LES
EMEUTES DE SMARA DU 17 NOVEMBRE 2001
Quelques semaines avant la visite du Roi, en tourné dans la région,
avait été annulée, officiellement pour raison de
vent de sable. En réalité le temps était très
beau et la seule crainte du pouvoir était l'attitude des sahraouis
qui avaient déjà organisé des sit-in. Des manifestations
de revendication de leurs droits risquaient bien de se produire devant
la presse marocaine qui suivait le cortège royal.
Le 7 Novembre c'est la libération de Mohamed Daddach (ancien condamné
à mort dont la peine fut commuée en prison à vie.
Après une grève de la faim et une campagne internationale
pour sa libération il sort de prison au bout de 26 années)
et de ses compagnons arrêtés en septembre 1999. C'est le
moment de la prise de conscience des sahraouis du potentiel que constitue
cette victoire de la résistance à l'occupation coloniale.
Cette libération fait l'objet de cortèges de véhicules
entre la capitale et Smara. De grands rassemblements publics sont organisés
à Laayoune le 11 Novembre et Smara le 13, au nez et à la
barbe des forces de police et de gendarmerie qui ne peuvent qu'assister
impuissantes à contenir la joie des manifestants, en particulier
les femmes.
Les 15 et 16 Novembre Danièle Mitterrand était attendue
pour une visite au Sahara Occidental. Elle en fut interdite par les autorités
marocaines qui lui ont déclarée qu'elle était indésirable,
que sa présence déclencheraient des manifestations populaires
d'hostilité à son égard, compte tenu de la position
qu'elle avait pris sur la résolution du conflit. L'Ambassadeur
de France en rajoutant une couche dans le même sens
d'où
la déception des sahraouis.
Depuis le 14 Novembre les sahraouis tenaient un sit-in permanent. Ils
réclamaient en particulier du travail et un groupe de 12 femmes
chef de famille revendiquaient un logement. Au matin du 17 novembre, à
10 h le police intervient avec force, contrairement au respect de la loi
en la matière pour disperser les gens (environ 200 personnes),
le commissaire frappe une femme et la jette à terre, c'est le début
de l'accrochage. A 11h 4 quartiers sont en ébullition dans l'ancienne
ville. 30 maisons seront saccagées, 67 personnes arrêtées
(dont 17 traduites en justice, parmi elles un journaliste marocain ramassé
par erreur avec tout le monde), 25 personnes seront blessées. A
16h la police a repoussé les manifestants sur une colline ; elle
a également fait irruption dans une mosquée.
Des militants des Droits de l'homme, membres de la section Sahara du
Forum Vérité et Justice seront poursuivis
7 mois
après les faits, et accusés d'être à l'origine
des événements. Le pouvoir cherche à affaiblir le
Forum, en ciblant ses dirigeants, quitte à monter des procès
avec des preuves et des témoins " préfabriqués
". Ainsi la relaxe d'Abdeslam Dimaoui qui était à Laayoune
à attendre la Présidente de France Libertés au moment
des faits.
Ahmed Nassiri n'était pas présent non plus à Smara
au moments de ces événements qui sont tellement présents
1 an, 1 mois et 10 jours dans l'esprit de l'occupant, qu'ils lui ont valu
cette condamnation inique de 18 mois de prison, 500dh d'amende et les
frais de justice. Occidental.
UP
SMARA
LE 31 OCTOBRE 2002
RENCONTRE AVEC LES FAMILLES DE DISPARUS
Après un voyage de quelques heures et les contrôles de la
gendarmerie et de la police, nous arrivons dans la ville. Depuis le deuxième
barrage nous sommes suivis par deux voitures banalisées. Notre
arrivée est minutieusement suivie par la DST grâce aux hommes
qu'elle a postés dans l'avenue que nous empruntons et qui signalent
notre progression. Abdeslam guide Ahmed qui ne sait pas où nous
allons, c'est inutile car nous constatons qu'il y a un policier à
chaque carrefour où nous tournons, il suffirait de suivre ce balisage
mis en place par la police qui connaît notre destination. D'ailleurs
nous trouvons le dernier policier à côté de son véhicule
banalisé en face de la maison.
Nous entrons, une quinzaine de femmes et d'hommes, militants des Droits
de l'Homme nous réservent un accueil chaleureux. Devant notre émotion,
les amies nous disent : " les femmes sahraouies ne pleurent plus,
elles ont déjà versé leurs larmes ". Nous prenons
un thé et un repas dans la pièce du bas. Sur la terrasse
une khaimat est installée. Elle est décorée de jolis
motifs de couleurs, sur les tapis plusieurs dizaines d'hommes et de femmes
nous attendent depuis plusieurs heures. Après de brèves
salutations, nous nous installons en deux groupes pour recueillir les
témoignages.
Le Comité des familles de disparus s'est organisé en 1999,
à ce jour aucun cas n'a été élucidé.
Le travail de recensement des disparus n'est pas terminé, des familles
sont encore effrayées par ce qui ne pouvait être nommé
avant le début des années 90. Ainsi, nous avons rencontré
deux familles qui témoignaient pour la première fois sur
les circonstances de la disparition de leurs proches en 1975. Pour lors,
86 cas sont recensés par le comité. En juin 1976 la répression
a été terrible, les civils étaient victimes de véritables
rafles, d'enlèvements, de crimes .
La population pendant ce mois a été emprisonnée,
ou encerclée elle ne pouvait fuir de Smara. Une colonne de mères
et d'enfants était continuellement formée devant la prison,
pour s'enquérir des nouvelles d'un proche.
Le 4 novembre 1999 des familles s'adressent à Adel Rhani Sabbar
Gouverneur de Smara qui reçoit la première fois 6 personnes.
Elles réclament des nouvelles de leurs parents disparus. Le Gouverneur
s'étonne que cette demande arrive seulement après 26 ans
Nous allons ainsi durant plus de 3 heures écouter la parole de
celles et ceux qui parlent d'un père, d'un frère, d'une
sur, d'un fils disparus, d'eux-mêmes et de leurs calvaires.
Chacun sait que ces malheurs qui ont été partagés
au sein de la communauté sahraouie, sont aujourd'hui connu à
l'extérieur grâce aux témoignages d'anciens disparus
qui ont fui en Europe où ils ont rencontré la presse, les
associations et la Commission des Droits de l' Homme de l'ONU. On sent
que les familles tiennent toutefois à parler elles-mêmes
de leur douleur, de la non-réponse des autorités marocaines
sur le sort des disparus, des demandes qui n'aboutissent pas de récupérer
les dépouilles des défunts pour effectuer les funérailles
traditionnelles. Nous prenons les photos de ces gens l'une d'elle tient
contre sa poitrine la photo de son frère disparu.
Le vent s'engouffre sous la tente, elle se gonfle comme un cur qui
bat. Il faut bientôt installer une lampe car le jour tombe. Alors
que la police est postée autour de la maison, les gens semblent
ne plus craindre quoi que ce soit.
UP
-
ZAIDANE MOHAMED SALEM OULD HADIA OULD M'MBAREK - Il
est né en 1974
Il témoigne de la disparition de son père
HADIA OULD M'BAREK OULD ZAIDANE né en 1943.
Il a été arrêté 10 Juillet 1976 à
Smara par 2 gendarmes qui on frappé à la porte en demandant
s'il était présent. Il est sorti, l'un des gendarme
l'a giflé et il a été emmené dans une
jeep. Quelques temps après les gendarmes sont revenus à
la maison où étaient restés son épouse,
ses 2 enfants et sa mère. Ils ont demandé " la
femme ", la grand-mère s'est substituée à
la jeune femme qui à l'époque allaitait. Elle a été
arrêtée, déshabillée torse nu et présentée
à son fils qui a tenté de se cacher les yeux. Elle a
aujourd'hui 80 ans et pleure à chaque fois qu'elle se souvient
de cette scène de honte pour des musulmans. Son fils est resté
5 mois à la prison de Smara, puis il a été emmené
avec 21 autre personnes arrêtées entre le 10 et le 11
juillet 1976.
Depuis la famille n'a eu aucune nouvelle.
-
KELTOUM MENT OULD M'BERIK - Elle témoigne pour
la première fois.
Son mari a disparu début novembre 1975.
Il s'agit de SIDI MOHAMED OULD LAHBIB OULD SALEM né environ
en 1935
Il était soldat dans l'armée espagnole à Smara,
il regagnait Djéria où habitait sa famille quand il
a disparu. Personne n'a jamais pu donner de ses nouvelles.
-
GHALIA MENT BABA OULD SIDI née en 1949
Elle a été arrêtée à son domicile
le 10 juillet 1976 par 2 gendarmes. Elle allaitait son bébé
de 18 mois, Fadili. Il lui ont arraché des bras et l'on emmenée
en jepp après lui avoir apposé un bandeau sur les yeux.
A la gendarmerie elle a subit différentes tortures : l'électricité
sur les doigts des mains et des pieds, les seins, les oreilles. Elle
a été frappée à la tête, sur le
dos et tout le corps avec des bâtons et des fils électriques.
Pour simuler l'étouffement on lui a mis un chiffon mouillé
avec du sel ou de la javel sur le nez et la bouche.
Les questions " Vous êtes du Front Polisario ? avouez vous
êtes des militants du Front ! " ce supplice a duré
22 jours.
Elles étaient environ 50 femmes dont 31 allaitaient leur enfant
. Seuls 2 bébés ont survécu . Ghalia raconte
la mort de son fils : une parente lui avait amené le 2ème
jour à la gendarmerie pour qu'elle le nourrisse. Elle avait
les yeux toujours bandés, un gendarme lui a pris l'enfant des
mains et l'a cogné contre le mur. Elle a perdu connaissance.
On a rendu l'enfant à la parente, il est décédé
un mois plus tard.
Ghalia est restée 22 jours à la caserne des gendarme
puis 2 mois dans la caserne des FAR , 5 mois au PC CMI de Laayoune.
Cette femme d'une grande volonté a élevé ses
enfants (4 filles et 5 garçons) dans les valeurs de dignité
et de liberté. L'un d'eux, Kenti Ouballa a tenté de
passer en Algérie à l'âge de 16 ans pour rejoindre
le Front Polisario, il a été capturé et jeté
dans les bagnes secrets durant 4 ans. Il en est sorti en juillet 1991
avec 361 autres disparus. 1 an plus tard il recommençait son
entreprise, cette fois avec succès. Il vit aujourd'hui en France
où il est venu suivre des études universitaires, il
a fondé une famille il est papa d'un petit garçon nommé
Louéli.
UP
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MINETOU MOHAMED AHMED OULD LAROUSSI née en
1948 à Smara
Elle est arrêtée avec GHALIA le 10.7.1976 et suit le
même parcours dans différents lieux d'incarcération.
Elle montre les séquelles de la mauvaise cicatrisation de ses
côtes cassées à coup de rangers durant son interrogatoire
par les gendarmes. Elle raconte comment elles étaient entassées
" comme des sardines " dans les geôles où elles
s'allongeaient tête- bêche pour dormir. Leur bravoure
et leur foi leur ont permis de s'en sortir mais beaucoup pensaient
mourir là. Quand l'une d'elle était malade, les autres
l'entouraient d'affection et l'encourageaient à tenir. Sa petite
sur Domaha, âgée de 12 ans a également subi
la torture à l'électricité et " l'avion
". Elle fut très traumatisée par cette incarcération
et les sévices et est restée chétive, repliée
sur elle-même durant des années. Elle ne s'est mariée
qu'en juin 2002 à l'âge de 38 ans. Le mari de Minteou
s'est engagé dans le Front Polisario et elle a élevé
seule les enfants âgés à l'époque de 8ans
4 ans et 8 mois. Son fils a été arrêté
le 17 novembre 2001 lors des événements de Smara il
a fait 6 mois de prison.
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SOUKEINA MENT JED AHLOU OULD SID née en 1957
à Smara
Elle arrêtée le 15.1.1981 à Laayoune. A 1h du
matin la police se présente à sa demeure. Les 2 policiers
en civil lui bandent les yeux avec son melafa et l'accusent devant
son mari et ses 4 enfants d'appartenance au Front Polisario. Ses enfants
:1 fils de 6 ans, 3 filles 4 ans 2ans1/2 et 5 mois (le bébé
décèdera la même année).
Elle restera au PC CMI 15 jours puis est transférée
à Casablanca au Derb Moulay Chérif, ensuite ce sont
les bagnes secrets :
- Agdez durant11 mois. Elles sont 59 femmes 2 décèderont
: Batoul Ment Sidi Sidati et Fatimetou Ment Ali Ould Berrhamen. Elles
y retrouvent 2 autres groupes : 16 disparu en 1976, 8 en 1979 avec
ses compagnes arrêtées en 1981 elles sont 30.
- Galaat M'Gouna où elles sont toutes transférées
le 14.8.1982. On les sépare en 2 groupes : celles arrêtées
en 1976 et 1979 et le groupe de femmes arrêtées en 1981.
Les survivantes sortiront le 2.7.1991.Soukeina sera de nouveau arrêtée
le 10.10.1992 avec son fils Cheikh alors âgé de16 ans.
Ils sont conduits au PC CMI DE Laayoune où ils resteront 16
jours durant lesquels ils seront durement torturés. Elle sera
conduite à l'hôpital où elle restera 10 jours.
Elle sera libérée le 31.12.1993. Son fils garde des
séquelles psychologiques graves de son incarcération
qui lui occasionnent des troubles du comportement.
-
SOUKEINA témoigne aussi de la disparition de
son frère MOHAMED FADEL OULD GADAHLOU né en 1952
Est arrêté en Octobre 1986 alors qu'il nomadisait avec
son troupeau dans les environs de Bihranzaran
Blessé par les gendarmes il restera 4 mois à l'hôpital
de Laayoune puis il est transféré vers le nord en Février
1987.
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HADHOUM MENT FADILI OULD AABDI née en 1942
Elle témoigne de la disparition de son père LEHBIB OULD
ABDALLAH MNAISSIR né en 1927
Il est arrêté en novembre 1975 dans la badia où
la famille nomadisait dans la région de Foum el Hassan au Maroc
avec 2 autres familles sahraouies et quelques marocaines. Elle raconte
ce vieux cauchemar comme un litanie qu'elle n'a pas cessé de
répéter depuis des années , son visage est sans
expression, sa voix monocorde :
"2 véhicules militaires sont arrivés au moment
nous installions la khaïmat, nos 9 enfants (4 filles et 5 garçons)
étaient là. Les militaires nous ont menacés de
leurs fusils. On a cru qu'ils allaient tous nous tuer. J'ai pris mes
filles Khadaima et Fatma contre poitrine et mon fils Brahim sur mon
dos pour les protéger. Selma, ma fille aînée de
12 ans a pleuré durant 3 jours puis elle est morte.
Ils ont menotté mon mari, lui ont bandé les yeux et
l'on fait monter dans un véhicule. Il a été conduit
à la caserne militaire Foum El Hassen (un village marocain)
avec Mohamed Laabd.
3 gendarmes sont revenus un mois plus tard en décembre 75 nous
étions au même endroit. Ils m'ont emmenée dans
une jeep dans le sous-terrain d'un aéroport. On m'a enlevé
mon bébé et il m'ont torturée. On me frappait
aux bras avec un bâton clouté, j'ai perdu conscience,
j'avais du sang partout. Ils frappaient aussi avec une cravache et
m'entouraient la tête d'un chiffon d'eau salée, j'ai
perdu connaissance. Ils questionnaient " dis-nous où il
est parti ton mari ". Mon visage et mes yeux étaient gonflés,
j'étais frappée à coup de pieds sur la nuque,
le dos, le visage. Mes mains étaient gonflées. Je suis
restée 7 jours sans bouger. Mon bébé a été
confié à des femmes proches. Je suis restée à
la gendarmerie pendant 2 mois. En 1992 j'ai été opérée
du dos.
UP
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BILAL OULD MAILID et son frère SELOUK OULD
MAILID
Réclament la dépouille de leur père
MOHAMED MOULOUD OULD HNINI décédé en 1999
Il a été arrêté en 1997. Après 3
jours il est transféré à Tiznit puis à
à la caserne des FAR d'Agadir puis à Ifni où
il décèdera
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LALA MENT NAJEM née en 1950
Elle témoigne de la disparition de son frère MOHAMED
OULD NAJEM OULD LAKHALIFA né en 1930
marié et père de 4 enfants
Il a été arrêté le 10.7.1976 à midi
dans sa boutique Bd du Général Franco à Smara
Par 3 gendarmes qui l'on emmené en jeep
Ses voisins Bachiri Ould Aaouba et El Mami Aasat ont été
témoins de cette arrestation
Il est resté 3 mois à la caserne de la gendarmerie depuis
la famille n'a plus de ses nouvelles
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SAFIA MENT SIDI OULD MOUD née en 1962 à
Smara
Elle témoigne de l'arrestation de son fils
IDIRSSI EL OUALI OULD KHALI né en 1981
Il a été arrêté le 17.11.2001 à
Smara
le Tribunal d'Appel de Laayoune l'a condamné à 2 ans
de prison
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MOHAMED CHEGAR OULD MOHAND NAJEM est né en
1964 à Tan Tan
Il était aide-soignant à l'hôpital de Smara
Il a tenté à 3 reprises de fuir pour rejoindre le Polisario
:
- octobre 1990 : capturé, il est conduit au PCCMI de Laayoune
où il restera 3mois1/2
- janvier 1991 : il est repris par les Forces auxilliaires
- mars 1991 : il est interpellé dans la région de Rabt
(près du mur de défense marocain),
sommé de s'arrêter, il n'obtempère pas : les soldats
tirent une rokett qui l'ampute de la jambe gauche. Pendant 40 jours
sa famille n'a pas de nouvelle. Sa femme qui était enceinte
sera gravement traumatisée à l'annonce de son amputation,
elle décèdera quelques temps après.
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MAHJOUBA MENT ISSA ou DOAYGA née en 1955.
Elle est arrêtée à Smara en juillet 1976 avec
une cinquantaine de femmes et leurs jeunes enfants. Elles sont conduites
à la gendarmerie sur les ordres de Abdeslam Sbaï et du
colonel Mdaour.
Sa fille Taghla âgée d'un an sera détenue pendant
3 jours. Elle décèdera une semaine après sa sortie
de prison.
"J'étais enceinte de deux mois, ils m'ont torturée
: électricité sur les pieds et les doigts des mains
; j'ai subi le supplice de l'avion ; on m'a aussi attachée
sur une planche, ma tête pendait dans le vide ils me mettaient
un sac de grésil sur le nez et la bouche, quand je perdais
conscience ils enlevaient le sac alors je respirais et ils me frappaient
avec de l'eau en me posant des questions. J'avais un bandeau et des
boules de coton sur les yeux et les oreilles. Ils me giflaient, le
sang et la morve coulaient dans ma bouche et mon nez. J'entends les
rires de deux femmes. L'une d'elle m'écrase de tout son poids.
Quand je voulais m'asseoir, un gardien arrivait et me frappait du
pied avec ses rangers, comme un ballon de foot. Le jeu favori des
gardiens c'était de demander à une femme maigre de porter
une autre détenue forte et cela à tour de rôle,
si l'une tombait on était frappées. "
Elle se souvient de ses tortionnaires : Le responsable de la gendarmerie
était SBAIA il avait 2 galons c'était un lieutenant
il est aujourd'hui Colonel de Gendarmerie à Agadir. LKHDIMI
lui procédait aux arrestations, MOUSTAPHA et BOUAZA torturaient
ils sont également repartis au Maroc.
Doayga sortira de prison après 7 mois de détention.
Elle accouche d'une fille la semaine suivante mais la petite Baylili
décèdera dans les 24heures.
Mahjouba est ensuite assignée à résidence.Sa
soeur KHADIJETOU née en 1946. Elle est arrêtée
le même mois ; c'est la première à être
déportée à Laayoune au PC CMI. Elle est enceinte
de 5 mois, on la met en isolement, elle perd son bébé
durant les tortures auxquelles elle est soumise. Elle est transportée
à l'hôpital dans le coma ; son père essaye de
la retrouver, il l'apercevra 2 fois, à sa 3ème visite
elle n'est plus là. Elle a été transférée
à la gendarmerie de Smara. Sa détention durera un an.
UP
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SAFIA MOUBARAK MOHAMED LAMINE DAHDAH née en
1953
Avec son fils Saleh (un des 2 bébés survivants)
elle témoigne de la disparition de son mari et de son arrestation
Il s'agit de HAMOUDI OULD MOHAMED (BIRI)
Il a été arrêté le 10.7.1976 à Smara
par des gendarmes. Le 12.7.1976 ils sont revenus à la maison
pour arrêter Safia avec son bébé. Ils sont restés
à la gendarmerie durant 4 mois puis 2 mois chez les FAR ; les
femmes ont alors été libérées, les hommes
ont alors disparu sans que personne ne puisse donner des nouvelles
sur leur sort.
C'est le Colonel MDAOUAR SBAI qui commandait à cette époque
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MOHAMED MAHMOUD MOUMINE
En mars 2002 il est allé témoigner de la disparition
de son père auprès de la Commission des Droits de l'Homme
de l'ONU à Genève. A son retour le gouvernement marocain
lui a supprimé le versement de la " promotion nationale
"
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MOUELMNINE MENT LIGALED SALEM née en 1967
Témoigne de la disparition d'un de ses 9 frères
BRAHIM OULD DAHMOUCH né en 1955
Il était célibataire, nomadisait dans la région
de Laayoune, il a été enlevé par les soldats
des FAR son troupeau a disparu, pas de témoin, aucune nouvelle
n'est parvenue à la famille
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MOHAMED ALI SAÏD BELLA
Son frère HAMDI BRAHIM SALEM MOULAY a 14 ans lorsqu'il est
arrêté par les militaires sous les ordres du colonel
Lamarti à Jdarïa, le 12 novembre 1975.
Le témoin nous précise qu'il n'a rien osé dire,
avant que l'on ne commence à parler des bagnes secrets d'Agdez
et Galaat M'Gouna. Le Colonel Lamarti est aujourd'hui à Tétouan.
-
MOHAMED SALEM OULD M'HAMED OULD HASSAN OULD MAILESSE
Raconte "l'année 1976 a été terrible pour
la population, les chars écrasaient les civils, tandis que
les grenades pleuvaient sur eux. Tous étaient considérés
comme des militants du Front Polisario." Il est arrêté
à Rbaïeb par les gendarmes MUSTAPHA et AHMED, qui avaient
peut-être le grade de sergent, leur chef était KHDAIMI,
le lieutenant Abdeslam SBAÏ, et le Colonel El MDAOUARE. Ce dernier
serait aujourd'hui général à Kénitra.
UP
Le groupe de Smara a été transféré
à Laayoune, ils étaient17, menotés, les yeux bandés
:
Mohamed Salem ould Larbi, Mohamed Islam ould Hamat, Béchir ould
Alamine, Ali Salem ould Béchri, Sid Ahmed ould Babi, M'Rabi ould
Mohamed M'Barek, Mohamed ould Salek, Aia ould Naya, Mohamed ould Sidiari,
Sidi Ahmed ould Mohamed ould sidi Ahmed, Bouali ould Mustapha. Ainsi
que 5 personnes qui ont disparu :
OMAR OULD BOUZEID
AHMED OULD LAMAALED
ZAIED OULD MOHAMED
HAMMOUDI OULD BANI
M'RABI OULD BANOU
Mohamed Salem est resté 13 mois à la prison
Noire.
Il perçoit 1000 dhs de la promotion nationale, sa femme 1500
dhs. Il ont 9 enfants.
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ABDULAH LHAFD HAMMA
Son père LHAFD HAMMA MBARIK disparaît en juin 1976 à
l'âge de 36 ans, dans le quartier de Rbaïeb. Il était
commerçant.
Il a été arrêté par des gendarmes dont
Lahcen et Mustapha sur ordre de Sbaï.
Sa sur a été témoin de son arrestation
et de celle de Mohamed Ould Mailesse.
Il a la charge de ses10 frères et de sa mère Ghalili
Ment Sidi.
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MOHAMED OULD SALEH OULD BRAHIM
Il témoigne de la disparition de son frère
HAMOUDI OULD SALEH, il était plus jeune que lui, né
entre 1936 et 1946. Il disparaît en juin 1976, arrêté
par la gendarmerie à Rbaïeb, dont les chefs sont RHAIMI
et SBAÏ.
Trois hommes qui étaient détenus avec lui ont raconté
qu'ils étaient ligotés, les yeux bandés. Ils
ont témoigné des tortures infligées dans les
quartiers de la gendarmerie et de l'armée.
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EKEMONAH MENT MOHAMED ENAJEH SHAIGER
Elle témoigne de la disparition de son neveu,
LABCHIR OULD EL HABIB OULD BOUÉHI, en 1976 dans le quartier
à Rbaïeb.
Il avait 20 ans. Il est arrêté à 6 heures du matin
par la gendarmerie dans la rue de Mgana, aujourd'hui rue El Béchir
bahran Moh. Trois gendarmes dont NAÏMI et AHMED, le font monter
dans une jeep où se trouve d'autres personnes, dont son oncle
El Mamou, son frère, et Mohamed Salem ould Saled ould Saidi,
qui vit aujourd'hui à Dakhla. Il ont été détenus
pendant 4 mois. La famille n'a plus reçu de nouvelle de Labchir
par la suite.
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KHALKA MENT ELBOU OULD BÉCHIR
Son frère MOHAMED OULD ELBOU et son cousin M'HAMED SALAH OULD
AHMED, avaient 25 ou 26 ans lorsqu'ils disparaissent en 1976 à
El Bouérate, dans la région de Zak au sud du Maroc.
Lamarti et des gendarmes les ont emmenés avec d'autres prisonniers.
C'est tout se qu'ils savent. La femme de son frère a disparu
elle aussi ; ils savent qu'elle a été détenue
à Galaat M'Gouna.
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MOHAMED OULD ALAMINE
Il témoigne de la disparition de son frère.
il est arrêté le 7.7.1976 avec ses cousins BÉCHIR
OULD ALIMINE, ALI SALEM OULD BÉCHRI et M'RABI OULD MOHAMED
M'BAREK OULD SIDI AHMED. Ils sont emmenés dans une jeep de
la gendarmerie avec le lieutenant Abdeslam Sbaï et deux autres
gendarmes. Ils avaient 35 ans.
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ZOUÉNA MENT EL BÉCHIR OULD DAF
Elle témoigne de la disparition de sa famille :
Son oncle SELMA OULD DAF OULD SIDI SALEK, son cousin BÉCHIR
OULD SELMA OULD DAF OULD SIDI SALEK, sa tante M'BARKA MENT DAF OULD
SIDI SALEK. Ils avaient fui dans le désert près d'Amgala
avec 5 autres familles. Ils ont été arrêtés
en 1976 à 20 km de Smara par l'armée, probablement par
Lamarti.
UP
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KHNATHA BENT MOHAMED OULD M'HAIMED
Elle a 6 enfants, seul un de ses fils travaille au titre de la promotion
nationale.
Elle témoigne de la disparition de son frère aîné
ISLAM OULD MOHAMED OULD M'HAIMED en juin 1976. Il avait 30 à
35 ans.
Il a été arrêté par les gendarmes à
Smara, notamment par Hkimi un chef connu comme tortionnaire. Son mari
et 2 autres hommes ont témoigné des tortures qui leur
ont été infligées dans les quartiers de la gendarmerie
et de l'armée, pendant 6 à 8 mois
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RABAB MENT MOHAMED SALEM OULD BÉCHIR
Elle rencontre des difficultés auprès de l'administration
espagnole qui ne reconnaît pas l'accident du travail de son
mari, auxiliaire dans l'armée espagnole, qui décède
en 1962 dans l'exercice de ses fonctions. C'est dans les environs
de Smara qu'il est victime d'un accident de la route. Il est conduit
à l'hôpital de Laayoune où on constate le décès.
En 1986, elle écrit aux autorités espagnoles qui lui
réclament le livret militaire de son mari. Or son mari, entré
dans l'armée en 1942, n'a jamais eu ce document, pas plus que
son père qui a servi également dans l'armée espagnole.
Elle a 13 enfants dont un est mort dans les rangs du Front Polisario,
deux autres résident dans les camps de Tindouf : Khailani Mustapha
ould Wadhé et Cheikh Mustapha ould Wadhé.
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ZARGA MENT KHLAMI OUL MOHAMED LAMINE OULD BÉJA
Elle témoigne de la disparition de son père en 1976
à l'âge de 46 ans.
Il est arrêté à Touloukt près de Tarfaya,
où il nomadisait avec elle et sa sur.
Elle a 8 enfants et touche 350 dh au titre de la promotion nationale.
Aucun de ses enfants ne travaille. Elle a deux frères qui vivent
dans les camps de Tindouf, Ghalia à Laayoune et Sneilma à
Smara.
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EL ALIA MAHMOUD BÉCHIR
Elle témoigne de la disparition de son oncle
MOHAMED SALEM SALEK BELHACEM disparaît le 10 juillet 1976 à
Rbaïb, à l'âge de 25 ou 27 ans. Il est arrêté
à son domicile, et conduit à gendarmerie avec d'autres
personnes. Pendant quatre mois ils sont torturés. Il est ensuite
transféré à la prison de Laayoune, depuis ils
n'ont plus aucune nouvelle. Il avait la nationalité espagnole
lorsqu'il a été arrêté. Pour le témoin,
il s'agit d'un disparu espagnol.
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KELTHOUM MENT ALI OULD M'BOURIK
Elle témoigne de l'arrestation de son fils
SAILOUKI ALI OULD DAF OULD MOHAMED FADEL est détenu à
la prison de Laayoune à la suite des manifestations de Smara
du 17 novembre 2001.
Après six mois de détention, il est jugé le 24
avril 2001 et condamné à 2 années de prison ferme.
Il lui est difficile de lui rendre la visite hebdomadaire autorisée,
car il faut avoir les moyens de payer le voyage jusqu'à Laayoune.
Sa pension est de 650 dirhams par mois.
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MOUELMNINE MENT MOHAMED SALEM OULD DARMOUICHE
Elle témoigne pour la première fois.
Elle est née en 1967. Elle a 9 enfants, ses parents sont vivants.
Lorsque l'armée est arrivée à Laayoune elle avait
neuf ans.
La population civile paniquée a fui dans le désert l'horrible
et terrifiante répression, nous explique-t-elle. Les militaires
tuaient tout ceux qui croisaient leur chemin.
Son frère BRAHIM MOHAMED OULD MOHAMED SALEM DARMOUCHE a disparu
en 1976 à l'âge de 20 ans dans les environs de Laayoune.
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MOUBARAK SAFIA MOHAMED LAMINE DAH DAH
Elle est née en 1953 à Erni
Elle témoigne de la disparition de son mari et de son père
EL HARTANI MOHAMED SALEM HAMDI
Ils ont été arrêtés ensemble en octobre
1976 par la gendarmerie.
Elle est libérée au bout d'un an. Depuis, elle est sans
nouvelle de son mari
Il est plus de minuit, nous devons rentrer à Laayoune,
quelques personnes qui n'ont pas pu nous parler confient rapidement
les noms de proches disparus :
MAALOUMA MOHAMED NAJEM CHIGAR, son mari BLEÏLA OMAR MAHJOUB a disparu.
DAH MOHAMED LAMINE MOHAMED FADEL OULD CHEIKH son père est disparu
MOUMEN MOHAMED MAHMOUD son père SIDI AHMED BUHAYA a disparu
FOCKOU SALMA DADI son aîné MOHAMED ALI MOHAMED M'BAREK
ALLALA a disparu
UP
Rencontre
avec les chioukhs et transfuges des campements de réfugiés
Dans l'après-midi nous avons été
informées que le Gouverneur veut nous rencontrer. Nous ne pourrons
répondre à cette invitation qu'à 20 heures. Une
voiture banalisée de la police en poste depuis notre arrivée
nous emmène ; il faut reconnaître qu'on se sent mal à
l'aise d'entendre les bruits de la radio HF (souvenir de séries
TV), alors que nous avons en tête les témoignages des arrestations.
Bien que nous ne craignons rien pour notre sécurité, on
s'imagine ce que les sahraouis ressentaient quand ils étaient
ainsi emmenés, dans des conditions certes moins confortables.
Notre accompagnateur nous informe que nous allons d'abord
rencontrer des chioukhs et des transfuges du Front Polisario ils sont
en tout une bonne vingtaine. Le porte-parole des transfuges, Mohamed
Salem Khatri, se présente comme ancien Président de la
Daïra de Boujdour dans les campements de réfugiés.
Il nous fait remarquer que pour faire une bonne enquête il faut
entendre les avis différents sur la question et ne pas se contenter
de ce que dit une partie. Il nous explique qu'il a regagné la
mère patrie en 2000 comme d'autres personnes ici, et que le Maroc
a transformé la vie des habitants de la région en construisant
maisons et écoles
qu'il y a de l'eau, de l'électricité
partout ; il précise qu'il y avait 75 élèves dans
deux préfabriqués en 1975 et que maintenant ce sont 12
000 élèves qui étudient.
Quand on questionne sur l'évolution de la population
de la ville entre ces deux dates, on nous répond (en espagnol)
200 personnes en 1975 (ce que le 1er secrétaire du Gouverneur
ne traduit pas mais Afifa a compris !), pour ce qui est de la population
actuelle, c'était très évasif, on entend le chiffre
de 50 000, mais ce n'est toujours pas le représentant du Gouverneur
qui le dit. Le premier Chioukh qui prend la parole nous retrace l'histoire
du Sahara pour nous convaincre de son appartenance au Maroc, pour preuve,
les sahraouis n'ont jamais accepté de payer un impôts à
l'Espagne sans l'accord du Sultant
après l'avoir laissé
parler un long moment, nous lui rappelons que nous ne sommes pas là
pour traiter de ce sujet politique mais pour la question des atteintes
aux libertés (procès de Nassiri) et des crimes et disparitions
forcées qui ont été perpétrés depuis
1975.
Un chioukh Ismaili Selma Sidi Mouloud réclame la
libération des sahraouis " séquestrés par
le Front Polisario à Tindouf ". Il nous raconte que sa maison
a été détruite en décembre 1979 lors d'une
attaque du Front Polisario et que sa femme et ses deux fils ont été
enlevées parmi 650 personnes. Pour procéder comme dans
les audition des familles de disparus, nous demandons comment cet enlèvement
massif s'est déroulé : combien de camions ou autres véhicules
ont été utilisés pour emmener ces personnes ? Réponse
: " ils sont là-bas à Tindouf ", " oui,
mais de combien de camions disposaient-t-il, combien étaient-ils
pour emmener de force toutes ces personnes ? Comment ce groupe important
de personnes était-il encadré pour éviter les fuyards
? " " Ils sont là-bas à Tindouf " "
Où à Tindouf ? " " Dans la Daïra de Boujdour,
Willaya de Dakhla ". Aucune réponse claire ou plausible
ne nous est donnée. En fait l'exil des populations sahraouies,
fuyant la répression de l'occupation marocaine est interprété
comme un enlèvement !
Après les avoir écouté longuement,
nous leur indiquons que nous devons nous rendre chez le Gouverneur,
c'est alors que son premier secrétaire nous annonce qu'il est
trop tard qu'il nous attendait avant 20h
voilà on a compris
que nous avons été menées en bateau et que le but
était de nous faire rencontrer ces gens, ce que nous n'avions
pas prévu à notre programme.
UP
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