Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina International para el Respeto de los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of Human Rights in Western Sahara

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  • 4.11.03: EUROPA PRESS: El Comité de la ONU contra la tortura, "preocupado" por la situación en Marruecos

    Marruecos.- El Comité de la ONU contra la tortura, "preocupado" por la situación en Marruecos

    El Comité de Naciones Unidas contra la tortura se declaró hoy "preocupado" por la ampliación de los plazos de detención preventiva en Marruecos y por el creciente número de detenciones políticas en el país.

    En un informe sobre Marruecos, el Comité se declara "preocupado por la extensión considerable del plazo de detención preventiva, periodo
    durante el cual el riesgo de tortura es mayor". Además, lamenta "el crecimiento del número de detenciones por motivos políticos, del número de detenidos y de prisioneros.

    El informe cuestiona a los servicios de contraespionaje al subrayar "el número de alegaciones de tortura y de penas o tratamientos crueles, inhumanos o degradantes que implican a la Dirección de Vigilancia del Territorio (DST)".

    El Comité recomienda a Marruecos adoptar medidas para poner fin a la "impunidad de los agentes del Estado responsables de torturas" y para
    que las acusaciones sobre estas acciones sean objeto de "investigaciones imparciales y en profundidad". Pide además que se inflijan sanciones apropiadas a los culpables y compensaciones justas a las víctimas.

    El órgano saluda, además, la reciente liberación de prisioneros políticos y los esfuerzos "notables" de Marruecos en el desarrollo de formación y educación en materia de Derechos Humanos, así que las indemnizaciones pagadas por los perjuicios sufridos por víctimas de desaparición y detención arbitraria.

 


  • 24.11.03: FIDH: Le Comité des Nations unies contre la torture s'inquiète de la recrudescence de la pratique de la torture au Maroc


    Paris-Genève, le 21 novembre 2003 - Dans ses recommandations et conclusions rendues publiques le 20 novembre 2003, le Comité des Nations unies contre la torture (CAT) s'est déclaré préoccupé par " l'accroissement du nombre d'allégations de torture, et de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants " au Maroc.

    A l'occasion de l'examen par le CAT du rapport du Maroc, la FIDH et l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH), l'une de ses organisations membres au Maroc avaient présenté au Comité des observations et recommandations relatives au 3ème rapport gouvernemental du Maroc en vertu de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, ratifiée par le Maroc en 1994 (http://www.fidh.org).

    La FIDH note avec satisfaction la prise en compte par le Comité des préoccupations des ONG, notamment en ce qui concerne l'absence d'une définition adéquate de la torture en droit marocain; l'extension de la durée de la garde à vue; l'absence de garanties pendant la garde à vue; l'accroissement du nombre des arrestations, en particulier des arrestations pour des motifs politiques et des allégations de torture dans la dernière période; l'absence d'information quant aux mesures prises par les autorités judiciaires, administratives et autres pour donner suite aux plaintes dans les cas de torture; l'application d'un délai de prescription des actes de torture; et la situation dans les prisons.

    La FIDH et l'OMDH s'étaient surtout inquiétées des mesures introduites par la loi anti-terroriste du 29 mai 2003 et des pratiques développées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Maroc. En effet, la police judiciaire et d'autres services de sécurité jouissent actuellement de pouvoirs étendus et de nombreux témoignages font état d'une augmentation importance des cas de torture, ainsi que des cas d'enlèvements qui révèlent un recours de plus en fréquent à des centre s de détention secrets. Le Comité s'est ainsi déclaré préoccupé par " l'extension considérable des délais de garde à vue, période pendant laquelle le risque de torture est le plus grand, tant dans le droit pénal général que dans la loi anti-terroriste ". La FIDH regrette cependant que le Comité n'ait pas insisté davantage sur l'obligation pour le Maroc de respecter les dispositions de la Convention en toutes circonstances, y compris dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

    La FIDH appelle le Maroc à mettre en oeuvre au plus vite les recommandations du Comité, et en particulier à :
    -inclure une définition de la torture conforme aux dispositions de la Convention dans le nouveau Code pénal; et y prohiber clairement tout acte de torture;
    -Lever les réserves à l'article 20 de la Convention et faire les déclarations prévues à l'article 21 et 22;
    -Inclure des dispositions législatives garantissant l'imprescribiltié des actes de torture;
    -Limiter les délais de garde à vue au strict minimum;
    Prendre les mesures effectives nécessaires pour éliminer l'impunité des agents de l'Etat responsables de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants; et veiller à ce que les allégations de torture fassent l'objet d'enquêtes impartiales et approfondies.


    Contact presse : +33 1 43 55 25 18 : 14 12
    Gaël Grilhot, Daniel Bekoutou


  • 23.11.03: AFAPREDESA: Refoulement de deux militantes françaises des droits humains

    Les deux militantes françaises des droits humains Michelle Decaster et Michelle Bérard, ont été refoulées du Maroc à leur arrivée à l'aéroport d'Agadir dimanche 16 Novembre 2003. Elles sont militantes de l'AFASPA : Association Française de Solidarité avec les Peuples d'Afrique.
    Michèle Decaster et Michèle Bérard sont connues pour leur soutien à la cause des sahraouis et pour leurs actions pour le respect des droits
    de l'Homme au Sahara Occidental.
    Elles avaient pour mission de rendre visite aux détenus politiques Ahmed Naciri et Ali Salem Tamek incarcérés à la prison d'Ait Melloul, et de rencontrer les étudiants en sit-in et grève de la faim sur le campus universitaire d'Agadir en protestation contre l'arrestation de leur camarade Timglite Swaydi.
    Elles voulaient également se rendre au Sahara Occidental occupé pour rencontrer les familles de disparus sahraouis et les militants sahraouis de droits de l'Homme. Elles avaient l'intention de rencontrer la famille du détenu politique Ali Salem Tamek à Assa.
    Elles ont été appréhendées dès leur arrivée à l'aéroport. Elles n'ont pas pu quitter la zone internationale de l'aéroport et ont été renvoyées en France par le premier avion du 17.11.03.
    Face à cette situation, l'Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) condamne énergiquement cette
    atteinte au droit universel des personnes à la libre circulation. Ces actions des autorités marocaines d'occupation n'ont d'autre objectif que d'isoler les sahraouis (détenus politiques, étudiants sahraouis, famille de disparus,…) de tout contact avec les organisations internationales.
    L'AFAPREDESA lance un appel urgent aux organisations de défense des droits de l'Homme pour intervenir auprès des autorités marocaines afin de mettre fin à ce genre de violations aux droits Humains universels et de permettre à tous les défenseurs des droits de l'Homme d'accéder
    librement aux zones occupées du Sahara Occidental.

  • Campements des réfugiés sahraouis, le 18 Novembre 2003.

     


24.11.03: ETUDIANTS SAHRAOUIS AU MAROC:

21.11.03: Agadir
Le tribunal de première instance d'Agadir a condamné l'étudiant sahraoui Timglite Swaydi à 3 ans de prison ferme et 5000 Dirhams d'amende.
21.11.03
On signale une nouvelle arrestation qui s'est produite lundi 17 novembre à minuit à Smara : Il s'agit d'Abdassi Mohamed Soulimane Ould Boudjema né en 1981 à Goulimine, actuellement chômeur. Il a été arrêté par la DST boulevard Mohamed V. par la DST.
Il transportait des tracts et le drapeau de la RASD. Il a été transféré à la prison noire de Laayoune
.


18.11.03: ETUDIANTS SAHRAOUIS AU MAROC: Arrestation des 15 grévistes et de 20 de leurs camarades

Les étudiants sahraouis en grève de la faim pour exiger la libération immédiate de Timglit sont installés dans la cour de la cité universitaire d'Agadir, ils sont 15 entourés de camarades solidaires. A 22 h. la police fait irruption et disperse brutalement le groupe, elle procède à l'arrestatio des 15 grévistes et de 20 de leurs camarades. En tout 35 étudiants sahraouis sont emmenés au commissariat central d'Agadir de triste réputation (c'est l'endroit où transitaient pendant les années de plomb les Sahraouis avant d'être enfermés à Agdz ou à Kalaat M'Gouna).
Timglit comparaît demain 19 novembre devant le tribunal de première instance d'Agadir

18.11.03: MAROC (Agadir): Michelle Decaster et Michelle Bérard expulsées pour délit de solidarité...


Michelle Decaster membre correspondant du BIRDHSO et militante de l'AFASPA, et Michelle Bérard, militante de l'AFASPA, (Association française de solidarité avec les peuples d'Afrique) ont été refoulées du Maroc à leur arrivée à l'aéroprt d'Agadir. Elles avaient l'intention de rendre visite aux prisonniers politiques Ahmed Naciri et Alisalem Tamek incarcérés à la prison d'Ait Melloul, et de rencontrer les étudiants en sit-in et grève de la faim sur le campus universitaire en protestation contre l'arrestation de leur camarade Timglite Swaydi. Elles avaient aussi l'intention de se rendre au Sahara Occidental occupé et à Assa, pour rencontrer des familles de disparus sahraouis.
Appréhendées dès leur arrivée elles n'ont pas pu quitter la zone internationale de l'aéroport et ont été renvoyées en France par le premier avion du 17.11.03.

 

  • 18.11.03: ETUDIANTS SAHRAOUIS AU MAROC: HASSAN LAHBIB ELHOUCINE, connu sous le pseudonyme de ELGAROUJ

    En relation avec l'arrestation de l'étudiant sahraoui TIMGLITE SWAYDI, un autre étudiant sahraoui, HASSAN LAHBIB ELHOUCINE, connu sous le pseudonyme de ELGAROUJ a été arrêté par la police marocaine le12 Novembre 2003 puis relaché . Maintenant il fait l’objet d'interrogatoires; en état de liberté; par la justice marocaine. La cité universitaire d'Agadir est toujours encerclée par la police marocaine qui reclame l'arrestation de 12 étudiants sahraouis protégés à l'intérieur de la cité universitaire d'Agadir et défendus par leurs camarades étudiants sahraouis habitant cette cité universitaire. On signale que les forces de la police qui encerclent la cité universitaire sèment la terreur parmi les étudiants sahraouis.

    D'autre part, la ville d'Assa a retrouvé son calme après des émeutes sanglantes qui ont eu lieu durant toute la nuit du 11 Novembre 2003. Beaucoup de cas de bléssés ont été enregistrés parmi les manifestants et les forces de l'"ordre" marocaines. Un jeune parmi les manifestants
    qui s'appelle DADAY a été sauvagement tabassé par les forces de l'"ordre" marocaines à Assa.

    D'autre part, et en solidarité avec TIMGLITE SWAYDI, les étudiants sahraouis des universités et des cités universitaires d'Agadir, Marrakech et Rabat ont organisé le 12 Novembre 2003 des sit-in et des marches pacifiques à l'intérieur des campus et des cités universitaires durant lesquelles ils réclamaient la libération de TIMGLITE SWAYDI et la levée de l'encerclement sur la cité universitaire d'Agadir oû se protègent 12 étudiants sahraouis recherchés par la police marocaine.

    Le 14 Novembre 2003 à une heure tardive de la nuit, Mohamed DADDACH et HMAD HAMMAD circulaient; à bord de la voiture de ce dernier; à l'intérieur de la ville de Laâyoune qui est animée la nuit pendant tout le Ramadan. Des policiers les ont arrêtés et ont procédé à la fouille de la voiture. Cette fouille de voiture a été très minutieuse et s'est accompagnée de menaces et d’insultes. Un sahraoui à bord d'une autre voiture qui a arrêté sa voiture pour voir de quoi s'agissait, a vu lui aussi sa voiture fouillée par les policiers et a fait l'objet à son tour à des insultes et des menaces. Les policiers ont fait savoir à DADDACH et à HMAD HAMMAD que la fouille de la voiture est un ordre de leurs supérieurs et pour des raisons sécuritaires.

  • 18.11.03: TERRITOIRES OCUUPÉS: Deux groupes de 5 jeunes gens ont été arrêtés par les Forces Armées Royales....

    Smara:

    Deux groupes de 5 jeunes gens ont été arrêtés par les Forces Armées Royales dans les environs de Smara le 9.11.2003 alors qu'ils tentaient de rejoindre les campements de réfugiés sahraouis en Algérie . Il s'agit de :

    - Mhaïna Ibrahim Ould Khatri née en 1992
    - Belmouden El Majoub Ould Saïd né en 1990
    - Chekroud Mohamed Ould Mouloud né en 1991
    - Farhani Omar né en 1992
    - Tabit Majdi Ould Sidna né en 1990
    Ils ont été présentés au Tribunal de 1ère Instance de Smara le 10.11.03. Ils ont été relâchés mais leurs dossiers ont été gardés par le Procureur du Roi afin de faire pression sur eux et leurs familles.

    Un autre groupe a été arrêté par les Forces Armées Royales le 10.11.03 dans des circonstances identiques et présentées au Tribunal de 1ère Instance de Smara. Les jeunes gens ont été relâchés mais leurs dossiers ont été conservés par le Procureur du Roi. Il s'agit de
    - Bougryn Mohamed Nafa Ould Lbbat né en 1991
    - Ehikhi Ibrahim Ould Mohamed Salem né en 16990
    - Aganaw Ibrahim Ould Mohamed Oul Aaroussina né en 1992
    - El Kharihi Mouloud Ould Baba né en 1991
    - Him Laabidi Ali Ould Hnim né en 1991


  • 11.11.03: MAROC: Les délégués d'Amnesty International doivent prendre la parole au sujet de la recrudescence importante de la torture au Maroc.


    Index AI : MDE 29/012/2003
    ÉFAI

    Embargo : mardi 11 novembre 2003 (00h01 TU)

    Une délégation d'Amnesty International présente ce mardi 11 novembre à Genève un rapport au Comité des Nations unies contre la torture, avant les sessions des 12-13 novembre. Au cours de ces sessions, le Comité examinera la mise en œuvre par le Maroc de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

    La délégation revient d'une mission de recherche au Maroc / Sahara occidental (du 13 au 22 octobre), où elle a rencontré des victimes de torture, des familles de victimes, des défenseurs des droits humains et des avocats.

    La délégation abordera principalement la hausse importante du nombre de cas de torture ou de mauvais traitements qui aurait eu lieu ces deux dernières années. Parmi les affaires récentes, figurent des dizaines de cas d'islamistes présumés arrêtés, interrogés et souvent jugés par la suite, après avoir été accusés d'avoir organisé ou exécuté des attentats ces deux dernières années - dont celui de Casablanca, le 16 mai 2003, qui a provoqué la mort de 45 personnes.

    Dans certains cas, les personnes arrêtées ont été détenues au secret pendant une période allant jusqu'à cinq mois et demi, pratique à laquelle les prisonniers politiques étaient fréquemment soumis dans les années 1960 à 1990 au Maroc / Sahara occidental, mais qui semblait appartenir à une époque révolue.

    La délégation évoquera également les pratiques de torture à l'encontre des Sahraouis arrêtés en raison de leur soutien à l'indépendance du Sahara occidental, un territoire contesté et annexé par le Maroc en 1975. Ces Sahraouis continuent à faire l'objet d'une répression de la part des autorités marocaines, y compris sous la forme de torture au cours de leurs interrogatoires.

    Le Comité contre la torture doit annoncer ses conclusions et ses recommandations au Maroc le 20 novembre.

    Le texte intégral de ce document est rendu public ce mardi 11 novembre. Morocco / Western Sahara : Briefing to the Committee against torture (November 2003). (Index AI : MDE 29/011/20003)

    Pour obtenir de plus amples informations, ou pour prendre rendez-vous pour un entretien, merci d'appeler Nicole Choueiry au +44 7831 640 170 au Secrétariat international de Londres ou Philip Luther à Genève au +44 7919 392 341.

 

  • 12.11.03 :MAROC / SAHARA OCCIDENTAL: Observations au Comité contre la torture
  • Introduction
    Amnesty International est particulièrement préoccupée par deux éléments négatifs observés au Maroc durant la période à l'étude et qui se rapportent aux obligations incombant à ce pays en vertu de la Convention contre la torture. Tout d'abord,
    le nombre d'allégations de torture ou de mauvais traitement a fortement augmenté : Amnesty International a en effet reçu quantité de témoignages rien qu'au cours des deux dernières années. Même si des cas avaient encore été rapportés tout au long des années 90 et durant les deux premières années du nouveau millénaire, l'organisation s'était félicitée de leur forte diminution durant cette période, en comparaison avec les décennies précédentes.

    La deuxième source de préoccupation est la promulgation, le 28 mai 2003, d'une nouvelle loi relative à « la lutte contre le terrorisme », qui modifie le Code pénal et le Code de procédure pénale par l'ajout et la modification de diverses dispositions(1). Amnesty International, ainsi que d'autres organisations internationales et nationales de défense des droits humains, ont fait part de sérieuses inquiétudes quant à certaines de ces dispositions et ce, aussi bien avant qu'après l'adoption de la loi. En particulier, celle-ci prolonge la durée légale de la garde à vue ; or, comme expliqué plus loin, c'est au cours de cette période que les détenus sont le plus exposés aux risques de torture et de mauvais traitements.

    Ces éléments constituent un recul par rapport à la tendance à l'amélioration observée au cours de la dernière décennie au Maroc en matière de protection et de promotion des droits humains. Depuis le début des années 90, Amnesty International s'est félicitée d'une série de mesures significatives prises par les autorités marocaines, les plus récentes étant :

    · le renforcement, en 2001 et 2002, des institutions officielles mandatées pour recevoir les plaintes contre les autorités (voir plus loin le chapitre intitulé Impunité) ;
    · les modifications apportées, en octobre 2002, au Code des libertés publiques, qui ont entraîné notamment une augmentation, de un à trois, du nombre d'avertissements que les responsables de l'application des lois doivent désormais donner avant de recourir à la force pour disperser des assemblées organisées sans autorisation ;
    · la promulgation, en août 1999, d'une nouvelle loi concernant l'organisation et l'administration des établissements pénitentiaires ; ce texte constituait une avancée législative importante en faveur de la promotion des droits des détenus et de l'amélioration de leurs conditions de détention ;
    · l'autorisation accordée aux organisations non gouvernementales (ONG) marocaines d'effectuer des visites dans les prisons, de faire part de leurs conclusions et, sur cette base, de faire des recommandations publiques aux autorités ;

    · les efforts réalisés au cours des quatre dernières années pour promouvoir une culture des droits humains, favoriser l'éducation à ces droits dans le pays et engager un débat sur ces questions avec des organisations de défense des droits humains et des associations de victimes.
    Malgré cette évolution encourageante, un certain nombre de pratiques bien établies de violations des droits humains peuvent encore être signalées. Outre la torture et les autres formes de mauvais traitements, la poursuite des « disparitions » et l'impunité, autant de phénomènes exposés ici, d'autres sujets ont été sources de préoccupation pour Amnesty International durant ces quatre dernières années, notamment :

    · l'emprisonnement de plusieurs militants sahraouis d'organisations de défense des droits humains et de la société civile, incarcérés pour avoir exprimé pacifiquement leur point de vue en faveur d'un Sahara occidental indépendant ;

    · les mesures de harcèlement et d'intimidation contre des dizaines d'autres, en particulier ceux qui sont soupçonnés de prôner l'indépendance du Sahara occidental ;

    · l'emprisonnement de plusieurs personnes, dont des militants politiques et au moins un journaliste, condamnés pour « outrage au roi » après avoir exprimé pacifiquement leurs points de vue ou soulevé des préoccupations quant à la monarchie.
    Le deuxième rapport périodique du Maroc au Comité contre la torture a été examiné en mai 1999. Dans ses conclusions, le Comité a relevé certains progrès dignes d'être salués, notamment la « volonté politique manifeste d'instaurer au Maroc un véritable État de droit ». Il a noté, en revanche, qu'il demeurait « très préoccupé » par la « persistance d'allégations de torture et de mauvais traitements(2) ».

    Le quatrième rapport périodique du Maroc au Comité des droits de l'homme a été examiné en octobre 1999. Dans ses observations finales, le Comité dit s'inquiéter « du nombre d'allégations de torture et de mauvais traitements de détenus mettant en cause des fonctionnaires de police, et du fait qu'il a été donné suite à ces allégations, si tant est qu'il l'a été, par l'application aux responsables de ces violations de sanctions disciplinaires uniquement et non de sanctions pénales(3) ».

Facteurs à l'origine de la persistance de la torture


    Une définition peu satisfaisante de la torture (articles 1, 2, 4)

    Bien que la loi criminalise certains aspects du recours à la torture, elle ne propose pas de définition claire de cette dernière. L'article 10 de la Constitution marocaine dispose : « Nul ne peut être arrêté, détenu ou puni que dans les cas et les formes prévus par la loi ». Les articles 392 à 424 du Code pénal prévoient un châtiment pour les actes de violence commis contre des individus, notamment ceux ayant entraîné la mort. L'article 399 impose la peine de mort pour le recours à la torture ou à des actions cruelles si elles sont pratiquées à l'occasion d'un acte considéré comme un crime(4). Toutefois, aux termes de la loi, la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants ne sont pas constitutifs de crime dans toutes les situations. Le texte ne comporte pas d'interdiction et de définition sans équivoque de la torture, comme c'est le cas dans l'article premier de la Convention contre la torture. (lire la suite: http://web.amnesty.org/library/Index/FRAMDE290112003

     

  • 10.11.03: ETUDIANTS SAHRAOUIS AU MAROC: Interpellation de Souidi Timglit, étudiant en 3ème année de lettres

    Le lundi 10 Novembre 2003; juste avant la rupture du jeûne; l'étudiant sahraoui ; connu par son activisme au sein du mouvement estudiantin sahraoui dans les universités marocaines; TIMGLITE SWAYDI a été arrêté par des membres de la police marocaine en plein centre ville de la ville de Marrakech oû il suivait ses études universitaires en quatrième année de l'enseignement supérieure"spécialité: littérature arabe, option: linguistique". Les membres de cette police qui l'ont intimidés par leurs insultes, lui ont fait savoir qu'il fait l'objet d'un mandat de recherche par la police d'Agadir"le jeune sahraoui, avant de débarquer à Marrakech pour continuer ses études en quatrième année, a fait 03 années d'études universitaires à Agadir". Le soir même de la journée du 10 Novembre 2003, TIMGLITE SWAYDI a été extradé vers Agadir. Le Mardi 11 Novembre 2003 il a été présenté au procureur général du Roi auprès de la cour d'appel d'Agadir. Ce dernier le poursuit pour les délits suivants: propagande en faveur du Front Polisario, incitation à la violence et atteinte à la sûreté intérieure de l'état marocain. Sa comparution devait avoir lieu le 12 Novembre 2003 mais elle a été ajournée à une date ultérieure. Dans le même cadre, la cité universitaire d'Agadir est depuis ce jour encerclée par la police marocaine qui demandait à son directeur de leur livrer 12 étudiants sahraouis objets d'un mandat d'arrestation. Les étudiants sahraouis habitants cette cité protegent ces 12 étudiants et résistent contre une éventuelle irruption de la police dans la cité universitaire. Aujourd'hui 12 Novembre 2003 les jeunes sahraouis"élèves, chômeurs et femmes" de la ville d'Assa"fief de la résistance sahraouie au sud du Maroc se sont rassemblés au centre de cette ville après la ruptûre du jeûne pour organiser un sit-in en solidarité avec TIMGLITE SWAYDI"qui est originaire d'Assa". Face à cette action des jeunes sahraouis d'Assa, les forces de l'"ordre" sont intervenues d'une façon musclée pour disperser la foule. On signale la présence de bléssés parmi les manifestants et les forces de l'"ordre". On signale également que les jeunes sahraouis qui protestent ont intensifié leur colère par la mise à feu de pneus et des batiments officielles. Jusqu'à maintenant les accrochages entre manifestants et forces de l'"ordre" se poursuivent.

  • 08.11.03: CICR: 300 prisonniers marocains libérés et rapatriés

    Des délégués du CICR, dont deux médecins, s'étaient au préalable entretenus sans témoin avec chaque prisonnier afin de s'assurer qu'il était rapatrié de son plein gré. Ils ont aussi fourni une assistance médicale pendant toute la durée de l'opération. Les prisonniers ont quitté Tindouf (Algérie) à bord d'avions mis à disposition par les autorités de la Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste et ont été remis aux autorités marocaines.

    Depuis février 2003, 643 prisonniers marocains ont été libérés et rapatriés sous les auspices du CICR. À ce jour, 614 autres sont toujours privés de liberté. En attendant leur rapatriement, le CICR continue de les visiter régulièrement et de leur apporter une assistance médicale. Il continue également de maintenir les liens entre les prisonniers et leurs familles en facilitant l'échange de messages Croix-Rouge et l'acheminement de colis familiaux et en rendant visite aux familles au Maroc.

    Le CICR réitère son appel en faveur de leur libération immédiate, conformément aux dispositions du droit international humanitaire.

    Informations complémentaires :
    Florian Westphal, CICR Genève, tél. : +41 22 730 29 30 ou +41 79 217 32 26
    Mohamed Ben Ahmed, CICR Tunis, tél.: ++216 71 960 179


  • 05.11.03: Participation à un Rassemblement pour les Droits de l'Homme au Centre de Conférence International de Genève

    Invité par le Président du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève, le Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme su Sahara Occidental a été représenté par son Président Christian Viret et Mohamed Bennou (membre du Comité exécutif). Ont participé aussi à ce Rassemblement : 8 Organisations Internationales, 145 ONG, 4 Organisation Internationales non Gouvernementales, 5 Organismes Publics, et 8 instituts universitaires actifs dans le domaine des Droits de l'Homme.
    Ce rassemblement était marqué par la présence du Haut Commissaire adjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme Mr Bertrand RAMCHARAN, et l'animation du débat par Mr Darius ROCHEBIN journaliste de la Télévision Suisse Romande (TSR).

    Quelques extraits des interventions :

  • Mr Laurent MOUTINOT, Président du Conseil d'Etat :
    " … Ce rassemblement pour les Droits de l'Homme vise 3 buts principaux :
    1. en premier lieu, porter haut le flambeau des Droits de l'Homme, réaffirmer que tout être humain sur cette planète est titulaire de droits, que nous sommes tous égaux en droit et en dignité…
    2. en second lieu, réunir tous les défenseurs des Droits de l'Homme…
    3. en troisième lieu, en tant que Président du gouvernement de la République et Canton de Genève, je tiens à réaffirmer le rôle de Genève, berceau de la Croix-Rouge et ville où siège le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, comme capitale des Droits de l'Homme. Genève est consciente de ses devoirs et entend offrir en permanence un lieu où doit briller l'esprit humanitaire et où sont accueillis tous ceux qui luttent pour les Droits de l'Homme et la dignité humaine.
    Le rassemblement d'aujourd'hui est forum où débattre sans tabou des questions difficiles qui se posent, car à laisser le silence répondre aux difficultés, le mouvement des Droits de l'homme perd de sa force et court le risque de l'échec.

…Il y a certainement, dans le choix des limites, matière à trouver des solutions qui respectent la liberté d'expression et ne pas heurtent pas les valeurs fondamentales d'une société. Les limites de la critique de la religion ne peuvent pas être fixées de la même manière dans un Etat laïc et dans une société profondément religieuse. La justification en est le respect dû à l'autre, l'interdiction légitime d'attenter à sa dignité.
…Je vous souhaite à toutes et tous un après-midi fertile en réflexions et en échanges et je vous remercie de votre participation au premier Rassemblement pour les Droits de l'Homme de Genève. "

(D'autres extrais suivront très prochainement)


  • 29.10.03: Nouvelles du prisionier d´opinion sahraui Tamek

    le détenu d'opinion TAMEK Ali Salem a reçu dans la prison d'Ait Melloul le mardi 28/10/2003 une commission de cinq membres représentant le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) présidée par Assia ALOUDIA. dans cette réunion, les deux parties ont abordé plusieurs points, notamment la libération de tous les détenus politiques dans les prisons marocaines, sachant que cette réunion se déroule dans des circonstances marquées par la remise du conseil d'un projet de résolution à l'arbitrage royal relatif à la poursuite du processus de règlement des affaires liées aux disparitions forcées et arrestations arbitraires et visant à la constitution d'une commission se charge du règlement du dossier des violations des droits de l'homme pendant les années de plomb. les réunis ont soulevé aussi, la question de l'hôspitalisation: TAMEK leur a rappelé de toutes les actions qu' a déja entreprises dans ce cadre ( les lettres envoyées au ministre de la justice...).
    Enfin, TAMEK a remis aux membres de la commission un dossier contenant des copies desdites lettres, copie du CV du verdict de la cour d'appel d'Agadir, une lettre ouverte au président du CCDH, le rapport d'amnesty 2003, un rapport sur la prison d'Inzegane et une copie de la réponse du primat marocain. la présidente de la commssion lui a promis de lui rendre une réponse officielle de la CCDH aux points soulevés.


  • 22.10.03: CARAVANE DE LA VERITE:

    Plusieurs anciens disparus sahraouis ont participé à la caravane de la vérité , organisée par le Forum Vérité Justice le 17, 18 et 19/10/2003 (après l’interdiction de la caravane prévue le 10, 11 et 12/10/2003 sous prétexte qu’elle coïncidait avec la tenue du 11 ème congrès du FPolisario!!!!); qui s’est dirigée vers le bagne d’Agdez. Ils sont venus de Laâyoune, Smara et Goulimine. Parmi eux se trouvaient également quelques défenseurs des droits de l’homme sahraouis.

  • 22.10.03: Sit-in devant le ministère de l’éducation nationale et des jeunes à Rabat:

    Les enseignants sahraouis et marocains mutés abusivement vers les villes marocaines « 12 enseignants sahraouis et 08 enseignants marocains » ont observé le 16 et 17/10/2003 un sit-in devant le ministère de l’éducation nationale et des jeunes à Rabat. De même, les enseignants du territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain ainsi que des villes du sud du Maroc ont observé une grève d’une journée en solidarité avec leurs camarades mutés abusivement vers les villes marocaines.

 

  • 21.10.03: RFI sur Agdz: Les rescapés politiques et les familles de disparus ont manifesté devant les portes closes de l’ancien «bagne» d’Agdz...

    Dossier d'actualité. le 20/10/2003

    Maroc

    C’est lors du week-end du 18 et 19 octobre que la troisième «caravane de la vérité» s’est produite au Maroc, permettant aux rescapés politiques et aux familles de disparus de manifester devant les portes closes de l’ancien «bagne» d’Agdz, une bourgade du Haut-Atlas, située à 70 km au sud de Ouarzazate. Le but de ces quelque 400 manifestants ? Demander, encore et toujours, que la vérité soit dite au sujet des détentions arbitraires des «années de plomb» et œuvrer pour empêcher définitivement de telles pratiques, alors que le dernier enlèvement du genre s’est produit le 17 mai dernier, à Casablanca.

    Retour à la prison secrète d’Agdz

    Les rescapés politiques et les familles de disparus ont manifesté devant les portes closes de l’ancien «bagne» d’Agdz, à 70 km au sud de Ouarzazate.

    De notre envoyée spéciale «Pendant toutes ces années, nous avions perdu tout espoir. Il nous était interdit de lire, d’écrire, de parler. Nous étions totalement coupés du monde extérieur, la torture et les mauvais traitements étaient quotidiens, nous étions mêmes affamés et devions dormir entassés par terre.» Saghmir Maghraoui et Ahmed Salem Daihan, qui résument ainsi leurs années de détention, seront les premiers à arriver devant les portes de la prison secrète d’Agdz en cette fin d’après-midi du 18 octobre. «Nous avons été arrêtés en pleine classe, au lycée. Nous étions soupçonnés de sympathies pour le Front Polisario.» Sahraouis tous les deux, ils ont été arrêtés à des moments où la tension s’est intensifiée entre les autorités marocaines et le Front Polisario. En 1976 pour le premier, soit après le retrait de l’Espagne suite à la marche verte, en 1981 pour le second, lorsque la guérilla a commencé entre les deux protagonistes. Tous deux ont été arrêtés alors qu’ils étaient lycéens, donc mineurs, à Ouarzazate. Saghmir sera relâché après quinze ans de détention, à Agdz et Kelaât M’Gouna, un autre bagne du Haut-Atlas, Ahmed Salem passera, lui, dix ans dans les mêmes conditions, sans que sa famille n’ait aucune idée de l’endroit où il se trouve. Devant les portes de l’ancienne prison secrète d’Agdz, une Kasbah de pisé bien intégrée à l’architecture locale si pittoresque qui fait le régal des guides touristiques, les témoignages se multiplient. Latifa, qui a 46 ans aujourd’hui raconte, avec un regard qui devient parfois étrangement fixe, les trois arrestations qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui : une femme cassée qui survit très péniblement. Arrêtée chez ses parents, à 16 ans, elle est torturée puis violée dans un commissariat du centre de Casablanca. La torture est méthodique et l’on attend son tour en spectateur.

    Latifa assiste donc à la mise à nu d’un camarade. Plaqué contre un mur, il subit, tour à tour, les jets d’eau et les coups de ceinture. «Je vois encore le jet de sang qui a jailli de son bras, le policier en uniforme qui écrase la plaie avec ses brodequins et mon camarade, qui est tombé. On le rattache, on le traîne dans sa cellule. Il était mort.» Relâchée, sans avoir donné les no! ms d’autres lycéens syndiqués comme elle, Latifa sera encore arrêtée et torturée à deux reprises, alors qu’elle est membre de l’UNEM (Union nationale des étudiants marocains), puis en 1989, alors qu’elle appartient à l’UMT (Union marocaine des travailleurs). Les arrestations ne sont pas longues, elle ne donne aucun des noms qu’on lui demande, mais sa famille, terrorisée, se détournera d’elle et les menottes lui broient les os du poignet, ce qu’atteste encore la cicatrice de l’autogreffe osseuse qu’elle a dû subir par la suite. Parmi les familles de disparus se trouve, comme à chaque manifestation de ce type, la femme et les fils de Mohamed Ouazzane. Fonctionnaire des Forces Auxiliaires, en poste sur la frontière Maroco-Algérienne, il est accusé, en avril 1973, d’avoir hébergé des putschistes potentiels, ayant fait entrer au Maroc, via l’Algérie, des armes en provenance de la Libye. Jugé par un tribunal militaire, il est acquitté, ainsi que tout le groupe des accusés, le 30 août 1973. Sa famille vient l’attendre à sa sortie de la prison centrale de Kénitra, au nord de Rabat. Elle ne le reverra jamais, le groupe entier a été enlevé au cœur même de la prison. Les autorités ne donnant aucune réponse, la famille recoupe, au fil du temps, divers témoignages de prisonniers politiques et reconstitue l’histoire de ce père de 10 enfants. De transfert en transfert, il serait, selon deux anciens détenus, mort à Agdz en 1977. Ce que la famille apprendra en 1998, puisque Mohamed Ouazzane figure sur la liste des 112 détenus établie par le CCDH (Comité Consultatif des Droits de l’Homme, une instance gouvernementale). A deux différences près : les autorités lui ajoutent le prénom d’Hamou, son cousin arrêté avec lui et libéré en 1979, et déclarent qu’il est mort dans un dispensaire de Zagora, au sud d’Agdz, alors que les témoins du bagne affirment qu’il n’a jamais reçu aucun soin et qu’ils ont fait eux-même la toilette du cadavre avant de le remettre aux Forces Auxiliaires. La famille refuse de demander une quelconque indemnité, car «la vie humaine n’a pas de prix», elle souhaite aujourd’hui connaître la cause de la mort, se demande pourquoi le décès ne leur a pas été communiqué en temps voulu et souhaite que les responsables soient jugés. Une question qui divise les associations des Droits de l’Homme au Maroc. Si tous s’accordent, en effet, sur l’établissement de la vérité concernant la détention arbitraire de détenus politiques, la question des sanctions envers les responsables, d’autant plus délicate que d’anciens tortionnaires, désignés par les témoins, occupent des postes à responsabilité au sein de l’Etat, divise largement. Le Forum pour la Vérité et la Justice, qui organisait la caravane d’Agdz, organisera donc une conférence sur l’impunité en décembre prochain à Casablanca. L’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains) et l’OMDH (Organisation Marocaine des droits de l’Homme, plus proche du gouvernement), qui soutiennent la démarche, ne sont pas sur la même ligne. A ces divisions à propos du jugement des responsables s’ajoute aujourd’hui le débat à propos des islamistes, nouvelles victimes de ces pratiques. Pour Khadija Rouissi, secrétaire générale du FVJ, il n’y a aucune ambiguïté : «Notre but est d’œuvrer pour que cela ne se produise plus jamais. Il faut bien le traduire, même si, comme c’est mon cas, je suis en désaccord total avec leur idéologie. C’est pourquoi nous avons reçu la mère de Rachid, le jeune islamiste qui a été enlevé devant chez lui le 17 mai à Casablanca et dont la famille est sans aucune nouvelle depuis. C’est pourquoi aussi nous dénonçons les enlèvements et la détention arbitraire d’islamistes avant le 16 mai.»

    ISABELLE BROZ

    <http://www.rfi.fr/>RFI Actualités


  • 09.10.03: AI: Morocco/Western Sahara: Amnesty International to investigate allegations of torture


    AMNESTY INTERNATIONAL

    Media Advisory

    AI Index: MDE 29/010/2003 (Public)
    News Service No: 232
    9 October 2003

    Morocco/Western Sahara: Amnesty International to investigate allegations of torture


    Two Amnesty International delegates will visit Morocco/Western Sahara next week to investigate allegations of torture and meet with torture victims in Rabat, Casablanca and Laayoune. The team will stay for one week during which it will be talking to families of victims, human rights activists and lawyers.

    The delegates will focus on torture allegations raised by political detainees such as Islamists accused of involvement in acts of violence and people perceived to be actively in favour of independence for Western Sahara.

    Amnesty International will present its findings to the United Nations Committee Against Torture, which will convene in Geneva on 12-13 November to examine Morocco's implementation of the UN Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment. An Amnesty International team visited Morocco/Western Sahara last year.

    Public Document
    ****************************************
    For more information please call Amnesty International's press office in
    London, UK, on +44 20 7413 5566
    Amnesty International, 1 Easton St., London WC1X 0DW. web: http://www.amnesty.org
    For latest human rights news view http://news.amnesty.org

  • 09.10.03: MAROC ET SAHARA OCCIDENTAL

    Amnesty International va enquêter sur des informations faisant état de torture

    Index AI : AFR 05/005/2003

    ÉFAI

    Jeudi 9 octobre 2003

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE


    Deux délégués d'Amnesty International se rendront au Maroc et au Sahara occidental la semaine prochaine pour y enquêter sur des informations faisant état de torture et rencontrer des victimes d'actes de torture à Rabat, Casablanca et Laayoune. L'équipe restera sur place une semaine et s'entretiendra avec des familles de victimes, des militants des droits humains et des avocats.

    Les délégués concentreront leur attention sur des informations faisant état de torture rapportées par des détenus politiques, notamment des Islamistes accusés d'être impliqués dans des actes de violence et des personnes considérées comme étant activement en faveur de l'indépendance du Sahara occidental.

    Amnesty International présentera ses conclusions devant le Comité des Nations unies contre la torture qui se réunira les 12 et 13 novembre à Genève pour y examiner la mise en application par le Maroc de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Une équipe d'Amnesty International s'était rendue au Maroc et au Sahara occidental l'année dernière.

    Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org

  • 11.10.03: Forum Vérité et Justice: caravane de verité inredite

    la caravane de vérité que le forum vérité et Justice compte organisé les 10/11/12 octobre 2003 au sinistre centre de détention secrète a été interdite par les autorités marocaines.Au redut les responsables du ministère de l'intérieur ont évoque une série de pretextes:le roi est a l'étranger,la visite du président français Jacques chirac,l'ouverture de la session d'automne du parlement et puisque tous ces raisons n'ont pas pu convaincre ni désister personne;il faut trouver mieux la coïncidence de ce patelinage avec la tenue du 11° congres du front polisario et que par suite cette action risque de nuire à l'image et à la diplomatie marocaine dans le domaine.
    Il faut rappeler que la comité local de préparation et d'accueil a émis un communique bravant l'interdiction et déclare qu'il est capable,avec le soutien de la population locale de recevoir la caravane.
    Suite à cette nouvelle situation et à la lumière de ces données et puisque la société chargé du transport des pèlerins ,le bureau exécutif a décide de reporter le départ de cette caravane d'une semaine:le 17/18/19 octobre 2003 et quelques soient les conditions.


  • 10.10.03: APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE

    MAR 003/0310/OBS 052
    Atteinte à la liberté d'association

    L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, vous prie d'intervenir d'urgence à propos de la situation suivante au Maroc.

    Description des faits:

    L'Observatoire a été informé de l'interdiction signifiée au Forum Vérité Justice d'organiser sa caravane de la Vérité vers l'ancien centre de détention secret d'Agdez dans la province de Ouarzazate prévue entre le 10 et le 12 octobre 2003. Cette caravane, visant à faire la lumière sur les violations graves des droits de l'homme commises au Maroc durant les « années de plomb », initialement prévue pour le printemps 2003, avait été reportée en raison de la situation tendue dans la région et au Maroc à cette période.

    Malgré leurs demandes répétées, les organisateurs de la caravane n'ont pas été reçus par le ministère de l'Intérieur. Le 7 octobre, la wilaya de Casablanca leur a signifié par téléphone, l'interdiction de la caravane sur décision du ministère de l'Intérieur, sans préciser les motivations d'une telle décision.

    Les participants à la caravane devaient partir de Rabat et de Casablanca en autocar le 10 octobre. Le Forum n'a cependant pas pu obtenir l'autorisation du ministère des Transports d'affréter les autocars, celle-ci nécessitant la signature de la wilaya de Casablanca.

    Par ailleurs, la wilaya d'Agdez a signifié l'interdiction du sit-in devant l'ancien centre de détention, en dépit de l'absence de dispositions dans la loi marocaine permettant une telle interdiction.

    Le bureau exécutif du Forum Vérité et Justice a décidé de maintenir cette action symbolique.

    Actions demandées :

    Merci d'écrire aux autorités marocaines et de leur demander de :

    i. Mettre fin à toute forme d'entraves aux activités des défenseurs des droits de l'Homme au Maroc;
    ii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, en particulier à l'article l'article 1, qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international »
    iii. se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme liant le Maroc.


    Adresses :

    • Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 73 07 72
    • M. Driss Jettou, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 99 95, 212 37 76 17 77.
    • M. Al Mustapha Sahel, Ministre de l'Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 20 56.
    • M. Mohammed Bousoubaa, Ministre de la Justice, Palais de la Mamounia, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 73 07 72, 212 37 73 89 40,
    • M. Mohammed Aujjar, Ministre des droits de l'Homme, 47 Ibn Sina, Agdal Rabat, Maroc, Fax : 212 37 67 10 15.
    • M. Omar Azziman, Président du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH), Place des Chouhada, B.P. 1341, Rabat, Maroc, Fax :
      212 37 72 68 56
    • Ambassadeur, Omar Hilale Ch. François-Lehmann 18a - CP 244, CH-1218,
      Le Grand-Saconnex, Suisse, e-mail : mission.maroc@ties.itu.int, fax:+4122 791 81 80

    Paris - Genève, le 20 juin 2003

    Merci de bien vouloir informer l'Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

    L'Observatoire, programme de la FIDH et de l'OMCT, a vocation à protéger
    les défenseurs des droits de l'homme victimes de violations et à leur
    apporter une aide aussi concrète que possible.
    L'Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l'Homme de la
    République Française.


    Pour contacter l'Observatoire, appeler la ligne d'urgence :
    E-mail : observatoire@iprolink.ch
    Tel et Fax FIDH 33 (0) 1 43 55 20 11 / 01 43 55 18 80
    Tel et Fax OMCT +4122 809 49 39 / 41 22 809 49 29

     


  • 09.09.03: Prisonniers politiques sahraouis: écrivez-leur

 

      • Ahmed NACIRI n° d'écrou 1119
        prison civile d'Ait Melloul
        AGADIR

         

      • Ali Salem TAMEK n° d'écrou 1591

        prison civile d'Ait Melloul
        AGADIR


  • 05.09.03: Morocco/Western Sahara: The Polisario must release remaining POWs

    AMNESTY INTERNATIONAL
    PRESS RELEASE


    AI Index: MDE 29/008/2003 (Public)
    News Service No: 208
    5 September 2003

    Morocco/Western Sahara: The Polisario must release remaining POWs
    On the 12th anniversary of the day on which the Moroccan authorities and the Polisario Front formally ended 16 years of armed hostilities, Amnesty International reiterated its call today for the immediate release and repatriation of the more than 900 remaining Moroccan prisoners of war still being detained by the Polisario Front.

    "It is high time that these men are allowed to return home to their families," the organization said. "Most of the men have been detained for over two decades. Among them are old and sick people, whose release must be a priority."

    According to the Third Geneva Convention, all prisoners of war must be released without delay after the cessation of active hostilities. Over the years, the Polisario Front has periodically freed groups of prisoners. The latest initiative was the release of 243 men by the Polisario Front on 1 September 2003. While Amnesty International welcomes such steps, the organization urges the Polisario Front to immediately release all remaining prisoners.

    "The continued detention of these men over a decade after the declaration of a cease-fire is a grave abuse of their right to physical and mental integrity," the organization added.

    The Moroccan authorities refused to allow 85 Moroccan prisoners of war released by the Polisario Front in April 1997 to enter their country. At the time the Moroccan authorities were opposed as a matter of principle to any repatriation which did not encompass all the prisoners. The released prisoners were unable to return home for nearly three more years, finally being allowed to enter Morocco in February 2000.

    Background
    Western Sahara has been the subject of a territorial dispute between Morocco, which annexed the territory in 1975 and claims sovereignty there, and the Polisario Front, which calls for an independent state in the territory and has set up a self-proclaimed government-in-exile in refugee camps in south-western Algeria. A UN Settlement Plan was agreed to in 1988 by both the Moroccan authorities and the Polisario Front and was approved by the UN Security Council in 1991.

    After more than a decade of conflict, both parties agreed that a referendum in which the Sahrawi population would be asked to choose between independence and integration into Morocco would be organized and conducted by the UN Mission for the Referendum in Western Sahara (MINURSO). The referendum was originally set for 1992, but has been repeatedly postponed. The latest UN-backed plan to unblock the stalemate proposes a five-year self-governing period for Western Sahara in the lead-up to the referendum. The new plan stipulates that, if it comes into effect, all prisoners of war must be released immediately.

    In recent years, the International Committee of the Red Cross have had access to the detention centres in the refugee camps of Tindouf in south-western Algeria, where the Polisario Front is based. They have conducted some two visits per year, monitoring the situation of the Moroccan prisoners and providing a range of services, including medical assistance and enabling prisoners to communicate with their families. Article 118 of the Third Geneva Convention states that "Prisoners of war shall be released and repatriated without delay after the cessation of active hostilities."

 

 

  • 22.08.03: Libération du prisonnier politique Hammadi Abdelah Belaoui

    Hammadi Abdelah Belaoui , né en 1972, arrêté le 22 août 2002 à El Ayoun dans les mêmes circonstances que Nigrou et condamné lors des mêmes procès, a également été libéré le 22/08/2003 à 10h du matin de la Prison noire d'El ayoun. Il a été enmené par des inspecteurs de la police marocaine au commissariat central où on l'a informé d'une mesure de bannissement de la région d'El Ayoune pour 5 ans. Cette punition supplémentaire à l'emprisonnement n'avait pas été confirmée lors du jugement en appel. Protestant contre cette injustice, Belaoui a reçu pour réponse qu'il s'agit d'un ordre venu d'en haut...

 

  • 07.08.03: Une délégation de la Fondation France Libertés Danielle Miterrand indésirable au Maroc

    Afifa Karmous et Pauline Dubuisson, de France Libertés, se sont rendues à Rabat dans le cadre d'une mission d'investigation qui devait se dérouler du 7 au 17 août 2003. Elles devaient notamment rencontrer des anciens prisonniers de guerre marocains des camps de Tindouf, et envisageaient de rendre visite au journaliste Ali Mrabet et au défenseur des droits de l'homme sahraoui Ali Salem Tamek, tous les deux en détention pour délit d'opinion. Elles ont été refoulées à leur arrivée à l'aéroport de Rabat, sans explications ni délais.

  • 11.07.03: Appel d'ATTAWRA TAMEK

    " Je m’appelle ATTAWRA. J’ai trois ans. Je suis la fille du détenu politique et défenseur des droits de l’homme sahraoui TAMEK ALI SALEM.

    Depuis son arrestation le 28/08/2002, mon père a observé une série de grèves de la faim pour exiger la satisfaction de ses revendications légitimes à savoir l’amélioration de ses conditions carcérales. En protestation contre son transfert arbitraire de la prison de Salé à la prison de Ait Melloul et la privation de tous les acquis qu'il a déjà réalisés, il était à nouveau obligé d’observer une grève de la faim ILLIMITEE à partir du 09/07/2003. Mon père souffre de maladies chroniques – asthme, rhumatisme, quintes de toux aiguës, maladie du coeur et de l'estomac - qui sont actuellement à l'origine de la détérioration de son état de santé. Les autorités marocaines continuent toujours d’ignorer ses revendications légitimes.
    Mon père risque de perdre sa vie. J’ai peur de perdre mon beau père. Je lance un appel à toutes les bonnes âmes pour intervenir auprès des
    autorités marocaines pour sauver la vie de mon père. Je ne veux pas devenir ORPHELINE. Ma mère ne veut pas devenir VEUVE. J’ai besoin de la chaleur de la tendresse de mon père. Je veux vivre mon enfance heureuse.
    Je veux que mon père m’accompagne à l’école le 27/08/2004 jour de sa libération. Je ne veux pas aller à l’école seule. Je ne veux pas pleurer.
    Je veux prononcer le mot « Papa » chaque jour. Papa, j’ai besoin de toi VIVANT. Papa, je t’aime, je t’aime,je t’aime.
    "

    Attawra Tamek
    Assa, le 11/07/2003


  • 12.07.03: Appel de l'Observatoire: Nouvelle condamnation d'un militant sahraoui.

    L'OBSERVATOIRE pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme

    THE OBSERVATORY for the Protectionof Human Rights Defenders

    ELOBSERVATORIO para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos

Communiqué

Maroc
Nouvelle condamnation d'un militant sahraoui.

Paris- Genève, le 4 juillet 2003 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, expriment leur inquiétude au regard de la condamnation le 25 juin 2003 de Dkhil El Moussaoui, membre du Forum Vérité et Justice (FVJ), par la Cour d'appel de Laâyoun, à un an de prison et 5000 dirhams d'amende pour " incitation à des troubles à l'ordre public ".

La Cour s'est initialement opposée à laisser entrer le public dans la salle d'audience. Cette interdiction a été levée à la suite de vives protestations. Les avocats de M. El Moussaoui ont pu exercer leur défense sans entraves. Au regard du harcèlement continu des représentants du FVJ/ Section Sahara, l'Observatoire a toutes les raisons de croire que cette condamnation ne vise, en réalité, qu'à sanctionner l'activité de M. El Moussaoui en faveur de la défense des droits de l'Homme au sein de son organisation.

Cette condamnation s'inscrit, en effet, dans un contexte de harcèlement continu des défenseurs dénonçant les violations des droits de l'Homme au Sahara occidental. En 2002-2003, plusieurs militants du FVJ ont été arrêtés et poursuivis, à l'instar de Salek Bazid, condamné à 10 ans de prison en mars 2003, de Ali Salem Tamek, condamné à 2 ans de prison en octobre 2002 et de Ahmed Nassiri, condamné à 18 mois de prison en novembre 2002. Ces trois membres de la Section Sahara du FVJ, qui militeraient pour l'autodétermination du Sahara occidental, sont accusés d'avoir participé et organisé des émeutes et des actions criminelles et de collaboration avec le Front Polisario.

L'Observatoire rappelle que le 18 juin dernier le Tribunal de première instance de Laâyoun a prononcé la dissolution de la section Sahara du FVJ pour activités illégales (cf. Appel urgent MAR 002/0603/OBS 029). En outre, le 27 mars 2003, MM. Brahim Dahane et Bacher Lakhfaouni, ancien disparus et membres du Comité de coordination des familles Sahraouis, M. Sidi Mohammed Daddach, ancien détenu et lauréat 2002 du prix de la Fondation Rafto pour les droits de l'Homme ( Norvège), MM. Brahim Noumri et Brahim Guarbi, ancien disparus et membres du FVJ/Section Sahara, M. Khaya Cheikh, ancien détenu, ainsi que 8 membres de familles de disparus Sahraouis avaient été empêchés de sortir du territoire marocain alors qu'ils devaient se rendre à Genève afin de participer à des rencontres sur les disparitions
forcées au Sahara occidental (cf. Appel urgent MAR 001/0303/OBS 017).

Par conséquent, l'Observatoire appelle les autorités marocaines :

  • A procéder à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées arbitrairement en raison de leur activité de défense et de promotion des droits de l'Homme au Sahara occidental ;
  • A cesser le harcèlement des membres de la section Sahara du Forum Vérité et Justice ;
  • A lever la dissolution de cette même section;
  • A garantir à tous les défenseurs des droits de l'Homme un exercice effectif de leur liberté d'expression conformément aux instruments
    internationaux de défense des droits de l'Homme et à la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme adoptée par l'Assemblée
    générale des Nations unies le 9 décembre 1998.
    Contacts Fidh : + 33 1 43 55 25 18 Omct : + 41 22 809 49 39

 

  • 11.07.03: Forum Marocain pour la Vérité et la Justice : Bureau Exécutif National
  • Dans un communiqué daté du 23/6/2003, le bureau exécutif du Forum Marocain pour la Vérité & la Justice s'indigne de la décision du Tribunal de première instance de Laayoun de dissoudre la section du Forum au Sahara.


    Réaffirme à cette occasion les positions déjà exprimées à ce sujet. Une telle décision s'inscrit dans le cadre des persécutions et autre actes
    arbitraires à l'encontre des militants des F.M.V.J au Sahara, estime le bureau exécutif.

    Une telle décision n'est fondée sur aucune preuve digne de considération.

    Elle confond la personne morale du F.M.V.J et les personnes physiques que sont ses adhérents. El il s'agit là d'une instrumentalisation des
    dispositions relatives au droit d'association,et qui s'inscrit dans une série d'actions répressives visant à restreindre l'activité militante du
    F.M.V.J dans la région, l'interdire pratiquement.

    Une telle décision est ,si besoin en est, un autre indice du manque d'indépendance de la justice.


    Le B.E du F.M.V.J exprime, son souhait de voir cette décision révisée en appel conformément aux conceptions saines de l'application de la loi et s'engage à reconstruire sa séction au Sahara conformément à ses statuts, règlements et ses objectifs.

    6 bis rue Khadija Bent Khouiled – Casablanca Tel : 022 48 28 00 Fax 022 48 28 45

    mail : fmvj@menara.ma



  • 11.07.03: APPEL URGENT: Le détenu politique TAMEK Ali Salem observe une grève de la faim illimitée à partir du mercredi 09/07/2003

    Le détenu politique TAMEK Ali Salem observe une grève de la faim illimitée à partir du mercredi 09/07/2003 en protestation contre son transfert arbitraire de la prison de Salé à la prison de Ait Melloul, alors qu'il jouit d'un statut de prisonnier d'opinion, ce qui constitue une violation flagrante de ses droits les plus élémentaires et les plus légitimes.

    La succession de grèves de la faim qu'il a entamées à titre préventif le mois de juin dernier, son transfert, à deux reprises, à l'hôpital Enzeguan, les appels incessants de la Communauté internationale pour l'amélioration de ses conditions carcérales ont été tout simplement ignorés par les autorités marocaines et ce, malgré les maladies chroniques dont il souffre - rhumatisme, quinte de toux aigue, maladie du coeur et de l'estomac -, et qui sont, actuellement à l'origine de la détérioration de son état de santé.

    Le comité d'action pour la libération de TAMEK Ali Salem et tous les détenus politiques sahraouis lance un appel pressant à tous les défenseurs des droits humains, à toutes les organisations des droits de l'homme et à toutes les personnes éprises de paix et de liberté pour entreprendre une démarche auprès des autorités marocaines.

    Ali Salem Tamek a été arreté le 26/08/2002 et reconnu coupable, le 10/09/2002, d'atteinte à la sécurité de l'Etat et condamné par le tribunal de première instance d'Agadir à deux ans de prison ferme, assortis d'une amende de 10'000 DH. Ce verdict est confirmé par la cour d'appel d'Agadir, le 24/10/2002 Tamek est membre du conseil national du Forum Vérité et Justice et du bureau de la section Sahara (FVJ-SAH). Membre du comité administratif de la CDT (Confédération Démocratique du Travail).

  • 04.07.03: Amnesty International - Worldwide Appeals

    Worldwide appeal for: July 2003

    Morocco/Western Sahara
    Clampdown on civil society activists

    Western Sahara civil society activists have been tried and imprisoned on apparently politically motivated charges. Several have reported being tortured or ill-treated during detention.

    Dkhil Moussaoui (above left) and Bazid Salek were charged with public order offences. They were accused of instigating outbreaks of violence in Laayoune, Western Sahara, between 2000 and 2002. Bazid Salek was sentenced on 12 March 2003 to 10 years' imprisonment. His conviction was based solely on confessions that he later withdrew in court, alleging that they were extracted under duress. Dkhil Moussaoui was sentenced on 25 June to one year in prison.

    In another case, Ahmed Nasiri (above) was sentenced on 27 November 2002 to 18 months' imprisonment. He was reportedly beaten in police custody in an attempt to force him to sign police statements admitting he had instigated violence at an anti-government protest in 2001. Despite his refusal to sign them, the statements were the sole basis for his conviction. No investigations are known to have been carried out into the allegations of torture and ill-treatment raised by Bazid Salek and Ahmed Nasiri.

    Until their prosecution, AI had no reason to believe that Bazid Salek, Dkhil Moussaoui and Ahmed Nasiri had used or advocated violence. The only evidence linking Bazid Salek and Ahmed Nasiri to acts of violence was confessions, which were allegedly extracted under duress. AI believes that all three men may be prisoners of conscience.

    All three men are members of the Western Sahara branch of the Forum for Truth and Justice, an independent association set up in 1999 to campaign for the rights of victims and families of victims of torture, "disappearances" and other human rights violations. Many of its members have been targeted by the Moroccan authorities.

    In recent months, Western Saharan civil society activists have faced increasing harassment and intimidation from the Moroccan authorities. Some have been held for questioning about their support for the independence of Western Sahara, a territory annexed by Morocco but also claimed by the Polisario Front, a self-proclaimed government-in-exile.

    For further information see Worldwide Appeal December 2002.

    Please write, calling on the Moroccan authorities to investigate the allegations of
    torture and ill-treatment; to release Bazid Salek, Dkhil Moussaoui and Ahmed Nasiri immediately unless they are promptly tried according to fair trial standards; and to end the harassment of other Western Saharan activists for their peaceful human rights work.

    Send appeals to: M. Mohamed Bouzoubaa, Ministre de la Justice, Ministère de la Justice, Place Mamounia, Rabat, Morocco. Fax: +212 37 72 37 10 or 37 73 07 72 or 37 73 89 40.

 

  • 04.07.03: APPEL DU FOND DES TENEBRES

    Les autorités marocaines ont franchi, aujourd'hui, le pas en procédant à mon transfert arbitraire de la prison de Salé à la prison de Ait Melloul, alors que je jouis d'un statut de prisonnier d'opinion, ce qui constitue une violation flagrante de mes droits les plus élémentaires et les plus légitimes. La succession de grèves de la faim que j'ai entamées à titre préventif le mois de juin écoulé, mon transfert, à deux reprises, à l'hôpital Enzeguan, les appels incessants de la Communauté internationale pour l'amélioration de mes conditions carcérales ont été tout simplement ignorés par les autorités marocaines et ce, malgré les maladies chroniques dont je souffre - rhumatisme, quinte de toux aigue, maladie du coeur et de l'estomac -, et qui sont, actuellement à l'origine de la détérioration de mon état de santé. Les traitements déshonorants et inhumains qui me sont infligés démontrent que l'administration pénitentiaire, et à travers elle le gouvernement marocain, souhaitent , en guise de représailles, ma mort lente au fond des ténèbres.
    De l'intérieur de ma cellule, je lance un appel pressant à tous les défenseurs des droits humains, à toutes les organisations des droits de l'homme et à toutes les personnes éprises de paix et de liberté pour entreprendre une démarche auprès des autorités marocaines et sauver ma vie en danger.

    Ali Salem TAMEK,
    Prisonnier d'opinion sahraoui
    N° d'écrou 1591
    Prison Ait Melloul, le 02 juillet 2003


  • 21.06.03: Lettre de l'eurodéputéée Y. Boudjenah

    Mission du Royaume du Maroc
    Madame Aïcha Belarbi, ambassadrice
    Avenue Louise, 275
    1050 BRUXELLES


    Paris, vendredi 20 juin 2003


    Madame l'Ambassadrice,
    Je viens d'apprendre que le Tribunal de première instance de Laâyoun a pris le 18 juin 2003 la décision de dissoudre la section Sahara du Forum marocain vérité et justice pour activités dites " non-conformes, illégales et séparatistes ". Concrètement, les membres de la section sont interdits de réunion, leur local fermé, la liquidation de leurs biens envisagée.
    Ce jugement est scandaleux. Il n'est malheureusement que la suite d'un harcèlement perpétuel qui, depuis la création en juin 2000 de la section, s'exerce sur ces défenseurs des droits du peuple sahraoui. Arrestations, condamnations arbitraires, licenciements abusifs, interdictions de quitter le territoire…tous les moyens sont utilisés pour empêcher que ne grandisse l'exigence du peuple sahraoui à obtenir l'application du Plan de paix et la tenue du référendum d'autodétermination au Sahara Occidental. La condamnation honteuse et criminelle du journaliste Ali Lmrabet, reconnu notamment pour autoriser l'expression sahraouie dans les colonnes de ses publications, n'est que le dernier &endash; et triste &endash; exemple d'un durcissement autoritaire et contraire aux libertés et droits de l'Homme, valeurs pourtant prônées par l'accord d'association que le Maroc partage avec l'Union européenne. Pour tous les démocrates qui avaient cru dans l'arrivée d'une nouvelle ère au Maroc, cette dérive ne cesse d'inquiéter.
    Dans cette affaire, je vous prie donc d'intercéder pour mettre fin à toute forme de harcèlement menée contre les défenseurs des droits de l'Homme au Sahara occidental ; de veiller à ce que soient garanties les conditions pour que la Justice rende son verdict aux termes d'un procès juste et équitable ; de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, en particulier à l'article 1, qui dispose que " chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international " ; enfin, de se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme liant le Maroc.
    En vous remerciant pour l'attention que vous voudrez bien porter à ma requête, je vous prie d'agréer, Madame l'Ambassadrice, l'expression de mes salutations distinguées.


Yasmine Boudjenah
députée européenne GUE/NGL

 

  • 20.06.03: APPEL URGENT L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme

    APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE
    MAR 002/0603/OBS 029
    Fermeture d'une association
    MAROC

    20 juin 2003


    L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, vous prie d'intervenir d'urgence à propos de la situation suivante au Maroc.
    Description des faits:
    L'Observatoire a été informé de la décision du 18 juin 2003 du Tribunal de première instance de Laâyoun de dissoudre la section Sahara du Forum marocain vérité et justice (FMVJ) principalement pour activités non conformes à ses statuts, illégales et séparatistes. Le verdict comprend également l'interdiction de toute réunion pour les membres de la section, la fermeture du local et la liquidation des biens de la section au bénéfice du Bureau exécutif du Forum vérité et justice.
    Le 17 avril 2003, la police judiciaire avait déposé une demande de dissolution de la section Sahara du FMVJ auprès du Tribunal de première instance, sur la base des articles 3 et 7 du Code des libertés, pour agissements de nature à troubler l'ordre public, incitation à manifester sans autorisation et autres agissements de nature à porter atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc.
    Selon le Parquet, les actions de la section Sahara en faveur des prisonniers sahraouis et les rencontres de ses membres avec des organisations étrangères (ONG, OIG, ...) prouvent les idées séparatistes du groupe et gênent les relations diplomatiques du Maroc. De plus, l'ensemble des manifestations organisées au Sahara occidental est imputé à la section, même si les manifestants ne sont pas membres du Forum.
    Après un premier report le 23 avril 2003, le Tribunal avait tenu séance le 7 mai. Les avocats de la défense avaient demandé un report du procès, qui a finalement eu lieu le 4 juin 2003. les avocats ont annoncé leur intention de faire appel de la décision rendue le 18 juin. Les locaux de l'association doivent rester fermés dans l'attente d'un prochain jugement.
    L'Observatoire note qu'aucun événement particulier n'est venu justifier l'action judiciaire menée contre la section. Celle-ci apparaît par conséquent comme étant l'aboutissement de la stratégie mise en place par les autorités, visant à entraver l'action de la section Sahara du FMVJ depuis sa création en juin 2000 (harcèlement, arrestations et condamnations arbitraires, licenciements abusifs,.).
    A titre d'exemple, Moutik Lahoussine, président de la section Sahara, aurait été licencié à la suite de sa rencontre avec la délégation ad hoc Sahara Occidental, du Parlement européen en février 2002. Plus récemment, le 8 avril 2003, M. Dkhil El Moussaoui, membre de la section Sahara, a été arrêté et sera jugé le 25 juin pour " troubles à l'ordre public ".
    L'Observatoire rappelle en outre que le 27 mars dernier, MM. Brahim Dahane et Bacher Lakhfaouni, anciens disparus et membres du Comité de coordination des familles Sahraouis, M. Sidi Mohammed Daddach, ancien détenu et lauréat 2002 du prix de la Fondation Rafto pour les droits de l'Homme (Norvège), MM. Brahim Noumri et Brahim Guarbi, anciens disparus et membres du "Forum Vérité et Justice-section Sahara", M. Khaya Cheikh, ancien détenu, ainsi que 8 membres de familles de disparus Sahraouis avaient été empêchés de sortir du territoire marocain alors qu'ils devaient se rendre à Genève afin de participer à des rencontres sur les disparitions forcées au Sahara occidental (Cf. Appel urgent MAR 001/0303/OBS 017).

Actions demandées :
Merci d'écrire aux autorités marocaines et de leur demander de :
i. Mettre fin à toute forme de harcèlement menée contre les défenseurs des droits de l'Homme au Sahara occidental;
ii. Veiller à ce que soient garanties les conditions pour que la Justice rende son verdict aux termes d'un procès juste et équitable;
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, en particulier à l'article l'article 1, qui dispose que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international" ; iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme liant le Maroc.


Adresses :
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 73 07 72
M. Driss Jettou, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 99 95, 212 37 76 17 77.
M. Al Mustapha Sahel, Ministre de l'Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 20 56.
M. Mohammed Bousoubaa, Ministre de la Justice, Palais de la Mamounia, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 73 07 72, 212 37 73 89 40, 212 37 73 27 10.
M. Mohammed Aujjar, Ministre des droits de l'Homme, 47 Ibn Sina, Agdal Rabat, Maroc, Fax : 212 37 67 10 15.
M. Omar Azziman, Président du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH), Place des Chouhada, B.P. 1341, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 72 68 56
Ambassadeur, Omar Hilale Ch. François-Lehmann 18a - CP 244, CH-1218,
Le Grand-Saconnex, Suisse, e-mail : mission.maroc@ties.itu.int, fax: +4122 791 81 80
Paris - Genève, le 20 juin 2003
Merci de bien vouloir informer l'Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L'Observatoire, programme de la FIDH et de l'OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l'homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L'Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l'Homme de la République Française.


Pour contacter l'Observatoire, appeler la ligne d'urgence :
E-mail : observatoire@iprolink.ch
Tel et Fax FIDH 33 (0) 1 43 55 20 11 / 01 43 55 18 80
Tel et Fax OMCT +4122 809 49 39 / 41 22 809 49 29

 

  • 19.06.03:COMPTE RENDU DU PROCES DE ALI LMRABET

    Procès 10 juin 2003.
    Le procès en appel a commencé peu avant 10h du matin. Beaucoup de policiers, en uniforme + des apprentis avec juste un brassard orange. 3 ou 4 sont restés derrière Ali en permanence. (N'avaient pas trop dû aimer, la dernière fois que des photos aient pu être prises…)
    Beaucoup de gens dans la salle : des militants, des amis, des avocats, (Radhia Nasraoui toujours là), 300 à 400 personnes. Journalistes espagnols en nombre.
    Les " débats " (en fait, il n'y a pas débat, les avocats s'époumonent, et ensuite les juges disent non) ont porté sur 2 points essentiellement. L'utilisation de l'article 400, qui permet d'arrêter les inculpés lorsqu'ils représentent un danger ou lorsqu'on craint qu'ils ne se présentent pas à l'audience suivante. Utilisation illégale selon la défense. (Ali n'entrait pas dans ces cas de figure) Comme la semaine précédente la défense avait refusé de discuter de l'article 400 en appel en dissociant ce point des accusations, Ahmed Benjelloun a cité une jurisprudence de l'utilisation de cet article, en appel, dans les années 70, en faveur d'un journaliste de " Politique et Economie ".
    Le juge n'a pas voulu revenir sur l'article 400. Genre " vous nous l'avez déjà dit " Même réponse lorsque les avocats ont critiqué le fait d'avoir joint les 2 dossiers.
    Ahmed Benjelloun s'est lancé ensuite dans une plaidoirie contre les erreurs judiciaires qui se produisent lorsque l'on condamne sans preuves.
    Le juge : " défense hors sujet " !
    AB : " Défense de la liberté, tout ce que je dis a une relation directe avec le sujet. "
    Abderrahim Jamaï est revenu sur le problème des dossiers joints lors de la 1ère audience d'appel. Il a cité l'actuel ministre de la justice, qui, lorsqu'il était avocat, avait défendu un syndicaliste en dénonçant l'application illégale de l'article 400.
    Le juge s'est étonné qu'on parle du ministre de la justice et le procureur s'est plaint du bruit.
    Ensuite, tout a tourné autour de la disparition du dossier du photomontage incriminé pour l' "outrage au roi ". En tout cas, AJ s'est offusqué qu'on ait touché au dossier, puisqu'une pièce en a été retirée. D'autant plus grave, que ce document a servi à construire toute l'accusation.
    Le juge a répondu qu'on ne savait pas si cette pièce était dans le dossier de 1ère instance !!!!! L'avocat a demandé une enquête, c'est à peu près là qu'il a dit " c'est déprimant d'être avocat ". En demandant que le greffier note cette disparition, ce que le juge a refusé.
    Interruption.
    Reprise. La cour acceptait une enquête si elle en reçoit l'ordre écrit.
    Guignol et Gnaffron…euh. A ce moment le juge a tendu aux avocats le document incriminé. Coup de théâtre, ce n'était pas le bon !
    Avocats : l'accusé a été condamné sur des preuves et aujourd'hui on en produit d'autres ! Dilapidation de preuves, c'est très grave !
    Procureur : C'est la même preuve, on avait pris ce document pour le mettre en sécurité !
    Ali : " comment l'avez-vous vu, puisque vous n'étiez pas présent ? je sais que vous allez me condamner à 4 ou 5 ans de prison. Le ministère de la justice prétend que la loi s'applique à tous, mais elle ne s'applique qu'à moi ! "
    Applaudissements
    Procureur : C'est le même dossier rien n'a changé.
    Juge : comment savez-vous que vous allez être condamné ? Vous êtes donc coupable !
    Ali : c'est un procès politique.
    L'avocat a demandé que ne soit pas pris en compte le document apporté par l'accusation et a demandé que soient prises des mesures contre l'accusation, capable de substituer des documents.
    + dénonciation du fait que le greffier n'écrive que ce que souhaite l'accusation.
    Ça a duré encore qques mn comme ça et Ali a hurlé qu'il se retirait, qu'il refusait d'assister à la séance.
    Juge : Est-ce que tu refuses de parler ?
    Ali : C'est de la mascarade, cette affaire est dirigée par la DST et je l'ai gagnée, car tout est clair : il n'y a pas de justice.
    AB : cette audience fait le procès de l'opinion, le procès de la presse, et non d'un acte criminel.
    Encore quelques plaidoyers du même ordre, AJ déclare que " c'est un jour noir dans l'histoire du journalisme marocain ", qu'il souhaite " qu'on fasse du 10 juin le jour national de la condamnation des pressions sur la presse ", puis on emmène Ali. 12h16. On l'applaudit sur son passage, puis tout le monde hurle " libérez Ali Lmrabet. Ceci est une honte, une honte à la face du monde, car la justice est aux ordres ! "
    Voilà, ça a encore crié dehors, des amis et des militants s'étaient mis un bâillon noir, les télés espagnoles étaient là, les flics un peu sur les dents nous repoussaient…
    A.Jamaï, à la sortie : " Peut-on juger quelqu'un sans qu'il se défende avec de vrais moyens ? Sans qu'on lui donne la chance de s'exprimer ?
    Dans ce cas, il s'agit d'une condamnation arbitraire. La défense a été obligée de se retirer, on ne peut participer à une parodie de justice. Les valeurs de la justice sont universelles, ce sont les mêmes partout dans le monde. On juge sans discrimination. Ici, tous les droits de la défense sont violés. Si on ne se met pas debout contre ces violations, on devient complice de l'injustice. A eux de prendre leurs responsabilités.
    On se retire comme on en a le droit, ce procès est un scandale judiciaire. L'histoire nous dira si on a raison ou tort, mais aujourd'hui, nous pensons avoir raison. Il s'agit d'une incarcération abusive, la loi marocaine ne donne pas le droit d'incarcérer avant l'appel. Le tribunal devait se prononcer sur siège, ce qu'il n'a pas fait, les juges sont orientés, ils ne sont pas indépendants. L'affaire des pièces volées du dossier montre qu'on a affaire à une bande de joueurs, pas à des magistrats. "
    Verdict mis en délibéré le 17/06. Ali tiendra-t-il jusque là ?

    http://membres.lycos.fr/demainmag/courdappel.htm


  • 18.06.03: Appel médical urgent de la part de Six médecins marocains pour sauver la vie de Ali Lmrabet

    Mr Ali Lmrabet, Directeur de deux publications satiriques - Demain magazine, un hebdomadaire en français et Doumane, en arabe, est derrière les barreaux depuis le 21 mai dernier. Ill a été condamné par le tribunal de 1ere instance de Rabat le 21 mai 2003 à quatre ans de prison ferme, à l'interdiction de ses deux publications et à 20 000 dirhams d'amende. Il avait été incarcéré sur-le-champ.
    Le 6 mai, Mr Ali Lmrabet avait entamé une grève de la faim pour "faire valoir ses droits".
    Le 26 mai, il avait été transporté d'urgence à l'hôpital Avicenne de Rabat où il continue toujours sa grève de faim.
    Depuis le début de la grève Ali Lmrabet a perdu une vingtaine de kilos de son poids, et a présenté des pathologies digestives diverses.
    L'état dans lequel s'est présenté au tribunal le 5 et 10 juin 2003 en dit long sur son état de santé de plus en plus critique.
    Nous, signataires du présent appel :

    • Médecins ayant connu de prés Ali Lmrabet et suivi directement ou indirectement l'évolution de son état de santé depuis le début de la grève de faim illimitée qu'il a entamée le 06 mai 2003
    • Et en respect total de l'éthique médicale, de la déontologie régissant l'exercice de l'art de la médecine et les termes et l'esprit du serment d'Hippocrate

Nous Portons à la connaissance de l'opinion publique qui suit " l'affaire Ali Lmrabet " que l'état de santé de Mr Lmrabet qui n'a cessé de se détériorer, est très inquiétant à plusieurs niveaux.

Indépendamment des circonstances qui entourent l'affaire et surtout cette grève, nous affirmons qu'à cause de celle-ci Mr Ali Lmrabet est aujourd'hui dans un état de santé très critique et que si cette grève continue des lésions et atteintes irréversibles sont à prévoir et c'est sa vie qui est mise en jeu.
Nous avons jugé qu'il est de notre devoir de mettre l'opinion publique face à ce risque imminent qui menace la vie de Ali Lmrabet.
Il est à présent de notre devoir à tous d'oeuvrer par tous les moyens disponibles pour empêcher la catastrophe, s'il est toujours possible de l