe est assez subversif en ce qui concerne le respect des droits de l'homme pour qu'une association marocaine se propose d'utiliser le même titre pour sa publication.

Dans cette dernière partie du processus référendaire, on dirait que tous les coups sont permis. Nous voulons, pour notre part, continuer à vous transmettre le plus loyalement possible les

informations qui sont en notre possession et continuer à solliciter votre appui, vos relais pour que l'ONU, le Maroc et le Front Polisario soient interpellés sur le respect des droits de l'homme tout au cours du processus référendaire.
 
 
 

Nouvelles de Mohamed Daddach
 
 

Depuis l'automne dernier, la campagne pour la libération de Mohamed Daddach a pris une nouvelle direction. En effet, certains membres d'une association espagnole de soutien au peuple sahraoui partent du principe que Mohamed Daddach avait des papiers espagnols lorsqu'il a été arrêté, condamné à mort puis à la prison à perpétuité par la "justice" marocaine. Une procédure devrait donc être en cour actuellement auprès du gouvernement espagnol pour que ce dernier reconnaisse à Daddach son identité espagnole au moment de son incarcération. A ce titre, le gouvernement espagnol devrait s'intéresser à Daddach et réclamer pour lui des conditions de détention humaines et pourquoi pas, sa libération.

Dans la lettre qui suit, Mohamed Daddach écrit à une amie en disant qu'il n'a pas reçu de nouvelles et de photos de sa mère. Cette information laisse supposer qu'en effet, Mohamed Daddach n'a jamais reçu les lettres et photos que nous avions remises en mains propres au CICR pour les lui faire parvenir.
 
 

le 9 février 1998

Chère amie,

Je suis très content de vous envoyer cette lettre après avoir reçu votre lettre du 17.12.97. Malheureusement, je n'ai pas reçu l'avant-dernière (...).

Je ne sais pas comment vous remercier de la bonne nouvelle qui concerne ma mère et de sa photo que vous avez trouvée dans un journal. Vous ne pouvez pas, sans doute, imaginer combien elle me manque. Je ne l'ai pas vue depuis 1975, j'ignore complètement comment elle va, j'espère qu'elle est en bonne santé et je vous demande si vous pouvez m'envoyer une photocopie de la page de ce journal où il y a la photo de ma mère et surtout ne l'envoyez pas à mon adresse dans la prison car ils ne me la donneront pas, c'est interdit. Par contre, vous pouvez l'envoyer à l'adresse que mon ami R. va vous donner à la fin de cette lettre.

Pour moi, je suis toujours à la prison centrale de Kénitra, pas de nouveau ni d'amélioration dans mon dossier. Je demande toujours mon transfert dans une autre prison proche de ma région le Sahara mais sans résultats et tout ce qu'on raconte des améliorations des droits de l'homme , ce ne sont que des mots, par contre la réalité dans les prisons surtout est catastrophique.

En ce qui me concerne, il me faut beaucoup de choses (...). Acceptez mon bonjour et celui de mon ami R. pour vous et pour toute votre famille.

Mohamed Daddach
 
 
 
 
 

NOUVELLES DE L'AFAPREDESA
 

Les manifestations de Lemseid

Nous rappelons que le 24 février 1998, des centaines de citoyens sahraouis ont manifesté dans la localité de Lemseid, au sud du Maroc, pour revendiquer le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance et exigeant la libération des prisonniers politiques sahraouis. Les forces marocaines ont réprimé violemment cette manifestation pacifique et des centaines de Sahraouis ont été blessés et ont dû être conduits à l'hôpital et vingt Sahraouis ont été condamnés le 26 avril à Agadir: 8 d'entre eux ont été condamnés à 2 ans de prison et les 12 autres à 3 mois de détention et à une amende. Ces derniers ont été libérés à la fin du mois de mai. Avec 150 personnes venues les chercher à la sortie de la prison d'Inezgane, ils ont organisé une marche de protestation exigeant le respect des droits humains au Sahara, la libération de tous les prisonniers politiques et des disparus sahraouis ainsi que l'organisation d'un référendum libre et juste. Les personnes libérées ont exprimé leur inquiétude quant au sort des 8 autres condamnés.
 
 

Assassinat de Laarusi Numria, ex-disparu sahraoui

Arrêté en 1987 par la Division de Sécurité du Territoire (DST), Laarusi Numria a été soumis à l'isolement dans la prison secrète de Kaalat M'Guna. Enchaîné et torturé pendant des années, il a été libéré en 1991 avec plus de 300 autres disparus sahraouis, grâce à une campagne internationale contre les disparitions forcées. A sa sortie de prison, il a été placé en résidence surveillée. Disparu depuis le 8 février 1998, il a été retrouvé mort le 3 avril à l'embouchure de l'oued Saguia à El Ayoun. L'AFAPREDESA demande la création d'une commission d'enquête indépendante pour faire la clarté sur ce cas. Jusqu'aux résultats de l'enquête, elles considère les autorités marocaines comme responsables de cet assassinat. On peu se demander si la MINURSO ne va pas prendre cette situation au sérieux et qu'elle se donne les moyens d'enquêter sur les violations des droits de l'homme au Sahara occidental.
 
 

L'AFAPREDESA et le processus référendaire

Lors de sa visite, en février 1998 dans les camps de réfugiés sahraouis, le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Charles A. Dunbar, a reçu une délégation de l'AFAPREDESA conduite par Najoub Naama, Président adjoint de l'association. L'entrevue a surtout porté sur la question des centaines de disparus sahraouis et de la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques. Concernant le référendum, proprement dit, l'AFAPREDESA a demandé au représentant spécial de :

a) faire respecter les droits de l'homme au Sahara occidental,

b) garantir la liberté d'accès au territoire à toutes les ONG de défense des droits de l'homme et aux observateurs indépendants,

c) de mener une enquête au sujet de la mort suspecte du notable sahraoui Sid Ahmed, le 10 janvier 1998 dans la capitale marocaine.
 
 

Assemblée générale de l'AFAPREDESA

Cette assemblé s'est tenue dans les camps de réfugiés du 27 au 29 avril 1998. La question de la place et du rôle de l'AFAPREDESA dans la société civile sahraouie, aujourd'hui et dans le futur, reste une priorité à débattre pour plusieurs de ses membres. Une nouvelle direction a été nommée et Monsieur Abdeslam Omar Lahsen en a été nommé président.
 
 
 
 
 

JOURNEE DES DISPARUS SAHRAOUIS
6 JUIN 1998
 
 

Cette journée a été célébrée dans plusieurs pays. Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes en Espagne.

L'AFAPREDESA a pour sa part lancé un appel de détresse à toutes les ONG de défense des droits humains et à toutes les personnes éprises de justice et de dignité afin qu'elles redoublent toutes d'efforts pour que les disparus et leurs familles puissent enfin trouver la paix.

Dans son message, l'AFAPREDESA fait référence au 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. En fait, notre bureau pose la question : y-a-t-il quelque chose à fêter cette année ? Les droits de l'homme sont-ils mieux respectés que lors de l'adoption de la Déclaration ? On remarque que la connaissance même de ces droits a très peu d'influence sur les Etats qui en jouent comme d'un pion supplémentaire à utiliser comme enjeu dans les négociations politiques et économiques.

L'AFAPREDESA poursuit son message en soulignant que les efforts de la communauté internationale pour régler la situation des disparitions forcées au Sahara occidental se heurte aux multiples manoeuvres marocaines qui persistent à nier l'évidence comme elle l'a fait tout au cours de ces vingt dernières années.

Les rescapés des centres secrets libérés en 1991 à la suite de la campagne internationale en faveur des disparus sahraouis et marocains subissent actuellement un contrôle rigoureux et sont soumis souvent à résidence surveillée. Ils n'ont bénéficié ni de soins ni de compensation pour les traitements cruels et dégradants auxquels ils ont été soumis durant leur détention.

A la suite de la journée internationale du 6 juin, nous vous demandons de poursuivre l'action mensuelle ou bi-mensuelle de parrainage d'un ou d'une disparu(e) sahraoui(e). Si vous voulez vous joindre aux appels individuels que nous lançons mois après mois à des personnalités du monde politique, économique, culturel pour que les disparus sahraouis ne soient pas oubliés, demander des informations à l'adresse de notre bureau.
 
 
  CAMPAGNE DE SOUTIEN A L'AFAPREDESA
 


  Pendant cette année référendaire, l'AFAPREDESA doit pouvoir multiplier ces actions, développer une réelle autonomie (véhicule, moyens financiers, moyens d'informations) pour remplir ses objectifs :
 

* poursuivre la mise à jour de la liste des disparus (ce qui signifie parcourir les campements, trouver les parents de disparus, demander et prendre note des informations précises sur le passé du disparu, sur les dates et les conditions de la disparition, etc.)
 

* lancer et animer des campagnes de solidarité, contacter les ONG, la presse, les instances de l'ONU concernées par ces questions
 

*voyager pour transmettre les informations et collaborer avec des ONG extérieures
 

Merci à tous ceux qui participent déjà à cette campagne
 

Nous avons récolté actuellement 10.000 francs suisses
 

Compte bancaire : SBS Genève-Plainpalais C3-117.839.0
 

CCP : 12-12461-0

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EL KARAMA N° 20

DIGNITE

 

CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA LIBERATION DE

MOHAMED DADDACH ET DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES

SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC



Depuis le 1er septembre 2001,

A vos stylos pour exiger la libération des prisonniers politiques sahraouis

Depuis quelques mois, le travail de recensement des prisonniers politiques sahraouis que nous avons entrepris, grâce aux précieuses connaissances de Sahraouis amis, nous ont menés tout naturellement à l'organisation d'une campagne pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc.

En effet, à la lecture des condamnations fort lourdes que des tribunaux marocains ont appliqué à des citoyens sahraouis, notre opinion était faite. Il fallait exiger la libération de ces prisonniers dont le délit d'appartenir à la société sahraouie s'avérait être beaucoup plus important pour les tribunaux que l'action répréhensible que l'on pouvait leur reprocher. Souvenez-vous de la condamnation à mort de Mohamed Daddach, commuée en emprisonnement à vie pour avoir choisi de fuir l'armée marocaine où lui, Mohamed Dadacch, sahraoui et fier de l'être, avait été enrôlé de force. Ce même Daddach, ayant eu écho de la campagne qui se préparait, s'est déjà mis en grève de la faim à la prison de Kénitra, dès le 23 août, pour soutenir le mouvement. D'autres manifestations ont eu lieu et se dérouleront encore dans les zones occupées du Sahara occidental pour donner de la voix à cette campagne. Dans les camps de réfugiés également, les familles des prisonniers vont intervenir auprès des instances internationales pour qu'elles appellent le Maroc à libérer leurs parents et l'Association des Familles de Prisonniers et des Disparus au Sahara Occidental (AFAPREDESA) va proposer aux citoyens sahraouis de participer à cette campagne internationale.Que va-t-il se passer en Europe et ailleurs ? Notre première exigence est la libération de tous les prisonniers politiques détenus par le Maroc. Vous trouverez tous les détails que nous avons pu obtenir sur eux dans les pages qui suivent et nous nous donnons jusqu'en décembre pour aboutir à notre objectif.

Il est certain que nous ne l'atteindrons pas seuls. Les Sahraouis des zones occupées bougent déjà, bougeons à notre tour. Les plans de campagne et les propositions de participation se trouvent dans ce journal et nous vous laissons bien sûr en proposer d'autres. Internet va aussi jouer un rôle important dans cette campagne, et pour tous ceux et toutes celles qui surfent, envoyer plus loin les messages que vous recevrez régulièrement à travers plusieurs sites.

Donc, depuis le 1er septembre, tous à vos stylos et à vos claviers, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis.

SOLIDARITE AVEC MOHAMED DADDACH ET TOUS LES PRISONNIERS
POLITIQUES SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC

Alors que le Bureau Européen pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental initie ces prochains jours une « Campagne Internationale pour la libération de Mohamed Daddach et des 25 autres prisonniers politiques sahraouis condamnés par les Tribunaux marocains », nous venons d'apprendre que Mohamed Daddach lui-même, le plus ancien détenu politique sahraoui (arrêté en 1979) a décidé de participer à notre campagne en entamant dès aujourd'hui 23 août 2001 une grêve de la faim de 24 heures par semaine jusqu'au 1er octobre, durée qui augmentera dès cette date, et ce jusqu'à sa libération.

Dans le même temps, la mobilisation de la population sahraouie des territoires occupés s'intensifie.

En soutien à la grève de la faim de Mohamed Daddach entamée le 23 août, le Forum Vérité et Justice- Section Sahara a organisé à El Ayoun (capitale du Sahara Occidental) deux journées d'action les 23 et 24 août. Le premier jour a eu lieu un colloque sur le thème « Vérité, indemnisation et impunité du point de vue du droit international ».

Le 24, un meeting a rassemblé la population sahraouie pour soutenir les prisonniers politiques. Le cas de Mohamed Daddach a été présenté et de nombreuses personnes ont

pris la parole. Parmi elles, une femme membre de la famille de Daddach, M. LAAROUSSI, père de deux détenus politiques sahraouis emprisonnés à la prison de El Ayoun, et l'épouse du détenu politique sahraoui KHAYA CHEIKH. Le moment le plus fort de la journée a été constitué par l'intervention par téléphone de Mohamed Daddach lui-même, qui du fond de sa prison s'est adressé pour la première fois directement à ses amis et à son peuple, le téléphone ayant été branché sur haut-parleur. Alors que les participants scandaient des slogans pour sa libération, Daddach très ému n'a pas pu continuer de parler. Voici les termes de son intervention :

« Bonjour Chers Amis,

à la Brigade de la Gendarmerie Royale d'El Ayoun en 1979 et avant ma traduction devant la cour militaire de Rabat que je considère comme un acte injuste, j'ai été torturé avec atrocité au cours des interrogatoires.

Maintenant, j'ai passé plus de 22 ans à la Prison Centrale de Kénitra et ce, malgré les campagnes organisées par les défenseurs des droits de l'homme pour ma libération. Parmi ces organisations, je cite le BERDHSO (Bureau Européen pour le Respect des Droits de l'homme au Sahara Occidental) et Amnesty International.

L'attitude de l'Etat marocain &endash; qui se déclare être en faveur du respect des droits de l'homme- reste toujours inchangée. Il opte donc pour ne pas me libérer.

Pour cela, j'ai décidé d'observer une grève de la faim de 24 heures chaque semaine à partir du 23 août 2001 jusqu'à la dernière semaine du mois de septembre 2001. Passé cet ultimatum, je projette d'entamer d'autres actions militantes pour exiger ma libération sans contraintes ni conditions.

Enfin, je salue tous les sahraouis et tous les défenseurs des droits de l'homme partout dans le monde. Merci et à bientôt. »
 

Depuis la prison centrale de Kénitra
Le 24 août 2001 à 18h30 GMT
 

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LISTE DES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS

CONDAMNES PAR LES TRIBUNAUX MAROCAINS
 
 

Cette liste a été élaborée sur la base d'informations reçues de différentes organisations sahraouies de défense des droits de l'homme (Comité de Coordination du Groupe des Sahraouis Victimes de la Disparition Forcée et de la Détention Arbitraire, AFAPREDESA &endash; Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis, Forum Vérité et Justice-Section Sahara, Ministère des Territoires occupés de la RASD). Elle comporte les prisonniers sahraouis condamnés par des tribunaux marocains et encore détenus aujourd'hui. Elle n'est sans doute pas exhaustive. De nombreux autres sahraouis ont été condamnés depuis septembre 1999 à des peines de quelques mois de prison. Ils ont donc théoriquement été libérés.

En outre, au cours des manifestations étudiantes de Marrakech en mai 2000, 3 étudiants de nationalité marocaine ont été condamnés à 2 ans de prison pour leur participation aux côtés des étudiants sahraouis. Il s'agit de : Oualil Mohamed, né en 1981 à Tan-Tan ; Abdelhak Hejji, né en 1976 à Elgara ; Ouahbi Abdelmajid, né en 1978 à Kalaat.

Daddach Sidi Mohamed

Né en 1957 à Guelta Zemmour

N° d'écrou 19590

Date de la détention : 10.081979

Accusation : trahison, tentative de rejoindre le Front Polisario

Condamné le 7 avril 1980 à la peine de mort, cette peine sera commuée le 8 mars 1994 en prison à perpétuité.

Lieu de détention : Prison Centrale de Kénitra.

Il est reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International et a reçu à plusieurs reprises la visite de représentants du CICR.
 
 

Laâroussi Mohamed et Laâroussi Bachir

Date de la détention : 27.09.1999

Condamnés à 15 ans de prison pour leur participation aux manifestations d'El Ayoun de septembre 1999.

Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
 
 

Malainin Abderrahman ould Mohamed ould Saleh

Enlevé le 28.09.1999, il a été jugé en l'absence d'avocats et de sa famille.

Chef d'accusation : avoir brûlé un drapeau marocain et un fourgon de la police.

Condamné à 10 ans de prison.

Lieu de détention : après avoir été longtemps « disparu », il se trouve actuellement à la prison d'Inzegan.
 
 

Dah Cheikh

N°d'écrou :19749

Né en 1972 à El Ayoun

Étudiant universitaire

Condamné à 2ans
 

Moussamih Laârbi

N°d'écrou :19747

Né en 1973 à El Ayoun

Correspondant d'un journal régional

Condamné à 2 ans
 

Louloud Mohamed Ali

N°d'écrou:19750

27 ans, chômeur.

A une tumeur maligne au pied droit

Chômeur

Condamné à 4 ans.
 

Chef d'accusation : participation aux émeutes (Manifestations d'El Ayoun), destruction de biens publics et de particuliers.

Condamnés le 26.11 1999 par la Cour d'Appel d'El Ayoun.

Incarcérés à la Prison civile d'El Ayoun.
 
 
 

Laghzal Brahim

N° d'écrou :55490

Administrateur adjoint-chef du service du personnel à la municipalité de Tan-Tan

Messaoud Laârbi

N°d'écrou :55492

Diplômé au chômage, licencié en littérature arabe

Khaya Cheikh

N°d'écrou :55491

Employé à la caisse nationale du crédit agricole à El Ayoun

Diplôme de technicien herboriste

Date de la détention : 6.12.1989 à Tan-Tan, El Ayoun et Agadir.

Chef d'accusation : appartenance au Front Polisario et « Atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat ».

Condamnés le 03.07.2000 à 4 ans de prison par la Cour d'Appel d'Agadir.

Lieu de détention : prison civile de Marrakech

Ils ont été tous les trois adoptés par Amnesty International comme prisonniers d'opinion.
 
 

Saleh Elghazouani N°d'écrou :20276

18 ans Chômeur

Condamné à 10 ans de prison
 

Boussoulla Hassana N°d'écrou :20278

Né en 1981 à El Ayoun

Chômeur

Condamné à 7 ans de prison
 

Bachir Tounssi N°d'écrou :20269

Né en 1976 àEl Ayoun

Chômeur

Condamné à 7 ans de prison
 

Haidan Alisalem N°d'écrou :20266

chômeur

Condamné à 5 ans de prison.

Il souffre de tuberculose
 

Beilla Sidimahfoud N°d'écrou :20270

Né en 1982 à El Ayoun

chômeur

Condamné à 5 ans de prison.
 

Chef d'accusation : appartenance à une bande de malfaiteurs, participation aux émeutes (manifestations d'El Ayoun de mars 2000), incitation à la destruction des biens des particuliers et des biens publics et participation à la destruction d'un véhicule par le feu.

Date de la condamnation : 05.04.2000 par la Cour d'Appel d'El Ayoun

Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
 
 

Rejâa Brahim

Né en 1979 à Goulimine, étudiant en 3ème cycle universitaire d'économie

Date de détention : 18 mai 2000

Chef d'accusation : avoir brûlé un véhicule public au cours des incidents de la Cité Universitaire de Marrakech.

Condamné à 5 ans de prison le 20 juin 2000 par le Tribunal d'Appel de Marrakech.

Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.
 
 

Abdelillah Bouknou

Né en 1976, étudiant en 2ème année de droit.

Berdellil Houcine

Né en 1974 à Goulimine, étudiant en 1ère année du troisième cycle de droit privé.

Bekri Abdessalam

Né en 1974

Chakourri Omar

Né en 1979 à Tan-Tan, étudiant en économie

Jemâa Mohamed Yahdih

Né en 1976 à Goulimine

Bouguenna Mouloud

Né en 1975 à Goulimine

Belhaj Mohamed Mustapha

Né en 1979 à Goulimine, étudiant en 2ème année de droit

Kezzhar Mohamed Fadel

Né en 1973 à Goulimine

Pour tous :

Date de la détention :17 mai 2000

Chef d'inculpation : participation aux évènements de la cité universitaire de Marrakech

Condamnés à 2 ans de prison le 26 mai 2000 par le Tribunal de 1ère Instance de Marrakech.

Lieu de détention : prison civile de Marrakech
 
 

Bahaha Salek

N°d'écrou :57726

Employé à Phosboucraâ, service de manutention « liaison des convoyeurs »

Date de la détention : 27.09.2000 à El Ayoun

Chef d'accusation : « Atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et intelligence avec le Polisario ».

Condamné le 11.10.200 à 4 ans de prison par le Tribunal d'Appel d'Agadir.

Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.

Reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International
 
 

Ayach Baba Yaddih

17 ans

Etudiant au Collège « Laayoune 3 »

Date de détention : 12.02.2001

Chef d'accusation : incendie d'une voiture de l'autorité à la Cité Hay Rahma la nuit du 10.02.2001.

Condamné à 2 ans de prison le 07.03.2001 par le Tribunal de 1ère Instance d'El Ayoun.

Lieu de détention : Prison civile d'El Ayoun
 
 

Nouvelles grèves de la faim

En soutien au mouvement entamé par Mohamed Daddach, trois autres détenus politiques sahraouis ont observé une grève de la faim le 28 août. Il s'agit de Khaya Cheikh, Massoud Larbi et Bahaha Salek qui protestent contre leur détention illégale et les dures conditions de détention. Les deux premiers avaient été arrêtés le 6 décembre 1999 et le troisième le 27 septembre 2000. Ils ont été condamnés à 4 ans de prison ferme et sont détenus à la prison Boulemharez de Marrakech.

Le 30 août, ils ont été rejoints par 5 autres prisonniers sahraouis condamnés lors des évènements de la Cité universitaire de Marrakech.

Comité préparatoire pour la constitution d'un
COMITE pour la LIBERATION DE M.DADDACH et les DETENUS POLITIQUES SAHRAOUIS

En clôture du meeting du 24 août à El Ayoun, le FVJSAH a annoncé la constitution de ce comité ouvert à toutes les sensibilités. Dans le comité préparatoire, on trouve parmi les mebres les épouses de Kahay Cheikh et Bahaha Salek.
 
 

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Nous appelons l'opinion publique mondiale, les organisations de défense des droits de l'homme à soutenir notre campagne pour exiger des autorités marocaines la

LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH
ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS

LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH

ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS
 
 

Mohamed Daddach est le plus ancien prisonnier de conscience sahraoui :

Il est né en 1957 à Guelta Zemmour (Sahara Occidental). En 1973, il rejoint le Front Polisario et participe à la lutte de libération.

Mohamed Daddach, prisonnier de guerre : le 2 février 1976, il est fait prisonnier au cours d'une bataille près de Amgala. Blessé, il est transféré dans différentes prisons marocaines et finalement à la caserne de la Gendarmerie Royale d'El Ayoun.

Mohamed Daddach est enrôlé de force dans la gendarmerie royale : alors que 90 de ses compagnons prisonniers de guerre sont libérés, Mohamed Daddach et 9 autres prisonniers sont enrôlés de force dans la gendarmerie marocaine à El Ayoun. Aux côtés de ses camarades, il tente de fuir le 10 août 1979. Mais son véhicule est intercepté par les forces marocaines et accidenté. Son compagnon meurt et Daddach est blessé et fait prisonnier

Mohamed Daddach est condamné à la peine capitale : le 7 avril 1980, Mohamed Daddach est condamné à mort par un tribunal militaire marocain pour désertion. Il est emprisonné à la prison centrale de Kénitra où il est soumis à un régime d'isolement et de torture, sans traitement médical. Face à cette situation, il commence plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention.

Le 8 mars 1994, , sa peine de mort est commuée en détention à perpétuité, par grâce royale…Mais il reste dans le quartier des condamnés à mort de la prison jusqu'à fin 2000.

Mohamed Daddach est un symbole de la résistance sahraouie : cette année il a 44 ans et il a passé injustement plus de la moitié de sa vie dans les geôles marocaines. Il a reçu depuis 1995 plusieurs visites du CICR (Comité International de la Croix Rouge) et est considéré par Amnesty International comme prisonnier de conscience. Monsieur Pierre Sané, alors secrétaire Général de cette organisation lui a rendu visite en prison en 1999.

Mohamed Daddach doit être libéré
Lettre de Mohamed Daddach Aux organisations humanitaires, de défense des droits de l'homme et à toutes les ONG.

« Lors ma tentative de rejoindre le F.Polisario avec 11 compagnons (dix ont réussi à fuir), la voiture dans laquelle je me trouvais avec un autre camarade a été détruite par un tir de Canon 105 de l'armée marocaine. Suite à cet accident, mon ami a trouvé la mort, et moi j'ai été grièvement blessé au côté gauche, ce qui m'a empêché de bouger. J'ai été capturé par l'armée marocaine et traduit devant le Tribunal militaire de Rabat qui m'a condamné à la peine capitale.

Depuis le 9 septembre 1979, je me trouve à la prison de Kénitra, aujourd'hui dans le quartier AI dans une petite cellule de trois mètres carrés où il y a deux petites fenêtres. Je vis dans des conditions insupportables ; je sors 4 heures par jour pour voir le soleil. Le reste du temps, je le passe dans ma cellule qui est située à côté des chiens de garde qui aboient jour et nuit.

Je lance un appel à toutes les organisations humanitaires et aux ONG de défense des droits de l'homme pour intervenir pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis et pour faire la lumière sur le sort de tous les disparus sahraouis. »

Le 10.02.2001
 
 

Le « KARAMA » paraît 3 à 4 fois par année. Pour le publier, nous avons besoin de votre soutien. Abonnement annuel : 30 francs suisses à verser aux adresses ci-après.

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Bureau Européen pour le Respect des droits de l'homme au Sahara Occidental
Case Postale 53
1211 GENEVE 9 Suisse

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EL KARAMA N° 22

DIGNITE

 

BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL
En marche pour une nouvelle étape…..




Il fallait que le Bureau pour les droits de l'homme au Sahara occidental se donne les moyens de devenir une structure juridique reconnue  pour que ses membres puissent avoir en mains un nouvel instrument de lutte. C'est donc chose faite depuis le  16 mars, date de la création formelle de la nouvelle association réunissant actuellement des membres de nombreux pays  dont la Suisse, la France, l'Italie, l'Angleterre, l’Espagne… et du Sahara Occidental.  Modeste, mais ambitieuse, cette association va travailler avec toutes les associations sœurs, notamment sahraouies, pour remplir ses objectifs: non seulement dénoncer les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental, mais mener des actions offensives pour le respect de ces mêmes droits.
Les résultats positifs du combat mené l'an dernier pour la libération des prisonniers politiques sahraouis sont prometteurs sans pour autant donner aux membres de l'association des illusions sur la facilité des combats à mener. Chaque nouvelle lutte va, en effet,  demander une préparation extrêmement précise, la réunion du maximum de preuves (sur les disparitions, par exemple), de nombreux soutiens  de la part d'ONG et d'organisations reconnues. On peut espérer, par exemple, que  le Bureau étant une entité juridique helvétique,  l'entrée de la Suisse dans l'ONU rendra ses autorités plus offensives, prêtes à prendre des initiatives dans une situation où les droits de l'homme se péjorent.
Le Karama reste l'organe d'information du Bureau;  sa traduction et sa diffusion internationale vont se poursuivre régulièrement. Il est évident, cependant, que pour être efficaces, nos combats doivent devenir les vôtres aussi, les nôtres à tous en somme. Au cours des mois prochains nous continuerons à vous solliciter pour des actions de grande envergure qui ne peuvent  être victorieuses sans votre solidarité. Merci de répondre à nos appels et de poursuivre votre collaboration avec le Bureau International pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental, dans la nouvelle étape qui s'annonce.
 
 

Assemblée Générale du Bureau International pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental
COMMUNIQUE

Le 16 mars 2002 s’est tenue à Genève l’Assemblée Générale du Bureau Européen pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental. Y ont participé des représentants de Suisse, de France, d’Italie et de Grande Bretagne ; alors que les représentants d’Espagne et d’Allemagne s’étaient excusé . Etait également présente une large délégation représentative des sahraouis défenseurs des droits humains : M.Abdeslam Omar Lahcen  - Président de l’AFAPREDESA (Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis) venu des camps de réfugiés et des représentants d’organisations venant du Sahara Occidental sous contrôle marocain : M. Dahha Rahmouni, du Comité de Coordination des Victimes sahraouies de la Disparition forcée ; M.Moumen Mohamed Mahmoud, de l’Association des Familles de Disparus de Smara, fils du disparu Sidi Ahmed Baaya, rejoints dans l’après-midi par M. Noumria Brahim du Forum Vérité-Justice/.Section Sahara  et Me Leili Mohamed Fadel, avocat sahraoui et ancien disparu.
L’Assemblée a également reçu plusieurs messages de soutien de Belgique (Pierre Galand, Président EUCOCO), de France (Comité de parrainage des prisonniers politiques au Maroc)…

Cette réunion qui a discuté et accepté les propositions de modification de fonctionnement peut être considérée comme une Assemblée Constitutive de l’association.
Après avoir fait un bilan de l’activité de l’année écoulée, elle a adopté des statuts, élu un comité exécutif de 5 membres et distribué les postes de membres correspondants dans les différents pays. En outre, pour ouvrir de plus grande perspective de travail spécialement en dehors de l’Europe, l’Assemblée a décidé à l’unanimité de modifier le nom de l’association en BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL. Une campagne d’adhésion sera lancée  prochainement.

Le plan de travail adopté comporte la poursuite et le développement
- du travail d’information en renforçant particulièrement les différentes langues (français, anglais, espagnol),
-  de la publication du bulletin EL KARAMA (français, anglais, espagnol, italien, catalan…) et
- de la campagne de parrainage de disparu/e/s sahraouis.
- de l’intervention pour la libération de tous les détenus politiques sahraouis condamnés par les autorités marocaines ou en attente de jugement.

Une campagne particulière sera initiée ces prochaines semaines sur la question des disparitions forcées au Sahara Occidental. Dans ce cadre, un projet de rencontre entre des familles de disparus sahraouis et des parrains et marraines d’Europe en mars 2003 à Genève a été élaboré.

Saluant la présence active des représentants sahraouis, l’Assemblée a réaffirmer son soutien aux organisations sahraouies de défense des droits humains et son souhait de poursuivre une collaboration efficace avec elles.
Dans l’après-midi, l’assemblée a écouté avec émotion le message adressé par téléphone par Mohamed Daddach qui après avoir remercier le BERDHSO pour la  campagne en faveur de sa libération et de celle de ses camarades a fait remarquer que les violations des droits humains au Sahara Occidental sont liées au conflit politico-militaire, et ne pourront cesser qu’avec la fin de ce conflit à travers un référendum d’autodétermination juste et  libre. D’autres messages téléphoniques ont été adressés depuis le Sahara Occidental, d’une femme sahraouie rescapée des bagnes secrets marocains, et d’un activiste des droits de l’homme.
En deuxième partie de journée a eu lieu un  colloque sur la disparition forcée auquel ont apporté leurs contributions Mme Tina Meschiati, rescapée de la disparition forcée en argentine (1976-1978), de l’Association  « Memoria Viva » et Jairo Sanchez de l’Association Américaine des Juristes. Cette rencontre de plus de trois heures (qui fera l’objet d’un compte rendu séparé)  a été très enrichissante pour la poursuite de nos actions.

Genève, le 17 mars 2002
 

Discours adressé par téléphone à l'assemblée générale du BERDHSO
Genève, le 16 mars 2002

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
C'est avec fierté et grande émotion que je m'adresse à votre assemblé générale pour vous exprimer mes vives salutations et mon profond respect. Je vous exprime également mes profonds remerciements et ma grande satisfaction pour toutes les actions entreprises par votre Organisation en faveur de ma libération et celle de mes camarades les autres détenus politiques Sahraouis.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Notre libération inconditionnelle était le fruit de la campagne internationale lancée, l'année dernière, par votre Organisation et  à laquelle ont adhéré les défenseurs des droits de l'homme Sahraouis et les masses militantes Sahraouies et soutenue par des personnalités humanitaires partout dans le monde.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Des centaines de Sahraouis demeurent toujours en disparition forcée dans les geôles secrètes marocaines et soumis aux méthodes de torture corporelle et psychologique les plus barbares. Mobilisons nous donc pour mener le combat de l'établissement de la vérité sur leur sort à travers le lancement; par votre Organisation; de la campagne internationale correspondante.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental sont liées au conflit politico-militaire que connaît la région depuis un quart de siècle. Ces violations ne vont cesser que par la fin de ce conflit. Seule une solution juste et durable à travers l'organisation par l'ONU d'un référendum d'autodétermination libre et impartial peut mettre fin à ce conflit et par la suite permettre au Peuple Sahraoui de se prononcer; loin de toutes contraintes, sur le statut politique définitif du Sahara Occidental.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Enfin, je vous salue chaleureusement mes Amis et je salue à travers vous mon Grand Ami, le Militant Christian Viret Président du BERDHSO. Je souhaite aux travaux de votre assemblée générale le grand succès. Merci.  SIDI MOHAMED DADDACH

 

Avec une participation d'ordre "internationale" marquée, notamment par la présence des représentants des différentes ONG actives dans le domaine des droits humains dans les territoires occupés, les résultats de l'assemblée générale de l'ex-BERDHSO étaient exceptionnels. Visant plus d'efficacité, le bureau et désormais devenu international. Conformément à cet aspect nouveau, la structure a été élargie et des projets de travail variés ont été établis. Exceptionnelles étaient aussi l'intervention de Mohamed Daddach, la présence de Mme Tina Meschiati (Memoria Viva) et celle de M. Jairo Sanchez (Association Américaine des juristes), qui ont donné un sens à notre engagement commun.   Mohamed Bennou

J’ai trouvé que cette assemblée générale était particulièrement réussie du fait de la présence de nos amis venus du Sahara Occidental qui nous ont permis de comprendre encore mieux la situation    des Droits de l'Homme et son évolutions dans ce territoire occupé par le Maroc depuis 26 ans. Leur arrivée fut un grand moment d'émotion qui est montée d'un cran avec la communication téléphonique que nous avons eue avec Mohamed Daddach. Entendre cette voix que l'on tentée de faire taire en vain. Je revois encore Ramouni déposant délicatement les petites photos d'identités des disparus et commentant "ce jeune avait 15 ans il est mort à côté de moi en prison" . Quel respect devons-nous avoir pour ces hommes et ces femmes, quel devoir de les faire sortir de prison et de connaître le sort de ceux qui n'ont pas survécu.  Michèle Decaster (Paris) Colloque sur la disparition forcée

…..Votre voisin est un bourreau….
Faites paraître les listes des bourreaux, donnez l'état-civil de vos tortionnaires, leurs professions actuelles, leurs adresses; démasquez ceux qui pensent que l'impunité est à l'ordre du jour. …

Une demi-journée de réflexion a fait suite à l'Assemblée générale du Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental (BIRDHSO) le 16 mars dernier. Un moment particulièrement important où il a été possible de confronter les actions qui se mènent  aujourd'hui sur ce thème dans les zones occupées du Sahara Occidental, dans les camps de réfugiés sahraouis et dans tous les lieux où le thème de la disparition forcée au Sahara Occidental est abordé. Pour mener cette réflexion approfondie, nous avons pu compter sur deux amis latinos-américains: Tina Meschiati, survivante des disparitions de la Junte argentine et Jairo Sanchez, juriste.

Réunir les preuves
La discussion a mis en évidence la nécessité du témoignage: témoignages des ex-disparus que Tina Meschiati appelle du nom de Survivants, tant les conditions de vie des Disparus auraient pu à chaque instant les entraîner dans la mort. Les témoignages sont indispensables pour rendre compte des conditions d'enlèvement, de détention, de l'arbitraire qui entoure la disparition forcée. Il y a donc urgence et nécessité de recueillir les témoignages des survivants; au Sahara Occidental ce sont ceux et celles qui ont été relâchés en 1991, sous la pression internationale, après 16  ans de disparitions et qui peuvent décrire les conditions de leur enlèvement, leur survie dans les lieux de détention, donner les noms de leurs tortionnaires, sans oublier les détails qui permettent des recoupements et de nouvelles compréhensions de la politique d'Etat appuyant sa stabilité sur la disparition. Témoignages des familles de Disparus qui peuvent décrire la vie de leurs parents disparus avant leur enlèvement, les replacer dans la société civile et balayer les allégations qui peuvent circuler sur leur compte. Même s'ils avaient l'indépendance chevillée au cœur, aucune justification ne peut absoudre ceux qui les ont fait disparaître, qui ont voulu les effacer du monde des vivants, sans jugement.

Recueillir les témoignages
Avec nos amis latinos américains qui ont su faire de la disparition une arme qui se retourne contre leurs bourreaux, nous avons pris conscience du travail de mémoire qui était à commencer au Sahara Occidental  avant de pouvoir lancer une campagne pour la libération de tous les disparus. C'est à un travail de fourmi qu'il faut s'astreindre:  recueillir les témoignages individuels qui vont permettre de mettre en évidence la systématisation du processus et prouver que la disparition, au Maroc, a été et est peut-être encore un pratique de gouvernement.  Dans cette perspective, les témoignages, notamment  concernant les femmes et les enfants, prennent un sens tout à fait particulier et conscientisent les plus sceptiques.

Porter plainte
Au nom de la justice universelle, les autorités marocaines doivent être interpellées sur leurs pratiques infâmes, des plaintes doivent être déposées, plaintes qui accusent nommément les responsables et demandent que des procès aient lieu. La notion de justice universelle permet de lancer des plaintes contre des tortionnaires hors de leur pays de domicile, comme le juge Garcon a su le faire pour Pinochet. A quand une plainte de  Sahraouis disparus ? Des avocats sont prêts à se lancer dans cette nouvelle et longue bataille juridique.

 Le temps de l'action va suivre celui de la réflexion et après la réunion du mois de mars, il faut aujourd'hui préparer un programme rigoureux en vue des objectifs à atteindre, organiser avec les associations sahraouies de défense des droits de l'homme le recueil des témoignages et prévoir les modalités d'un débat public sur la disparition forcée qui vise avec précision et certitudes non seulement les commanditaires mais également ceux qui ont exécuté les ordres.

Le partage d'expériences du 16.3 a brisé les frontières, dans ce cas entre l'Amérique latine et l'Afrique et l'exemple de la détermination des Survivants latinos-américains et de leurs stratégies d'intervention sont  précieux pour les Sahraouis qui cherchent – avec nous -  les voies les plus appropriées pour combattre la disparition forcée et l'impunité. Engagés dans ce nouveau défi, nous reprendrons le slogan que les Mères de la Place de Mai ont exporté dans le monde entier:        « Jusqu'à ce qu'on les retrouve! »
 
 

CAMPAGNE D’ADHESION AU BIRDHSO

Pour mener à bien son travail et réaliser ses objectifs, notre association a besoin de nouveaux membres.
La dernière Assemblée Générale a décidé de lancer une campagne internationale d’adhésion ayant pour objectif de nous donner les moyens de fonctionner : 100 membres payant leur cotisation permettraient de couvrir le budget de fonctionnement du Birdhso.

Rejoignez le BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL.
Faites connaître son travail et son bulletin EL KARAMA, publié en français, anglais, espagnol et italien.

Renvoyez le bulletin ci-dessous  par courrier, par fax ou par mail à notre adresse.
#
Demande d’adhésion au
Bureau International pour le Respect
Des Droits de l’Homme au Sahara Occidental

NOM et PRENOM :   ou   ASSOCIATION
 

Adresse :
 

Pays :

Tél/fax/e-mail :

Signature :      Cotisation : individuelle 30FS/20Euros
       Organisation 50FS/33Euros

Compte de Chèque Postal: CCP 12-12461-0
Compte bancaire :  Union de Banques Suisse 279-C3117839.0  1205 GENEVE
 
 

SOLIDARITE AVEC LES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME SAHRAOUIS

Depuis de nombreuses années, les défenseurs des droits de l'homme Sahraouis ne cessent de condamner les graves violations des droits humains, conséquence directe du conflit politico-militaire que connaît le Sahara Occidental. L'Etat marocain s'est rendu coupable d'exactions flagrantes contre la population sahraouie civile. Les actions menées ont défié ainsi le quadrillage médiatique, militaire et sécuritaire imposé au territoire sahraoui. C'est pourquoi les autorités marocaines multiplient les intimidations et les menaces contre les défenseurs des droits de l'homme Sahraouis. Ils sont constamment surveillés, épiés, harcelés. Souvent ils sont convoqués par les différents corps de répression et emmenés dans des centres où ils sont interrogés et intimidés. A titre d'exemple, MM MOUTIK ELHOUCINE et MAYARA MOHAMED SALEM du Forum Vérité et Justice (Section Sahara), MM RGUIBI MOHAMED LAHBIB et GAOUDI MOHAMED FADEL du comité Daddach  ont été retenus dans les locaux de la police judiciaire et de la brigade judiciaire de la gendarmerie royale à Laâyoune. Plusieurs Sahraouis dont MM DIMAOUI ABDESSALEM, BENNASSER et ELMOUSSAOUI DKHIL sont accusés d'être les meneurs des manifestations de protestation qui ont été organisées dans les villes de Smara et El Aaiun, en novembre 2001. De nombreuses familles ont été menacées de représailles au cas où leur fils ou fille continuent ses activités en faveur des droits humains. Des jeunes sont également visés par cette politique de terreur que les forces marocaines mènent en toute impunité.
Les autorités marocaines refusent toujours de délivrer des passeports à des défenseurs des droits de l'homme. C'est notamment le cas de MM TAMEK ALI SALEM, SIDI MOHAMED DADDACH et Mme HAYDAR AMINATOU. Il est à rappeler que de nombreux Sahraouis ont été interdits de quitter le territoire marocain. Le cas le plus significatif est celui de MM ELHAMED MAHMOUD et NOUMRI BRAHIM  lors de la 57ème session de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU à Genève, tout en leur confisquant des documents et en les soumettant à un interrogatoire musclé.
D'autres défenseurs ont été transférés dans des villes marocaines pour les éloigner du territoire du Sahara Occidental, les réduisant au silence. C'est ainsi que MM ELMOUTOIKIL MOHAMED, HMAD HAMMAD et ABDEDDAIM MOHAMED ont été déporté à l'intérieur du Maroc. D'autres sont simplement licenciés, de manière abusive, c'est le cas de Mr MOUTIK ELHOUCINE, président du Forum Vérité et Justice-Section Sahara en punition contre sa participation à la rencontre avec la commission ad hoc Sahara Occidental du parlement européen. Ainsi que Mr GAOUDI MOHAMED FADEL toujours privé de son emploi. Les autorités multiplient les menaces de licenciement à l'encontre des autres défenseurs des droits de l'homme sahraouis.

Nouvelles condamnations
Le mercredi 24 avril 2002 a eu lieu devant la Cour d’Appel d’El Ayoune le procès des détenus lors des émeutes sanglantes de Smara au Sahara Occidental le 17 novembre 2001. Ce procès avait été reporté à de nombreuses reprises
Après plus de 4 heures de délibération, le tribunal a rendu son verdict
· Deux ans de prison ferme pour :  désobéissance, usage de la force contre la force publique, mise à feu volontaire des véhicules de transport public, mise à feu volontaire d’un local non destiné à l’habitat, porte d’armes, destruction des véhicules de transport public et destruction de documents appartenant aux forces publiques.
*SALOUKI ALI, né en 1981 à Smara. *NTITICH SIDATI, né en 1961 à Smara.*ELIDRISSI MOULAY ELWALI, né en 1981 à Smara*ELKHALDI ELFATMI « Marocain »*BAHAHA SID AHMED, né en 1975 à Tan Tan.*ELMOUSSAOUI NAFÂI, né en 1979 à El Ayoun.*DAOUD BRAHIM, né en 1982 à Smara.*BADDA MOHAMED SALEM, né en 1972 à Smara.*MALLAH SID AHMED
· Six mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende pour : désobéissance, usage de force contre la force publique et port d’armes.
*CHARKAOUI ABD ELHALIM  , marocain *LAKHDAR LKHLIFA, né en 1971 à Ben Sliman.*BOUHBOUSS ABD ELFATTAH, né en 1984 à Goulimine.*ELBOUSSATI MAÂLÂAININE,né en 1969 à Smara.*HANINI HAMDI né en 1977 à Tan Tan.
· Acquittement pour :*ELFATER ABD ELFATTAH, né en 1976 à  Smara.*ÂAFIF ALI DARIF NOUREDDINE «  Journaliste marocain ».

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Bureau International pour le Respect des droits de l’homme au Sahara Occidental
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EL KARAMA N° 24

DIGNITE

 

L'occupation est une violation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes


Il est encore assez rare d'entendre parler du Sahara occidental comme d'un pays occupé. C'est pourtant bien de cela dont il s'agit, d'une réelle occupation depuis le transfert illégal du pays par l'Espagne au colonisateur marocain. Un marché entre colonisateurs en quelque sorte ! C'était en novembre 1975. Depuis lors, l'occupant marocain tient les Sahraouis sous une pression quotidienne insupportable (les témoins européens qui s'y sont rendus en automne 2002 ont pu en prendre la mesure) comme l'ont fait certains pays occidentaux quand le vent de liberté et d'indépendance commençait de souffler dans " leurs " colonies. Les disparitions sont une conséquence directe de l'occupation . Dès l'entrée du Maroc au Sahara Occidental, des vagues d'arrestations massives et arbitraires se sont abattues sur les civils sahraouis dont de très nombreux sont encore disparus. La disparition a continué depuis lors d'être une vraie force répressive, une logique d'intimidation sans fin : ne bouges pas, ne manifestes pas, ne demandes pas des nouvelles des tiens à l'administration marocaine, tu risquerais de disparaître à ton tour. La peur commence à peine à s'estomper et l'on voit déjà quelques familles de disparus témoigner de leur malheur. Elles seront à Genève à la fin du mois de mars pour enfin briser le silence'.

Mais, comment, sous occupation civile et militaire, les droits humains pourraient-ils être respectés ? Les parodies de procès, auxquels plusieurs témoins occidentaux ont assisté, envoyés par des organisations de juristes et de droits de l'homme, en sont un exemple flagrant. Prenons le procès de Nassiri condamné le 17 novembre à 1 an et demi de prison. Son procès a été renvoyé à 4 reprises. Toujours pour la même raison : les témoins à charge n'étaient pas présents alors que plusieurs d'entre eux étaient fonctionnaires d'Etat : la convocation n'était pas arrivée, les vacances venaient de se terminer… Autant d'excuses qui n'ont rien à voir avec la procédure judiciaire d'un Etat de droit. Et lorsque enfin, ils ont témoigné en novembre, c'était pour dire qu'ils n'avaient pas été témoins des chefs d'accusation accusant Nassiri.

Les procès publics sont suivis, à El Ayoun, par une population sahraouie très nombreuse malgré les grappes de policiers, agents des renseignements généraux, etc… Les avocats des présumés coupables renforcent à juste titre, par leur plaidoirie, la conviction sahraouie que les procès sont inéquitables et politiques. Dans le prétoire, les femmes sont à droite, les hommes à gauche. Ils sont là, debout pour la plupart, tendus, solidaires, minoritaires dans leur propre pays.


L'occupation marocaine sanctionne toute velléité sahraouie de montrer son appartenance et sa volonté de lutter contre les inégalités et pour le respect des droits humains à travers des organisations marocaines ou sahraouies. Nassiri a d'abord été condamné pour l'exemple : lutter pour les droits de l'homme est punissable sous autorité marocaine.

L'occupation c'est aussi souvent ne pas avoir de passeport, ne pas avoir la liberté de circuler, ne pas avoir de nouvelles des membres disparus de sa famille, ne pas avoir de travail…. L'occupation c'est encore être suivi, contrôlé, humilié, muet, aveugle…
Si par le monde, l'idée même pouvait germer, grandir, s'imposer, que le Sahara occidental est colonisé et occupé, que le Maroc transgresse les principes des organisations internationales avec la complicité des leaders internationaux qui se réclament des droits humains comme les Etats-Unis et la France et que c'est tout simplement intolérable ! Nous aurions sans doute avancé dans une recherche de solution qui ferait progresser le respect des droits humains et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

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Parmi des centaines d'autres sahraouis, il sont disparus ...... Où sont-ils?


Nom complet : EL HAFD HAMMA EMBAREK
Date et lieu de naissance : 1937 à Smara
Etat civil : marié et père de famille
Profession : commerçant
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 10 juillet 1976 à Rbaébe aux alentours de Smara
Nom des forces responsables :F.A .R (Gendarmerie royale)
Circonstances de détention : Selon les membres de sa famille, El hafd a été enlevé, le 10 juillet 1976, a bord d'une voiture militaire matriculée : 4656
conduite par un gendarme qui s'appelle Hassan. D'après les témoignages de quelques réscapés, El hafd a passé deux jours seulement avec eux dans
le centre de détention secret " la caserne militaire " à Smara. Il a été transféré a une destination inconnue.



Nom complet : BOUZEID ALAMIN ABDALLAH
Date et lieu de naissance : 10 fevrier 1941 dans d'Irni (territoire libéré)
Etat civil : marié et père de famille
Profession : sans
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 10 juillet 1976 à Rbaébe au alentour de Smara
Nom des forces responsables : F.A.R (Gendarmerie royale)

Circonstances de détention : Selon les membres de sa famille, Bouzeid a été enlevé, le 10 juillet 1976, avec sa femme LAHBEILA M'BAREK, cette dernière a été libérée, mais le sort de son mari Bouzeid reste inconnu.
Remarque : Bouzeid Alamin Abdallah était porteur de la carte d'identité espagnole N° A 2241078 et du passeport espagnole N° 7477

 

Nom complet : Sidi Ahmed Seghri Joummani
Date et lieu de naissance : 1930 à Smara
Etat civil : marié et père de famille
Profession : éleveur
Date et lieu d'arrestation /d'enlèvement : 20 fevrier 1976 dans la région d'Amgala
Nom des forces responsables : F.A.R (Gendarmerie royale)
Circonstances de détention : Selon les membres de sa famille, Sidi Ahmed Seghri a été enlevé, le 20 fevrier 1976, par les F.A.R depuis lors son sort reste inconnu.

 

Solidarité avec les défenseurs des droits humains et
tous les prisonniers politiques sahraouis

27.11.02: Jugement scandaleux
Nassiri Ahmed a été condamné par le tribunal d'El Ayoun à 18 mois de prison ferme pour usage de la force contre les agents de l'autorité et désobéisance aux ordres des agents d'autorité lors des émeutes du 17.11.01 à Smara. Les accusations d'incendie de véhicule et autres dépradations n'ont pas été retenues.
La défense a démontré le caractère totalement infondé de toutes les accusations et même les témoins à charge ont nié toute implication de Nassiri dans les événements de Smara.
A signaler que deux avocates espagnoles, qui ont assisté au procès en tant qu'observatrices, avaient été retenues une heure à leur arrivée à l'aéroport d'El Ayoun et fouillées, contrairement à la loi, par des agents masculins. On leur a confisqué des livres scolaires sous prétexte d'absence d'autorisation
Nasiri Ahmed avait été arrêté le 19.06.02 à Rabat. Ancien détenu politique, il avait déjà été emprisonné en 1992 et de 1993 à 94. Membre du Forum Vérité et Justice section Sahara, il participait au congrès national de son organisation. La police l'a interpellé alors qu'il se rendait à la direction de la Sûreté nationale pour renouveler sa carte d'identité. Transféré à El Ayoun le même jour, Nasiri est à la "prison noire" depuis . Il est accusé d'avoir été un meneur dans les événements de Smara de novembre 2001

17.10.02: Procès en appel de Tamek Ali Salem. 24.10.02 publication du jugement
La peine prononcée le 10.09.02 est confirmé : deux ans de prison ferme, assortis d'une amende de 10'000 DH.
Tamek est membre du conseil national du Forum Vérité et Justice et du bureau de la section Sahara (FVJ-SAH). Membre du comité administratif de la CDT (Confédération démocratique du travail), il est secrétaire général du bureau de la CDT d'Assa. Ali Salem Mohamed Salem El Mami (dit Tamek) est né le 24.12.73 à Assa, il est marié et père d'une fillette née en 2000, à laquelle il a donnéle prénom d'Attawra (révolution). Les autorités marocaines ont refusé son enregistrement sur le registre de l'état-civil sous prétexte que ce prénom ne figure pas sur le fameux fichier des prénoms marocains édité par le ministère de l'intérieur marocain. A la suite du non enregistrement, la famille a été privée de l'allocation familiale prévue par la loi marocaine.
Fonctionnaire de l'administration de Touesgui (Assa), Tamek avait été arrêté en 1993 et condamné avec quatre jeunes Sahraouis, par un tribunal marocain de Tata, à cinq ans de prison ferme, pour avoir essayé de rejoindre le Front POLISARIO. La peine avait été réduite à deux ans et Tamek a été grâcié en août 1994. Il est arrêté à nouveau à Dakhla en décembre 1997 et libéré à El Ayoun 10 jours plus tard. En avril de cette année Tamek a reçu l'ordre de quitter Assa-Zak pour rejoindre Meknes, ce qu'il a refusé. Son salaire est gelé. Les autorités marocaines lui refusent toujours un passeport. Il a adressé en 2001 une lettre ouverte au ministre marocain de l'Intérieur, publiée dans un hebdomadaire arabophone marocain. La presse indépendante arabophone marocaine a publié à plusieurs reprises ses articles sur la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental et des interviews
Salek Bazaid , membre du Forum Vérité et Justice Section Sahara, arrêté le 24.09.02, a enfin comparu le 22.01 devant la cour d'appel, qui a reporté le procès au 2 ou au 12 mars.

 

Ecrivez-leur des messages de soutien :

  • ALI-SALEM TAMEK , N° d'écrou 86401 Hay M n° 01 ch 43
    Prison de Salé Rabat MAROC

 

  • AHMED NASSIRI N° d'écrou 22897Prison civile LAAYOUNE Sahara ( Maroc)

 

 

  • SALEK BAZEID N° d'écrou 23241
    Prison civile LAAYOUNE Sahara ( Maroc)

 

 

Grèves de la faim des prisonniers politiques


Les 26 détenus politiques Sahraouis,incarcérés a la prison noire de Laayoune,ont entamés une grève de la faim préventive de 48 heures le 13/01/2003 pour protester contre les conditions d'incarcération. Le même groupe a commencé une deuxième grève de la faim d'une durée de 5 jours a partir du 20/01/2003.
Selon le quotidien "As-Sabah", la direction de la prison civile d'El Ayoun, suite à la grève de la faim de cinq jours des détenus politiques sahraouis, aurait pris en considération leurs revendications. Les politiques seront logés dans une cellule séparée des droits communs. Les travaux d'aménagement de cette cellule sont en cours mais risquent d'être interrompus par manque de financement.
Dans un communiqué du 14 janvier, ils réclamaient :


* Etre séparés des prisonniers de droit commun.
* Etre reconnus comme prisonniers d'opinion et être traités en tant que tels.
* Avoir nos droit en tant que prisonniers d'opinion
* Avoir le droit de visite durant les jours de travail
* Avoir un endroit spécifique pour les visites
* Permettre aux organisations et associations des droits de l'homme ainsi que les média de nous contacter et de nous rendre visite autoriser la réception des journaux dans les cellules

 

NOUVEAU
Les violations des droits humains au Sahara Occidental sur le WEB :
Visitez notre nouveau site : http:// www.birdhso.org
Les dernières nouvelles, les témoignages, les campagnes

 

 

RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS

Genève, 28-30.03.2003

Programme:

  • Vendredi 28.3.2003: Entrevues de délégations à l'ONU, CICR , remise des signatures de l'Appel pour les Disparus sahraouis.
    Rassemblement devant l'ONU, Place des Nations de 12h à 14h.
  • Samedi 29 3.2003 è Rassemblement à la mémoire
    des disparus : Jardin des Disparus de Meyrin.
  • Rencontre-Débat : "Pour la Disparition de la Disparition forcée au Sahara Occidental " : UNI mail (Université de Genève)
  • Dimanche 30.3.2003: è Rencontre des familles, suivie d'un repas : Maison des Associations.

Pour plus d'information, contactez-nous.


Le " KARAMA " paraît 3 à 4 fois par année. Pour le publier, nous avons besoin de votre soutien. Abonnement annuel : 20 FS/15 € à verser aux adresses ci-après.
Si vous désirez recevoir régulièrement des informations par e-mail ou par fax, vous pouvez vous
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Bureau International pour le Respect des droits de l'homme au Sahara Occidental
Case Postale 53 1211 GENEVE 9 Suisse -Fax et Tél. 41.22.320.65.50
E-mail :birdhso@birdhso.org
Compte de Chèque Postal: CCP 12-12461-0
Compte bancaire : Union de Banques Suisse 279-C3117839.0 1205 GENEVE

 

EL KARAMA N° 25

 

 

NUMERO SPECIAL RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS

Pendant 3 jours, les 28,29 et 30 mars 2003, près d'une centaine de personnes se sont retrouvées à Genève pour participer à cette première rencontre avec les familles de disparus sahraouis. Des parrains et marraines de disparus, des militants des droits de l'homme et des amis du peuple sahraoui venus de Suisse, d'Espagne, d'Italie, de France, de Grande Bretagne…qui se sont rassemblés pour réaffirmer leur solidarité avec les familles de disparus sahraouis qui luttent pour la justice et la vérité. Malgré l'interdiction des autorités marocaines prises de panique, d'autoriser la délégation des familles des zones occupées de venir à Genève, la participation sahraouie a été remarquable en quantité et en qualité : membres d'associations des droits de l'homme des campements de réfugiés, une dizaine de représentants des familles de Tindouf, une importante délégation de la communauté sahraouie de France, comprenant des survivants de la disparition forcée. Les rencontres avec la Mission d'Espagne, le CICR et le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU ont été des moments importants de ces journées. Toutes les participantes et les participants sont repartis avec la conviction que notre travail de solidarité avec les familles de disparus sahraouis et les défenseurs sahraouis des droits humains doit se poursuivre. Cette première rencontre aura été une étape importante. Pour sa part le BIRDHSO réaffirme son engagement à continuer ses actions en faveur des disparus sahraouis et de leurs familles,jusqu'à ce qu'on les retrouve.

Succès de la première journée de la Rencontre :

Vendredi 28 mars ont débuté les activités de la Rencontre des Familles de Disparus Sahraouis à Genève. Et ce, malgré l'absence de la délégation des familles de disparus des territoires sous contrôle marocain, toujours empêchée de rejoindre Genève. Cette attitude des autorités marocaines a fait l'objet d'un grand nombre de protestation, dont l'ambassade de Suisse au Maroc, et de nombreuses organisations de défense des droits humains.
A la Mission d'Espagne

A 11h, un groupe de 5 représentants de familles ((Mohamed Mokhtar, Embarka Brahim Mustapha, Ella Fatimatou Said Ahmed, Moussa Lebsir, Enguia Mahyub Mohamed Nafe, accompagné de Abdeslam Omar Lahcen Président de l'AFAPREDESA et de Mohamed Bennou et Christian Viret du BIRDHSO) a été reçu à la Mission Permanente d'Espagne auprès de l'ONU par Mme Cristina Diaz (Conseillère aux affaires humanitaires) et M. Jose Antonio de Ory (Directeur Adjoint au Bureau des Droits de l'Homme du Ministère des Affaires Etrangères à Madrid).
Les familles ont pu exprimé leurs préoccupations et leurs demandes pour que l'Espagne s'implique dans la recherche des disparus, ce à quoi se sont engagés les représentants de la Mission. Les signatures de l'Appel pour les Disparus sahraouis ont été remises pour le gouvernement espagnol
.

A 13h30, un rassemblement de plus d'une cinquantaine de personnes a eu lieu sur la Place des Nations, devant le Siège de l'ONU à Genève, avec la présence des familles de disparus présentes à Genève, et des participants à la rencontre venant de France, d'Italie, d'Espagne, de Suisse, de Grande Bretagne….Ont pris la parole M. Pierre Alain Tschudi, co-président de l'Association des Jardins des Disparus de Meyrin, qui a rappelé l'existence de la disparition forcée dans^de nombreux pays du monde et expliqué l'importance de lieux comme le Jardin des Disparus qui contribuent à perpétuer la mémoire d'êtres chers enlevés à leurs familles qui ne réclament que la vérité et la Justice.

A 14h, un autre groupe de 3 représentants des Familles de disparus Sahraouis (Bouchra Moh Abdellah, Lehdia Ali Bouia et Ali Omar Bouzeid, accompagnés de Abdeslam Omar Lahcen de l'AFAPREDESA et de Christian Viret du BIRDHSO) a été reçu au Comité International de la Croix Rouge par M. Baltazar Staehlin,(Délégué Général pour le Moyen Orient et le Maghreb), qui a écouté attentivement les témoignages des sahraouis.
La journée s'est terminé par un moment de rencontre entre les participants européens et sahraouis.

Deuxième Journée de la Rencontre :
* Samedi 29 mars a eu lieu à Meyrin (Genève), au Jardin des Disparus de cette ville, une cérémonie d'hommage aux disparus sahraouis et à toutes les victimes de la disparition forcée dans le monde. Une centaine de personnes y a participé, en présence de la délégation des familles de disparus sahraouis venue des campements de réfugiés.

Christian Viret, président du BIRDHSO a dénoncé l'interdiction faite à la délégation des familles venant des zones sous contrôle marocain, de participer à la Rencontre, tout en signalant que malgré cela, cette initiative constituait d'ores et déjà un succès par la participation importante, la qualité des entretiens réalisés et le sérieux du travail.

Lehdi Eli Boia, a apporté son témoignage au nom des familles de toutes les familles de disparus sahraouis, tout en remerciant de l'accueil qui leur était fait. Elle a appelé au nom des familles à la poursuite des actions visant à connaître le sort de tous les disparus.

Monsieu Christian Ferrazzino, Conseiller Administratif de la Ville de Genève, a apporté le soutien à cette initiative des autorité signalant l'importance que cette Rencontre ait lieu à Genève, ville symbole de paix et dépositaire des Conventions de Genève.

Pour terminer, Madame Madeleine Bernasconi, Maire de Meyrin et Conseillère Nationale, a rappelé que ce Jardin des Disparus était un lieu ouvert à toutes les familles et proches de disparus dans le monde. Comparant le nombre de disparus sahraouis par rapport à la population, elle s'est émue que cela correspondrait dans sa ville à 200 citoyens disparus…

Les discours ont été ponctués d'intermèdes musicaux et poétiques animés par la solidarité du chanteur chilien Pancho Gonzalez.
Cette émouvante cérémonie s'est terminée par un apéritif offert par la ville de Meyrin et un repas convivial organisé par les associations membres du Jardin des Disparus.

Samedi à 18h a eu lieu à l'Université de Genève une Conférence sur le thème " pour la disparition de la disparition forcée au Sahara Occidental ". Près de 150 personnes y ont assisté pour écouter les intervenants : M. Federico Andreu, de la Commission Internationale des Juristes a développé l'aspect juridique de la disparition forcée, rappelant le long chemin parcouru par les organisations des familles de disparus dans le monde, et évoquant les difficultés pour faire aboutir à l'ONU une Convention Internationale sur la disparition forcée la qualifiant de crime contre l'humanité. Mme Afifa Karmouss, de la Fondation France Libertés a apporté son témoignage sur la visite qu'elle a effectué au Sahara Occidental en novembre dernier et donnant lecture du témoignage de M. Mahjoub, sur la disparition de son frère recueilli sur place, et qui aurait du être présent avec la délégation retenue au Maroc.
Federico Andreu, Afifa Karmous et Simone Malz
Pour terminer ce premier tour d'interventions, Mme Simone Malz, de la Section Suisse d'Amnesty International, a expliqué le travail de son organisation lors de la visite effectuée l'année dernière où elle a rencontré des familles de disparus sahraouis., remarquant la surveillance policière qui avait entouré la délégation d'AI pendant son séjour.

Le moment le plus émouvant de la soirée aura été sans nul doute l'intervention par téléphone, au nom de la délégation empêchée par le Maroc de venir à Genève de M. Sidi Mohamed Daddach, qui a appelé à la poursuite de l'action contre la répression et les disparitions au Sahara Occidental.

La deuxième partie de la soirée a été consacrée à des témoignages directs des familles de disparus présentes qui ont pu faire part de leur expérience douloureuse, et des conséquences psychologiques, familiales, juridiques et matérielles de cette situation

En dépit de la volonté manifeste de certains participants venant du Maroc, de perturber le bon déroulement de la soirée en tentant d'interrompre à plusieurs reprises les orateurs, de manière intempestive, bruyante et incorrecte, la soirée s'est terminée par un moment de questions et d'interventions de la salle au cours duquel, chacun a pu s'exprimer. Le public a pu poursuivre le débat au cours du repas qui a suivi.

Fin de la Rencontre :

Le dimanche 30 mars a pris fin la rencontre des familles de disparus sahraouis à Genève. La matinée a été consacrée à un échange entre les familles de disparus sahraouis présentes et les parrains et marraines venus de différents pays d'Europe (Suisse, France, Grande Bretagne, Italie, Espagne…....). Différentes actions ont été proposées pour la poursuite du travail de solidarité avec les victimes de la disparition forcée au Sahara Occidental, dont une action coordonnée au niveau international à l'occasion de la " Journée du disparu sahraoui " le 17 juin prochain. Les participants de sont également engagés à continuer et développer la "Campagne d'adoption symbolique de disparus sahraouis"

La matinée s'est terminée par un repas convivial qui a rassemblé une cinquantaine de personnes.

De son côté, la délégation des familles de disparus a eu l'occasion de contacter plusieurs ONG.

Mardi 1 avril, une délégation de 6 personnes (1 membre du BIRDHSO, 1 représentante de la LIDLIP et 4 membre des familles sahraouies, Ledhia Eli Boia, Sid Ahmed Mohamed Najem, Embarka Brahim Mustapha, Mahmoud Selmi El Daf) a été reçue au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU, par un adjoint du Haut Commissaire, le suédois M.Sedelgren. Les signatures de la " Campagne Vérité et Justice pour les disparus sahraouis " ont été remises. La délégation a d'autre part demandé au Haut Commissariat d'intervenir auprès de l'ONU et du Maroc pour que les Sahraouis qui n'ont pas pu venir ne craignent pas pour leur sécurité.

Le matin, un groupe a participé à l'émission de la Télévision Suisse Romande " Zig-zag Café ", consacrée à la disparition et a eu l'occasion d'intervenir.

La délégation des familles de disparus sahraouis a quitté la Suisse le 3 avril pour rejoindre les campements de réfugiés de Tindouf.

D'autre part, les 13 sahraouis, représentants des familles de disparus et défenseurs des droits de l'homme, empêchés de sortir du Maroc par les autorités de ce pays n'ont toujours pas récupéré leurs passeports et leurs billets d'avion, malgré les nombreuses interventions d'ONG et de représentations diplomatiques à Rabat.

INTERVENTIONS

I:MESSAGES:

Message de FEDEFAM
(Fédération Latino-américaine de Familles
de Disparus) aux familles sahraouies


Message de solidarité de FEDEFAM avec la Lutte des familles sahraouies de disparus

Chères familles des détenus-disparus du peuple sahraoui,
Recevez un salut solidaire de la Fédération Latino-américaine des Familles de Disparus (FEDEFAM), à l'occasion de vos activités de dénonciation et de solidarité devant les Nations Unies et dans la ville de Genève. Malheureusement, nous ne pouvons être présents physiquement parmi vous ce soir, mais notre bon ami Jairo va vous transmettre cette accolade, et au cours des prochains jours, nous allons nous rencontrer ici, dans cette ville.

Nous sommes unis par le destin d'avoir un être cher dans la situation douloureuse d'avoir été capturé un jour par des forces militaires ou de sécurité, et de ne plus pouvoir rien savoir de lui ou d'elle depuis ce moment-là. Nous ne pouvons même pas connaître leur sort, s'ils sont vivants ou morts, et quelles sont les raisons de leur mort. Les responsables de cette terrible violation des droits humains ont tenté de cacher tout vestige de leurs crimes, en les faisant disparaître totalement.

Mais tout comme vous, nous ne nous sommes pas résignés à cette tristesse et cette tragédie familiale. Nous nous sommes organisés pour lutter et demander des comptes aux autorités responsables. Nous réclamons la vie de nos êtres chers, la Vérité et la Justice,. Tout comme vous, nous avons parcouru de nombreux chemins, franchi de nombreuses frontières, et sommes arrivés dans tous les coins du monde. Ainsi, nous nous sommes connus ici à Genève, dans les couloirs des Nations Unies et face à la froide bureaucratie onusienne , nous avons lutté pour que la communauté internationale assume la responsabilité de notre drame.
Sur ce parcours, nous avons obtenu des succès. Nous nous sommes unis dans FEDEFAM, 13 pays latino-américains, les asiatiques se sont unis à 7 pays, et nous savons que vous-même en ce moment êtes en train de créer une forte union des familles de disparus en Afrique.

Nos seules armes de lute sont l'amour pour nos êtres chers, notre militance pour les droits humains et notre insistance pacifique mais inébranlable. C'est notre force. Et nous obtenons des gains, comme la rédaction d'un instrument international qui va assurer à tout homme et toute femme de la planète la pleine protection contre la pratique de la disparition forcée. Ce travail a commencé en janvier, et c'est notre priorité de lui donner un fort soutien pour que cette tâche se termine le plus vite possible et que cet instrument puisse entrer en vigueur très rapidement dans son intégralité.

Nous vivons des jours marqués par une des crises les plus graves pour la communauté internationale, qui se voit incapable d'arrêter une guerre cruelle, injuste et inutile contre le peuple irakien. Nous souffrons, avec beaucoup d'ONG sœurs, de la récente décision de la Commission des Droits de l'Homme de ne pas consacrer une session spéciale au thème de la souffrance du peuple irakien. Cela nous a rappelé un célèbre discours de Théo Van Boven devant cette même commission il y a plus de 20 ans, quand, face à la passivité de la Commission devant les crimes des disparitions forcées, il s'est exclamé : " Si cette Commission des Droits de l'Homme ne défend pas les droits à la vie des personnes, elle n'a pas de raison d'être. "

Depuis lors, nous avons lutté pour que l'ONU assume sa responsabilité, et nous croyons que tous les peuples épris de paix, devons maintenant garantir que la situation honteuse que nous vivons d'une guerre d'agression sans aucune légitimité, soit stoppée le plus tôt possible, et que plus jamais ne se répète une telle situation dans le futur.

Chères Familles Sahraouies,

Ces jours-ci, nous allons sûrement nous rencontrer au cours de réunions de travail, durant notre tâche de dénonciation devant la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU. De cette manière, nous pourrons nous soutenir mutuellement pour poursuivre ensemble ce chemin pour la Justice, la Vérité et la Vie.

Avec un salut affectueux et à bientôt :

Marta Vasquez, Présidente de FEDEFAM
Patricio Rice, conseiller du Comité Exécutif
Loyola Guzman, Secrétaire des Relations Internationales.

28 mars 2003

 

INTERVENTION TELEPHONIQUE DE M SIDI MOHAMED DADDACH

Conférence " pour la Disparition de la Disparition forcée au Sahara Occidental " 29.03.03

" Je salue chaleureusement tous les participants à cette importante rencontre des familles de disparus sahraouis.

Malgré les intimidations et l'interdiction qui nous a été imposée d' être parmi vous aujourd'hui,nous voilà en train de contribuer aux travaux de cette rencontre à travers cette intervention téléphonique. Et nous exprimons notre ferme dénonciation de l'interdiction des 13
participants qui s' apprêtaient à venir. Ce qui prouve une fois de plus que les autorités marocaines persistent dans leur politique flagrante de violations des droits de l'homme.

En effet depuis 1975, des centaines de personnes ont été enlevées et sont toujours portées disparues, ce qui viole la norme internationale relative à la déclaration universelle des droits de l'homme et le pacte international relatif aux droits civils et politiques. Nous réaffirmons qu'il s'agit d'un crime contre l'humanité et que malgré la résolution adoptée par l'assemblée générale des Nations unies en décembre 2002 qui recommande à tous les états de mettre un terme aux disparitions forcées.

Et nous saisissons l'occasion de cette importante rencontre qui s'inscrit dans la voie du respect des droits de l'homme au Sahara Occidental pour demander :

- L'éclaircissement du sort de tout les disparus sahraouis et la libération de tous ceux qui sont en vie et de remettre les dépouilles des décédés à leurs familles.

- La création d'une commission internationale indépendante pour enquêter sur la disparition forcée au Sahara Occidental et qui permettra de présenter les responsables de ces crimes devant la justice.

- Organiser des journées de solidarité avec les familles de disparus et plus particulièrement celles qui sont privées de leur liberté de circulation et d'expression.

Poursuivez ces initiatives comme celle que vous venez d'organiser aujourd'hui afin d'obtenir la vérité.

Paix et salut à vous. "

 

Allocution prononcée par Pierre-Alain Tschudi,
co-président de l'Association " Jardin des disparus "
le 29 mars 2003 au Jardin des disparus

Madame le Maire,
Monsieur le Conseiller administratif,
Chère famille de disparus sahraouis,
Mesdames, Messieurs, cher-e-s ami-e-s,

Au nom de l'Association " Jardin des disparus ", je vous souhaite la bienvenue ici à Meyrin dans ce lieu auquel nous sommes très attachés, bien qu'il soit récent. Permettez-moi donc brièvement de vous faire une visite guidée. Inauguré, le 7 octobre 2000, comme le rappelle la stèle à ma droite, par des familles et proches de disparus du monde entier, ce jardin est d'abord un lieu de mémoire. Bien sûr, les familles et proches des disparus ne risquaient pas d'oublier leurs être chers, qui, un jour, leur ont été arrachés par des hommes en uniforme ou en civil et dont ils sont restés sans nouvelles pendant de longues années, pour beaucoup jusqu'à aujourd'hui. Mais pour entretenir la mémoire des disparus cela ne suffisait pas. Il fallait un lieu où cette mémoire puisse être transmise, partagée. Pour que les disparus continuent à vivre dans nos mémoires, il faut que de nouvelles personnes puissent faire leur connaissance, s'approprier leur histoire, connaître leurs engagements et poursuivre leur combat pour la justice, la démocratie et la liberté.

Le jardin des disparus est aussi un lieu de recueillement, un havre de paix, où les familles des disparus aiment à venir dans des moments où la disparition est particulièrement lourde à porter. Ainsi chaque année, le 25 décembre, nous célébrons ici une cérémonie de Noël, à l'initiative de nos amis chiliens. Mais le jardin des disparus n'est pas pour autant un cimetière. Les six arbres que nous y avons planté, un pour chaque continent et un sixième, universel, pour les droits humains, sont des symboles de vie. En se dressant vers le ciel, ils expriment bien la volonté de ne pas se laisser abattre, de puiser ici sur ce lopin de terre, force et courage pour poursuivre l'idéal des personnes disparues.

Le jardin des disparus est également un lieu de rassemblement. Depuis sa création, nous nous y sommes retrouvés à plusieurs reprises et nous y avons accueilli de nombreux représentants de familles de disparus de passage à Genève, comme les Grands-Mères de la Place de Mai, une mère kurde, la sœur de Bruno Manser, ce Suisse disparu dans les forêts de Bornéo pour s'être battu contre la destruction des forêts tropicales, et aujourd'hui vous, les familles de disparus du Sahara occidental. Il nous importe beaucoup à nous qui vivons à Genève que lorsque des défenseurs des droits humains viennent aux Nations Unies, à la commission des Droits de l'Homme, nous puissions les accueillir, leur témoigner notre solidarité, leur dire que nous sommes à leur côté dans leur combat pour la vérité et la justice. Le jardin des disparus est un lieu de rassemblement, de réunion et d'union, parce qu'au-delà de nos origines diverses, de nos parcours de vie différents, nous aspirons aux mêmes valeurs universelles de respect de la vie, de liberté et de justice.

Le jardin des disparus est enfin aussi un lieu de colère, un lieu où nous clamons notre colère contre ce qui est un crime contre l'humanité : séquestrer clandestinement des personnes, les soumettre à des conditions extrêmement pénibles, les laisser sans aucune défense, les torturer, les tuer, bafouer leur droit à une sépulture, laisser les familles dans l'ignorance et le désespoir est un crime contre l'humanité. Nous y manifestons également notre colère contre toutes les atteintes aux droits humains, comme celle qui empêche aujourd'hui des familles de disparus sahraouis, retenues par les autorités marocaines, de participer à notre rencontre et de venir témoigner sur les disparitions forcées de personnes au Sahara occidental. Nous ne pouvons pas non plus nous empêcher d'exprimer notre colère contre la guerre en Irak qui bafoue l'ensemble des Droits humains dont le plus fondamental, le droit à la vie. Il est insupportable de voir tout un peuple, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants privés d'eau et de nourritures, bombardés nuits et jours, probablement contaminés durablement par l'utilisation d'uranium appauvri. Cette guerre horrible ne fait qu'encourager la spirale de la haine, elle souille et déshonore l'être humain et la terre. Se battre pour la justice c'est aussi se battre contre la guerre, c'est se battre pour la dignité de l'être humain. Il nous faut continuer à refuser cette course à la mort et opposer à l'arrogance et au discours délirant des fauteurs de guerre une conscience planétaire. Hier soir, ici à Meyrin, sur la place des Cinq-Continents, une centaine de jeunes Meyrinois ont réaffirmé leur colère contre la guerre et leur engagement pour la paix. Cet après-midi d'autres jeunes clameront à Genève leur colère contre un ordre mondial qui accroît le fossé entre les nantis et les peuples du Sud. En joignant, ce matin, nos voix à ces cris de colère, nous opposons à ceux qui cherchent à nous plonger dans l'impuissance et la résignation un message d'espoir : Tous ensemble, de par le monde, nous élevons nos voix pour un autre monde, et la colère qui s'élève de partout contre l'injustice est plus que la simple condamnation de cette injustice, c'est une colère durable qui nécessite courage. force et persévérance. Des rassemblements comme celui d'aujourd'hui au Jardin des disparus contribuent aussi à nous redonner cette force nécessaire.

Je terminerai par remercier la commune de Meyrin qui, à notre demande, à apposer ce panneau explicatif à ma droite que nous inaugurons également aujourd'hui. Il permettra au promeneur de s'approprier ce lieu de mémoire, de rassemblement et de colère et de pouvoir ainsi, en connaissance de cause, y apporter son témoignage de solidarité.

 

Intervention de Mme Madeleine Bernasconi, maire de la Ville de Meyrin et conseillère Nationale
Cérémonie à la mémoire de tous les disparus au Sahara occidental et dans le monde

Il est bien évident qu'il serait souhaitable qu'une association telle que celle du Jardin des disparus n'ait jamais eu le besoin d'exister. Malheureusement, le monde dans lequel nous vivons nous démontre tous les jours que nous sommes encore bien loin d'une telle possibilité, et je serais même tentée de dire : d'une telle utopie. Dès lors que l'association du Jardin des disparus est une nécessité, je suis heureuse qu'elle ait trouvé son hébergement et son lieu de mémoire sur le territoire de la Commune de Meyrin. Et j'adresse aujourd'hui, au nom des autorités communales et en mon nom personnel, mes chaleureux sentiments de sympathie et d'affection à toutes les personnes présentes qui, à un titre ou un autre, sont concernées par le problème des personnes disparues.

Dans le document rédigé par la "Campagne Internationale Liberté et justice pour les disparus sahraouis", j'ai été stupéfaite d'apprendre que le nombre de disparus sahraouis représente environ 1% de la population recensée. Le document avance une comparaison avec les Etats-Unis en mettant en évidence que cela représenterait plus de 2 millions de personnes en l'occurrence. J'ai aussitôt songé à notre commune où le même pourcentage signifierait 200 personnes… Oui, notre belle Commune de Meyrin où nous avons la chance de vivre en paix ; où plus de cent nationalités se côtoient sans se déchirer. C'est une chance, certes, mais c'est aussi le résultat d'un travail auquel les autorités tant communales que cantonales ont été attentives et qui ont mis en jeu de multiples acteurs sur le terrain. Encore une fois, il y a la chance de vivre dans un pays en paix, mais il y a aussi la volonté d'être attentifs aux signes précurseurs de dérapages, de dégradations de la situation. Et les signes d'une péjoration de la situation dans notre commune ne manquent pas. Face à cela, je sais que les réponses manichéennes "ont tout faux" comme on dit communément. La volonté de vivre ensemble se cultive chaque jour, loin des "y'a qu'a" simplificateurs. En l'occurrence, je suis bien certaine que les membres de l'association du Jardin des disparus et leurs sympathisants comprennent et partagent ce point de vue, vous qui devez pouvoir compter, tôt ou tard, non seulement sur l'humanité de vos interlocuteurs, mais aussi sur l'intelligence à résoudre des conflits par un acte de raison. En effet, la haine, le rejet, ou tout simplement l'ignorance de l'autre, ne sont jamais des solutions qui résolvent quoi que ce soit à long terme. Tôt ou tard, il faut négocier, tôt ou tard, il faut faire sien, si possible, le mode de réflexion, de compréhension de l'autre. Encore une fois, la culture de la tolérance est une valeur qui se vit au quotidien à Meyrin.

Pour terminer, je suis heureuse que Meyrin et l'association Jardin des disparus accueillent ici une étape importante dans l'ensemble des manifestations consacrées aux disparus sahraouis. Il est certain que la focalisation sur d'autres événements aujourd'hui rend plus que jamais nécessaire l'attention que nous devons porter sur d'autres peuples opprimés ; peuples parfois "oubliés", tant est grande notre propension, bien humaine d'ailleurs, à nous soucier seulement de l'environnement que nous avons sous les yeux tous les jours.

Je souhaite courage, patience et pugnacité à toutes les personnes engagées dans l'association du Jardin des disparus.

 

Intervention de Mme Lehdia ELI BOUIA, au nom des représentants des familles de disparus sahraouis
Jardin des Disparus -Meyrin, samedi 29.03.03

Chers Amis,
Chers Défenseurs des disparus dans le monde, en Afrique, en Amérique Latine et en Europe,

Vous êtes ici pour défendre leur cause juste et noble, et aujourd'hui en particulier celle des disparus sahraouis.

Nous sommes présents aujourd'hui pour rendre hommage à tous ces disparus qui ont été séquestrés par des forces, que je qualifierais du mal. Dans ce lieu de recueillement, nous réaffirmons notre engagement à poursuivre notre combat pour connaître la Vérité aux côtés de tous ceux qui souffrent actuellement de cette peine, de cette douleur.

Nous disons que nous allons continuer… Continuer notre combat contre tous ces régimes, ces appareils répressifs qui oppriment les êtres humains pour le simple fait de donner une opinion ou de manifester pour leurs idées. Nous traversons un moment très particulier. C'est pourquoi nous lançons un appel fort et énergique pour l'arrêt des guerres, de toutes les guerres, qui entraînent toujours beaucoup de souffrances pour les peuples. Car ces guerres, cela a été démontré, visent les innocents, visent les personnes vulnérables.

Nous remercions tous ceux et toutes celles qui contribuent à cette noble tâche.

Merci


TEMOIGNAGE ECRIT recueilli et lu par Afifa Karmous, samedi 29.3.2003.

Je m'appelle MAHJOUB OULD CHEIKH BEN MOHAMED FADEL BEN BIDA, je suis né en 1965 à Dakhla au Sahara Occidental. J'avais trois frères et une mère, il me reste mon père et mes deux sœurs. Mon frère aîné Cheikh a été fait prisonnier par l'armée mauritanienne pendant l'invasion du sud du Sahara en 1976. En 1980 il est remis au Front Polisario. Il participe à la guérilla contre le Maroc, et meure en 1982 lors de la bataille de Smara. Selon les rumeurs Cheikh aurait eu un fils qui vivrait à Tindouf dans les camps de réfugiés, mais nous n'en savons pas plus.

Mon deuxième frère, ABDEL JILIL est né en 1960, il était homme de ménage au titre de la promotion nationale et travaillait dans la maison d'un colonel. En préparation de la visite officielle du Roi Hassan II à Dakhla, le 4 mars 1980 des marchandises ont été acheminées par bateaux.

Des agents municipaux se sont présentés chez nous, avec une personne qui travaillait avec mon frère Ahmed ould Karreb( mort il y a trois an des suites de l'explosion d'une mine). Ils ont dit à Abdel qu'ils avaient besoin de lui pour décharger la marchandise des bateaux au port de Dakhla. C'était un dimanche. Abdel Jilil les a suivi, il était 7 heures. A 11 heures, une de ces personnes nous a informés que mon frère avait été victime d'un accident provoqué par une grue et qu'il avait été transporté à l'hôpital militaire.

Nous nous sommes tous précipités à l'hôpital. Mais l'entrée était interdite par des officiels dont le gouverneur et le pacha de Dakhla, les responsables de la DST et de la gendarmerie.
Nous avons attendu devant l'hôpital. A 15 heures, on nous a informés que mon frère avait quitté l'hôpital et qu'un avion militaire l'avait évacué vers l'hôpital Souissi à Rabat. Nous ne savions pas alors où se trouvait Rabat, nous n'avions jamais voyagé. Nous n'avons pas retrouvé mon frère. Nous avons continué à le chercher. Les autorités nous répondaient parfois que Abdel Jilil était soigné en France, d'autres fois qu'il était à Rabat.

En 1984, les autorités de la willaya nous ont ordonné de leur remettre notre livret de famille. Lorsqu'il nous a été rendu, mon frère apparaissait comme étant décédé à Dakhla en 1980.
Quel médecin a-t-il constaté la mort de mon frère ? Quelles ont été les circonstances de sa mort ? Pourquoi nous a-t-on dit qu'il était blessé et soigné ? Dans quelle terre repose-t-il ?
Pourquoi sont-ils venus chercher mon frère ? Pourquoi la marine royale marocaine avait elle besoin de Abdel Jilil ? Qui va nous répondre ?

Nous avons écrit à toutes les autorités marocaines. La gendarmerie nous a répondu qu'elle ne pouvait enquêter à l'hôpital militaire et à la promotion nationale, car les archives ne sont pas conservées au delà de dix années. Mon père et moi avons été convoqués il y a quelques mois au commissariat de la police judiciaire. Ils nous ont interrogés sur nos démarches devant le Conseil Consultatif des droits de l'Homme pour faire reconnaître la disparition de mon frère. Ils nous ont menacés. Aucune réponse.

J'ai été arrêté le 14 août 1980 avec d'autres Sahraouis et emprisonné à la prison El Rahib pendant huit mois, d'autres y sont restés 11 années. A ma sortie j'ai retrouvée une mère malade, en état de choc, terrorisée. Elle ne parlera plus jusqu'à sa mort en 1982 à Laayoune, intervenue trois mois après le décès de mon troisième frère.

En 1989, j'ai été arrêté une nouvelle fois, aux environs d'Oujda au Maroc et emprisonné dans une caserne pendant un mois et demi. J'ai ensuite été transféré à Derb Moulay Chrif à Casablanca.

Pendant plusieurs mois j'y ai subi des actes de torture. Ma dignité a été violée parce que l'on me reprochait d'avoir essayé de rejoindre le Front Polisario. On m'a ensuite transféré dans une caserne à Laayoune, j'y suis restée un mois. Puis, au PC-CMI à Dakhla, j'ai été de nouveau torturé pendant 16 jours. Le 16 février 1990 j'ai été libéré.

J'ai perdu l'emploi que j'occupais dans l'administration à Fez. Je suis un paria, on m'a déchu de fait de tous mes droits. Je ne peux faire aucune démarche administrative. La police qui me persécute quotidiennement m'a prévenu : " ne te fatigue pas tu n'as aucun droit ".

Mon passé est dévasté, mon présent est confisqué.
Je demande que les circonstances de la disparition de mon frère Abdel Jili soient élucidées et que les responsables répondent enfin de leurs actes.
J'ai un petit garçon de 3 ans et demi, je voudrais que sa vie soit légère.
Dakhla le 3 novembre 2002.

 

II. COMMUNIQUES -REACTIONS REPONSES:


BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L'HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL

RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS
GENEVE / SUISSE DU 28 AU 30 MARS 2003

COMMUNIQUE URGENT
La délégation des familles de disparus sahraouis et des
Défenseurs des droits de l'Homme empêchée de
Sortir du Maroc

Le Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental (BIRDHSO), vient d'apprendre que la délégation des familles de disparus sahraouis et de défenseurs des droits de l'homme venant des territoires du Sahara Occidental sous contrôle marocain, a été empêchée par les autorités marocaines de prendre l'avion à destination de Genève (14h20 heure suisse) pour participer à une RENCONTRE DES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS les 28,29 et 30 mars. Tous et toutes étaient en possession d'un passeport valable et de visas pour la Suisse. Ces passeports, ainsi que les billets d'avion, des cassettes vidéos contenant des témoignages et d'autres papiers personnels ont été confisqués.

Le BIRDHSO s'indigne de cette mesure arbitraire des autorités marocaines visant à perpétuer le silence sur la question des disparus sahraouis en empêchant des familles de venir témoigner à l'étranger, et des militants de la défense des droits de l'homme de participer à la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU (pour laquelle ils avaient des accréditations. Alors que le Secrétaire Général de l'ONU a appelé dans son dernier rapport les parties au conflit à s'efforcer de régler le douloureux problème des disparus, le Maroc montre une fois de plus son opposition à tout règlement de ce sujet.

Le BIRDHSO exige des autorités marocaines la restitution immédiate des passeports, billets d'avion et autres documents confisqués, pour que la délégation sahraouie puisse rejoindre Genève par le prochain vol, et participer aux côtés des représentants des familles de disparus sahraouis venant des campements de réfugiés, à notre Rencontre. L'attitude du Maroc est une claire violation du droit à la libre circulation des personnes et nous appelons les organisations de défense des droits de l'homme, les organisations démocratiques et toutes les personnes éprises de liberté à intervenir auprès des autorités marocaines, des ambassades et représentations, pour que la délégations sahraouie puisse rejoindre Genève librement.

Genève, le 27.03.2003

La délégation est composées de :1/défenseurs: * DADACH MOHAMED: N 964275 * KHAYA CHEIKH: K 515573 * LAKHFAOUNI BACHER: M 929967 3* DAHANE BRAHIM: M 319943* NOUMRI BRAHIM: M 542832* GUARHI BRAHIM: N 187930 2/familles des disparus: * SIDI MOHAMED SALEM ZAIDAN: M 186582"fils du disparu HADIA MOHAMEDM'BAREK ZAIDAN" * MOHAMMED MAHMOUD MOUMEN: K 771515"fils du disparu AHMED BABAIH" * HAMMIA AHMED: N 767234"fils du disparu HAMDI OULD MOUSSA" * OULAD CHEIKH MAHJOUB: N 947062"fils d'un disparu: * TAGLABOUTE MAIMOUNA: K 529922"épouse du disparu BEIH OUBARKA" * ELQOTB HAMMA: K 285126"frère du disparu ELQOTB ELHAFED" * KIRRAOIAN MBARKA ALINA: P 166372"mère du disparu KIRRAOIAN SAID"

 

APPEL URGENT- L'OBSERVATOIRE

MAR 001/0303/0BS 017
Entraves à la liberté de circulation
Maroc
28 mars 2003

L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, vous prie d'intervenir d'urgence à propos de la situation suivante au Maroc.

Description des faits :

L'Observatoire a été informé de l'interdiction de sortie du territoire marocain de 14 défenseurs des droits de l'Homme et membres de familles de disparus Sahraouis. Ces personnes avaient obtenu leurs visas pour la Suisse afin de participer à des rencontres sur les disparitions forcées au Sahara Occidental organisées par le Bureau international pour le respect des droits de l'Homme.

Il s'agit de MM. Brahim Dahane et Bacher Lakhfaouni, anciens disparus et membres du Comité de coordination des familles Sahraouis, M. Sidi Mohammed Daddach, ancien détenu et lauréat 2002 du prix de la Fondation Rafto pour les droits de l'Homme (Norvège), MM. Brahim Noumri et Brahim Guarbi, anciens disparus et membres du" Forum Vérité et Justice-section Sahara", M. Khaya Cheikh, ancien détenu, ainsi que 8 membres de familles de disparus Saharouis.

MM. Dahane et Noumri devaient également participer à la 59ème session de la Commission des droits de l'Homme des Nations unies à Genève. Ils avaient été accrédités par l'Association internationale des juristes démocrates.

Cette interdiction leur a été signifiée, sans aucun motif, le 27 mars 2003, alors qu'ils s'apprêtaient à partir de l'aéroport de Casablanca à destination de Genève par un vol à 13h20. Ils ont été arrêtés par la police marocaine dans la zone internationale de l'aéroport qui leur a confisqué leurs passeports. Ils ont été immédiatement relâchés sans que leurs documents de voyage ne leur soient restitués.

Actions demandées :

Merci d'écrire aux autorités marocaines et de leur demander de :

i. Restituer les passeports de ces 14 personnes ;
ii. Assurer leur liberté de circulation conformément à l'article 12
du Pacte international relatif aux droits civils et politiques
ratifié par le Maroc en 1989 ;
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, en particulier à l'article 1
en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international".
iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme liant le Maroc

 


Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis
"territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain"

Communiqué

Le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain porte à la connaissance de l'opinion publique internationale que les autorités marocaines ont interdit ;le Jeudi 27 Mars 2003 ;une délégation composée de 05 défenseurs des droits de l'homme sahraouis, 07 membres des familles des disparus sahraouis et le prix RAFTO 2002 SIDI MOHAMED DADDACH , de quitter le territoire marocain à destination de Genève pour participer ; le 28, 29 et 30 Mars 2003 ; aux journées de solidarité avec les disparus sahraouis organisées dans le cadre de la Campagne International "Liberté et Justice pour les disparus sahraouis" lancée par le Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental " BIRDHSO ".Les membres de la délégation sahraouis qui s'apprêtaient à prendre l'avion pour Genève étaient interceptés par des éléments des services des renseignements marocain"DST" à l'aéroport Mohamed V à Casablanca ( Maroc) . Ils étaient soumis à des interrogatoires humiliants .Leurs passeports et leurs billets d'avion ainsi qu'un enregistrement vidéo contenant des témoignages des familles des disparus sahraouis étaient confisqués. Après la confiscation et les interrogatoires, ils étaient refoulés forcément de l'aéroport Mohamed V.

En réaction à cet acte récidive d'interdiction de la libre circulation, le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain :
· Condamne énergiquement cet acte de violation des droits de l'homme les plus élémentaires ,à savoir le droit de la libre circulation ;
· Exprime sa solidarité avec les membres de la délégation interdits de quitter le territoire marocain ;
· Appelle les organisations internationales de défense des droits de l'homme à exercer des pressions sur les autorités marocaines pour exiger la restitution des documents confisqués ;
· Salue toutes les personnalités internationales et toutes les organisations internationales de défense des droits de l'homme qui ont exprimé leur soutien à la délégation sahraouie interdite de quitter le territoire marocain ;
· Appelle Mme HINA JILANI à intervenir auprès des autorités marocaines pour exiger la protection des défenseurs des droits de l'homme sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain ;
· Interpelle le Secrétaire Général de l'ONU sur le sujet des graves violations des droits de l'homme commises par l'état marocain ; depuis le début du conflit politico-militaire que connaît le Sahara Occidental ;contre les sahraouis et l'appelle à exiger des autorités marocaines l'établissement de la vérité sur le sort des centaines de disparus sahraouis.

Le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain saisit également cette occasion pour appeler toutes les Organisations Non Gouvernementales et les délégations gouvernementales qui participent aux travaux de la 59ème session de la Commission des Droits de l'Homme à l'ONU à soutenir les démarches des Défenseurs des Droits de l'Homme au Sahara Occidental pour l'adoption ; par la CDH de l'ONU ; d'une résolution concernant le respect des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain et statuant en particulier:
· la nomination d'un Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain ;
· la constitution d'une commission internationale chargée d'établir la vérité sur les graves violations des droits de l'homme commises par l'état marocain ; depuis l'annexion forcée du Sahara Occidental par le Maroc en 1975;contre la population sahraouie civile ;
· l'envoi au Maroc du Rapporteur Spécial sur les disparitions forcées et involontaires pour enquêter sur la disparition forcée des centaines de Sahraouis ;
· l'envoi au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain du Représentant du Secrétaire Général de l'ONU pour les défenseurs des droits de l'homme pour enquêter sur les intimidations perpétrées par les autorités marocaines à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme sahraouis.

Enfin, Le collectif des défenseurs des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain renouvelle son soutien à la Campagne Internationale "Liberté et Justice pour les disparus sahraouis" lancée par le BIRDHSO et lance un appel solennel à toutes les organisations internationales de défense des droits de l'homme pour lui apporter soutien et solidarité.

Laâyoune, le 27 Mars 2003

 

FRANACE LIBERTES

France-Libertés, 22 rue de Milan 75009 Paris
téléphone : 01 53 25 10 40 - fax : 01 48 74 01 26
email : afifa.karmous@france-libertes.fr http://www.france-libertes.fr

Date : jeudi 13 novembre 2003

A l'attention de Monsieur Mustapha Sahel Ministre le l'Intérieur

Monsieur le Ministre,

La Fondation France Libertés vient d'apprendre que des personnes invitées à Genève, par le Bureau International pour le Respect des droits de l'Homme au Sahara Occidental ont été empêchées aujourd'hui même de prendre l'avion à Casablanca.
Ces personnes se sont vue confisquées leurs passeports et leurs billets d'avion.

C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir intervenir afin d'assurer la liberté de circulation des personnes suivantes :

- DADACH MOHAMED, Passeport n° N 964275
- KHAYA CHEIKH, Passeport n° K 515573
- DAHANE BRAHIM, Passeport n° M 319943
- LAKHFAOUNI BACHER, Passeport n° M 929967
- NOUMRI BRAHIM, Passeport n° M 542832
- GUARHI BRAHIM, Passeport n° N 187930
- SIDI MOHAMED SALEM ZAIDAN, Passeport n° M 186582
- MOHAMMED MAHMOUD MOUMEN, Passeport n° K 771515
- HAMMIA AHMED, Passeport n° N 767234
- OULAD CHEIKH MAHJOUB, Passeport n° N 947062
- TAGLABOUTE MAIMOUNA, Passeport n° K 529922
- ELQOTB HAMMA, Passeport n° K 285126
- DAHA ELMAALOUMA, Passeport n° K 936425
- KIRRAOIAN MBARKA ALINA, Passeport n° P 166372

Dans l'attente,

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, mes sincères salutations.

Afifa Karmous , Coordinatrice droits de l'Homme

 



Margot Keßler,
Mitglied des Europäischen Parlaments

Madame Aïcha BELARBI
Ambassadeur du Royaume du Maroc
29 Boulevard St. Michel
1040 Bruxelles
Belgique
Bruxelles,le 2 Avril 2003
Madame l'Ambassadeur,

Nous voudrons attirer votre attention sur le cas de Sidi Mohamed DADDACH (Prix de la Fondation RAFTO 2002) ainsi que celui de 12 autres Sahraouis formant une délégation des membres des familles de disparus Sahraouis et des défenseurs des Droits de l'Homme. Ils venaient des territoires du Sahara Occidental et ont été empêchés par les autorités marocaines le 27 mars d'emprunter leur vol à destination Genève.

Ces Sahraouis étaient en possession de passeports et des visas valables pour la Suisse pour participer à un meeting sur les familles de disparus Sahraouis. Ils disposaient également d'accréditation pour l'accès à la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU.

Les autorités marocaines ont confisqué leurs passeports, leurs billets d'avion ainsi que des témoignages vidéo et des documents personnels.

Nous exprimons notre vive préoccupation concernant cette situation que nous considérons comme une grave violation des droits individuels et des Droits de l'Homme.

Nous vous demandons d'interpeller en toute urgence les autorités marocaines pour qu'elles remettent aux membres de la délégation Sahraouie leurs titres de voyage, leurs billets et les documents confisquées pour que les membres de la délégation soient en mesure de se rendre à Genève et pouvoir prendre part aux travaux de la Commission des Droits de l'Homme.

Recevez, Madame l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations distinguées.


1. AINARDI, Sylviane H.
2. AUROI, Danielle
3. BAUTISTA OJEDA, Carlos
4. BERGER, Maria
5. BERTINOTTI, Fausto
6. BORDES, Armonia
7. BÖSCH, Herbert
8. BOUDJENAH, Yasmine
9. BULLMAN, Hans Udo
10. CARNERO GONZALEZ
11. CARRARO, Massimo
12. CARRILHO, Maria
13. CASHMAN, Michael
14. CAUQUIL, Chantal
15. CERCAS, Alejandro
16. CERDEIRA MORTERERO, Carmen
17. CEYHUN, Ozan
18. COLOM i NAVAL, Joan
19. COSSUTTA, Armando
20. de ROO, Alexander
21. DE ROSSA, Proinsias
22. DHAENE, Jan
23. DI LELLO FINUOLI, Giuseppe
24. DÜHRKOP DÜHRKOP, Bárbara
25. ERIKSSON, Marianne
26. ETTL, Harald
27. EVANS, Robert J.E.
28. FAVA, Giovanni Claudio
29. FLAUTRE, Helene
30. FORD, Glyn
31. FRAHM, Pernille
32. FRAISSE, Geneviève
33. FRASSONI, Monica
34. GAHRTON, Per
35. GEBHARDT, Evelyne
36. GHILARDOTTI, Fiorella
37. GONZALEZ ALVAREZ, Laura
38. GRÖNER, Lissy
39. HAZAN, Adeline
40. HOWITT, Richard
41. ISLER BÉGUIN, Marie Anne
42. IZQUIERDO COLLADO, Juan de Dios
43. JONCKHEER, Pierre
44. JOVÉ PERES, Salvador
45. KARAMANOU, Anna
46. KARLSSON, Hans
47. KESSLER, Margot
48. KINDERMANN, Heinz
49. KINNOCK, Glenys
50. KREISSL-DÖRFLER, Wolfgang
51. KRIVINE, Alain
52. KUHNE, Helmut
53. LAGUILLER, Arlette
54. LAMBERT, Jean
55. LANGE, Bernd
56. LANNOYE, Paul
57. LAVARRA, Vincenzo
58. LEINEN, Jo
59. LINKOHR, Rolf
60. LIPIETZ, Alain
61. LUCAS, Caroline
62. LUND, Torben
63. MANISCO, Lucio
64. MARSET CAMPOS, Pedro
65. MARTÍNEZ MARTÍNEZ, Miguel Angel
66. MAYOL i RANYAL, Miquel
67. McNALLY, Eryl
68. MEIJER, Erik
69. MENÉNDEZ del VALLE, Emilio
70. MILLER, Bill
71. MIRANDA, Joaquim
72. MORGAN, Eluned
73. MORGANTINI, Luisa
74. MÜLLER, Rosemarie
75. NAPOLETANO, Pasqualina
76. NOGUEIRA ROMAN,Camilo
77. ONESTA, Gérard
78. ORTUONDO LARREA, Josu
79. PIÉTRASANTA, Yves
80. PITTELLA, Giovanni
81. PRETS, Christa
82. PUERTA, Alonso José
83. ROD, Didier
84. RODRÍGUEZ RAMOS, María
85. ROTH-BERENDT, Dagmar
86. RÜHLE, Heide
87. SACCONI, Guido
88. SANDBÆK, Ulla Margrethe
89. SANDBERG-FRIES, Yvonne
90. SAUQUILLO PÉREZ DEL ARCO, Francisca
91. SCHEELE, Karin
92. SCHMID, Herman
93. SCHÖRLING, Inger
94. SCHROEDTER, Elisabeth
95. SIMPSON, Brian
96. SJÖSTEDT, Jonas
97. SKINNER, Peter William
98. SÖRENSEN, Patsy
99. SORNOSA MARTÍNEZ, María
100. STIHLER, Catherine
101. SWOBODA, Johannes (Hannes)
102. TERRÓN i CUSÍ, Anna
103. THEORIN, Maj Britt
104. TURMES, Claude
105. VACHETTA, Roseline
106. VALENCIANO MARTÍNEZ-OROZCO, María Elena
107. VAN BREMPT, Kathleen
108. van den BERG, Margrietus J.
109. VAN LANCKER, Anne E.M.
110. VATANEN, Ari
111. VATTIMO, Gianni
112. VATTIMO, Gianni
113. VINCI, Luigi
114. VOLCIC, Demetrio
115. WALTER, Ralf
116. WYN, Euryg


 

Bureau International pour le Respect
Des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina Internacional para el Respeto de
Los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of
Human Rights in Western Sahara


Monsieur le Haut Commissaire, Haut-Commissariat pour les Droits de l'Homme
Genève

Le 5 avril 2003

Monsieur le Haut-Commissaire,


Le BIRDSHO remercie votre secrétariat d'avoir accueilli une délégation de représentants de familles de disparus en date du 1er avril 2003, accompagnée d'une représentante de la Ligue Internationale pour le Droit des peuples pour les Droits et la Libération des Peuples (LIDLIP) et de moi-même. Il était important en effet que cette délégation puisse vous transmettre
- ses préoccupations concernant le sort des disparus sahraouis, son espoir de voir le Haut Commissariat pour les droits de l'homme prendre en charge cette question et demander à pouvoir se rendre dans les prisons marocaines recensées comme des lieux de détention de disparus,
- sa protestation concernant le refus du Maroc de laisser sortir des représentants de familles de disparus sahraouis et la crainte de voir ces 13 personnes et celles dont elles avaient recuilli les témoignages soumis à des intimidations et à la répression,
- son indignation concernant le comportement irrespectueux et brutal des services marocains, encadrant quelques Sahraouis ayant quitté les camps de réfugiés sahraouis, lors des manifestations que notre association a mené à Genève du 28 au 30 mars, et plus précisément lors de la soirée Témoignages-Débat organisée à l'université de Genève le samedi soir 29 mars.

Monsieur le Haut-Commissaire, nous espérons avoir prochainement de vos nouvelles, nous précisant comment vos services vont pouvoir suivre cette question et comment, si vous le voulez bien, nous pourrions établir une collaboration. Nous pouvons vous assurer que nous vous tiendrons au courant des suites de nos rencontres de Genève. Vous trouverez également le double de la lettre de protestation que nous avons envoyée à l'Ambassade du Maroc à Berne.

Veuillez recevoir, Monsieur le Haut-Commissaire, l'expression de nos sentiments les plus distingués.


Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif


Madame Jilani Représentante spéciale Pour les défenseur des droits de l'homme
Genève

Le 5 avril 2003

Madame le Représentante spéciale,

Notre organisation a lancé depuis l'automne 2002 une campagne pour la disparition de la disparition au Sahara occidental. En effet, depuis plus de 25 ans, des civils ont été enlevés dans le territoire du Sahara occidental et se trouvent toujours incarcérés illégalement (sans jugement) dans des prisons marocaines. Ils sont encore plusieurs centaines bien que le Maroc réfute cette affirmation comme il l'avait déjà fait pour Tazmamart et pour les disparus sahraouis qu'il a libérés en 1991.

L'appel que nous avons lancé a recueilli plus de 6000 signatures provenant de plus de 20 pays dont le Maroc, le Etats-Unis, le Japon, la France, le Sahara occidental, la Suisse, l'Autriche, L'Italie, l'Australie, l'Algérie, le Luxembourg et les camps de réfugiés sahraoui . Comme vous le verrez, il est adressé aux gouvernements marocain et espagnol et à l'ONU, à travers sa Commission des droits de l'homme. Nous tenons cependant a vous en informer, connaissant votre intérêt pour le sort des victimes de ce conflit. Il est évident que la question des disparus, comme celle d'ailleurs des prisonniers de guerre, est un point humanitaire qui devrait pouvoir être traité actuellement par les deux parties. Malheureusement, aucune organisation onusienne n'intervient auprès du Maroc pour que le gouvernement de ce pays ouvre ses prisons et ses bagnes à des délégations qu'elle déléguerait sur place. Et pendant ce temps, l'espoir de retrouver ces disparus vivants s'amenuise de plus en plus.
Nous espérons que vous répondrez favorablement à cet appel et mettrez tout en œuvre pour sortir du silence et du non droit la question des disparus sahraouis.

Dans le cadre de notre campagne, une rencontre devait réunir à Genève des représentants de familles de disparus venant des camps de réfugiés sahraouis et du Sahara occidental. Une façon aussi de permettre à des familles de se retrouver parfois après 25 ans de séparation. Vous traitez de cette question et des efforts à faire dans votre dernier rapport.

Malheureusement seuls les Sahraouis des camps de réfugiés ont pu se retrouver à Genève. Les 13 Sahraouis du Sahara occidental ayant un passeport marocain valable, un visa de l'Ambassade suisse de Rabat et un billet d'avion aller-retour ont vu leur passeport confisqué ainsi que tous les documents qu'ils comptaient apporter à Genève. Nous sommes préoccupés par les intimidations qu'ils pourraient subir ainsi que les personnes habitant au Sahara occidental leur ayant confié des témoignages. Comme Représentante spéciale pour les Défenseurs des droits de l'homme, nous vous demandons de prendre des nouvelles des 13 personnes interdites de sortie (dont plusieurs appartiennent à des associations de défense des droits de l'homme) et d'intervenir auprès des autorités marocaines pour assurer leur sécurité et celles des personnes des personnes concernées.
Les forces onusiennes sont sur place et il nous semble

indispensable, pour la sécurité des défenseurs des droits de l'homme, de demander à la MINURSO de veiller sur leur situation. Nous avons protesté auprès du gouvernement marocain, en écrivant à son Ambassade à Berne pour dire à la fois notre préoccupation concernant l'événement relaté ci-dessus et plusieurs et le comportement irrespectueux et brutal des services marocains, encadrant quelques Sahraouis ayant quitté les camps de réfugiés sahraouis, lors des manifestations que notre association de défense des droits de l'homme a mené à Genève du 28 au 30 mars, et plus précisément lors de la soirée Témoignages-Débat organisée à l'université de Genève le samedi soir 29 mars. Vous trouverez copie de cette lettre dans ce courrier.

Madame la Représentante spéciales pour les défenseurs des droits de l'homme, nous espérons avoir prochainement de vos nouvelles, nous précisant quelles décisions vous pensez prendre pour assurer la sécurité des Sahraouis défenseurs des droits de l'homme. Nous vous prions de recevoir, l'expression de nos sentiments les plus distingués.


Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif

 

Monsieur l'Ambassadeur du Royaume du Maroc
Berne

Genève, le 30 mars 2003


Concerne : protestation contre l'interdiction de sortie du Maroc de 13 ressortissants sahraouis, représentant de familles de disparus sahraouis et défenseurs des droits de l'homme.

Monsieur l'Ambassadeur,

Voilà une lettre que nous aurions espéré ne jamais devoir vous envoyer. En effet, nous avons pensé, naïvement sans doute, jusqu'au jeudi 27 mars à 14h que nous pourrions accueillir les 13 sahraouis provenant du Sahara occidental qui devaient se rendre à Genève dans le cadre des manifestations Liberté et justice pour les disparus sahraouis. Notre organisation, le Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara occidental mène une campagne depuis l'automne dernier sur la question de la disparition et a fait signer un appel dont vous trouverez le texte ci-joint. Cet appel a été signé par plus de 6000 personnes, venant de très nombreux pays et région comme l'Italie, la France, Les Etas-Unis, l'Australie, l'Algérie, la Finlande, le Maroc, le Luxembourg, la Mauritanie, la Slovénie, le Sahara occidental, la Hongrie et les camps de réfugiés sahraouis. Parmi les signataires, nous trouvons notamment des ministres de plusieurs pays, de nombreux élus communaux et nationaux, des familles de disparus sahraouis, des professeurs d'université, des journalistes, des Organisations non-gouvernementales s'occupant, entre autres, de la question de la disparition forcée.

Il nous semblait important, qu'à l'occasion de la Commission des Droits de l'Homme à Genève qui se tient du 17 mars au 25 avril, des délégations de familles de disparus sahraouis venant du Sahara occidental et des camps de réfugiés se retrouvent et remettent cet appel à l'Ambassade d'Espagne auprès des Nations-Unies, auprès de l'Ambassade du Maroc auprès de l'ONU et auprès des Nations Unies. L'objectif de cette rencontre était de rompre le silence qui recouvre depuis trop longtemps le drame des disparus sahraouis.

Or, nous avons appris jeudi 27 que votre gouvernement empêchait les 13 représentants de familles de disparus sahraouis de se rendre à Genève, confisquant leur passeport à l'aéroport de Casablanca. Ces personnes avaient pourtant des passeports valables, un visa établi par l'Ambassade suisse à Rabat et un billet d'avion aller-retour. Non seulement votre gouvernement leur a retiré leur passeport mais leur a pris également tous les documents qu'ils avaient concernant la disparition forcée. Qu'en déduire ? Que combattre la disparition forcée, que rechercher la vérité sur les centaines de disparus sahraouis, qu'exiger de savoir s'ils sont vivants ou morts fait donc peur à votre gouvernement ?

Nous vous prions de transmettre notre protestation à votre gouvernement qui s'est rendu coupable d'une nouvelle violation des droits de l'homme en entravant la liberté de circulation de ces 13 personnes. Nous exigeons qu'elles retrouvent leur passeport et leur liberté de circuler immédiatement. Nous exigeons également de votre gouvernement qu'il nous rembourse sans tarder les billets d'avion qu'il s'est approprié. Vous trouverez ci-dessous notre CCP.

Préoccupés par les intimidations que pourraient subir les personnes qui devaient venir à Genève, nous contactons actuellement des ambassades à Rabat et des Organisations non-gouvernementales pour qu'elles s'informent de leur sécurité. Nous intervenons également auprès de l'ONU, de son Secrétaire général, de la Présidente de la Session des Droits de l'Homme, de la Représentante spéciale pour les défenseurs des Droits de l'Homme.

Monsieur l'Ambassadeur, nous pourrions encore vous entretenir sur la façon dont vos services s'approprient les manifestations que nous organisons (voir les communiqués de la MAP de ces jours derniers), sur le spectacle absolument désolant et scandaleux qu'ils ont donné lors de notre soirée à l'université, mais nous voudrions tout d'abord nous en tenir à l'essentiel et venir vous présenter nous-même notre protestation et vous remettre les signatures de l'Appel cité plus haut ; l'Ambassade marocaine auprès des Nations-Unies à Genève n'ayant pas daigné répondre à la demande qui lui a été faite.

En espérant recevoir de vos nouvelles et des propositions de dates pour un rendez-vous (nous sommes tous des bénévoles ayant un travail professionnel), nous vous envoyons, Monsieur l'Ambassadeur, nos salutations distinguées.

Copie à : - Département des Affaires Etrangères du gouvernement suisse
- Secrétaire général de l'ONU
- Représentante spéciale pour les défenseurs des droits de l'homme
- Haut-Commissaire pour les droits de l'homme
- ONG (s)
- Mission diplomatiques

 

Monsieur Kofi Annan Secrétaire Général de l'ONU
New-York

Le 5 avril 2003

Monsieur le Secrétaire général,

Notre organisation a lancé depuis l'automne 2002 une campagne pour la disparition de la disparition au Sahara occidental. En effet, depuis plus de 25 ans, des civils ont été enlevés dans le territoire du Sahara occidental et se trouvent toujours incarcérés illégalement (sans jugement) dans des prisons marocaines. Ils sont encore plusieurs centaines bien que le Maroc réfute cette affirmation comme il l'avait déjà fait pour Tazmamart et pour les disparus sahraouis qu'il a libérés en 1991.

L'appel que nous avons lancé a recueilli plus de 6000 signatures provenant de plus de 20 pays dont le Maroc, le Etats-Unis, le Japon, la France, le Sahara occidental, la Suisse, l'Autriche, L'Italie, l'Australie, l'Algérie, le Luxembourg et les camps de réfugiés sahraoui . Comme vous le verrez, il est adressé aux gouvernements marocain et espagnol et à l'ONU, à travers sa Commission des droits de l'homme. Nous tenons cependant a vous en informer, connaissant votre intérêt pour le sort des victimes de ce conflit. Il est évident que la question des disparus, comme celle d'ailleurs des prisonniers de guerre, est un point humanitaire qui devrait pouvoir être traité actuellement par les deux parties. Malheureusement, aucune organisation onusienne n'intervient auprès du Maroc pour que le gouvernement de ce pays ouvre ses prisons et ses bagnes à des délégations qu'elle déléguerait sur place. Et pendant ce temps, l'espoir de retrouver ces disparus vivants s'amenuise de plus en plus.
Nous espérons que vous répondrez favorablement à cet appel et mettrez tout en œuvre pour sortir du silence et du non droit la question des disparus sahraouis.

Dans le cadre de notre campagne, une rencontre devait réunir à Genève des représentants de familles de disparus venant des camps de réfugiés sahraouis et du Sahara occidental. Une façon aussi de permettre à des familles de se retrouver parfois après 25 ans de séparation. Vous traitez de cette question et des efforts à faire dans votre dernier rapport.

Malheureusement seuls les Sahraouis des camps de réfugiés ont pu se retrouver à Genève. Les 13 Sahraouis du Sahara occidental ayant un passeport marocain valable, un visa de l'Ambassade suisse de Rabat et un billet d'avion aller-retour ont vu leur passeport confisqué ainsi que tous les documents qu'ils comptaient apporter à Genève. Nous sommes préoccupés par les intimidations qu'ils pourraient subir ainsi que les personnes habitant au Sahara occidental leur ayant confié des témoignages. Nous vous demandons d'intervenir auprès des autorités marocaines pour assurer la sécurité des personnes concernées. Nous vous demandons de mandater la MINURSO pour garantir la sécurité de la population sahraouie du Sahara occidental et en particulier les 13 personnes interdites de sortie du Maroc.


Nous avons protesté auprès du gouvernement marocain, en écrivant à son Ambassade à Berne pour dire à la fois notre préoccupation concernant l'événement relaté ci-dessus et plusieurs et le comportement irrespectueux et brutal des services marocains, encadrant quelques Sahraouis ayant quitté les camps de réfugiés sahraouis, lors des manifestations que notre association a mené à Genève du 28 au 30 mars, et plus précisément lors de la soirée Témoignages-Débat organisée à l'université de Genève le samedi soir 29 mars. Vous trouverez copie de cette lettre dans ce courrier.

Monsieur le Secrétaire général, nous espérons avoir prochainement de vos nouvelles, nous précisant comment vos services vont pouvoir assurer la sécurité des Sahraouis sur un territoire où se trouve l'administration onusienne. Nous vous prions de recevoir, l'expression de nos sentiments les plus distingués.

Christiane Perregaux
Membre du bureau exécutif


III. PRESSE, AGENCES …

LOS MISERABLES
ROSA MONTERO
EL PAIS, 8 DE ABRIL 2003

Ojalá el angustioso conflicto con Irak sirviera para algo.
Me gustaría creer que la visión abrumadora que los medios nos muestran en primer plano, de todas esas Imágenes terroríficas de niños desmembrados y civiles enloquecidos por la pena,educará la sensibilidad occidental, enseñandonos los verdaderos horrores de la guerra, de todas las guerras; y que esto nos hará a todos mas reacios antes las aventuras belicistas, mas beligerantes para luchar contra las atrocidades, en vez de cerrar oidos y ojos como hicimos, por ejemplo, con los 200.000 muertos que los rusos causaron en Chechenia. Pero, la verdad, tampoco me fio mucho de que suceda algo así. Porque los humanos somos seres desmemoriados y acomodaticios¸y una vez pasado el primer paroxismo de miedo y de furia, todo se nos borrará placidamente de la memoria.
De eso se aprovecharán los miserables. De nuestra falta de consecuencia y perseverancia. Por ejemplo,pensemos en los fabricantes y vendedores de bombas racimo. Resulta inconcebible que haya gente diseñando esta clase de armas (científicos que estudian sesudamente las trayectorias mas dañinas y descuartizantes); y que algunos individuos se están haciendo ahora mismo de oro por romper los cuerpos de los irakies con esas bombas; y que esos tipos vistan trajes cruzados, tengan abonos de ópera y pertenezcan a lo mejorcito de la sociedad occidental. Que blando olvido el nuestro, que flacidez moral al aceptarlo.
Por no hablar de los oportunistas que usan la crisis de Irak para cometer de tapadillo sus fechorías. Como Fidel Castro, que ha detenido a 78 opositores por el simple hecho de opinar distinto y les ha sometido a una pamema de juicio en el que se les pide 20 años de carcel o cadena perpétua. O como los rusos, que han celebrado un referendum en Chechenia que, según todos los indicios, ha sido una farsa. O como Marruecos, que sigue hostigando a los saharauis (el 28 de marzo impidió salir del país a un grupo de familiares de desaparecidos que iban a un encuentro en Ginebra). Los miserables nunca duermen, mientras que la perezosa opinión internacional parece que sólo puede tener un asunto grave a la vez en la cabeza. Y ni siquiera, me temo, por mucho tiempo.

 

Sáhara.- Marruecos impide a trece saharauis viajar a Ginebra para participar en una reunión de DDHH, según el Polisario


BRUSELAS, 28 Mar. (EUROPA PRESS) El Gobierno marroquí impidió ayer a trece saharauis viajar a Ginebra para asistir a una reunión relacionada con la sesión de la Comisión de Derechos Humanos de la ONU, cuando se disponían a tomar un avión en Casablanca, según informó a Europa Press el responsable para Europa del Frente Polisario, Mohamed Sidati. La delegación saharaui pretendía dirigirse a Ginebra para participar en un encuentro de familias de desaparecidos, organizado por la Oficina para el Respeto de los Derechos Humanos en el Sáhara Occidental (BIRDSO) en el marco de la 59 sesión de la Comisión de Derechos Humanos de la ONU. Sin embargo, cuando iban a presentar la documentación en el control de aduanas del aeropuerto de Casablanca, la Policía marroquí les requisó sus pasaportes y objetos personales, conminándoles a volver a sus respectivos domicilios. El grupo de trece saharauis estaba compuesto por familiares de desaparecidos, antiguos presos de las cárceles marroquíes y defensores de los Derechos Humanos, entre ellos Mohamed Daddach, galardonado el pasado año con el premio de Derechos Humanos de la Fundación Rafto, con base en Noruega. El Frente Polisario condenó "enérgicamente" esta decisión tomada por las autoridades marroquíes. "Se trata de un acto grave que se añade a otros y testimonia el recrudecimiento de la represión contra las poblaciones saharauis, en un momento en el que la atención del mundo se centra en la guerra de Irak", indicó Sidati. Asimismo, hizo un llamamiento a todos los defensores de los Derechos Humanos para que intervengan ante las autoridades marroquíes y exijan a Rabat la restitución inmediata de la libertad de movimiento a estos saharauis.



Sahraouis retenus au Maroc pour "hostilité" à l'intégrité territoriale (Rabat)
(AFP 29/03/2003)

RABAT, 29 mars (AFP) - Une délégation de Sahraouis empêchés jeudi de se rendre à Genève au départ du Maroc pour témoigner devant une commission des Nations unies l'ont été en raison de leur "hostilité à l'intégrité territoriale" du royaume, a indiqué samedi à Rabat l'agence marocaine MAP.
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme et la Fondation France Liberté avaient protesté vendredi contre cette mesure qui a touché 14 Sahraouis qui voulaient témoigner, devant la 59ème session de la Commission des droits de l'Homme de l'ONU, des "disparitions forcées" au Sahara occidental.Selon la MAP, qui cite une "source proche du ministère de l'Intérieur", ce "groupe d'individus" a été empêché de se rendre à Genève parce qu'il comptait mener des "actions hostiles à l'intégrité territoriale du royaume".
"Tout en demeurant attaché au respect des droits de l'Homme et à la garantie de l'excercice des libertés pour tous les citoyens, a ajouté cette source, le Maroc ne saurait en aucun cas tolérer des activités visant à porter atteinte à son intégrité territoriale, qui est une cause sacrée pour l'ensemble du peuple marocain".
Le Maroc et le Front Polisario se disputent la souveraineté du Sahara occidental. Appuyé par l'Algérie, le Front Polisario, qui a longtemps mené une lutte armée, revendique l'indépendance du Sahara occidental, une ancienne colonie de l'Espagne envahie en 1975 par le Maroc.
© Copyright AFP

 


Et la presse marocaine : désinformation et propagande interne. Sans commentaires…

Maroc-Sahara: Echec de manoeuvres visant à museler des rescapés de Tindouf lors d'une parodie de débat à Genève
(Par Mostafa Benhamza)

Genève, 30/03/03 - Des sympathisants du "Polisario" ne sont pas parvenus, samedi soir à Genève,en dépit de maintes manoeuvres et de tentatives désespérées, à empêcher des dizaines de rescapés des camps de Tindouf (Sud algérien) de s'exprimer devant une soi-disant
"Conférence-débat" et de prendre la parole pour apporter un témoignage vivant sur les sévices qu'ils ont subis dans leur corps dans les geôles des sécessionnistes.

Organisée par le "Bureau International pour le respect des Droits de l'homme au Sahara occidental" (BIRDHSO), en collaboration avec le quotidien suisse "Le Courrier", ce qui était annoncé comme devant être une "conférence-débat" sur "la disparition forcée au Sahara", organisée dans les locaux de l'Université de Genève, s'est avérée être en définitive une vaste mascarade, les organisateurs multipliant les man¦uvres procédurales pour empêcher les sahraouis ayant regagné leur pays de prendre la parole.

Lors de ce "débat" animé par Mme Perregeaux, du Comité suisse de soutien au "Polisario", sous le regard bienveillant et approbateur de Christian Viret, Président du BIRDHSO, tout a été fait pour empêcher les rescapés de l'enfer des camps de Tindouf de s'exprimer. Monopolisant la parole durant deux longues heures pour débiter les mêmes théories éculées d'un "Polisario" de toute évidence dépassé par les événements, les organisateurs ont tenté par tous les moyens d'éviter que la parole soit donnée à ces dizaines de sahraouis qui portent encore sur leurs corps les traces indélébiles de tortures et sévices subis dans les camps du "Polisario".

Excédés et indignés par un comportement aussi peu démocratique et aussi partial, les sahraouis rescapés ont réagi vigoureusement, refusant de voir ainsi reconstituer, au coeur de l'Université de
Genève, les mêmes schémas totalitaires et anti-démocratiques prévalant dans les camps de Tindouf. Et ce n'est que grâce à leurs protestations véhémentes que les organisateurs, mis dos au mur et soucieux de cacher leur jeux devant l'assistance, se sont vus acculés, à l'issue de près de deux heures de "débat" à sens unique, à donner brièvement la parole à deux ou trois d'entre ces sahraouis.

Une parole, qui avait la force du témoignage et de l'authenticité, relatant des drames incommensurables et des exactions en tous genres commis dans les camps de Tindouf par les sbires du "Polisario". Les rescapés des camps de la peur n'ont pas manqué, dans ce contexte, et en présence de représentants de diverses ONG des droits humains, dont Amnesty International, de dénoncer la présence à ce "débat" de Mohamed Lamine Ahmed, Alias Laili Mahmoud, ancien Premier ministre de la fantomatique "RASD", qu'ils ont reconnu pour avoir supervisé des
séances de torture de nombreux détenus.

Les dizaines de sahraouis ayant fui la répression des camps ne comprenaient pas, par ailleurs, comment la porte-parole de "France-Libertés", Mme Karmous, qui apportait au "débat", un témoignage recueilli selon elle auprès d'un proche d'une personne "disparue" lors d'une récente visite à Laayoune, pouvait se réclamer de l'impartialité qu'exige le combat des Droits humains, tout en cautionnant la mascarade de ce "débat" et en acceptant le silence imposé à ces dizaines de sahraouis, témoignages vivants des violences subies dans les geôles du "Polisario".

Ils ne comprenaient pas non plus pourquoi Mme Karmous avait omis délibérément d'évoquer les nombreux cas de disparition portés à sa connaissance par des rescapés des camps de Tindouf lors de cette même visite à Laayoune.

L'atmosphère devenait tendue, voire explosive. Le débat n'était plus à l'intérieur de la salle de conférence, mais à l'extérieur, dans la cour de l'Université genevoise. C'était plus qu'il n'en fallait pour les chevilles ouvrières de cette "conférence-débat" à sens unique, M. Viret et Mme Perregeaux, qui, dans tous leurs états et hors d'eux-mêmes, allaient de groupe en groupe pour tenter de convaincre ceux qui le voulaient bien, que cette confusion était le fait des "autorités marocaines". Mais force est de constater que les deux porte-voix du "Polisario" en Suisse étaient dépassés par les événements.

Un peu partout, des groupes se constituaient ici et là, regroupant rescapés des camps de Tindouf et sahraouis "encadrés" par le "Polisario". Et l'on pouvait entendre ces derniers expliquer aux premiers leur lassitude face à la situation dans laquelle ils se trouvaient. L'on pouvait ainsi mesurer tout le désarroi et le désespoir de ces sahraouis séparés de leurs familles et tenus éloignés de leur mère-patrie par la force d'une impitoyable instrumentalisation politique de leur tragédie.

Le moins que l'on puisse dire est que cette "conférence-débat" était bien à l'image du "Polisario" moribond et de ses soutiens inconditionnels qui, en Suisse comme ailleurs, ont bien du mal à accepter l'évolution du monde et des mentalités.

Agrippés à leur certitude et leurs dogmes, les BIRDHSO, Comité suisse de Soutien au "Polisario", et autres entités du genre, ont du mal à s'adapter à la nouvelle donne qui émerge peu à peu, en vue de parvenir à un règlement définitif de la question dite du Sahara, dans le respect de la souveraineté marocaine.

Une telle évolution leur fait peur, les déstabilise et les place dans une situation inconfortable. Et la confusion et la fébrilité qui ont entouré la "conférence-débat" de samedi soir témoignaient bien de cette peur.

©MAP 2003

 

Sahara: Important collectif d'ONG sahraouies à Genève pour dénoncer la situation dans les camps de Tindouf

Genève, 27/03/03 - Un important Collectif d'ONG actifs dans le domaine des Droits de l'Homme au Sahara marocain séjourne cette semaine à Genève pour mener, en marge des travaux de la Commission des Droits de l'homme, une série d'actions d'information et de sensibilisation sur la tragédie vécue depuis plus d'un quart de siècle par les populations sahraouies séquestrées dans les camps de Tindouf, sur le sol algérien.

Composé de près d'une dizaine d'ONG sahraouies, le Collectif s'attachera d'informer l'opinion publique internationale, les Organisations des Droits humains, les délégations gouvernementales aux travaux de la Commission des Droits de l'homme, ainsi que les médias Suisses et internationaux, sur la détérioration de la situation humanitaire et les violations des droits humains les plus élémentaires des populations sahraouies dans les camps de Tindouf.

Mais surtout, les membres du Collectif, tous anciens pensionnaires des camps du "polisario", ralliés au Maroc dans une fuite éperdue des pires violations que l'on puisse imaginer, pourront témoigner de manière criante de ces violations, eux dont les corps portent de manière indélébile les traces des tortures et du calvaire subis dans ces camps. Ce faisant, ils contribueront activement aux efforts visant à lever le voile sur l'une des plus tragiques supercheries des temps modernes, celle-là même qui a accouché d'une utopie ayant pour nom "Polisario".
A cette fin, le Collectif d'ONG sahraouies tiendra vendredi un rassemblement sur la Place des Nations, face au Palais des Nations. Lors de cette manifestation, le Collectif remettra à la presse suisse et internationale des appels adressés au président algérien, à la présidente de la Commission des Droits de l'homme, au Secrétaire Général de l'ONU, et aux grandes organisations des Droits humains, telle Amnesty International.

Ces appels invitent la Communauté internationale à intensifier ses efforts en vue de mettre fin au calvaire des populations vivant dans des conditions humanitaires déplorables dans les camps de Tindouf, et de faire pression pour la libération inconditionnelle et sans délais de quelque 1160 prisonniers de guerre marocains encore détenus par les séparatistes, au mépris des dispositions du Droit international.
Le même jour, des membres du collectif organiseront, en collaboration avec la grande ONG des Droits humains Interfaith, une Conférence-Débat sur le même sujet.
Samedi en fin de matinée, les membres du Collectif participeront à une Cérémonie organisée à Meyrin (périphérie de Genève) en l'honneur de "tous les disparus dans le monde", et en fin de journée, à une Conférence-Débat organisée dans l'enceinte de l'Université de Genève autour du thème de la disparition forcée au Sahara. Deux occasions que le collectif compte mettre à profit pour dénoncer les nombreuses disparitions survenues dans les sinistres geôles du "polisario", en s'appuyant sur une liste de disparus sahraouis.

Le Collectif d'ONG en question est composé de MM. Houcine Baida, président de l'Association des Parents des Sahraouis victimes de la Répression dans les camps de Tindouf (PASVERTI), Bachir Edkhil, Président de l'Association " Alter Forum ", Ramdane El Massoudi et Dahi Aguai, de l'Association des Victimes des violations des droits de l'homme dans les Prisons du Polisario " ASVIPO ", Tarrouzi Ahmed, Président de l'Association Tribune Sahraouie pour l'Unité et la Fraternité, Abadila Semlali, Président de l'Association de Défense de la Marocanité du Sahara et des Séquestrés de Tindouf, El Idrissi Bellali, Président de l'Association de la Marche et de l'avenir, et Saida Tazi, Président de l'Association Al Massira pour la Défense des Droits des Séquestrés et prisonniers Marocains aux camps de Tindouf.


©MAP 2003

 

Rencontre avec le Groupe de Travail sur les Disparitions forcées ou involontaires

Le 24 avril 2003, dans le cadre de sa 69ème session du qui s'est tenue à Genève du 22 au 25 avril, Abdeslam Omar Lahcen (Président de l'AFAPREDESA) et Christian Viret (Président du BIRDHSO) ont été reçus par le Groupe de Travail sur les disparitions forcées ou involontaires, au Palais Wilson (Siège du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU). Le Président du Groupe, M. Diego García Sayán a dirigé l'entretien.

Abdeslam Omar Lahcen a fait le point de la situation des disparitions forcées au Sahara Occidental, transmettant une liste de 286 noms de disparus. Il a rappelé les difficultés rencontrées pour l'élaboration de ces listes, tout en s'engageant à transmettre régulièrement toute nouvelle information.

Christian Viret, après avoir informé de la récente Rencontre des Familles de Disparus Sahraouis à Genève, a fait part de sa préoccupation quant à la situation des familles et des défenseurs sahraouis des droits humains retenus à Casablanca par les autorités marocaines, leurs passeports et titres de transport étant toujours confisqués.

M. Diego Garcia Sayan a indiqué que le Groupe de Travail pourrait interpellé le Maroc sur la situation de ces personnes, car elles sont liées au thème de la disparition forcée.

L'engagement a été pris de poursuivre et développer l'information mutuelle.

 


Remerciements

Nous remercions sincèrement toutes celles et tous ceux qui ont contribué au succès de cette première rencontre.
Tout d'abord, nos remerciements vont aux familles de disparus sahraouis et aux défenseurs sahraouis des droits de l'homme ; ceux des zones occupées, empêchés de venir à Genève par les autorités marocaines, et ceux des campements de réfugiés présents dont la participation a été remarquable.

Nos remerciements également à la Ville de Genève, aux villes de Lancy et Meyrin pour leurs contributions et participation ;
À l'Association du Jardin des Disparus de Meyrin, pour sa solidarité et son aide (en particulier merci à Tina, Jenny et Pierre-Alain) ;
Au Collectif espagnol de Genève pour son soutien inébranlable et permanent ;
À Pancho Gonzalez, pour sa participation artistique et militante ;
À Caroline et Nathalie, pour les prises vidéo ;
À la Ligue Suisse des Droits de l'homme, la LIDLIP, la FEDEFAM…
Aux chauffeurs bénévoles ;
Et à toutes les participantes et participants pour leur présence chaleureuse.


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