Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina International para el Respeto de los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of Human Rights in Western Sahara

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EL KARAMA N° 8

DIGNITE

   Lettre de la prison de Kénitra

Le 14 avril 1995, un envoyé de la Croix-Rouge internationale m'a rendu visite pour faire un rapport... Mais ici, à la prison de Kénitra, je vis dans des conditions insupportables après 16 ans de prison. Je n'ai plus la force ni la santé ni le moral pour supporter cette situation qui devient de plus en plus nuisible.
Mes cousins qui viennent me voir d'El Ayoun ou de Smara ne peuvent pas me voir directement. Il y a toujours des barreaux et des grilles entre nous.
Je ne peux même pas voir nettement leur visage ou entendre ce qu'ils me disent, eux qui ont traversé plus de 1300 kilomètres pour venir me voir.
J'ai demandé d'être transféré auprès d'eux pour leur éviter ce long et dangereux voyage que beaucoup de mes cousins n'ont pas les moyens de
payer, mais jusqu'à aujourd'hui, personne ne veut parler de ce sujet.
Le 18 septembre 1995, le ministre des droits de l'homme nous a rendu visite. J'ai discuté avec lui de tous mes problèmes. Il m'a dit qu'il va m'aider à
avoir tout ce que je demande, mais jusqu'à maintenant je n'ai rien vu de ses promesses.

Daddach M., Sahraoui
No écrou 19790
Prison centrale
Kénitra - Maroc

 

 

Kelthoum Ahmed Labid El - Ouanat
        Prisonnière d'opinion

Amnesty International publie:

Kelthoum, une jeune femme de 24 ans, originaire de Smara (Sahara occidental) est actuellement incarcérée dans la prison militaire de Ben Sergaou, non loin d'Agadir, dans le sud du Maroc. Elle y purge une peine de 20 ans d'emprisonnement qui lui a été infligée en juillet 1993 par un tribunal militaire marocain.
Cette femme a été arrêtée en octobre 1992, en même temps que quatre autres personnes, à la suite de manifestations qui se sont déroulées à Smara et dans d'autres villes du Sahara occidental. De très nombreux jeunes Sahraouis - selon certaines sources plusieurs centaines - ont été arrêtés à l'occasion de cette action menée en faveur de l'indépendance du Sahara occidental. Les manifestants protestaient également contre la tenue des élections législatives marocaines au Sahara occidental et réclamaient la libération des prisonniers et disparus sahraouis.

Huit jeunes Sahraouis ont été interpellés en mai 1995 dans des conditions rappelant l'arrestation de Kelthoum Ahmed Labid El-Ounat. Tous âgés de 18 à 20 ans, ils ont été accusés d'avoir participé à une manifestation pacifique organisée à El Ayoun en faveur de l'indépendance. Ils ont été maintenus au secret pendant plus de 5 semaines au cours desquelles ils auraient été maltraités et torturés. Ils ont été jugés à huis clos le 21 juin 1995 par le tribunal militaire de Rabat, pour atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat et à l'intégrité territoriale du Maroc. Les jeunes gens ont nié, à l'audience, avoir organisé la manifestation ou y avoir participé. Ils ont affirmé qu'ils avaient été contraints de signer les déclarations après avoir éré torturés notamment à l'électricité; leurs plaintes n'ont toutefois fait l'objet d'aucune enquête.

Dans leur déclaration, les jeunes gens avouaient qu'ils avaient confectionné et transporté des drapeaux du Front Polisario et qu'ils avaient organisé la manifestation et y avaient participé en scandant des slogans favorables à l'indépendance. Reconnus coupables, ils ont été condamnés à des peines comprises entre 15 et 20 ans de prison.

La déclaration de culpabilité et les lourdes peines infligées en 1993 à Kelthoum El Ounat et à ses co-accusés, ainsi qu'en 1995 aux 8 jeunes gens mentionnés plus haut, marquent le début d'une nouvelle politique de violations systématiques des droits fondamentaux des Sahraouis qui exercent ou sont soupçonnés d'exercer des activités non violentes en faveur de l'indépendance. Cette pratique a renforcé les restrictions à la liberté d'expression et d'association au Sahara occidental.

Amnesty International considère Kelthoum Ahmed Labid El Ouanat et les personnes incarcérées avec elle comme des prisonniers d'opinion dont elle réclame la libération immédiate et sans condition.

Document d'Amnesty (français et anglais) disponible auprès du Bureau.
Nous avons également à votre disposition le témoignage de Kelthoum. Il s'agit de la retranscription d'une bande sonore qui est parvenue à l'AFAPREDESA de la caserne militaire de Bensergaoui où elle est incarcérée.

Nouvelles de l'AFAPREDESA    Au début du mois de novembre 1995, des dizaines de citoyens sahraouis ont été arrêtés et torturés dans le centre de détention secret de PC CMI (Poste de commandement des compagnies mobiles d'intervention) à El Ayoun. Parmi eux figurent:

   1.Fatma Zaar
   2.Mohamed Hamdi
   3.Gleimina Tayeb Yazid
   4.Alamine Abdelkader Daagj
   5.Bamba Mohamed Gay
   6.Mohamed Salem Abdelhay
   7.Mokhtar Jnah
   8.Bachir Atman L'Hossein Lekhfaoui
   9.Mohamed Fadel Boussoula
  10.Brahim Sbaa
  11.Bachir Ali Saleh Abbat
  12.Sid Ahmed Fal
  13.Abdellah Moulay Ahmed Chichiou
  14.Boujemaa Kadar

La plupart de ces citoyens sont d'anciens prisonniers d'opinion et avaient déjà été détenus pendant plusieurs années dans des centres secrets dont celui de Kalaat M'gouna, Agdz, Skoura... L'AFAPREDESA craint qu'ils ne disparaissent à nouveau.

Malgré les difficultés matérielles, l'AFAPREDESA continue à mettre à jour la liste des disparus. Actuellement, plus de 200 dossiers ont été établis.
     Notre bureau dispose déjà des dossiers de 16 disparus.

Le représentant en Europe de l'AFAPREDESA poursuit son activité. De nombreuses rencontres et réunions d'information ont lieu en France. Nous rappelons que Khadir est prêt à participer à toute activité en Europe sur la question des violations des droits de l'homme au Sahara occidental.

Le Bureau a pu lui verser une partie de son financement pour l'année 1996 grâce, entre autre, à un don d'Autriche. Tout soutien est le bienvenu.
 

En bref

La campagne d'adoption symbolique de disparus sahraouis continue en Europe. Nous nous sommes adressés aux autorités françaises à l'annonce
     du voyage du roi Hassan II en France.

Le département d'Etat des USA a publié son rapport 1995 sur la situation des droits humains au Sahra occidental et au Maroc. Il rend compte des arrestations de civils sahraouis au cours de l'année et évoque le problème des disparus.
 

ASSASSINATS A EL AYOUN

Mohamed El Bachir Moulay Ahmed a été assassiné à la fin du mois d'octobre 1995. Selon des témoins, le jeune homme était sorti de chez lui l'après-midi du 25 octobre. Le lendemain, sa famille a entrepris plusieurs recherches auprès des autorités marocaines (commissariat de police, dendarmerie, etc) mais en vain. Elle a fait également le tour des hôpitaux, dispensaires, amis.

Le 29 octobre, le corps du jeune homme a été retrouvé près d'une caserne militaire sur la plage d'El Ayoun. Sa famille a constaté des traces de torture sur le corps de la victime. Ses habits et ses chaussures étaient déchirés et des traces de sang étaient encore visibles sur son corps.

Le jeune homme aurait été enlevé par des éléments en civil, la nuit du 25 octobre. Il faut rappeler ici que Mohamed El Bachir avait déjà été arrêté en 1984 par la Division de Sécurité Territoriale (DST) marocaine et mis en isolement au sinistre bagne secret de Kalaat M'Gouna. Pendant de longues années, il a été enchaîné et constamment torturé. Ce n'est qu'en 1991 qu'il a été libéré grâce à une campagne mondiale contre les arrestations arbitraires et les disparitions forcées au Sahara occidental. Dix-sept autres membres de sa famille, dont son père, sa mère, sa soeur et ses frères ont été arrêtés. La plupart au début de 1976. Son père, feu Moulay Ahmed (Leili) est décédé le jour même de sa libération, le 22 juin 1991. Depuis leur libération, toute la famille vit en résidence surveillée.

Malgré de multiples appels de l'AFAPREDESA, on ne sait toujours rien de plus sur cet assassinat.

Mouloud Sid Ahmed Alamin a été assassiné le 8 mars 1996. Il avait 15 ans et il était élève au collège du quartier de la coopération Der Aidek à El Ayoun. L'auteur du crime n'est autre que son soi-disant professeur, un dénommé El Makaoui. Celui-ci aurait frappé de façon barbare le jeune sans défense et les coups de bâton qu'il a reçu sur la tête lui ont été fatals.

Les autorités marocaines continuent d'harceler les citoyens sahraouis et tout particulièrement les anciens disparus. Ainsi le pacha de la ville de El Ayoun occupée a interdit à tous les anciens disparus de professer le métier de chauffeur de taxi.

 

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EL KARAMA N° 9

DIGNITE

Le 5 août 1996, la session de la Sous-Commission des droits de l'homme va s'ouvrir une nouvelle fois à Genève.
Parmi tous les points et les sujets traités, il faut qu'une nouvelle fois les violations des droits de l'homme au Sahara occidental soient dénoncées. Dans le silence complice qui recouvre une politique onusienne extrêmement docile au Maroc (les Etats s'offusquent très discrètement du commerce illicite de la drogue dont le Maroc est un des bastions avant le passage vers l'Europe; aucune objection n'a été faite au peuplement du Sahara occidental par une population marocaine; des jeunes sahraouis sont fréquemment arrêtés, quasiment sous les yeux de la MINURSO, sans que les forces onusiennes dénoncent vivement ces pratiques; le Secrétaire général de l'ONU, entre autres, s'est arrogé le droit de décourager Nelson Mandela de reconnaître la République Arabe Sahraouie Démocratique, etc.), les ONG ont à garder leur regard critique et ont à continuer d'intervenir sur cette question. Il faut souligner que l'ONU et la MINURSO n'ont même pas jugé bon de répondre à l'AFAPREDESA (Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis) qui les a sollicitées pour qu'une enquête sérieuse sur les violations des droits de l'homme ait lieu au Sahara occidental.

Rompre le silence,
crier notre indignation,
soutenir les victimes de violations des droits de l'homme et celles et ceux qui se battent pour leur respect est un devoir d'humanité,
notre devoir !
 

REUNION
DU BUREAU EUROPEEN DES DROITS DE L'HOMME
POUR LE SAHARA OCCIDENTAL
Genève, 22 juin 1996

Le Bureau des droits de l'Homme s'est réuni en séance internationale le samedi 22 juin 1996 à Genève. L'AFAPREDESA ainsi que des représentants de France, de Belgique et des Baléares étaient présents. Les membres du bureau d'Angleterre, de Suède et d'Italie étaient excusés.

Le bureau s'est réjoui de la libération de Kelthoum Lounat qui avait été condamnée en juillet 1993 à vingt ans de prison avec cinq autres jeunes sahraouis pour avoir manifesté sa soif d'indépendance au Sahara occidental. Kelthoum était parrainée par Amnesty et une campagne internationale avait été lancée pour sa libération. Toutes nos forces réunies ont imposé sa libération.
 

Le bureau a également traité les points suivants:

 Poursuite de la campagne de parrainage des disparus sahraouis qui s'étend à travers l'Europe et qui s'adresse chaque mois à quatre personnalités qui devraient être préoccupées par cette question et demander des comptes au gouvernement marocain. Comment est-il possible que les Etats puissent traiter avec autant d'égards un chef d'Etat qui tient toujours dans ses prisons des centaines de disparus, parfois depuis vingt ans sans qu'il y ait eu l'ombre d'un jugement ou d'une parodie de justice ?

Pour les mois de juillet-août 1996, les cartes des parrainages sont à envoyer à Boutros Boutros Gahli, Secrétaire général de l'ONU, au parlementaire européen Otto de Habsbourg qui a conduit la Commission travaillant sur les liens à développer entre le Maroc et l'Union européenne et à deux experts de la Sous-Commission.

 Lancement d'une campagne dès l'automne pour améliorer les conditions de détention de Mohamed Daddach et demander sa libération. Enrôlé de force dans la gendarmerie marocaine, Daddach a voulu rejoindre le Front Polisario. Il a été arrêté et condamné à mort. Il se trouve depuis 1978 dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Kénitra. Bien que sa peine ait été commuée en détention à perpétuité en 1994, son régime pénitentiaire n'a pas changé malgré les grèves de la faim qu'il a menées à plusieurs reprises. Un dossier est en train d'être élaboré qui sera à votre disposition au siège du Bureau des droits de l'homme.

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Extraits du Communiqué final de la réunion internationale
du Bureau des droits de l'homme

Le Bureau européen des droits de l'homme pour le Sahara occidental a constaté que malgré les libérations occasionnelles, la répression contre la population sahraouie se poursuivait. De plus, la mise sous haute surveillance policière des anciens prisonniers et disparus sahraouis restent des sujets de grande préoccupation (...).
Les participants à la réunion ont décidé de s'adresser:

 au gouvernement marocain pour qu'il cesse immédiatement la répression contre les civils sahraouis, libère les prisonniers et les disparus sahraouis et garantisse les libertés démocratiques dans le territoire, condition impérative pour avancer vers un référendum d'autodétermination libre et régulier;

 au secréatire général de l'ONU et au Conseil de Sécurité, pour qu'ils exigent du gouvernement marocain le respect des droits humains de la population sahraouie et prennent des sanctions conséquentes face à ceux qui violent de façon évidente les droits fondamentaux de la personne humaine;

aux organisations internationales de défense des droits de l'homme pour qu'elles demandent au royaume du Maroc de pouvoir enquêter sur place sur les atteintes aux droits humains perpétrées par les forces d'occupation.

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Nouvelles violations des droits de l'homme
au Sahara occidental

20 mai 1996: 23ème anniversaire dudéclenchement de la lutte armée au Sahara occidental. La population sahraouie manifeste pacifiquement dans les viles principales du Sahara occidental. Les autorités marocaines interviennent. Elles arrêtent des dizaines de jeunes Sahraouis, surtout à Boujdour.

  • Labeid Cheikh Abailil
  • Abdelahe Loueli Lekhfaouni
  • Salek Laghdaf Bembari
  • Abdelahi Dafa Mohamed
  • Mohamed Embarek Kherchi
  • Salek Mohamed Lamin Babi
  • Abdelahi Mustapha Sidahmed
  • Sidahmed Ahmed Mustapha
  • Ahmed Nabt Ahmed
  • Mansour Ali Sidahmed


sont tranférés, les yeux bandés, dans un centre secret d'El Aïun où ils subissent toutes sortes de sévices. Présentés devant un tribunal, ils sont condamnés à des peines de prison allant de 18 mois à 7 ans.

Nous rappelons que ces arrestations font partie d'une campagne d'arrestations et d'intimidation menée dans les territoires occupés du Sahara occidental alors que la MINURSO y est toujours présente.
 
 

MINURSO
Les forces onusiennes ne devraient-elles pas protéger
les civils sahraouis ?

Dans son nouveau rapport au Conseil de sécurité de fin mai, le Secrétaire général mentionne la nécessité de suivre le plan de paix en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques sahraouis et l'échange des prisonniers de guerre. Certes, à plusieurs reprises le Front Polisario a déjà libéré des prisonniers de guerre. On se souvient des marocains (ils étaient près de deux cents) libérés en 1989 déjà et qui ont dû attendre jusqu'à la fin de l'année dernière pour que le Maroc accepte enfin leur retour. Ces libérations étaient des signes très clairs du Front Polisario pour montrer sa bonne volonté. Les réponses, tant du côté du Secrétaire général que du Maroc n'ont jamais été celles de l'ouverture.
Nous aurions voulu lire également, dans le rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité sa préoccupation concernant le sort des civils sahraouis dans les zones occupées du Sahara occidental. Est­p;ce que cette présence de la communauté internationale ne peut pas prendre ses responsabilités et se donner les moyens d'éviter que des arrestations arbitraires, des disparitions aient lieu sur ces territoires? La MINURSO doit savoir qu'elle ne peut pas en même temps protéger les civils des violations des droits de l'homme et se faire bien voir du gouvernement marocain. Un choix est à faire entre défendre des droits humains tels qu'ils sont recensés dans la Charte des droits de l'homme et plaire au roi du Maroc.
 

526 Disparus sahraouis et des prisonniers politiques sahraouis survivent parfois depuis vingt ans dans les prisons et les bagnes marocains. Ensemble nous les ferons libérer.
 

Nous comptons sur votre générosité pour diffuser ce journal traduit en anglais, espagnol, catalan, italien et prochainement en arabe et surtout pour aider l'AFAPREDESA en Europe et dans les camps de réfugiés sahraouis. Le Bureau reste à votre disposition pour toute information et toute collaboration.

Prenez contact avec notre Bureau pour toutes informations supplémentaires dont vous auriez besoin.

Bureau des Droits de l'Homme de la Coordination européenne du soutien au Peuple sahraoui
Case postale 53,
CH-1211 Geneva 9
Suisse
Fax: 022 /320 45 50

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EL KARAMA N° 10

DIGNITE

Le sort définitif du Plan de paix concernant le conflit du Sahara occidental va se jouer fin novembre. En effet, à cette date-là, le Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros Ghali rendra son rapport sur la question. Mort-né par manque de détermination de l'ONU qui n'a, à aucun moment, imposé au Maroc sa volonté de voir se dérouler un référendum libre et régulier, le plan de paix n'a été qu'une illusion jeté aux yeux d'un peuple confiant dans les organisations internationales. Depuis le cessez-le-feu de septembre 1991, le Maroc a renforcé sa présence dans les territoires du Sahara occidental qu'il occupe, il a bafoué les droits de l'homme en contrôlant, arrêtant, emprisonnant les Sahraouis décidés à faire valoir leurs droits. Dans le silence international.

Nous avons souligné, à plusieurs reprises, que la question des prisonniers de guerre, qui relève du Plan de paix, n'était jamais traitée. Aujourd'hui, la situation a évolué et 66 prisonniers de guerre sahraouis, détenus souvent depuis près de vingt ans par le Maroc, viennent d'être libérés le 31 octobre 1996, suite aux efforts du CICR et du concours des Etats-Unis et de l'Allemagne. Il faut rappeler que le Front Polisario a lui-mênme déjà libéré près de 200 prisonniers de guerre ces 10 dernières années.

Depuis 1991 également, plus aucun disparu sahraoui n'est sorti des bagnes marocains. Les portes de leurs mouroirs sont plus que jamais blindées. La tragédie de la disparition continue. Dans le silence international. Pourtant, un espoir surgit. Il n'arrive pas des Etats qui se vantent d'être champions de la soi-disant cause des droits de l'homme. Il surgit courageusement de l'intérieur même du Maroc. Là où les risques sont les plus grands, là où l'intolérable n'est plus toléré, des hommes et des femmes disent: "c'est assez! Nous rompons le silence!". L'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme se redresse, remplit son rôle et dénonce la torture, les procès iniques, qu'ils condamnent des Marocains ou des Sahraouis.

Au moment où une décision fort importante va être prise par la Communauté internationale au sujet de la présence des forces onusiennes au Sahara occidental, le Bureau européen des droits de l'homme pour le Sahara occidental rappelle que le processus de décolonisation qui devrait se dérouler au Sahara occidental rejoint, dans les faits et dans l'esprit, le cas de Timor-Est aujourd'hui mis en lumière par la remise du Prix Nobel de la paix à deux timorais qui luttent, chacun à leur manière, pour la dignité et l'indépendance du peuple de Timor.

  SOUS-COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Genève - août 1996

 Cette année, le Président par intérim de l'AFAPREDESA, Abdessalam Omar Lahsen, a participé à la 48ème session de la Sous-commission des droits de l'homme. Vous trouverez ci-dessous des extraits de la communication qu'il a présentée devant les experts de la Sous-commision et des extraits d'interventions de diverses ONG.

AFAPREDESA

Après avoir brossé un tableau détaillé de la situation de violation des droits de l'homme au Sahara Occidental, le responsable de l'AFAPREDESA a conclu ainsi son intervention:
"Devant cette réalité on peut se demander pourquoi l'ONU, présente sur ce territoire, garante des conventions internationales relatives aux droits de l'homme, garde le silence malgré la nomination de Monsieur Emmanuel Roucounas au poste d'expert des droits de l'homme au Sahara Occidental par le Secrétaire général des Nations Unies, malgré la résolution 1056 du Conseil de sécurité du 29 mai 1996 qui demande au point 8 aux parties de coopérer avec les Nations Unies pour la libération des prisonniers d'opinion sahraouis ainsi que l'échange des prisonniers de guerre?"
M. Abdeslam Omar a ajouté:
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les experts, prenez mon témoignage au sérieux, contrôlez-le s'il vous parait suspect mais je vous demande expressément, au nom de tous les Sahraouis qui survivent, parfois depuis 20 ans, dans les prisons ou les bagnes marocains de nommer une commission d'enquête qui devrait se rendre au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis pour rapporter à vos instances un bilan de la situation qui prévaut dans cette région, proche d'ici ,mais sur laquelle règne un trop lourd silence."

 Ligue internationale pour les droits et la libération des peuples (LIDLIP)

"La résolution 1056 du Conseil de sécurité (qui devrait permettre des démarches politiques entre les deux parties) ne laisse point d'espoir que le temps supplémentaire accordé à la MINURSO assurera que les droits de l'homme soient respectés sur le terrain. D'après des informations dignes de foi, le moindre contact de citoyens sahraouis avec les casques bleus peut conduire à l'arrestation arbitraire et à la torture. Des centaines de Sahraouis sont déportés vers le Maroc au moment -même où les autorités marocaines innondent les territoires occupés du Sahara Occidental par des vagues de colons marocains que le Maroc veut imposer comme votants au référendum."
 Centre Europe-Tiers-Monde (CETIM)

"Le manque de détermination concrète de la part de la Communauté internationale pour faire respecter dans l'esprit et à la lettre le plan de paix initial qui doit mettre fin au conflit du Sahara Occidental permet aujourd'hui au pays colonisateur d'intensifier ses intimidations et de continuer à pratiquer la disparition et l'emprisonnement de très nombreux Sahraouis - jeunes filles et jeunes gens souvent - dont le seul crime est de réclamer leurs droits et de manifester leur soutien à l'indépendance de leur pays. Quasiment sous les yeux des forces onusiennes, des Sahraouis, hommes, femmes, se font arrêter, torturer, disparaissent.

Organisation mondiale contre la torture (OMCT)

"Au Sahara Occidental, les droits de l'homme et les libertés fondamentales du peuple sahraoui continuent d'être violées. Même s'il est vrai que le nombre de détentione arbitraires et illégales a diminué, il y a encore 600 détenus et disparus Sahraouis au sujet desquels aucune enquête officielle n'est menée."

Association américaine des juristes (AAJ)

"La violation des droits fondamentaux de l'homme à l'encontre des Sahraouis continuera aussi longtemps que le statut officiel du Sahara Occidental n'est pas déterminé. L'AAJ souhaite qu'une autorité provisoire indépendante puisse être installée dans le territoire pour assurer la sécurité et veiller sur le respect des droits de l'homme jusqu'à ce que des arrangements justes et satisfaisants concernant la tenue du référendum soient trouvés."

Réponse du Maroc

"Le Maroc a pris note de la démarche de certaines organisations non-gouvernementales qui ont évoqué devant la sous-commission le cas de plusieurs personnes originaires du Sahara au sujet desquelles elles voudraient obtenir des clarifications", a déclaré le représentant permanent du Maroc. "La délégation marocaine compte déployer tous ses efforts pour continuer à faire la lumière su ces questions" a-t-il ajouté.
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INTERVIEW D'ABDESSALAM OMAR LAHSEN
PRESIDENT PAR INTERIM DE L'AFAPREDESA

 

A l'occasion de son séjour à Genève, Abdessalam Omar Lahsen s'est confié au bulletin Nouvelles Sahraouies. Nous reprenons des parties de cet interview.

 Nouvelles Sahraouies: Quelle impression avez-vous de cette Sous-Commission, de ce mois passé à Genève dans l'enceinte des Nations-Unies?

Abdessalam: C'était pour moi une grande découverte. Je ne connaissais pas les institutions internationales et voilà que je me trouvais au coeur d'une assemblée qui réunissait le monde entier (ou presque). Il faut dire que je m'attendais à beaucoup de choses qui se sont trouvées erronées. Prenons les experts qui sont membres de la Sous-commission. Je croyais à leur indépendance. Elle est loin d'être complète à ce qu'il me semble.
En ce qui concerne la responsabilité internationale sur les questions des violations des droits de l'homme, j'aurais crû qu'elle serait plus visible. Prenez par exemple la question du Sahara occidental. Depuis plus de vingt ans, de graves violations sont commises sur le territoire du Sahara occidental et au sud du Maroc sans que cette Sous-commission se prononce pour remédier à cette situation alarmante. Selon des bruits de couloir, il paraît que s'il est si difficile pour les experts de traiter de cette question , c'est à cause de l'experte marocaine. Sur cette question, les experts sont paralysées à cause de cette personne qui, je le reconnais, a par ailleurs beaucoup de capacités et qui a fait un très bon rapport sur la question des enfants. Le Sahara, rien à faire. Elle fait régner le silence sur cette question. Les experts ne le rompent pas de peur de ses réactions.

N.S.: Il n'y a donc jamais eu de résolution présentée sur la question du Sahara occidental?

Abdessalam: Non, effectivement. Les personnes que j'ai pu contacter m'ont fait part de leur souci par rapport à la présence de l'experte marocaine.

N.S.: Justement, quelles ONG sont intervenues sur cette question?

Abdessalam: Cet été, cinq ONG ont abordé le problème. Je voudrais remercier le Centre Europe Tiers-Monde (CETIM) pour l'aide précieuse qu'il n'a cessé de nous offrir depuis de nombreuses années. Cette ONG m'a donné cette fois-ci son temps de parole et j'ai pu intervenir cinq minutes devant la Sous-commission (voir des extraits de la communication ci-dessus). La Fondation France-Libertés, l'organisation mondiale conter la Torture, le Mouvement contre le racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, la Fédération de la Jeunesse Démocratique et la Ligue Internationale pour le Droit et la Libération entre les Peuples ont dénoncé tout particulièrement les représailles dont sont victimes les jeunes Sahraouis des zones occupées. Cet été, ils ont été plusieurs milliers à monter à Rabat pour réclamer leurs droits sociaux (du travail par exemple), la liberté d'expression afin qu'ils puissent se prononcer sur l'avenir de leur pays.

N.S.: Habituellement, vous vivez dans les camps de réfugiés sahraouis. Comment l'AFAPREDESA est-elle organisée au milieu des réfugiés ?

Abdessalam: L'AFAPREDESA est une organisation indépendante, dirigée par un bureau exécutif de 7 personnes. Nous avons des représentants, surtout des représentantes, dans chaque daïra (découpage administratif des camps de réfugiés sahraouis qui correspond à une commune). Toutes les représentantes suivent minutieusement le cas de disparitions et d'emprisonnements qui sont connus dans leur périmètre. Elles rassemblent des informations que les familles obtiennent parfois, les documents qui sont retrouvées et qui concernent un disparu (par exemple une date de naissance, une photo). Elles font parvenir les documents à la centrale de l'AFAPREDESA pour enrichir les dossiers des détails qui vont permettre de mieux repérer et reconnaître le disparu. On a eu des informations après la libération des disparus en 1991. Ils avaient rencontré d'autres disparus dans les bagnes et nous avons ainsi pu revoir les listes des disparus.

N.S.: Quels moyens avez-vous pour réaliser cet énorme travail?

Abdessalam: Je voudrais souligner la difficulté de réunir des documents, de remplir des dossiers, de contacter des ONG ou les Nations-Unies, le Centre des droits de l'homme de Genève depuis les camps de réfugiés. La situation est difficile, les moyens sont très modestes et dans les zones occupées c'est une sorte d'état de siège permanent qui règne.
Si nous voulons être plus efficace, il nous faut plus de moyens: un ordinateur portable qui peut nous permettre d'aller recueillir des témoignages dans les différents campements qui sont parfois fort loin les uns des autres: une voiture 4X4 ou une Land-Rover pour notre organisation pour avoir plus de contacts avec les familles, du matériel de bureau.
Par l'intermédiaire du Bureau des droits de l'homme sur la question du Sahara Occidental à Genève, nous cherchons à réunir des fonds pour perfectionner notre travail, pour avoir plus d'influence dans les conférences concernant les droits de l'homme et pouvoir le plus rapidement possible créer la situation qui permettra à tous les disparus et prisonniers sahraouis de rejoindre leurs familles.

(interview tiré de Nouvelles Sahraouies, octobre 1996)

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NOUVELLES BREVES  A leur retour du Maroc où ils sont allés par milliers manifester contre la politique sociale de l'occupant, certains Sahraouis - des femmes surtout - ont été engagées dans des ateliers de tissage. On apprend que des dizaines de jeunes femmes ont été intoxiquées par une laine importée d'Arabie Saoudite. Certaines ouvrières sont des un état grave, notamment Taghla Mohamed El Hassan, une ex-prisonnière du bagne de Kalaat M'gouna (AFAPREDESA).

 La ligue africaine des droits de l'homme et des peuples appelle les Nations-Unies à mettre en oeuvre un véritable plan global international d'urgence en faveur des droits de l'homme, particulièrement au Sahara occidental, au Burundi et en Somalie. " Il est politiquement, juridiquement, légitimement, moralement et humainement inconcevable que les Nations-Unies ne soit toujours pas parvenues à mettre en oeuvre le processus référendaire au Sahara occidental. Il en va de leur crédibilité.

 APPEL POUR L'AFAPREDESA

L'AFAPREDESA a besoin d'un véhicule pour son travail dans les camps de réfugiés sahraouis. Nous devons trouver le financement pour un 4X4 diesel, soit une somme d'environ 15.000 francs suisses. Nous avons besoin de votre participation. Contactez l'adresse de diffusion de Karama dans votre pays, en Suisse, versez votre contribution sur le CCP 12-6818 - 7, Mention AFAPREDESA

 

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EL KARAMA N° 12

DIGNITE

 

Dites aux touristes qui vont au Maroc, qu'ils passeront près des prisons et des bagnes secrets où des centaines de disparus sahraouis croupissent toujours

Comme chaque année, la journée internationale des disparus sahraouis a été commémorée le premier samedi de juin. A travers toute l'Europe, nous nous sommes souvenus des centaines de civils sahraouis toujours disparus. Par des interventions auprès des autorités marocaines, des rassemblements, des appels dans les journaux, nous avons rappelé notre exigence de vérité, nous avons rappelé que nous continuerons à faire vivre dans la mémoire collective des peuples et la mémoire individuelle de chacun , les noms, les prénoms de chaque disparu sahraoui : Monsieur Buyema Lahsen Buseid né en 1948 à El Ayoun, disparu en 1976 à Lemseyed, madame Fatma ... et tous les autres.
Le rappel, la mémoire, la fidélité, c'est une des forces de l'action de parrainage qui mobilise des centaines de marraines et de parrains à travers l'Europe. Mois après mois, ils s'adressent aux autorités morales et politiques de ce monde pour les informer du drame sahraoui et les mettre devant leur responsabilité et leur devoir. Peut-on continuer à soutenir un Etat qui s'annonce comme un état de droit et qui utilise la disparition comme une arme de gouvernement ? Ces disparus n'ont pas été jugés, ils sont victimes du plus grand arbitraire et pourtant nous n'entendons pas s'élever les voix indignées de ceux qui dans d'autres situations se réclament du droit d'ingérence.
La disparition est un des moyens les plus inhumains qui existent pour faire régner la terreur. Les disparus sahraouis qui ont retrouvé la liberté apès des années de bagne ont raconté l'horreur quotidienne. Leurs familles sont sans nouvelles. Parfois depuis vingt ans. Elles attendent. Ali est-il mort, Zaïna vit-elle encore dans ces mouroirs que sont les bagnes marocains auprès desquels passent les cars de touristes ? Nul ne le sait sinon les bourreaux qui continuent à les effacer du monde. Ces disparus ont bien sûr toutes commis le même crime: être sahraoui-e et ne pas renier cette appartenance qui les garde debouts depuis le fond des âges.
 

Vous voulez rejoindre la chaîne des parrains et marraines, adressez-vous à votre comité national.
 

L'AFAPREDESA dénonce les assassinats dont sont victimes des sympathisants de la cause sahraouie
Monsieur. Ahmed Routabi, (né en 1952 à Tan-Tan) a été assassiné dans la nuit du 19 au 20 avril dernier. Il est décédé sur le coup après avoir été poignardé dans le dos par un homme armé dans la rue du Commerce à Tan Tan. Les trois amis qui l'accompagnaient - Ali Menjl, Mohamed Salem Kaziza et Abdullah Boussalem - ont été arrêtés par des policiers marocains et conduits au commissariat. Le 11 mai, ils étaient toujours en détention. L'AFAPREDESA rappelle qu'Ahmed Routabi a fait l'objet de plusieurs arrestations, étant soupçonné de propager des idées indépendantistes.

Il faut rappeler que plusieurs autres sympathisants de la cause sahraouie ont été assassinés ces dernières années. Parmi eux Mohamed El Bechir Moulay Ahmed (Leili), le 29 octobre 1995; Lafroussi Mayara, assassiné en juin 1996; Abdallah Gremiche, assassiné en novembre 1995; Fatma Zarouali Daha, retrouvée morte à El Aioun début mars 1997.

Monsieur Hammad Ali Hamad, né à El Ayoun dans les années 1960 et père de deux fillettes, a été arrêté dans la nuit du 25 au 26 mai dernier dans le quartier de Colomina, à El Ayoun, devant la Société SEMACOSA où il était employé. Quatre policiers en civil auraient tenté de l'enlever. Devant sa résistance, deux estafettes de police sont venues en renfort. Depuis il est porté disparu. Son épouse Najat, qui travaille dans le Centre culturel d'El Ayoun l'a recherché vainement dans tous les commissariats et prisons de la ville.
L'AFAPREDESA dénonce l'impunité dont bénéficient les autorités d'occupation marocaines au Sahara Occidental dans leur politique répressive à l'encontre de la population sahraouie.

L'AFAPREDESA se réjouit de l'annonce de la libération de 85 prisonniers de guerre marocains par le Front Polisario lors de la visite de M. James Baker dans les campements de réfugiés sahraouis à la fin du mois d'avril.
 
 

COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME

Deux responsables de l'AFAPREDESA à la 53ème session de la Commission des Droits de l'Homme
 

Comme la tradition le veut depuis de longues années, la résolution concernant le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui a été votée par consensus et sur présentation du Président, Monsieur Somol, représentant de la Tchéquie. Donc rien de nouveau, pas d'initiative percutante pour sortir la question du Sahara Occidental du rituel. Nous le regrettons. Pourtant plusieurs ONG sont intervenues pour analyser les responsabilités de l'impasse dans laquelle se trouvait le plan de paix: le CETIM a mis l'accent sur la trahison onusienne et le peu de rigueur des Etats qui restent trop passifs devant l'arrogance marocaine.
Pour sa part FRANCE -LIBERTES a terminé son intervention en soulignant que " la vie est difficile pour les Sahraouis des territoires occupés; la liberté d'expression n'est pas toujours respectée puisque nombreux sont ceux qui occupent les prisons marocaines pour avoir défendu leur territoire et réclamé son indépendance.
Quant à la libre circulation des hommes, on peut dire qu'elle est limitée, puisque les journalistes et des représentations d'organisations de défense des droits de l'homme et même parfois de simples voyageurs ont souvent eu des problèmes pour s'y rendre.
Pax Christi, le MRAP, FEDEFAM, la Fédération Internationale de Femmes Démocrates et la Fédération des Associations de défense et de promotion des droits de l'homme sont également intervenus.
Quant au président par interim de l'AFAPREDESA, Abdeslam Lahcen, il a pu - à travers l'Association Internationale des Juristes Démocrates -, retracer les souffrances de son peuple, ses espoirs en 1991 quand le Maroc sous la pression internationale a libéré plus de 300 disparus, sa déception quand il s'est rendu compte que la répression marocaine s'amplifiat à nouveau et que les Sahraouis étaient arrêtés et soumis à toute sorte de représailles et d'humiliations.
 

Le Bureau européen des droits de l'homme a pris en charge les voyages et les séjours de deux membres de l'AFAPREDESA pour la durée de la Commission ce qui leur a permis de mener un travail d'informations et de prises de contact considérables. le Bureau espère trouver les fonds nécessaires lui permettant de les inviter à nouveau pour la session de la sous-ccommission du mois d'août.
 
 

Visite à la famille de Mohammed Daddach dans les camps de réfugiés sahraouis
Jacqueline Philippe est la correspondante du Bureau des droits de l'homme en Italie. Lors d'un voyage dans les camps sahraouis en février dernier, elle a rencontré la mère de Mohamed Daddach. Elle raconte sa rencontre.

Je rencontre Mustapha Mohamed, neveu de Daddach, dans la matinée du 21 février 1997 près de Dakhla. C'est un moment de forte émotion et tellement imprévu. Nous nous donnons rendez-vous pour l'après-midi; sous la tente de la mère de Daddach.
La famille de Daddach est voisine de la famille de Fanfana, une jeune amie sahraouie. Ce qui rend cette rencontre encore plus émouvante. Accompagnée d'un régiment d'enfants qui courent de tous côtés pour m'indiquer la tente, me voici finalement au barrio 3 di Aglibat El Foula.
Je passe sous une porte basse et je me retrouve dans une petite cour où toute une délégation de personnes m'accueille avec grande cordialité, m'invitant à entrer dans la tente. A l'intérieur, une foule de femmes et d'enfants se pressent autour d'une dame âgée, Enguia Bakay, la mère de Mohamed Daddach. à ses côtés, deux amies, aussi âgées qu'elle. Toutes les trois en habit traditionnel. Enguia a un visage maigre, sillonné de rides et des yeux de braises. On s'embrasse fort, très fort et l'émotion est palpable sous la tente.
Le regard d'Enguia se fait encore plus intense lorsqu'elle remercie tous les amis de par le monde qui se battent pour que son fils soit libéré. Elle n'arrête pas d'envoyer des bénédictions à tous ceux qui de loin tiennent vive la solidarité autour de Daddach. Ses yeux se voilent de larmes pour un instant quand, me serrant les mains avec une force incroyable pour ce corps tellement fragile, elle me dit:" vous devez faire tout votre possible avec tous les amis lointains pour que je puisse revoir mon fils avant de mourrir".
Quelqu'un a la bonne idée de faire passer les verres de thé. L'atmosphère se détend et on me présente aux amis de la famille. Une danse de melahfahs de toutes les couleurs. Le thé qu'on sirote et peu importe qu'il soit "amer" comme la vie! Il y a Batul, une soeur de Daddach, les femmes de Mustapha et Brahim Salem, deux autres frères de Daddach, qui travaillent ensemble. Ils conduisent des camions. Des enfants de tous les âges, les voisins entrent et sortent de la tente pour saluer l'hôte qui vient de loin. C'est Mustapha Mohamed, neveu de Daddach (son père est le frère de Mohamed Daddach) qui fait les honneurs de la tente.
Mustafa me remet un paquet de lettres qu'on décide de faire arriver au CICR pour leur acheminement. On fait des photos pour envoyer à Daddach et on se fait beau en l'honneur du prisonnier.
On devrait se revoir pour approfondir les liens de famille mais comme souvent dans les camps de réfugiés, on ne s'est plus revu. Et je repars vers l'Itale avec dans le coeur le souvenir d'un regard fiévreux d'une petite bonne femme courbée par les ans et le poids du destin mais tellement fière d'être la mère de Mohamed Daddach.

Une délégation du Bureau européen des drots de l'homme et de l'AFAPREDESA a été reçue au siège du CICR. Elle a remis les lettres et les photos apportées par J. Philippe à la responsable du dossier Maghreb-Moyen-Orient qui doit les faire parvenir à Mohamed Daddach.

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EL KARAMA N° 15

DIGNITE

EL KARAMA
peut en cacher un autre


Jeter la confusion, semer le trouble dans l'opinion, voilà qui n'est pas nouveau dans la stratégie utilisée par le Maroc pour discréditer les associations sahraouies ou les organisations non gouvernementales des droits de l'homme préoccupées par la situation au Sahara occidental. Une association, initiative marocaine animée par des Sahraoui(e)s passé(e)s au Maroc, s'est manifestée en Espagne ce printemps pour plaider la cause des familles sahraouies soi-disant captives dans les camps de réfugiés, l'objectif étant de miner la crédibilité de l'AFAPREDESA et l'Union Nationale des Femmes Sahraouies également en campagne en Espagne à ce moment-là. A notre connaissance, l'échec est total. Mais une autre stratégie nous attendait. Voilà qu'après plus de cinq ans de parution de notre bulletin EL KARAMA, nous apprenons, fin avril 1998, par le journal marocain "La Nouvelle Tribune" que l'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme (OMDH) publie le premier numéro de son mensuel. Devenez son titre : Al KARAMA !

C'est à la fois un sentiment de colère et de fierté qui nous envahit. Colère parce qu'on peut difficilement penser que c'est par pur hasard que l'OMDH a doté sa publication du titre de notre propre bulletin "Dignité". Nous interprétons ce manque d'éthique entre associations des droits de l'homme comme une volonté, une fois de plus, de jeter la confusion dans le camp des ONG et des défenseurs des droits de l'homme: deux publications, le même nom, mais de quoi s'agit-il vraiment ? Fierté, parce que notre modeste bulletin qui paraît certes en français, allemand, anglais, italien, catalan, espagnol et arabe est assez subversif en ce qui concerne le respect des droits de l'homme pour qu'une association marocaine se propose d'utiliser le même titre pour sa publication.

Dans cette dernière partie du processus référendaire, on dirait que tous les coups sont permis. Nous voulons, pour notre part, continuer à vous transmettre le plus loyalement possible les

informations qui sont en notre possession et continuer à solliciter votre appui, vos relais pour que l'ONU, le Maroc et le Front Polisario soient interpellés sur le respect des droits de l'homme tout au cours du processus référendaire.
 
 
 

Nouvelles de Mohamed Daddach
 
 

Depuis l'automne dernier, la campagne pour la libération de Mohamed Daddach a pris une nouvelle direction. En effet, certains membres d'une association espagnole de soutien au peuple sahraoui partent du principe que Mohamed Daddach avait des papiers espagnols lorsqu'il a été arrêté, condamné à mort puis à la prison à perpétuité par la "justice" marocaine. Une procédure devrait donc être en cour actuellement auprès du gouvernement espagnol pour que ce dernier reconnaisse à Daddach son identité espagnole au moment de son incarcération. A ce titre, le gouvernement espagnol devrait s'intéresser à Daddach et réclamer pour lui des conditions de détention humaines et pourquoi pas, sa libération.

Dans la lettre qui suit, Mohamed Daddach écrit à une amie en disant qu'il n'a pas reçu de nouvelles et de photos de sa mère. Cette information laisse supposer qu'en effet, Mohamed Daddach n'a jamais reçu les lettres et photos que nous avions remises en mains propres au CICR pour les lui faire parvenir.
 
 

le 9 février 1998

Chère amie,

Je suis très content de vous envoyer cette lettre après avoir reçu votre lettre du 17.12.97. Malheureusement, je n'ai pas reçu l'avant-dernière (...).

Je ne sais pas comment vous remercier de la bonne nouvelle qui concerne ma mère et de sa photo que vous avez trouvée dans un journal. Vous ne pouvez pas, sans doute, imaginer combien elle me manque. Je ne l'ai pas vue depuis 1975, j'ignore complètement comment elle va, j'espère qu'elle est en bonne santé et je vous demande si vous pouvez m'envoyer une photocopie de la page de ce journal où il y a la photo de ma mère et surtout ne l'envoyez pas à mon adresse dans la prison car ils ne me la donneront pas, c'est interdit. Par contre, vous pouvez l'envoyer à l'adresse que mon ami R. va vous donner à la fin de cette lettre.

Pour moi, je suis toujours à la prison centrale de Kénitra, pas de nouveau ni d'amélioration dans mon dossier. Je demande toujours mon transfert dans une autre prison proche de ma région le Sahara mais sans résultats et tout ce qu'on raconte des améliorations des droits de l'homme , ce ne sont que des mots, par contre la réalité dans les prisons surtout est catastrophique.

En ce qui me concerne, il me faut beaucoup de choses (...). Acceptez mon bonjour et celui de mon ami R. pour vous et pour toute votre famille.

Mohamed Daddach
 
 
 
 
 

NOUVELLES DE L'AFAPREDESA
 

Les manifestations de Lemseid

Nous rappelons que le 24 février 1998, des centaines de citoyens sahraouis ont manifesté dans la localité de Lemseid, au sud du Maroc, pour revendiquer le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance et exigeant la libération des prisonniers politiques sahraouis. Les forces marocaines ont réprimé violemment cette manifestation pacifique et des centaines de Sahraouis ont été blessés et ont dû être conduits à l'hôpital et vingt Sahraouis ont été condamnés le 26 avril à Agadir: 8 d'entre eux ont été condamnés à 2 ans de prison et les 12 autres à 3 mois de détention et à une amende. Ces derniers ont été libérés à la fin du mois de mai. Avec 150 personnes venues les chercher à la sortie de la prison d'Inezgane, ils ont organisé une marche de protestation exigeant le respect des droits humains au Sahara, la libération de tous les prisonniers politiques et des disparus sahraouis ainsi que l'organisation d'un référendum libre et juste. Les personnes libérées ont exprimé leur inquiétude quant au sort des 8 autres condamnés.
 
 

Assassinat de Laarusi Numria, ex-disparu sahraoui

Arrêté en 1987 par la Division de Sécurité du Territoire (DST), Laarusi Numria a été soumis à l'isolement dans la prison secrète de Kaalat M'Guna. Enchaîné et torturé pendant des années, il a été libéré en 1991 avec plus de 300 autres disparus sahraouis, grâce à une campagne internationale contre les disparitions forcées. A sa sortie de prison, il a été placé en résidence surveillée. Disparu depuis le 8 février 1998, il a été retrouvé mort le 3 avril à l'embouchure de l'oued Saguia à El Ayoun. L'AFAPREDESA demande la création d'une commission d'enquête indépendante pour faire la clarté sur ce cas. Jusqu'aux résultats de l'enquête, elles considère les autorités marocaines comme responsables de cet assassinat. On peu se demander si la MINURSO ne va pas prendre cette situation au sérieux et qu'elle se donne les moyens d'enquêter sur les violations des droits de l'homme au Sahara occidental.
 
 

L'AFAPREDESA et le processus référendaire

Lors de sa visite, en février 1998 dans les camps de réfugiés sahraouis, le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Charles A. Dunbar, a reçu une délégation de l'AFAPREDESA conduite par Najoub Naama, Président adjoint de l'association. L'entrevue a surtout porté sur la question des centaines de disparus sahraouis et de la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques. Concernant le référendum, proprement dit, l'AFAPREDESA a demandé au représentant spécial de :

a) faire respecter les droits de l'homme au Sahara occidental,

b) garantir la liberté d'accès au territoire à toutes les ONG de défense des droits de l'homme et aux observateurs indépendants,

c) de mener une enquête au sujet de la mort suspecte du notable sahraoui Sid Ahmed, le 10 janvier 1998 dans la capitale marocaine.
 
 

Assemblée générale de l'AFAPREDESA

Cette assemblé s'est tenue dans les camps de réfugiés du 27 au 29 avril 1998. La question de la place et du rôle de l'AFAPREDESA dans la société civile sahraouie, aujourd'hui et dans le futur, reste une priorité à débattre pour plusieurs de ses membres. Une nouvelle direction a été nommée et Monsieur Abdeslam Omar Lahsen en a été nommé président.
 
 
 
 
 

JOURNEE DES DISPARUS SAHRAOUIS
6 JUIN 1998
 
 

Cette journée a été célébrée dans plusieurs pays. Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes en Espagne.

L'AFAPREDESA a pour sa part lancé un appel de détresse à toutes les ONG de défense des droits humains et à toutes les personnes éprises de justice et de dignité afin qu'elles redoublent toutes d'efforts pour que les disparus et leurs familles puissent enfin trouver la paix.

Dans son message, l'AFAPREDESA fait référence au 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. En fait, notre bureau pose la question : y-a-t-il quelque chose à fêter cette année ? Les droits de l'homme sont-ils mieux respectés que lors de l'adoption de la Déclaration ? On remarque que la connaissance même de ces droits a très peu d'influence sur les Etats qui en jouent comme d'un pion supplémentaire à utiliser comme enjeu dans les négociations politiques et économiques.

L'AFAPREDESA poursuit son message en soulignant que les efforts de la communauté internationale pour régler la situation des disparitions forcées au Sahara occidental se heurte aux multiples manoeuvres marocaines qui persistent à nier l'évidence comme elle l'a fait tout au cours de ces vingt dernières années.

Les rescapés des centres secrets libérés en 1991 à la suite de la campagne internationale en faveur des disparus sahraouis et marocains subissent actuellement un contrôle rigoureux et sont soumis souvent à résidence surveillée. Ils n'ont bénéficié ni de soins ni de compensation pour les traitements cruels et dégradants auxquels ils ont été soumis durant leur détention.

A la suite de la journée internationale du 6 juin, nous vous demandons de poursuivre l'action mensuelle ou bi-mensuelle de parrainage d'un ou d'une disparu(e) sahraoui(e). Si vous voulez vous joindre aux appels individuels que nous lançons mois après mois à des personnalités du monde politique, économique, culturel pour que les disparus sahraouis ne soient pas oubliés, demander des informations à l'adresse de notre bureau.
 
 
  CAMPAGNE DE SOUTIEN A L'AFAPREDESA
 


  Pendant cette année référendaire, l'AFAPREDESA doit pouvoir multiplier ces actions, développer une réelle autonomie (véhicule, moyens financiers, moyens d'informations) pour remplir ses objectifs :
 

* poursuivre la mise à jour de la liste des disparus (ce qui signifie parcourir les campements, trouver les parents de disparus, demander et prendre note des informations précises sur le passé du disparu, sur les dates et les conditions de la disparition, etc.)
 

* lancer et animer des campagnes de solidarité, contacter les ONG, la presse, les instances de l'ONU concernées par ces questions
 

*voyager pour transmettre les informations et collaborer avec des ONG extérieures
 

Merci à tous ceux qui participent déjà à cette campagne
 

Nous avons récolté actuellement 10.000 francs suisses
 

Compte bancaire : SBS Genève-Plainpalais C3-117.839.0
 

CCP : 12-12461-0

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EL KARAMA N° 20

DIGNITE

 

CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA LIBERATION DE

MOHAMED DADDACH ET DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES

SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC



Depuis le 1er septembre 2001,

A vos stylos pour exiger la libération des prisonniers politiques sahraouis

Depuis quelques mois, le travail de recensement des prisonniers politiques sahraouis que nous avons entrepris, grâce aux précieuses connaissances de Sahraouis amis, nous ont menés tout naturellement à l'organisation d'une campagne pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc.

En effet, à la lecture des condamnations fort lourdes que des tribunaux marocains ont appliqué à des citoyens sahraouis, notre opinion était faite. Il fallait exiger la libération de ces prisonniers dont le délit d'appartenir à la société sahraouie s'avérait être beaucoup plus important pour les tribunaux que l'action répréhensible que l'on pouvait leur reprocher. Souvenez-vous de la condamnation à mort de Mohamed Daddach, commuée en emprisonnement à vie pour avoir choisi de fuir l'armée marocaine où lui, Mohamed Dadacch, sahraoui et fier de l'être, avait été enrôlé de force. Ce même Daddach, ayant eu écho de la campagne qui se préparait, s'est déjà mis en grève de la faim à la prison de Kénitra, dès le 23 août, pour soutenir le mouvement. D'autres manifestations ont eu lieu et se dérouleront encore dans les zones occupées du Sahara occidental pour donner de la voix à cette campagne. Dans les camps de réfugiés également, les familles des prisonniers vont intervenir auprès des instances internationales pour qu'elles appellent le Maroc à libérer leurs parents et l'Association des Familles de Prisonniers et des Disparus au Sahara Occidental (AFAPREDESA) va proposer aux citoyens sahraouis de participer à cette campagne internationale.Que va-t-il se passer en Europe et ailleurs ? Notre première exigence est la libération de tous les prisonniers politiques détenus par le Maroc. Vous trouverez tous les détails que nous avons pu obtenir sur eux dans les pages qui suivent et nous nous donnons jusqu'en décembre pour aboutir à notre objectif.

Il est certain que nous ne l'atteindrons pas seuls. Les Sahraouis des zones occupées bougent déjà, bougeons à notre tour. Les plans de campagne et les propositions de participation se trouvent dans ce journal et nous vous laissons bien sûr en proposer d'autres. Internet va aussi jouer un rôle important dans cette campagne, et pour tous ceux et toutes celles qui surfent, envoyer plus loin les messages que vous recevrez régulièrement à travers plusieurs sites.

Donc, depuis le 1er septembre, tous à vos stylos et à vos claviers, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis.

SOLIDARITE AVEC MOHAMED DADDACH ET TOUS LES PRISONNIERS
POLITIQUES SAHRAOUIS CONDAMNES PAR LE MAROC

Alors que le Bureau Européen pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental initie ces prochains jours une « Campagne Internationale pour la libération de Mohamed Daddach et des 25 autres prisonniers politiques sahraouis condamnés par les Tribunaux marocains », nous venons d'apprendre que Mohamed Daddach lui-même, le plus ancien détenu politique sahraoui (arrêté en 1979) a décidé de participer à notre campagne en entamant dès aujourd'hui 23 août 2001 une grêve de la faim de 24 heures par semaine jusqu'au 1er octobre, durée qui augmentera dès cette date, et ce jusqu'à sa libération.

Dans le même temps, la mobilisation de la population sahraouie des territoires occupés s'intensifie.

En soutien à la grève de la faim de Mohamed Daddach entamée le 23 août, le Forum Vérité et Justice- Section Sahara a organisé à El Ayoun (capitale du Sahara Occidental) deux journées d'action les 23 et 24 août. Le premier jour a eu lieu un colloque sur le thème « Vérité, indemnisation et impunité du point de vue du droit international ».

Le 24, un meeting a rassemblé la population sahraouie pour soutenir les prisonniers politiques. Le cas de Mohamed Daddach a été présenté et de nombreuses personnes ont

pris la parole. Parmi elles, une femme membre de la famille de Daddach, M. LAAROUSSI, père de deux détenus politiques sahraouis emprisonnés à la prison de El Ayoun, et l'épouse du détenu politique sahraoui KHAYA CHEIKH. Le moment le plus fort de la journée a été constitué par l'intervention par téléphone de Mohamed Daddach lui-même, qui du fond de sa prison s'est adressé pour la première fois directement à ses amis et à son peuple, le téléphone ayant été branché sur haut-parleur. Alors que les participants scandaient des slogans pour sa libération, Daddach très ému n'a pas pu continuer de parler. Voici les termes de son intervention :

« Bonjour Chers Amis,

à la Brigade de la Gendarmerie Royale d'El Ayoun en 1979 et avant ma traduction devant la cour militaire de Rabat que je considère comme un acte injuste, j'ai été torturé avec atrocité au cours des interrogatoires.

Maintenant, j'ai passé plus de 22 ans à la Prison Centrale de Kénitra et ce, malgré les campagnes organisées par les défenseurs des droits de l'homme pour ma libération. Parmi ces organisations, je cite le BERDHSO (Bureau Européen pour le Respect des Droits de l'homme au Sahara Occidental) et Amnesty International.

L'attitude de l'Etat marocain &endash; qui se déclare être en faveur du respect des droits de l'homme- reste toujours inchangée. Il opte donc pour ne pas me libérer.

Pour cela, j'ai décidé d'observer une grève de la faim de 24 heures chaque semaine à partir du 23 août 2001 jusqu'à la dernière semaine du mois de septembre 2001. Passé cet ultimatum, je projette d'entamer d'autres actions militantes pour exiger ma libération sans contraintes ni conditions.

Enfin, je salue tous les sahraouis et tous les défenseurs des droits de l'homme partout dans le monde. Merci et à bientôt. »
 

Depuis la prison centrale de Kénitra
Le 24 août 2001 à 18h30 GMT
 

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LISTE DES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS

CONDAMNES PAR LES TRIBUNAUX MAROCAINS
 
 

Cette liste a été élaborée sur la base d'informations reçues de différentes organisations sahraouies de défense des droits de l'homme (Comité de Coordination du Groupe des Sahraouis Victimes de la Disparition Forcée et de la Détention Arbitraire, AFAPREDESA &endash; Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis, Forum Vérité et Justice-Section Sahara, Ministère des Territoires occupés de la RASD). Elle comporte les prisonniers sahraouis condamnés par des tribunaux marocains et encore détenus aujourd'hui. Elle n'est sans doute pas exhaustive. De nombreux autres sahraouis ont été condamnés depuis septembre 1999 à des peines de quelques mois de prison. Ils ont donc théoriquement été libérés.

En outre, au cours des manifestations étudiantes de Marrakech en mai 2000, 3 étudiants de nationalité marocaine ont été condamnés à 2 ans de prison pour leur participation aux côtés des étudiants sahraouis. Il s'agit de : Oualil Mohamed, né en 1981 à Tan-Tan ; Abdelhak Hejji, né en 1976 à Elgara ; Ouahbi Abdelmajid, né en 1978 à Kalaat.

Daddach Sidi Mohamed

Né en 1957 à Guelta Zemmour

N° d'écrou 19590

Date de la détention : 10.081979

Accusation : trahison, tentative de rejoindre le Front Polisario

Condamné le 7 avril 1980 à la peine de mort, cette peine sera commuée le 8 mars 1994 en prison à perpétuité.

Lieu de détention : Prison Centrale de Kénitra.

Il est reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International et a reçu à plusieurs reprises la visite de représentants du CICR.
 
 

Laâroussi Mohamed et Laâroussi Bachir

Date de la détention : 27.09.1999

Condamnés à 15 ans de prison pour leur participation aux manifestations d'El Ayoun de septembre 1999.

Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
 
 

Malainin Abderrahman ould Mohamed ould Saleh

Enlevé le 28.09.1999, il a été jugé en l'absence d'avocats et de sa famille.

Chef d'accusation : avoir brûlé un drapeau marocain et un fourgon de la police.

Condamné à 10 ans de prison.

Lieu de détention : après avoir été longtemps « disparu », il se trouve actuellement à la prison d'Inzegan.
 
 

Dah Cheikh

N°d'écrou :19749

Né en 1972 à El Ayoun

Étudiant universitaire

Condamné à 2ans
 

Moussamih Laârbi

N°d'écrou :19747

Né en 1973 à El Ayoun

Correspondant d'un journal régional

Condamné à 2 ans
 

Louloud Mohamed Ali

N°d'écrou:19750

27 ans, chômeur.

A une tumeur maligne au pied droit

Chômeur

Condamné à 4 ans.
 

Chef d'accusation : participation aux émeutes (Manifestations d'El Ayoun), destruction de biens publics et de particuliers.

Condamnés le 26.11 1999 par la Cour d'Appel d'El Ayoun.

Incarcérés à la Prison civile d'El Ayoun.
 
 
 

Laghzal Brahim

N° d'écrou :55490

Administrateur adjoint-chef du service du personnel à la municipalité de Tan-Tan

Messaoud Laârbi

N°d'écrou :55492

Diplômé au chômage, licencié en littérature arabe

Khaya Cheikh

N°d'écrou :55491

Employé à la caisse nationale du crédit agricole à El Ayoun

Diplôme de technicien herboriste

Date de la détention : 6.12.1989 à Tan-Tan, El Ayoun et Agadir.

Chef d'accusation : appartenance au Front Polisario et « Atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat ».

Condamnés le 03.07.2000 à 4 ans de prison par la Cour d'Appel d'Agadir.

Lieu de détention : prison civile de Marrakech

Ils ont été tous les trois adoptés par Amnesty International comme prisonniers d'opinion.
 
 

Saleh Elghazouani N°d'écrou :20276

18 ans Chômeur

Condamné à 10 ans de prison
 

Boussoulla Hassana N°d'écrou :20278

Né en 1981 à El Ayoun

Chômeur

Condamné à 7 ans de prison
 

Bachir Tounssi N°d'écrou :20269

Né en 1976 àEl Ayoun

Chômeur

Condamné à 7 ans de prison
 

Haidan Alisalem N°d'écrou :20266

chômeur

Condamné à 5 ans de prison.

Il souffre de tuberculose
 

Beilla Sidimahfoud N°d'écrou :20270

Né en 1982 à El Ayoun

chômeur

Condamné à 5 ans de prison.
 

Chef d'accusation : appartenance à une bande de malfaiteurs, participation aux émeutes (manifestations d'El Ayoun de mars 2000), incitation à la destruction des biens des particuliers et des biens publics et participation à la destruction d'un véhicule par le feu.

Date de la condamnation : 05.04.2000 par la Cour d'Appel d'El Ayoun

Lieu de détention : prison civile d'El Ayoun
 
 

Rejâa Brahim

Né en 1979 à Goulimine, étudiant en 3ème cycle universitaire d'économie

Date de détention : 18 mai 2000

Chef d'accusation : avoir brûlé un véhicule public au cours des incidents de la Cité Universitaire de Marrakech.

Condamné à 5 ans de prison le 20 juin 2000 par le Tribunal d'Appel de Marrakech.

Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.
 
 

Abdelillah Bouknou

Né en 1976, étudiant en 2ème année de droit.

Berdellil Houcine

Né en 1974 à Goulimine, étudiant en 1ère année du troisième cycle de droit privé.

Bekri Abdessalam

Né en 1974

Chakourri Omar

Né en 1979 à Tan-Tan, étudiant en économie

Jemâa Mohamed Yahdih

Né en 1976 à Goulimine

Bouguenna Mouloud

Né en 1975 à Goulimine

Belhaj Mohamed Mustapha

Né en 1979 à Goulimine, étudiant en 2ème année de droit

Kezzhar Mohamed Fadel

Né en 1973 à Goulimine

Pour tous :

Date de la détention :17 mai 2000

Chef d'inculpation : participation aux évènements de la cité universitaire de Marrakech

Condamnés à 2 ans de prison le 26 mai 2000 par le Tribunal de 1ère Instance de Marrakech.

Lieu de détention : prison civile de Marrakech
 
 

Bahaha Salek

N°d'écrou :57726

Employé à Phosboucraâ, service de manutention « liaison des convoyeurs »

Date de la détention : 27.09.2000 à El Ayoun

Chef d'accusation : « Atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et intelligence avec le Polisario ».

Condamné le 11.10.200 à 4 ans de prison par le Tribunal d'Appel d'Agadir.

Lieu de détention : Prison civile de Marrakech.

Reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International
 
 

Ayach Baba Yaddih

17 ans

Etudiant au Collège « Laayoune 3 »

Date de détention : 12.02.2001

Chef d'accusation : incendie d'une voiture de l'autorité à la Cité Hay Rahma la nuit du 10.02.2001.

Condamné à 2 ans de prison le 07.03.2001 par le Tribunal de 1ère Instance d'El Ayoun.

Lieu de détention : Prison civile d'El Ayoun
 
 

Nouvelles grèves de la faim

En soutien au mouvement entamé par Mohamed Daddach, trois autres détenus politiques sahraouis ont observé une grève de la faim le 28 août. Il s'agit de Khaya Cheikh, Massoud Larbi et Bahaha Salek qui protestent contre leur détention illégale et les dures conditions de détention. Les deux premiers avaient été arrêtés le 6 décembre 1999 et le troisième le 27 septembre 2000. Ils ont été condamnés à 4 ans de prison ferme et sont détenus à la prison Boulemharez de Marrakech.

Le 30 août, ils ont été rejoints par 5 autres prisonniers sahraouis condamnés lors des évènements de la Cité universitaire de Marrakech.

Comité préparatoire pour la constitution d'un
COMITE pour la LIBERATION DE M.DADDACH et les DETENUS POLITIQUES SAHRAOUIS

En clôture du meeting du 24 août à El Ayoun, le FVJSAH a annoncé la constitution de ce comité ouvert à toutes les sensibilités. Dans le comité préparatoire, on trouve parmi les mebres les épouses de Kahay Cheikh et Bahaha Salek.
 
 

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Nous appelons l'opinion publique mondiale, les organisations de défense des droits de l'homme à soutenir notre campagne pour exiger des autorités marocaines la

LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH
ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS

LIBERTE POUR MOHAMED DADDACH

ET TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS
 
 

Mohamed Daddach est le plus ancien prisonnier de conscience sahraoui :

Il est né en 1957 à Guelta Zemmour (Sahara Occidental). En 1973, il rejoint le Front Polisario et participe à la lutte de libération.

Mohamed Daddach, prisonnier de guerre : le 2 février 1976, il est fait prisonnier au cours d'une bataille près de Amgala. Blessé, il est transféré dans différentes prisons marocaines et finalement à la caserne de la Gendarmerie Royale d'El Ayoun.

Mohamed Daddach est enrôlé de force dans la gendarmerie royale : alors que 90 de ses compagnons prisonniers de guerre sont libérés, Mohamed Daddach et 9 autres prisonniers sont enrôlés de force dans la gendarmerie marocaine à El Ayoun. Aux côtés de ses camarades, il tente de fuir le 10 août 1979. Mais son véhicule est intercepté par les forces marocaines et accidenté. Son compagnon meurt et Daddach est blessé et fait prisonnier

Mohamed Daddach est condamné à la peine capitale : le 7 avril 1980, Mohamed Daddach est condamné à mort par un tribunal militaire marocain pour désertion. Il est emprisonné à la prison centrale de Kénitra où il est soumis à un régime d'isolement et de torture, sans traitement médical. Face à cette situation, il commence plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention.

Le 8 mars 1994, , sa peine de mort est commuée en détention à perpétuité, par grâce royale…Mais il reste dans le quartier des condamnés à mort de la prison jusqu'à fin 2000.

Mohamed Daddach est un symbole de la résistance sahraouie : cette année il a 44 ans et il a passé injustement plus de la moitié de sa vie dans les geôles marocaines. Il a reçu depuis 1995 plusieurs visites du CICR (Comité International de la Croix Rouge) et est considéré par Amnesty International comme prisonnier de conscience. Monsieur Pierre Sané, alors secrétaire Général de cette organisation lui a rendu visite en prison en 1999.

Mohamed Daddach doit être libéré
Lettre de Mohamed Daddach Aux organisations humanitaires, de défense des droits de l'homme et à toutes les ONG.

« Lors ma tentative de rejoindre le F.Polisario avec 11 compagnons (dix ont réussi à fuir), la voiture dans laquelle je me trouvais avec un autre camarade a été détruite par un tir de Canon 105 de l'armée marocaine. Suite à cet accident, mon ami a trouvé la mort, et moi j'ai été grièvement blessé au côté gauche, ce qui m'a empêché de bouger. J'ai été capturé par l'armée marocaine et traduit devant le Tribunal militaire de Rabat qui m'a condamné à la peine capitale.

Depuis le 9 septembre 1979, je me trouve à la prison de Kénitra, aujourd'hui dans le quartier AI dans une petite cellule de trois mètres carrés où il y a deux petites fenêtres. Je vis dans des conditions insupportables ; je sors 4 heures par jour pour voir le soleil. Le reste du temps, je le passe dans ma cellule qui est située à côté des chiens de garde qui aboient jour et nuit.

Je lance un appel à toutes les organisations humanitaires et aux ONG de défense des droits de l'homme pour intervenir pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis et pour faire la lumière sur le sort de tous les disparus sahraouis. »

Le 10.02.2001
 
 

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Bureau Européen pour le Respect des droits de l'homme au Sahara Occidental
Case Postale 53
1211 GENEVE 9 Suisse

[ACCUEIL]

 

EL KARAMA N° 22

DIGNITE

 

BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL
En marche pour une nouvelle étape…..




Il fallait que le Bureau pour les droits de l'homme au Sahara occidental se donne les moyens de devenir une structure juridique reconnue  pour que ses membres puissent avoir en mains un nouvel instrument de lutte. C'est donc chose faite depuis le  16 mars, date de la création formelle de la nouvelle association réunissant actuellement des membres de nombreux pays  dont la Suisse, la France, l'Italie, l'Angleterre, l’Espagne… et du Sahara Occidental.  Modeste, mais ambitieuse, cette association va travailler avec toutes les associations sœurs, notamment sahraouies, pour remplir ses objectifs: non seulement dénoncer les violations des droits de l'homme au Sahara Occidental, mais mener des actions offensives pour le respect de ces mêmes droits.
Les résultats positifs du combat mené l'an dernier pour la libération des prisonniers politiques sahraouis sont prometteurs sans pour autant donner aux membres de l'association des illusions sur la facilité des combats à mener. Chaque nouvelle lutte va, en effet,  demander une préparation extrêmement précise, la réunion du maximum de preuves (sur les disparitions, par exemple), de nombreux soutiens  de la part d'ONG et d'organisations reconnues. On peut espérer, par exemple, que  le Bureau étant une entité juridique helvétique,  l'entrée de la Suisse dans l'ONU rendra ses autorités plus offensives, prêtes à prendre des initiatives dans une situation où les droits de l'homme se péjorent.
Le Karama reste l'organe d'information du Bureau;  sa traduction et sa diffusion internationale vont se poursuivre régulièrement. Il est évident, cependant, que pour être efficaces, nos combats doivent devenir les vôtres aussi, les nôtres à tous en somme. Au cours des mois prochains nous continuerons à vous solliciter pour des actions de grande envergure qui ne peuvent  être victorieuses sans votre solidarité. Merci de répondre à nos appels et de poursuivre votre collaboration avec le Bureau International pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental, dans la nouvelle étape qui s'annonce.
 
 

Assemblée Générale du Bureau International pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental
COMMUNIQUE

Le 16 mars 2002 s’est tenue à Genève l’Assemblée Générale du Bureau Européen pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental. Y ont participé des représentants de Suisse, de France, d’Italie et de Grande Bretagne ; alors que les représentants d’Espagne et d’Allemagne s’étaient excusé . Etait également présente une large délégation représentative des sahraouis défenseurs des droits humains : M.Abdeslam Omar Lahcen  - Président de l’AFAPREDESA (Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis) venu des camps de réfugiés et des représentants d’organisations venant du Sahara Occidental sous contrôle marocain : M. Dahha Rahmouni, du Comité de Coordination des Victimes sahraouies de la Disparition forcée ; M.Moumen Mohamed Mahmoud, de l’Association des Familles de Disparus de Smara, fils du disparu Sidi Ahmed Baaya, rejoints dans l’après-midi par M. Noumria Brahim du Forum Vérité-Justice/.Section Sahara  et Me Leili Mohamed Fadel, avocat sahraoui et ancien disparu.
L’Assemblée a également reçu plusieurs messages de soutien de Belgique (Pierre Galand, Président EUCOCO), de France (Comité de parrainage des prisonniers politiques au Maroc)…

Cette réunion qui a discuté et accepté les propositions de modification de fonctionnement peut être considérée comme une Assemblée Constitutive de l’association.
Après avoir fait un bilan de l’activité de l’année écoulée, elle a adopté des statuts, élu un comité exécutif de 5 membres et distribué les postes de membres correspondants dans les différents pays. En outre, pour ouvrir de plus grande perspective de travail spécialement en dehors de l’Europe, l’Assemblée a décidé à l’unanimité de modifier le nom de l’association en BUREAU INTERNATIONAL POUR LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL. Une campagne d’adhésion sera lancée  prochainement.

Le plan de travail adopté comporte la poursuite et le développement
- du travail d’information en renforçant particulièrement les différentes langues (français, anglais, espagnol),
-  de la publication du bulletin EL KARAMA (français, anglais, espagnol, italien, catalan…) et
- de la campagne de parrainage de disparu/e/s sahraouis.
- de l’intervention pour la libération de tous les détenus politiques sahraouis condamnés par les autorités marocaines ou en attente de jugement.

Une campagne particulière sera initiée ces prochaines semaines sur la question des disparitions forcées au Sahara Occidental. Dans ce cadre, un projet de rencontre entre des familles de disparus sahraouis et des parrains et marraines d’Europe en mars 2003 à Genève a été élaboré.

Saluant la présence active des représentants sahraouis, l’Assemblée a réaffirmer son soutien aux organisations sahraouies de défense des droits humains et son souhait de poursuivre une collaboration efficace avec elles.
Dans l’après-midi, l’assemblée a écouté avec émotion le message adressé par téléphone par Mohamed Daddach qui après avoir remercier le BERDHSO pour la  campagne en faveur de sa libération et de celle de ses camarades a fait remarquer que les violations des droits humains au Sahara Occidental sont liées au conflit politico-militaire, et ne pourront cesser qu’avec la fin de ce conflit à travers un référendum d’autodétermination juste et  libre. D’autres messages téléphoniques ont été adressés depuis le Sahara Occidental, d’une femme sahraouie rescapée des bagnes secrets marocains, et d’un activiste des droits de l’homme.
En deuxième partie de journée a eu lieu un  colloque sur la disparition forcée auquel ont apporté leurs contributions Mme Tina Meschiati, rescapée de la disparition forcée en argentine (1976-1978), de l’Association  « Memoria Viva » et Jairo Sanchez de l’Association Américaine des Juristes. Cette rencontre de plus de trois heures (qui fera l’objet d’un compte rendu séparé)  a été très enrichissante pour la poursuite de nos actions.

Genève, le 17 mars 2002
 

Discours adressé par téléphone à l'assemblée générale du BERDHSO
Genève, le 16 mars 2002

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
C'est avec fierté et grande émotion que je m'adresse à votre assemblé générale pour vous exprimer mes vives salutations et mon profond respect. Je vous exprime également mes profonds remerciements et ma grande satisfaction pour toutes les actions entreprises par votre Organisation en faveur de ma libération et celle de mes camarades les autres détenus politiques Sahraouis.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Notre libération inconditionnelle était le fruit de la campagne internationale lancée, l'année dernière, par votre Organisation et  à laquelle ont adhéré les défenseurs des droits de l'homme Sahraouis et les masses militantes Sahraouies et soutenue par des personnalités humanitaires partout dans le monde.

Chers Amis, chères Sœurs, chers Frères,
Des centaines de Sahraouis demeurent toujours en disparition forcée dans les geôles secrètes marocaines et soumis aux méthodes de t