Bureau International pour le Respect des Droits de l'Homme au Sahara Occidental
Oficina International para el Respeto de los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
International Bureau for the Respect of Human Rights in Western Sahara

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LIBERTE ET JUSTICE POUR LES DISPARUS SAHRAOUIS

DISPARUS SAHRAOUIS, OÙ SONT-ILS ?
DISAPPEARED SAHARAWI, WHERE ARE THEY ?
DESAPARECIDOS SAHARAUIS, DONDE ESTÁN ?

Programme définitif de la rencontre avec les familles de disparus sahraouis

Savez vous que

dans le Maroc de l’illusion démocratique, près des plages et des circuits touristiques, des centaines de disparus sahraouis sont aujourd’hui encore, et souvent depuis plus de 25 ans, en train de survivre ou de mourir dans les bagnes marocains. Il est difficile de déterminer avec exactitude le nombre total et définitif des disparus sahraouis qui varie selon les ONG de 488 pour Amnesty International à 1500 pour la Fédération des Droits de l’Homme et 890 pour l’AFAPREDESA (Association des Familles de Prisonniers Et de Disparus Sahraouis) dont 310 ont été libérés et dont environ 50 sont décédés. Nous reprendrons les chiffres de l’AFAPREDESA pour notre campagne. Ajoutons que les informations sur les disparus sont souvent très difficiles à réunir et nous avons aujourd’hui comme base de travail une liste de 286 noms qui répond aux critères du Groupe de travail sur les disparitions involontaires et forcées de l’ONU. Nous cherchons actuellement à réunir les informations sur les 240 autres disparus.

1% de disparus
Pour une population estimée en 1974 à 74 000 personnes par l’ex-colonisateur espagnol, le nombre de disparus sahraouis est le plus alarmant de l’histoire actuelle puisqu’il représente environ 1% de la population recensée. C’est comme si dans un pays comme les Etats-Unis, plus de 2 millions de personnes étaient disparues par la volonté répressive de l’Etat.

Les disparitions forcées : un terrorisme d’Etat
L’histoire récente nous montre que, dans plusieurs pays, le système de disparitions est une véritable politique d’Etat, organisée minutieusement pour réaliser au moins deux objectifs :
a) réduire au silence des hommes et des femmes d’opposition et leurs familles terrifiées par les conséquences qu'une intervention de leur part pourrait avoir sur leurs parents disparus ;
b) semer la terreur dans une population civile dont on connaît l’hostilité aux thèses défendues par l’Etat.
Les disparus sahraouis font partie des deux catégories. Aucune charge légale n’est retenue contre eux ; ils « n’existent pas », ils ne sont donc pas soumis à jugement et leurs noms ne figurent pas sur les rôles des prisons. Ils émargent du monde des vivants et le Maroc a tout loisir, comme il l’a déjà fait plusieurs fois, de nier tout simplement leur existence. Pourtant, sous la pression internationale, les portes de Tazmamart se sont ouvertes, les centres de détention secrets de Kalaat M’Gouna et Agdz se sont entrouverts en 1991 pour rendre des hommes et des femmes disparus parfois depuis 16 ans au monde des vivants. L’espoir n’est donc jamais perdu.

Jusqu’à ce qu’on les retrouve

Il a fallu attendre le courage, la volonté et la détermination des Mères argentines de la Place de Mai pour que le monde entier sache qu’elles se battraient Jusqu’à ce qu’on les retrouve…Nous voulons suivre leur exemple et poursuivre avec vous leur lutte pour les disparus sahraouis Jusqu’à ce qu’on les retrouve

C’est l’objectif de cette campagne !

« Il faut maintenir dans un présent obstiné, avec tout son sang et son ignominie ce que déjà on cherche à faire entrer dans la plage commode de l’oubli. Il faut continuer à considérer comme vivants ceux qui peut-être ne le sont plus, mais nous avons l’obligation de les réclamer, un par un, jusqu’à ce que la réponse apporte finalement la vérité que l’on cherche aujourd’hui à élucider»
Julio CORTAZAR, Préface de «Le refus de l’oubli»
UP

Article premier
Déclaration sur la protection de toutes les personnes
contre les disparitions forcées
(Résolution de l’A.G. de l’ONU 47/33 – 18 décembre 1992)

1. Tout acte conduisant à une disparition forcée constitue un outrage à la dignité humaine. Il est condamné comme étant contraire aux buts de la Charte des Nations Unies et comme constituant une violation grave et flagrante des droits de l’homme et des libertés fondamentales proclamés dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme, et réaffirmés et développés dans d’autres instruments internationaux pertinents.
2. Tout acte conduisant à la disparition forcée soustrait la victime de cet acte à la protection de la loi et cause de graves souffrances à la victime elle-même, et à sa famille. Il constitue une violation des règles du droit international, notamment celles qui garantissent à chacun le droit à la reconnaissance de sa personnalité juridique, le droit à la liberté et à la sécurité de sa personne et le droit de ne pas être soumis à la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants. Il viole en outre le droit à la vie ou le met gravement en danger.

La disparition forcée
Les textes internationaux :
« Profondément préoccupée de constater que, dans de nombreux pays, des disparitions forcées ont lieu, souvent de façon persistante, en ce sens que des personnes sont arrêtées, détenues ou enlevées contre leur volonté ou privées de toute autre manière de leur liberté par des agents du gouvernement, de quelque service ou à quelque niveau que ce soit, par des groupes organisés ou par des particuliers, qui agissent au nom du gouvernement ou avec son appui direct ou indirect, son autorisation ou son assentiment, et qui refusent ensuite de révéler le sort réservé à ces personnes ou l'endroit où elles se trouvent ou d'admettre qu'elles sont privées de liberté, les soustrayant ainsi à la protection de la loi, »
« Considérant que les disparitions forcées portent atteinte aux valeurs les plus profondes de toute société attachée au respect de la légalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et que leur pratique systématique est de l'ordre du crime contre l'humanité, »
Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées Adoptée par l'Assemblée générale dans sa résolution 47/133 du 18 décembre 1992
11. Prie le Président de la Commission de désigner, (…) un expert indépendant chargé d'étudier le cadre international actuel en matière pénale et de droits de l'homme pour la protection des personnes contre les disparitions forcées ou involontaires, en tenant compte des instruments juridiques pertinents aux niveaux international et régional, des accords intergouvernementaux de coopération juridique, du projet de convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées – transmis par la Sous-Commission dans sa résolution 1998/25 … » Résolution de la Commission des droits de l'homme 2001/46

Le projet de Convention Internationale sur la Disparition forcée en discussion que nous appuyons, la définit comme suit :

« Article 1.1 Pour la présente Convention, on considère disparition forcée la privation de liberté d’une personne, quelques que soient sa forme ou motivation, causée par des agents de l’Etat ou par des personnes ou groupes
qui agissent avec son autorisation, le soutien ou l’acquiescement de l’Etat, suivi de la faute d’information, ou le refus de reconnaître cette privation de
liberté ou la dénégation d’information ou la dissimulation du sort et du lieu de détention de la personne disparue.

« Article 3.1 La pratique systématique ou massive de la disparition forcée constitue un crime contre l’humanité.

« Article 4.2 En aucun cas on ne pourra invoquer des circonstances comme l’instabilité politique interne, menace de guerre, état de guerre, tout autre état d’exception ou de suspension des garantie individuelles, pour ne pas remplir les obligations établies par la présente convention.

« Article 10.3 Les auteurs et autres participants au délit de disparition forcée…, ne seront en aucun cas exonérés de responsabilité pénale quant il sera établi que de tels délit et conduites ont été commis dans l’exercice de fonctions militaires ou policières ou à l’occasion du service.

« Article 12 La disparition forcée ne sera pas considérée comme délit politique dans le cadre de l’extradition

UP

Campagne d’adoption de Disparu/es sahraoui/es

Depuis 1990, à l’initiative de l’AFAPREDESA, s’est développé une campagne d’adoption symbolique de disparus sahraouis, reprise par notre association en 1993. Des centaines de parrains et marraines en Europe (France, Suisse, Espagne, Grande Bretagne, Suède…) ont adopté un disparu et envoient régulièrement des appels à des destinataires communs pour connaître son sort. Leur persévérance est remarquable et a certainement contribué à la libération de près de 300 disparus en 1991.
La campagne que nous lançons aujourd’hui se terminera à Genève par une « Rencontre des Familles de disparus sahraouis et leurs parrains et marraines » du 28 au 30 mars 2003.
Ce sera l’occasion de prendre connaissance directement des témoignages des sahraouis présents et d’échanger des informations sur le sort des disparus adoptés.
Pour parrainer un disparu sahraoui et participer à la campagne, vous pouvez prendre contact avec le BIRDHSO ou les coordinateurs de vos pays ou régions.

RENCONTRE AVEC LES FAMILLES DE DISPARUS SAHRAOUIS

Genève, 28-30.03.2003

Programme

Vendredi 28.3.2003: Entrevue à l’ONU

Samedi 29 3.2003: Rassemblement à la mémoire des disparus: Jardin des Disparus de Meyrin
Rassemblement devant l’ONU
Rencontre-Débat sur la Disparition forcée au Sahara Occidental : Auditoire des Droits de l’Homme Alexis Jaccard (Université de Genève)

Dimanche 30.3.2003: Rencontre des familles, suivie d’un repas

Contact. Inscription, informations… :

BIRDHSO (Bureau International pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental)
Case Postale 53 1211 GENEVE 9 (SUISSE)
Tél. et fax : ++41.22.320.65.50 E-mail : birdhso@birdhso.org
Compte de Chèque Postal: CCP 12-12461-0

UP

 

CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA LIBERATION
DE
MOHAMED DADDACH


Cette campagne est lancée par le Bureau des Droits de l'Homme de la Coordination européenne de soutien au peuple sahraoui, c.p. 53, CH- 1211 GENEVE 9 ( Fax: +41 22 320 65 50 )

Elle a pour but d'obtenir la libération de Mohamed Daddach, Sahraoui emprisonné au Maroc depuis plus de 17 ans.

Mohamed Daddach est Sahraoui
Mohamed Daddach est Sahraoui. Il est né au Sahara Occidental en 1957 à Guelta Zemmour. Il rejoint le Front Polisario en 1973 et participe à la lutte de libération.

Mohamed Daddach est prisonnier de guerre
Le 2 février 1976 il est fait prisonnier au cours d'une bataille près d'Amgalla. Blessé il est transféré dans différentes prisons marocaines, finalement dans une caserne de la gendarmerie royale à El Ayoun.

Mohamed Daddach est enrôlé de force dans la gendarmerie marocaine
Alors que 90 de ses compagnons prisonniers de guerre sont libérés, Daddach et 9 autres prisonniers sont enrôlés de force dans la gendarmerie marocaine à El Ayoun. Avec des compagnons il tente de s'enfuir. L'aventure tourne mal. Les fuyards sont interceptés. Daddach est blessé, son compagnon tué.

Mohamed Daddach est condamné à mort puis grâcié
Le 7 avril 1980 Daddach est condamné à mort, pour désertion, alors qu'il est Sahraoui. Il est incarcéré à la prison centrale de Kénitra où il subit isolement, tortures et manque de soins et fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention. Sa peine de mort est commuée en emprisonnement à perpétuité le 8 mars 1994, par grâce royale. Il reste cependant dans le quartier des condamnés à mort.
UP

Il faut libérer Mohamed Daddach

Daddach est un symbole de la résistance sahraouie.
Il aura 40 ans cette année et a déjà passé plus de 20 ans en prison.
Il n'est ni prisonnier de droit commun, ni déserteur.
Il est prisonnier de guerre. Depuis 1995 le CICR lui a rendu visite à 2 reprises. Il aurait du être libéré au même titre que les 66 autres prisonniers de guerre sahraouis qui ont pu regagner les camps de réfugiés sahraouis à la fin de 1996.
Daddach est aussi un prisonnier d'opinion. Sa tentative de fuite, à l'origine de sa deuxième arrestation, est un acte de loyauté à ses convictions politiques. Il est temps qu'Amnesty international, qui s'est déjà inquiété de son sort, lui reconnaisse le satut de prisonnier d'opinion.
Mohamed Daddach du fond de sa prison a pu contacter les organisations de défense des droits de l'homme. sa dernière lettre . Il correspond avec quelques personnes et met un espoir fou dans les défenseurs des droits de l'homme pour lui obtenir des allègements de peine, des soins et des visites de sa famille. Il a demandé à être inscrit sur les rôles électoraux pour participer au référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, demande restée sans réponse à ce jour.

Mohamed Daddach doit sortir de prison.

Soutenez cette campagne.

UP

Ecrivez au Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme à Rabat pour demander la libération de Mohamed Daddach:

Son Excellence
M. Abderrahmane Amalou
Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme
Ministère de la Justice
Place Mamounia
Rabat - Maroc
Fax: + 212 7 73 07 72

Ecrivez à Amnesty International pour qu'elle adopte officiellement Daddach comme prisonnier d'opinion:

Amnesty International
Secrétariat international
E-mail:mnestyis@amnesty.org
ou à la section AI de votre pays.

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Pour plus d'informations:
Bureau des Droits de l'Homme
de la Coordination européenne
de soutien au peuple sahraoui
c.p. 53,
CH- 1211 GENEVE 9.
Fax: +41 22 320 65 50

UP
Lettre parvenue récemment à une personne de confiance
"Je suis toujours à la prison centrale de Kénitra. Il n'y a pas d'amélioration a ma situation, malgré les nombreuses demandes que j'ai envoyées au directeur général de l'administration pénitentiaire. Je réclame la visite directe avec mes visiteurs et non pas à travers une double série de grilles et de barreaux. Mais d'après ce que je vois, mes demandes vont à la poubelle. Mes visiteurs sont toujours mal traités. Après avoir voyagé 1300 kilomètres d'El Ayoun ou de Smara, ils doivent attendre de longues heures devant la prison, qu'il fasse bon ou mauvais temps. Ils ne peuvent entrer qu'après des enquêtes et des fuoilles violentes.
Pour ceux qui réussissent à entrer, ils trouvent le parloir trop petit, plein de visiteurs et de bruit. Souvent la visite s'achève sans que je puisse entendre la moindre chose, comme si tout était bien organisé, pour terroriser mes visiteurs afin qu'ils n'aient plus le courage de revenir me visiter une prochaine fois. Pour ceux qui ne réussissent pas à entrer dans la prison, ils retournent chez eux, le moral à zéro et sans doute qu'ils ne reviendront plus jamais à Kénitra. Je ne comprends pas pourquoi toute cette méchanceté, mais vraiment ça me rend malade de voir ma famille et mes visiteurs terrorisés.
Pour ma santé et avec le froid qu'il fait, mon épaule gauche me fait très mal. Ils ne me donnent même pas de tubes de massage pour calmer la douleur.
Le seul espoir que j'ai, c'est l'aide des Amis et des Associations qui défendent les droits de l'homme pour m'aider, pour une amélioration de ma situation, pour que mon épaule soit soulagée et que tous mes droits soient respectés: la visite directe et le respect envers mes visiteurs qui font un long voyage de 26oo kilomètres aller et retour pour me voir.
Enfin, je remercie tous ceux qui m'aident, de près ou de loin."

Signé : Daddach Mohamed


Si vous voulez lui exprimer votre soutien et montrer aux autorités marocaines qu'il n'est pas un prisonnier oublié écrivez à Mohamed Daddach

No écrou 19590

Prison centrale


KENITRA - Maroc