I - Fiche
de renseignement sur le militant des droits humains Ali Salem TAMEK
Nom: Ali Salem TAMEK
Nom du père: Mohamed Salem Ould El Mami Ould Mohamed Tamek
Nom de la mère: Fennina Bent Hammadi Ould Mohamed Tamek
Date de naissance: 24/12/1973
Lieu de naissance: La région d'Assa au sud du Maroc
Situation de famille: Marié et père d'une fille nommée
"Thawra" (Révolution)
Il a quitté ses études au cours de l'année scolaire
92/93 en raison de sa détention alors qu'il était en 3ème
année secondaire (section lettres) au lycée dit "La
marche Verte" à Tiznit, ville du sud du Maroc à 90
km d'Agadir.
Profession:
Fonctionnaire depuis le 01/07/1997 au Caïdat de Touizgui dans la
région connu administrativement sous le nom de Assa-Zag. En date
du 15/04/2002 on l'a déplacé contre son gré à
Meknes qui est une ville marocaine à 1300 km de sa ville natale
et lieu de résidence. Mais il ne s'est pas exécuté
à cette décision d'éloignement forcé. On a
alors arrêté de lui payer son traitement à partir
du 01/06/2002 dans la perspective de l'expulser définitivement
de la fonction publique.
Dossier
spéciale: TAMEK
II - Son histoire avec les détentions:
Il a été arrêté le 13/09/1993 sur la frontière
maroco-algérienne dans la région de Tata par un détachement
du 17ème régiment de l'armée marocaine, avec un groupe
de jeunes qui tentaient de rejoindre le Front Polisario. Ils ont été
déféré en justice et accusés "d'atteinte
à la sûreté extérieure de l'État et
tentative de rejoindre le Front Polisario". Le tribunal les a condamné
à une peine de cinq ans de prison et 10.000 dirhams d'amende, réduite
à un an de prison et 10.000 dirhams par la Cour d'Appel d'Agadir,
qu'il a passée à la prison d'Inezgane (Agadir). Lors de
cette détention il a été soutenu par plusieurs organisations
internationales des droits humains et par l'Association Marocaine des
Droits Humains (AMDH) en la personne du bâtonnier Me Sassi, Me Nouaroui
et d'autres avocats ...
Il a été arrêté une deuxième fois dans
la région de la ville de Dakhla dans le Sahara Occidental et précisément
au pied de la "Ceinture de Sécurité" par un détachement
du 53ème régiment de l'armée marocaine, alors qu'il
effectuait une deuxième tentative de rejoindre le Front Polisario
en date du 24/11/1997. Il a passé un mois entre les prisons de
Laayoune et Dakhla, deux des grandes villes du Sahara Occidental, puis
on l'a relâché comme suite à la pression exercée
par des organisations internationales des droits humains.
Sa troisième arrestation a eu lieu à Rabat le lundi 26/08/2002
à 14:45 après avoir introduit une demande pour obtenir l'effacement
des effets d'une peine antérieure au service central de la police
marocaine. Il avait l'intention de se présenter candidat aux élections
législatives dans le circonscription de "Assa-Zag" aux
côtés du militant Mohamed Moutaouakil au nom du parti Gauche
Socialiste Unifiée. C'est un parti nouvellement constitué
de quatre formations politiques regroupant un grand nombre des anciens
victimes d'enlèvement et de détention politique. Suite à
cette arrestation, il a été transféré à
Casablanca où il a été interrogé par la Brigade
nationale de police judiciaire. Puis il a été transféré
à Agadir où on l'a déféré tout d'abord
devant le procureur général près la Cour d'Appel
d'Agadir puis devant le procureur du Roi près le tribunal de première
instance d'Agadir qui a ordonné son écrou à la prison
d'Inezgane (Agadir) le 28/08/2002.
Extraits de son procès en première instance et en appel:
Il a été déféré devant le tribunal
de première instance d'Agadir le 04/09/2002 avec comme chef d'accusation
"l'atteinte à la sûreté intérieure de
l'État et l'appartenance aux structures du front Polisario".
Plusieurs organisations marocaines des droits humains ont marqué
leur présence lors de ce procès dont l'AMDH et le Forum
de Vérité et Justice (FVJ) - Section d'Agadir ainsi que
12 avocats venus du Sahara Occidental et du Maroc: Laayoune, Guelmim,
Agadir et Marrakech. Ont été également présents
des personnalités et militants des droits humains et des étudiants
originaires du Sahara venus des différentes villes universitaires
dont Agadir, Marrakech et Rabat ainsi que les correspondants des organes
de presse.
M. Ali Salem TAMEK a fait au tribunal en milieu de tout ce monde une déclaration
dont voici des extraits:
"Tout d'abord, je salue mes camarades et tous les détenus
politiques sahraouis de la prison "Laqhale" à Laayoune.
En effet, j'avait déclaré à la Brigade nationale
de la police judiciaire à Casablanca qu'aucune relation ne me lie
aux structures ou aux cellules du Front Polisario, ni la section du martyr
"Hamdi Bouzid" ni d'autres sections que ce soit à Tan-Tan,
Laayoune, Smara ou autres. Je n'ai jamais transmis des renseignements
à aucune instance étrangère. Quant à ma relation
avec mes frères poursuivis dans ce dossier qui sont Cheikh Khaya,
Larbi Massoud et Brahim Laghzal, je dis que je les ai connu en 2000, soit
après leur arrestation, dans un cadre de droits humains exclusivement.
Et ce en harmonie avec mon travail de défenseur des droits humains
que ce soit au sein de la section sahraouie du Forum de Vérité
et de Justice ou au sein du "Comité d'Action pour la libération
de Sidi Mohamed Dadech et de tous les détenus politiques sahraouis".
Je les ai soutenu en tant que détenus politiques sahraouis en accord
avec les circonstances objectives et légales...
Pour ce qui est de ma position, je déclare à nouveau devant
ce tribunal que je sympathise avec le Front Polisario et fais miennes
sa position d'autodétermination et ses doctrines politiques tout
à fait pacifiquement. Ceci est une opinion personnelle.
Je suis étonné d'être poursuivi pour une affaire qui
est devenu close du point de vue politique suite à la décision
politique du 16/11/2001. L'État n'a non seulement libéré
tous ceux qui ont été poursuivis dans cette affaire mais
il a libéré le plus ancien détenu politique sahraoui
qui a passé 24 ans dans le prison centrale de Kénitra, ainsi
que les étudiants sahraouis arrêtés à Marrakech
et les autres sahraouis arrêtés suite aux événements
de Laayoune de 1999. Lorsque on met cette décision politique dans
son contexte général, je vois mal comment l'on peut m'arrêter
... c'est une arrestation suspecte...
Mon arrestation et ce procès trouvent leur explication dans le
fait qu'on vise à torpiller mon activisme de syndicaliste et défenseur
des droits humains. Nous, militants des droits humains sahraouis, avons
toujours dit non et non à la poursuite des enlèvements et
des détentions politiques au Sahara. Il faudra mettre la lumière
et dévoiler toutes les atrocités faites contre les Sahraouis
qui, d'un point de vue juridique, sont qualifiées de crimes contre
l'humanité, tels les actes de jeter des vivants des avions en plein
vol, l'enterrement des corps dans des charniers, la disparition de dizaine
de gens et l'enlèvement et arrestation des milliers. Les autorités
marocaines veulent empêcher toute personne ou instance qui essaye
de dévoiler ces vérités, pire elles veulent que cette
région reste isolée de l'opinion publique tout à
fait à l'abri de toute action civile sincère, en avançant
des prétextes futiles comme la sensibilité de la situation
dans la région et autres motifs ...
Finalement, que ce soit en prison par décision injuste de votre
part ou en liberté, je saurai toujours militer pour mes convictions.
Parce que je crois que ce sont des convictions légitimes et justes.
Je le dis encore et encore tout haut: ni l'interruption du gagne-pain,
ni l'enlèvement, ni la détention, ni la mutation, ni l'expulsion
du travail ne me dissuaderont de poursuivre ma lutte ..."
(Fin des déclarations du prisonnier politique sahraoui Ali Salem
Tamek)
Le tribunal de première instance d'Agadir a prononcé sa
condamnation à deux ans de prison ferme et une amende de 10.000
Dh le 10/09/2002. En appel, l'audience tenue le 17/10/2002 a connu l'affluence
d'un grand nombre des défenseurs et militants des droits humains
de toutes les villes, des étudiants sahraouis de toutes les universités
ainsi que la présence remarquée du symbole de la détention
politique Sidi Mohamed Dadech titulaire du prix Ravtou et deux membres
du bureau exécutif du FVJ MM. Mohamed Moutaouakil et Lahcen Moutiq.
D'autres personnalités et organisations ont assisté au procès:
Le Forum de Vérité et de Justice en la personne de son président
Me Mohamed Sebbar; le premier vice président de l'AMDH et membre
du comité de suivi; des représentants des sections d'Agadir
du FVJ et de l'AMDH; le Comité de coordination pour les victimes
d'enlèvement et détention politique au Sahara; le Comité
des disparus sahraouis; la section Sahara Occidental du FVJ; le Forum
des jeunes avocats; 15 avocats venus de Marrakech, Guelmim, Laayoune et
d'Agadir dont le bâtonnier Me Sassi; des observateurs internationaux
et un journal espagnol.
L'audience a commencé à 15 heures et M. TAMEK comparu vêtu
à la façon traditionnelle sahraouie (la daraa et le litham
noir) en guise de défi et pour montrer son attachement à
son identité sahraouie, a fait la déclaration suivante:
"J'ai fait appel pour exprimer ma protestation contre le jugement
de première instance que je considère dénué
de tout fondement légal et prononcé en l'absence d'accusations
claires appuyées par des preuves et des documents. J'espère
que ce jugement soit revu du point de vue juridique et corrigé
du point de vue du droit humain. Ce jugement traite mon affaire dans le
cadre des conditions aberrantes à l'opposé des droits reconnus
à l'échelle internationale et occulte son caractère
de procès d'opinion par excellence.
Je n'appartiens pas aux structures du Front Polisario et je n'ai jamais
transmis des renseignements à une instance étrangère
... J'ai en effet pris part à des soulèvements et manifestations
à Assa, Laayoune, Smara et sites universitaires en tant que militant
syndicaliste investi de responsabilité au sein de la Confédération
Démocratique du Travail où je suis membre de sa commission
administrative et secrétaire général de sa section
locale.
Pour mes opinions politiques concernant l'affaire du Sahara, j'avais répondu
à la Brigade nationale de la police judiciaire que j'ai des convictions
politiques personnelles qui n'engagent aucune autre personne. Ma position
se résume comme suit: J'adopte la thèse politique du Front
Polisario qui prône l'indépendance du Sahara Occidental du
Maroc par l'organisation d'un référendum libre, impartial
et juste qui garantie le droit d'expression du choix politique en toute
liberté en accord avec les chartes et déclarations internationales,
et notamment les deux Conventions Internationales des droits civiques,
politiques, économiques, sociales et culturelles. Ces deux conventions
qui stipulent dans leurs premiers articles le droit des peuples à
disposer d'eux mêmes tel qu'il est prévu par la charte des
Nations Unies n°14/15 de 1965.
Ma position me semble cohérente et naturelle, notamment en prenant
en considération que le Maroc a accepté le référendum
dans le Congrès de Nairobi en 1981 et a convenu le principe de
cette consultation populaire avec le Front Polisario à Genève
le 30/08/1988 sous l'égide des Nations Unies. J'ajoute que les
deux parties ont entamé l'exécution de cet accord en commençant
par un cessez-le-feu instauré à partir du 06/09/1991 et
en passant par l'opération d'identification des personnes qui ont
le droit de participer au référendum et finissant par la
signature des accords de Huston en 1997. Ces accords ont défini
les mesures de transition dans le cadre du plan de règlement sous
l'égide des Nations Unies et de l'Organisation de l'Unité
Africaine." (Fin des déclarations de Ali Salem Tamek)
Il convient de noter que le tribunal a privé M. TAMEK de son droit
de réponse à l'intervention du représentant du ministère
public. Celui-ci a écumé de colère après avoir
écouté M. TAMEK exprimer son opinion politique en toute
franchise et courage et a lancé en pleine audience: "Si Ali
Salem TAMEK sort de cette salle et fait ce genre de déclaration
en public, les citoyens vont le couper en morceaux vu que cette question
revêt un caractère sacré auprès des Marocains
...".
Dossier
spéciale: TAMEK
III - Actes vexatoires
Après sa participation au soulèvement historique du 24 septembre
1992 et son rôle de leader dans le mouvement protestataire des élèves
du lycée de la ville en date du 11/10/1992, il a été
présenté devant le conseil disciplinaire qui a décidé
son expulsion de l'établissement. Cette décision a été
annulée suite aux interventions des "autorités provinciales
d'Assa" et remplacée par une décision de déplacement
le 13/11/92 à la ville de Tiznit pour poursuivre ses études
au lycée "la Marche Verte".
Il a été privé du passeport en dépit des deux
demandes dûment formulées déposées en 1999
et 2001. Les autorités marocaines ont refusé de lui délivrer
le récépissé du premier passeport en 1998 sous n°149
et du deuxième en date du 22/04/2001 sous n°55, sous prétexte
qu'il adoptait les doctrines du Polisario selon ce qu'ont déclaré
des responsables dans une réunion officielle avec le bureau exécutif
du FVJ (4 réunions). Et cédant finalement aux pressions
des organisations, l'État a fini par lui délivrer le récépissé,
mais les autorités le prive toujours de ce déplacer librement
en dépit des lettres adressées au Premier Ministre, au ministre
de l'Intérieur, au ministre chargé des Droits Humains, les
organisations marocaines et internationales et la presse.
Les autorités marocaines l'ont privé du droit de choisir
un prénom pour sa fille "Thawra" au motif que ce nom
constitue une atteinte à l'ordre établi et est contraire
aux traditions. Après le refus de la commission administrative
ou sont représentés plusieurs ministères, la question
a été portée devant la justice qui a confirmé
la décision administrative en août 2001. Sa fille est née
le 30/09/2000 et n'est toujours pas inscrite aux registres de l'état
civil.
IV - Responsabilités et carrière
du militant
- Il était interlocuteur au nom des employés et ouvriers
de l'Entraide Nationale comme président du comité qui représente
ce secteur pendant 1996, 1997 et 1998.
- Il a été élu président de la section locale
de l'Association marocaine des chômeurs titulaires de diplômes
le 14/06/1997 et membre du Conseil National qui est la plus haute instance
décisionnelle de cette association.
- En date du 26/08/2000 il a été élu membre de la
section Sahara Occidental du Forum de Vérité et de Justice
puis membre de son Conseil National à l'issue du premier congrès
du Forum tenu les 14, 15 et 16 juin 2002 à Bouznika, Casablanca.
- En date du 14/02/2001 il a été élu secrétaire
général de la fédération locale de la Confédération
Démocratique du Travail (CDT). À l'issue du 4ème
congrès de la CDT il a été élu membre de sa
Commission administrative en plus de son appartenance au bureau de la
section des fonctionnaires des préfectures et districts urbains
relavant du Syndicat National des Collectivités Locales.
- Membre du comité préparatoire de l'association des Disparus
Sahraouis.
V - Le militantisme de M. TAMEK
Il est l'un des fondateurs de la section Sahara Occidental du Forum de
Vérité et de Justice (membre du comité préparatoire
constitué le 26/06/2000). Il a participé activement dans
l'élaboration des documents de son Assemblée générale
constitutive tenue le samedi 26 août 2000 à la Salle de Culture
à Laayoune au Sahara Occidental.
Il est l'un des initiateurs du projet de constitution du comité
d'action pour la libération de Sidi Mohamed Dedech et tous les
détenus politiques sahraouis. Il a élaboré et rédigé
le document d'orientation et les statuts de ce comité. Il a été
chargé de la mission de porte-parole du comité préparatoire
et co-organisateur de l'Assemblée générale constitutive
du 09/09/2001.
Il a participé à un cycle de formation organisé par
la Jeunesse Socialiste en tant que militant des droits humains du 01 au
07 mars 2000 à Agadir.
Il a participé à un cycle de formation organisé par
la Jeunesse Socialiste en tant que militant des droits humains sous le
thème "Jeunesse et démocratie" du 01 au 09 septembre
2000 au siège de l'École Mohamedia des Ingénieurs
à Mohamedia.
Il a représenté la section Sahara Occidental dans le colloque
sur "Les violations graves des droits humains" organisé
par l'AMDH, l'OMDH et le FVJ les 09, 10 et 11 novembre 2001 à Rabat.
Il a pris part à un cycle de formation organisé par la Fédération
Internationale des Droits Humains en collaboration avec l'AMDH et l'OMDH
au sujet du "Partenariat euro-méditerranéen: La diversité
et l'universalité des droits humains" du 09 au 12 mai 2002
à Rabat.
Il a pris part à un cycle de formation organisé par un tissu
associatif composé de 21 associations sous l'égide d'une
organisation américaine L'Union Internationale des Affaires de
Démocratie, au sujet des méthodes de surveillance et d'observation
des élections conformément aux règles internationales,
à Rabat du 04 au 09 juillet 2002.
Il a participé à plusieurs manifestations, colloques, marches
de protestation et semaines organisés par les étudiants
sahraouis, notamment dans les villes de Rabat et Marrakech. Il aussi encadré
plusieurs rencontres traitant de la situation des droits humains au Sahara
Occidental.
Quelques jours avant son arrestation, il a été chargé
au sein d'un comité constitué à Laayoune le 17 août
2002 de préparer les documents d'orientation et les statuts pour
la formation d'une association sahraouie pour les disparus, dont l'Assemblée
générale constitutive était prévue pour le
mois de septembre de cette année. Ce comité était
présidé par M. Sidi Mohamed Dedech Prix "Raftou"
2002.
Dossier
spéciale: TAMEK
VI - Contributions de Ali Salem TAMEK
dans la presse écrite:
Il est l'interviewé principal au nom de la section Sahara Occidental
du FVJ au sujet du dossier des droits humains au Sahara. Au cours du premier
congrès du Forum de Vérité et de Justice, il était
le porte-parole des congressistes sahraouis. Il a également publié
des articles dans les organes de presse suivants:
- Al Ayyam, hebdomadaire indépendant
- Assahifa, hebdomadaire indépendant
- Casablanca, hebdomadaire indépendant
- Al Amal Dimocrati, hebdomadaire
- Al Ahdath Al Maghribia, quotidien
- Al Ittihad Ichtiraki, quotidien
- Bayane Al yaoum, quotidien
- Al Alam, quotidien
- Annachra, hebdomadaire
- Darâa, bimensuel indépendant
- Arrihane Al Akhar, hebdomadaire
- Annahar, hebdomadaire indépendant
- Al Moustaqil, hebdomadaire indépendant
- Assabah, quotidien indépendant
- Doumane (arabophone) et Demain (francophone), hebdomadaires indépendants
VII - Réactions des milieux des droits
humains et des médias suite à l'arrestation de Ali Salem
TAMEK
Plusieurs organismes d'information et de droits humains ont réagit
à l'événement de la détention de M. TAMEK.
Au Maroc:
Organismes des droits humains:
- Le bureau exécutif du Forum de Vérité et Justice
a publié deux communiqués, un au sujet de l'arrestation
et l'autre au sujet du procès. Il a également adressé
des lettres au même sujet à des instances officielles.
- Le bureau central de l'Association Marocaine des Droits Humains a publié
deux communiqués, un au sujet de l'arrestation et l'autre au sujet
des procès en première instance et en appel. Il a envoyé
des lettres à des instances officielles et assuré le suivi
de la situation du détenu politique dans les prisons d'Inezgane
et Salé. Il a également réagit suite à la
première grève de la faim de M. TAMEK et les autres démarches
entreprises par lui pour faire valoir ses droits.
Organes de presse:
- Les organes suivants, cités à titre indicatif et non limitatif,
ont rapporté la nouvelle de l'arrestation et publié des
articles et interviews avec des militants des droits humains:
- Al Ayyam, hebdomadaire
- Assabah, quotidien
- Al Amal Dimocrati, organe du Parti de la Gauche Socialiste Unifiée
- Al Ahdath Al Maghribia, quotidien
- Assahifa, hebdomadaire
- Attadamoun, organe de l'AMDH
- Maghrib Al Yaoum
- Demain magazine
- Al Asr, organe du Parti de Justice et Développement
- Al Ousbouâ, hebdomadaire
À l'étranger:
- Le quotidien "Asharq Al Awsate" a publié trois articles
sur l'arrestation et le procès.
- Le quotidien "Al Qods Al Arabi": le récit de l'arrestation
- Des journaux espagnols, français et algériens ainsi que
les agences de presse de France, Espagne, Europe, Grande Bretagne, Algérie
et Afrique du Sud.
Organismes des droits humains:
- Amnesty International, qui a reconnu M. TAMEK comme prisonnier d'opinion,
mène une compagne internationale pour obtenir sa libération.
- La Fédération Internationale des Droits Humains (l'a reconnu
comme prisonnier d'opinion).
- Le Bureau International pour le respect des droits humains au Sahara
Occidental (l'a reconnu comme prisonnier d'opinion).
- Association France Libertés (l'a reconnu comme prisonnier d'opinion)
- Des organisations des droits humains en Espagne, Italie, Pays-Bas et
en Suisse ainsi que des organisations d'Amérique Latine et d'Australie.
- Un comité a été constitué sous l'appellation
"Comité d'Action pour la libération de Ali Salem TAMEK
et tous les détenus politiques" à la ville de Boujdour
au Sahara Occidental ainsi qu'un autre comité aux mêmes fin
à la ville d'Assa.
Dossier
spéciale: TAMEK
VIII - Aperçus de sa situation actuelle
en détention:
M. TAMEK est entré en une grève de la faim deux jours seulement
après son arrestation, du 30 août 2002 au 05 septembre 2002,
pour protester contre son arrestation à cause de son opinion politique
et sa privation de ses droits en tant que détenue politique. Cette
grève a été suspendue suite à la rencontre
qu'il a eue avec le procureur du Roi près le tribunal de première
instance d'Agadir et le directeur de la prison locale d'Inezgane. Ceux-ci
ont répondu favorablement à une partie importante de ses
revendications, notamment le droit à l'information, les soins médicaux
et la promenade. La question de la visite est restée sans issue
sous prétexte qu'elle nécessite une autorisation de la direction
pénitentiaire marocaine.
Du 1er au 11 novembre 2002, il est entré en une autre grève
de la faim pour demander son transfert à la prison de Salé
et l'amélioration de sa situation en tant que prisonnier politique.
Cette action a été largement suivie par les médias
et les étudiants qui ont organisé à Rabat un sit-in
devant la direction centrale pénitentiaire le lundi 11 novembre
2002 dans la matinée. Ils ont porté les photos du militant
Ali Salem TAMEK et scandé des slogans exprimant leur solidarité
avec lui et leur condamnation de son arrestation. Cette pression a porté
ses fruits puisqu'il a été transféré le mardi
12/11/2002 à 06:30 au complexe pénitentiaire de Salé.
Sur place, il a présenté un dossier revendicatif dont voici
la teneur:
"Mes revendications trouvent leur justification dans les conventions
internationales qui définissent la façon de traiter le prisonnier
et notamment les règles types minimales de traitement des prisonniers
formulées en 1955 et ratifiées par le Maroc en tant que
membre de Nations Unies, ainsi que dans la réglementation marocaine
régissant l'incarcération sous n°23/98 qui a été
promulguée en abrogation des lois du 11/04/1915 et du 26/06/1930.
En plus de ces droits, mes revendications en tant que prisonnier politique
sont:
1 - m'accorder un traitement de prisonnier d'opinion en bonne et due forme
et me traiter avec respect par le direction de la prison
2 - le droit à une alimentation convenablement préparée
et présentée
3 - le droits aux soins médicaux en prenant en compte mon très
mauvais état de santé avec des maladies chroniques (asthme
sévère, troubles gastriques, rhumatisme) en plus d'une pneumonie
et la galle comme conséquences de mes dernières conditions
de détention.
4 - me permettre de jouir de la promenade quotidienne.
5 - permettre à toute personne sans exception de me visiter en
tenant compte que la majorité d'entre eux viennent des villes du
Sahara et parcourent des distances qui dépassent 1600 km et réserver
une salle à cette effet.
IX - Combats menés par Ali Salem TAMEK
au sein du complexe carcéral de Salé:
§ Il a observé une troisième grève de la faim
à l'occasion de la journée mondiale des droits humains célébrée
le 10 décembre 2002 et rendu public un communiqué où
il renouvelait la revendication de sa liberté et celle de tous
les prisonniers politiques sans considération de leurs appartenances
ou idées.
§ En date du 23 décembre 2002, il a entamé une autre
grève de la faim pour une durée de quatre jours. Et pour
le soutenir les étudiants sahraouis ont observé deux sit-in:
le premier devant la prison de Salé le lundi 23/12/2002 en matinée
et le deuxième devant la direction centrale pénitentiaire
à Rabat le vendredi 27/12/2002 en soirée. Ils y ont porté
les photos de M. TAMEK et une banderole portant le logo d'Amnesty International
et une inscription qui dit: "Liberté pour le prisonnier politique
Ali Salem TAMEK" et ont rendu public un communiqué à
cette occasion.
§ En date du 06 janvier 2003, le ministre marocain de la Justice
a délégué une commission pour négocier avec
M. TAMEK le reste de ses revendications ainsi que la libération
conditionnée selon cette même commission par la demande de
la "grâce royale". Cette condition a été
catégoriquement rejetée par le détenu qui a donné
à ce sujet des interviews à certains organes de la presse
écrite marocaine. Quant aux autres revendications, la commission
a promis une solution globale pour entamer une nouvelle étape de
négociation au lieu des grèves de la faim.
§ En date du 14-15 janvier 2003, il est entré en une grève
de la faim pour exprimer sa solidarité avec celle observée
par les prisonniers politiques sahraouis à la prison "Laqhale"
à Laayoune au Sahara Occidental.
§ En date du 30/31 janvier 2003, il est entré en une grève
limitée de la faim avertisseuse pour rappeler aux responsables
marocains leurs promesses et engagements qu'ils n'ont pas honorés.
Et alors qu'il était en grève ce jeudi 30/01/2003, il a
été victime d'une tentative d'agression à l'arme
blanche dans la cour de la prison à 11 heures du matin environ.
L'agresseur, prisonnier du droit commun et un des barons du trafic de
la drogue nommé Si Mohamed El Foud, n° d'écrou 81980,
titulaire de la C.I.N n°A288068, occupait la chambre n°5 à
la clinique de la prison. Il était armé de barres de fer
et a essayé d'attaquer M. TAMEK au vu et au su de tout le monde
tout en scandant des slogans politiques tels "le Sahara est marocain"
et "Vive Mohamed VI". M. TAMEK a porté plainte au procureur
général près la Cour d'Appel de Rabat pour ouvrir
une enquête à ce sujet. Et aussitôt informées
de cette affaire, des organisations de droits humains marocaines et internationales
ont publié des communiqués et des appels pour l'ouverture
d'une enquête tout en condamnant ce comportement ignoble.
§ En date du 10 mars 2003, il est encore une fois entré en
une grève de la faim qui a duré 12 jours au péril
de sa vie. Il a été transporté d'urgence en perte
de conscience à la clinique de la prison une première fois
à 12:30 dans la nuit du 14/03/2003 et une deuxième fois
le dimanche 16 . Le lundi suivant à 15:30 il a été
transporté à l'hôpital Avicenne à Rabat (capitale
du Maroc) où il a passé 3 heures. De retour à la
prison, il a tenu avec un représentant du directeur général
des prisons une réunion qui a duré une heure et 15 minutes
(de 20:00 à 21:15). Le mardi d'après, il a été
transporté en perte de conscience à l'hôpital à
18:30 pour y passer 4 jours au 6ème étage. Là, il
a subit des actes provocateurs telle la tentative de l'obliger à
s'alimenter. En réponse à ces actes, M. TAMEK a choisi l'escalade
en refusant même l'eau et le sucre.
§ Le mercredi 20 mars 2003 il a tenu une réunion avec une
commission déléguée par le directeur général
des prisons. Cette même commission a tenu le même jour une
réunion avec le bureau exécutif du Forum de Vérité
et de Justice. Le même jour aussi, la police judiciaire de la ville
Salé a ouvert une enquête au sujet de la tentative d'agression.
Le séjour de M. TAMEK à l'hôpital a enregistré
le 20 mars 2003 un accrochage entre les forces de l'ordre et les étudiants
sahraouis ce qui a entraîné l'arrestation d'un étudiant
et la blessure d'autres. Les étudiants sahraouis ont également
organisé des sit-in devant le siège du ministère
des Droits Humains, la Direction générale des prisons et
dans les cités universitaires.
§ Il est à noter que les grèves de la faim successives
ont eu des conséquences graves sur sa santé ce qui l'a obligé
à utiliser une chaise roulante pendant plus d'un mois et demi.
§ Suite aux nombreuses grèves de la faim observées
par M. TAMEK, celui-ci a reçu une lettre du Premier Ministre marocain
l'informant qu'il avait envoyé une correspondance au ministre de
la Justice pour lui accorder les droits de prisonnier d'opinion. Et puis
une réunion a été tenue avec le procureur général
de la Cour d'Appel de Rabat le mercredi 23 avril 2003 où il a été
informé que le dossier de la tentative d'agression à l'arme
blanche est renvoyé au tribunal de première instance de
Salé.
§ M. TAMEK et tous les prisonniers politiques sahraouis sont entrés
dans une grève de la faim avertisseuse les 9 et 10 mai 2003 pour
attirer l'attention à leur situation critique dans les prisons
marocaines.
§ Le dimanche 25/05/2003, il a été abusivement transféré
à la prison d'Aït Melloul (près d'Agadir). La direction
pénitentiaire manifeste ainsi le non respect de ses engagement
et une réponse claire aux formes de luttes menées par M.
TAMEK.
Finalement, nous voudrions féliciter les organisations et les militants
des droits humains pour leur soutien à M. TAMEK. Cette fiche reste
ouverte à tous les développements que peut connaître
l'affaire du prisonnier politique Ali Salem TAMEK.
Dossier
spéciale: TAMEK
Étape de la prison locale d'Aït
Melloul - Agadir
(Du 25 mai au 06 août 2003)
Ali Salem TAMEK a été transféré subitement
de la prison de Rabat-Salé à la prison locale d'Aït
Melloul le 25 mai 2003 sans préavis et sans que ce transfert ne
soit à la demande du concerné ou de sa famille. Il s'agit
donc d'un déplacement forcé qui dénonce une mesure
de représailles et de règlement de comptes. Dans cette prison
il a été privé de tous les avantages et droits acquis
suite à un combat long et amer (15 grèves de la faim pendant
une seule année) et grâce au soutien des organisations des
droits humains et des démocrates de ce monde en général.
Dans cette prison on l'a mis parmi les prisonniers de droit commun et
privé de la visite, des journaux, la bonne alimentation, la correspondance,
... etc.
M. TAMEK a réagit à ces mesures par l'envoi de correspondances
à plusieurs instances officielles du Gouvernement marocain dont
le ministre de la Justice, le ministre des Droits Humains, le directeur
général des prisons, le secrétaire général
du Conseil Consultatif des Droits Humains. Il a revendiqué son
retour à la prison de Salé ou à la prison centrale
de Kénitra et les droits d'un prisonnier d'opinion. Mais le ministère
de la Justice a tourné le dos à ces revendications ce qui
a poussé M. TAMEK à entamé une série de grèves
avertisseuses au courant du mois de juin 2003 (le 10 juin il a fait un
sit-in dans la cour de la prison).
Pendant ce temps, il a rencontré à deux reprises le substitut
du procureur du Roi près le tribunal de première instance
d'Inezgane les 09 et 18 juin 2003 puis à deux reprises aussi le
substitut du procureur général près la Cour d'Appel
d'Agadir les 1er et 09 juillet 2003. Mais suite à ces rencontres
il a émis des réserves quant aux pourparlers avec ces deux
représentants du ministère de la Justice au motif qu'ils
sont devenus sans objet puisqu'ils n'apportent ni réponses ni solutions.
La fréquence des grèves de la faim et la détérioration
de son état de santé ont conduit à son transport
plusieurs fois au service d'urgences de l'hôpital provincial d'Inezgane.
En date du 09 juillet 2003, il est entré en une nouvelle grève
de la faim qui s'est prolongée pendant 21 jours. La direction de
la prison le transportait presque quotidiennement à l'hôpital
sachant que M. TAMEK refusait toujours d'y rester en dépit des
insistances des médecins pour le mettre à l'unité
des soins intensifs en prévention à toutes complications
éventuelles.
L'Association Marocaine de Droits Humains (AMDH), l'Organisation Marocaine
des Droits Humains (OMDH) et le Forum de Vérité et de Justice
(FVJ) qui sont les ONG les plus actives au Maroc, ont tenu, dans le cadre
de leur suivi du cas TAMEK, une réunion le lundi 21 juillet 2003
avec le ministre de la Justice au siège de son département
à Rabat. Au cours de cette séance, qui a duré 2 heures,
on a abordé la situation de M. TAMEK en tant que prisonnier d'opinion
reconnu comme tel par les trois ONG. Le ministre de la Justice s'est engagé
à veiller à l'amélioration de sa situation dans la
prison d'Aït Melloul dans l'attente de son déplacement.
Suite à cette réunion, les dits organismes ont délégué,
après autorisation du ministère, Me Ahmed KIKICH, le militant
des droits humains, président de l'association des droits humains
"3ème Génération" et membre du bureau d'Amnesty
International. Il est venu à Aït Melloul pour mettre en exécution
ce qui a été convenu au ministère. Après une
série de discussions marathoniennes avec la direction de la prison,
la menace de sa part de s'immoler par le feu le mercredi 30/07/2003 (dans
le cadre de l'élévation du degré de la pression et
d'escalade) et la pression exercée par les organisations internationales
et locales (qui ont en fait déclenché un mouvement exceptionnel
au niveau mondial), et en réponse à l'appel de ces organismes
d'arrêter la grève de la faim, M. TAMEK a décidé
de suspendre son combat. Cette suspension prend en compte l'avancée
réalisée dans la satisfaction de ses revendications, notamment
la reconnaissance de son statut de prisonnier d'opinion et l'amélioration
des conditions de sa détention.
Il convient de noter que les prisonniers politiques sahraouis à
la prison de Laayoune ont eux aussi observé une grève de
la faim pendant deux jours (19-20 juillet 2003) pour exprimer leur solidarité
avec M. TAMEK dans son combat. La grève de la faim ouverte de M.
TAMEK a été suivie aux plus hauts niveaux notamment de la
part du secrétaire général des Nations Unies M. Kofi
Anan, ce qui constitue un acquis moral réalisé suite à
ce combat survenu dans des circonstances locales et internationales difficiles
et compliquées. Reste à savoir maintenant quel sera le dénouement
de cette affaire.
Dossier
spéciale: TAMEK
Le Comite d'Action pour la Libération
de TAMEK Ali Salem et tous les Détenus Politiques Sahraouis porte
à la connaissance de l'opinion publique que le détenu politique
et défenseur des droits de l'homme sahraoui TAMEK Ali Salem a suspendu
; le 21 mars 2003 à 20h00 ; la grève de La faim qu'il observait
;depuis le 10 mars 2003 ; en protestation contre ses mauvaises conditions
carcérales au complexe pénitentiaire de Salé. La
décision de la suspension de cette grève de la faim a été
prise par TAMEK Ali Salem suite à l'engagement de l'administration
pénitentiaire marocaine de :
Mettre fin aux intimidations perpétrées contre TAMEK Ali
Salem
Déclencher une enquête judiciaire sur la tentative d'agression
qui aurait menacée la vie de TAMEK Ali Salem
Faciliter les visites à TAMEK A li Salem des membres des organisations
internationales des droits de l'homme et des journalistes étrangers
et ce sous réserve d'une préalable autorisation fournie
; sur demande ; par le ministre de la justice. Ceci étant, le président
du Forum Vérité et Justice doit être avisé
au moment du dépôt de la demande de visite auprès
du ministre de la justice
Accorder les visites pendant le samedi et les jours des fêtes à
des personnes dont les noms figurent sur une liste exhaustive fournie
par TAMEK Ali Salem à
l'administration pénitentiaire marocaine
Tenir informer le Forum Vérité et Justice du sort des correspondances
demandant l'accord à la commission médicale du Centre d?Orientation
des Victimes
de la Torture du Forum Vérité et Justice de rendre visite
à TAMEK Ali Salem .
A cette occasion, le Comité d'Action pour la Libération
de TAMEK Ali Salem et tous les Détenus Politiques Sahraouis :
exprime sa satisfaction quant aux résultats du combat légal
mené par TAMEK Ali Salem
Salue la résistance héroïque de TAMEK Ali Salem
Appelle l?administration pénitentiaire marocaine à honorer
ses engagements conclus avec TAMEK Ali Salem
Salue toutes les personnalités internationales et toutes les organisations
de défense des droits e l'homme qui n'ont cessé d'exprimer
leur soutien à TAMEK Ali Salem pendant sa grève de la faim
Exprime sa préoccupation totale de l?état de santé
déplorable de TAMEK Ali Salem
Exprime sa solidarité et son soutien à tous les détenus
politiques sahraouis et demandent l?amélioration de leurs conditions
carcérales
Demande la libération inconditionnelle de tous les détenus
politiques sahraouis.
ASSA, le 22/03/2003
Dossier
spéciale: TAMEK
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